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Refouler les immigrants illégaux est tout à fait normal mais infliger des traitements dégradants, voire des tortures à ces derniers est vivement condamné par la convention des droits de l'homme. C'est tout ce que le gouvernement mozambicain n'a pas encore compris.
Arrêtés à Chimoio, une ville mozambicaine, dans les nuits du 5 et du 6 janvier, les immigrants Maliens, Burkinabé, Sénégalais, Ivoiriens, Zambiens et Somaliens ont été gardés dans des cellules des commissariats dans des conditions déplorables. Pas de nourriture encore moins de soins médicaux.
Au moment de leur arrestation, les policiers, qui ne ménageaient personne, ont saisi leurs biens et leur argent. Les refoulés ont été ensuite transférés à Maputo où les conditions de détention étaient quelque peu passables. Dans la nuit de mardi 15 janvier, les policiers sont venus chercher tous les Maliens, prétextant qu'ils étaient les plus nombreux et qu'à cet effet ils aimeraient les mettre dans un même endroit. Or, c'était plutôt pour les envoyer à l'aéroport militaire. Et c'est là que les Maliens se sont révoltés et ont commencé à réclamer les fortes sommes d'argent saisies par la police. Les autorités mozambicaines, selon les refoulés, n'ont rien trouvé de mieux que de les confier à des policiers sud-africains qui les ont embarqués, manu militari, dans l'avion avant de les attacher comme des cochons à leur siège.
Ibrahim Tiocari, originaire de Ténenkou, un businessman résidant en Zambie s'est, malheureusement, retrouvé dans cette situation alors qu'il était venu en voyage d'affaires en Mozambique. Selon sa déclaration, il est entré officiellement en Mozambique avec visa à l'appui et c'est à bord de sa voiture que la patrouille de la police l'a interpellé. Les policiers lui ont retiré les pièces de sa voiture et saisi la somme de 100 000 dollars qu'il avait sur lui avant de le jeter dans la cellule comme un mal propre. Tout comme ses compatriotes, il a été transféré à Maputo.
Pour avoir refusé d'embarquer sans son argent, les policiers l'ont copieusement frappé avant de lui mettre une ceinture électrique. Tous ceux qui ont essayé de résister ont subi des traitements similaires et c'est ce qui a poussé les jeunes Maliens à endommager l'avion.
Pierre Fo’o MEDJO Source : MaliWeb : |