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En
effet, la Conférence de l’Union internationale des
Télécommunications a adopté à Genève le
16 juin 2006 un
traité international intitulé «Accord
GE06» qui a fixé au
17 juin 2015 la fin de la radiodiffusion analogique dans les bandes
de fréquences 174-230
MHz et 470-862 MHz.
Cet accord induit une disparition certaine des systèmes analogiques
dont pratiquement ce que nous utilisons actuellement, lesquels ont
déjà 46 années d'existence.
La
question qui se pose maintenant n’est plus de savoir s’il faut
faire migrer ou non la radiodiffusion vers le numérique. Cette
évolution s’impose. Le débat se pose en termes de comment le
faire et dans quels délais pour ne pas rater un nouveau train
technologique.
"L’Afrique
francophone face au défi de la transition de la radiodiffusion vers
le numérique",
tel est le thème de l’atelier qui a réuni des experts de douze
pays africains. Les enjeux et les attentes de l’atelier étaient
d’identifier les grands axes des politiques et stratégies de
planification appropriées pour la migration de la radiodiffusion
terrestre vers le numérique ainsi que de définir des lignes
d’action qui pourraient être soutenues par les organisations
régionales et/ou sous régionales pour accompagner la mise en place
de politiques publiques en matière de transition vers le tout
numérique dans les pays francophones d’Afrique.
Les experts des pays francophones d’Afrique
représentés étaient du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, des
Comores, du Congo, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, du Mali, de la
République Centrafricaine, du Sénégal, du Togo et de la Tunisie. A
ceux-ci s’ajoutent des experts européens provenant de la France,
de la Belgique et de la Suisse. Sans oublier ceux des différents
réseaux de régulation : Réseau francophone de la régulation
des télécommunications (FRATEL), Réseau des instances africaines
de régulation de la communication (RIARC) et le Réseau francophone
des régulateurs des médias (REFRAM).
Tout ce collège d’experts a été réuni sous
l’égide de l’Organisation Internationale de la Francophonie
(OIF) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine
(UEMOA). A l’issue des cinq jours de travaux, les participants ont
formulé certaines recommandations. Entre autre sur le plan de la
mobilisation et de l’accompagnement de la société, ils
préconisent l’engagement d’une concertation immédiate entre
tous les acteurs concernés par la transition vers le numérique pour
que la stratégie soit inclusive et puisse répondre aux spécificités
des paysages médiatiques africains.
Ces acteurs sont entre autres, les éditeurs de
contenus publics, privés et associatifs, les producteurs, les
diffuseurs, les ministères en charge des Finances, des TIC, de la
Culture, de l’enseignement, de l’information, les autorités de
régulation, les parlementaires.
En
effet, … après la Conférence de l’Union internationale des
Télécommunications qui a adopté à Genève le
16 juin 2006 un
traité international intitulé «Accord
GE06» qui a fixé au
17 juin 2015 la fin de la radiodiffusion analogique dans les bandes
de fréquences 174-230
MHz et 470-862 MHz.
Cet accord induit une disparition certaine des systèmes analogiques,
lesquels ont déjà 46 années d'existence.
La
question qui se pose maintenant n’est plus de savoir s’il faut
faire migrer ou non la radiodiffusion vers le numérique. Cette
évolution s’impose. On n'a plus le choix. Le débat se pose
modalités et de délais dans lesquels cette évolution doit se faire
pour ne pas rater ce nouveau train technologique.
Les problématiques soulevées par rapport à la
transition de la radiodiffusion vers le numérique peuvent être
regroupées en six axes :
L’information :
les populations doivent être informées largement à tout moment et
peu importe la localité et les questions technologiques utilisées.
Le volet information de sensibilisation représente aussi l’un des
étapes cruciales à maitriser lors de cette transition.
