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Arrivé de la Réunion, où il est avocat, le lendemain du crash, Saïd Larifou sera le défenseur d'un collectif de famille de victimes qui a décidé de porter plainte contre X. M. Larifou est par ailleurs le principal opposant politique du président Sambi qui n'a pas manqué de dénoncer ceux qui "cherchent à faire une récupération politique de cette affaire". Saïd Larifou a répondu aux questions de Malango.
Des familles de victimes du crash du vol Yemenia ont tenu une réunion, ce mercredi au cours de laquelle elles ont annoncé qu'elles vous avaient engagé comme avocat, qu'est ce que vous comptez faire ? La première chose, c'est l'aspect social de l'affaire, je dois essayer de recueillir le maximum d'informations crédibles et sérieuses sur les recherches en cours pour repêcher d'éventuels cadavre et leur identification. Pour l'aspect juridique, le collectif en tant qu'organisation se constituera en partie civile ce vendredi ainsi que les familles des victimes. Nous entendons jouer un rôle très actif dans la recherche des circonstances et de causes de cet accident et surtout établir toutes les responsabilités à toutes les échelles et partout. Nous pensons que le fait que des familles aient spontanément réagi sera de nature à contribuer à la manifestation de la vérité. Nous estimons par ailleurs qu'au regard de la complexité de l'affaire qui semble revêtir un problème de compétence juridictionnelle, parceque la juridiction comorienne a ouvert une information judiciaire et qu'une information parallèle est ouverte en France, il faudrait d'abord régler ce conflit de compétences et trouver une solution urgente dans l'intérêt exclusif des familles des victimes. Les familles ne toléreraient qu'une raison soit évoquée de nature à compromettre la vérité et leurs intérêts. Le collectif exige que les autorités judiciaires comoriennes et les avocats des familles soient associés à toute l'échelle de l'enquête en cours et que rien ne leur soit dissimulé. Nous demandons que les corps des Comoriens qui seront repêché soient enterrés en terre comorienne, car si cet accident se serait passé ailleurs on aurait demandé leur rapatriement. Pouvez vous nous indiquer ce que vous avez fait depuis hier ? Le collectif a pris contact avec le centre des opérations de secours qui a accepté d'intégrer un membre des familles des victimes pour suivre l'évolution des recherches en cours. Un dispositif a été mis en place pour procéder à l'identification et à l'enterrement des corps. Nous avons eu aussi des contacts avec le parquet pour leur faire part de notre décision de la constitution en partie civile du collectif. On se rappelle que lors du naufrage du Samson vous avez entamé les mêmes procédures et pourtant elles n'ont rien donné de concret. Ne craignez vous pas que le même scénario se reproduise ? Lors du naufrage du Samson une plainte a été déposée et une information a été ouverte. Mais il se trouve que les autorités comoriennes de l'époque ont privilégié les intérêts de l'armateur au dépend des victimes. Toutefois un procès a bien eu lieu à Madagascar dans des conditions extrêmement difficiles. L'armateur a été détenu, même s'il n'y a pas eu réparation du fait que le navire n'était assuré. Donc, il y a eu un problème technique et un problème de couverture de responsabilité. Dans cette affaire, il y a une connivence entre les autorités comoriennes et l'armateur. Les Comoriens étaient victimes de manipulation et de désinformation. L'armateur a pu acheter le silence des Comoriens et des hauts dignitaires du régime de l'époque ont soutenu cela. En ce qui concerne le crash du Yemenia nous sommes dans un contexte différent. Car l'avion a une assurance, les responsables de Yemenia se sont montrés disposer à collaborer. Ils ont même fait une proposition que nous jugeons indécente et irrespectueuse de la douleur des victimes. Nous avons des preuves de Comoriens qui, depuis plusieurs années et particulièrement ces derniers mois, ont dénoncé les conditions défaillantes des appareils de la compagnie Yemenia qui effectue la ligne Sanaa-Moroni, mais aussi le caractère irrespectueux de la prestation de service dans ces avions. Ce sont toutes des présomptions qui jouent en faveur des familles. Il y a aussi l'opinion internationale qui veille pour savoir les circonstances de l'accident. Pourquoi vous qualifiez « d'indécente » la proposition de Yemenia ? Car dans la douleur ce que les familles ont besoin c'est la recherche des corps de leur proches et la lumière sur les circonstances exactes de l'accident. Ce n'est pas le moment de faire cette proposition. Finalement, êtes vous confiant dans l'issue de la procédure que vous allez engager ? Oui, je suis très confiant et déterminé. Je pense que les familles n'ont pas de soucis à se faire dans ce cadre là. Cela prendra le temps qu'il faudra mais nous déjouerons toutes les manipulations. Cette proposition de Yemenia fait partie de ces manipulations. Les autorités comoriennes, yéménites et françaises doivent assumer leurs responsabilités. Qu'elles ne se renvoient pas la balle. Qu'il y ait au moins un responsable qui accepte d'assumer. Propos reccueillis par Faissoili Abdou
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