La
formation :
pour bien maîtriser et garantir la réussite de cette transition,
un besoin pressant sur la formation a été mis en exergue, entre
autres pour les juristes de la communication/audiovisuelle, les
techniciens de maintenance, les agents des structures chargées de
la gestion du processus, des ingénieurs en TIC pour le marché
futur du numérique.
Les
infrastructures et équipements terminaux
(la production audiovisuelle, l’édition, le multiplexage, le
réseau de transport, la diffusion, le poste récepteur numérique,
le décodeur) nécessitent une mise à niveau et/ou une mise en
place complète.
L’organisation représente
le défi majeur dans le processus de transition. En effet nos pays
ont des difficultés organisationnelles pour pouvoir gérer au mieux
la transition. La mutualisation des réseaux nécessite une
organisation coordonnée dans les régions ou sous-régions.
La
faiblesse du pouvoir d’achat des populations ne
permettra pas à la majorité des consommateurs de supporter la
transition et en particulier sachant que les actuels postes
récepteurs marchent jusqu’à présent et la nécessité de les
changer n’est pas évidente pour la population.
Le
financement :
Actuellement, il n’existe pas de visibilité sur la manière de
financer la transition et des mesures d’accompagnement seront
nécessaires en fonction des modèles économiques choisis.
Néanmoins ceci reste à définir par la commission nationale de la
transition vers le numérique en charge de gérer le processus.
Trois axes de réflexion ayant fait l’objet de
groupes de travail se sont penchés en premier lieu sur la
préparation d’une stratégie de transition vers le numérique. Les
participants ont recommandé l’engagement immédiat de la
préparation de la transition à travers l’établissement d’un
diagnostic préalable de la situation du paysage audiovisuel
existant. Ce travail aurait comme préalable la mise en place des
Commissions nationales stratégiques pour le numérique. En second
lieux sur le modèle économique de la transition au numérique, les
experts demandent la mutualisation des réseaux de diffusion et
l’exploitation des infrastructures et des ressources existantes à
savoir les sites, les pylônes, les réseaux électriques, les
bâtiments, les ressources humaines, etc … qu’ils soient du
secteur des télécommunications ou de la radiodiffusion analogique
actuelle et à venir afin de limiter les investissements. Et en
troisième lieux un accompagnement juridique de la transition vers le
numérique conséquent s’impose et le collège des experts réunis
à Ouagadougou souhaite la mise en place d’un réseau francophone
de juristes spécialisés en droit des technologies de l’information
et de la communication.
En termes de recommandations pour l’Union des
Comores au vu de ce qui précède :
Il faudrait réunir les différents acteurs
(les ministères en charge des TIC, de l’information, de
l’éducation, de l’économie, de l’Autorité Nationale de
Régulation des TIC, des éditeurs et producteurs de contenus, des
responsables des radios et TV publique, communautaires et
associatives) afin de les sensibiliser aux enjeux et problématiques
de la transition vers le numérique.
Il faudrait créer un Commission Nationale
Stratégique pour le Numérique (CNSN) spécifiquement pour
coordonner et orienter les actions à mener en vue de la
numérisation de la diffusion hertzienne de la télévision et de la
radio, de l’arrêt complet des émissions analogiques et de la
réutilisation des fréquences ainsi libérées. L’un des
principales missions de cet comité serait d’établir un planning
de la transition en tenant compte des dates de 2015 de l’extinction
de l’analogique.
Il faudrait renforcer la réglementation à
savoir l’adoption du code de l’information déjà déposé à
l’assemblée nationale. Il serait judicieux de revoir la loi sur
l’audiovisuel par rapport à la convergence technologique pour
l’harmoniser avec la législation des TIC avant son adoption le
plus rapidement possible. Plusieurs pays se sont manifestés pour
nous aider par rapport à ce qu’ils ont déjà fait chez eux et
ils pourront être saisis pour que des comparatifs se fassent le
plus tôt possible.
Karim Attoumani Mohamed
Responsable du Département Services et
Réseaux, Autorité Nationale de Régulation des TIC |