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Un avion de surveillance maritime luxembourgeois de
la force européenne Atalante qui se trouvait à 50 miles de la zone
de l'attaque s'est immédiatement porté sur les lieux. Le bateau
mère et deux skiffs pirates ont été repérés et c'est le Topaz,
un navire des gardes-côtes des Seychelles, présent sur la zone, qui
a pris le relai et a réussi à capturer le bateau mère ainsi que
trois pirates alors que les deux petites embarcations tentaient de
fuir. L'une d'elle, victime d'une avarie de moteur a également été
appréhendée. En début de soirée, alors que l'avion de patrouille
maritime repartait aux Seychelles faire le plein, les gardes-côtes
ont saisi le deuxième skiff avec 8 suspects à bord. Le bateau-mère
pourrait être le "Win Far" l'AFP, un thonier taiwanais,
capturé au large de l'ile Denis, l'ile la plus au nord des
Seychelles en avril 2009.
Samedi matin, les deux thoniers français, le
Drennec et le Goelan avaient été pris en chasse par deux skiffs
armés par une dizaine de pirates. Un communiqué du ministère
français de la défense affirme que « les fusiliers marins
et commandos marine présents sur les thoniers au titre des équipes
de protection embarquée ont répliqué à la menace par un emploi
gradué et proportionné de la force (artifice éclairant, tir de
semonce) ». Lors de la dernière tentative, les pirates ont
fait usage de leurs armes. Les EPE (équipes de protection
embarquées) ont répliqué en direction des skiffs, ce qui a
entraîné l’arrêt immédiat et définitif des attaques.
« L’incident n’a occasionné aucun
blessé parmi les pêcheurs et les marins français »,
selon le ministère français de la défense..
C’est en juillet dernier que des équipes
de protection embarquée ont été mises en place sur les
thoniers français opérant depuis les Seychelles.
Une ONG accuse les marins français d’avoir
tiré sans provocation
Une ONG espagnole basée à Nairobi, au Kenya,
accuse les militaires français d’avoir tiré sans provocation.
Julian Bauer, porte-parole de "Ecoterra", a assuré le
journaliste de l’agence de presse espagnole EFE que, selon ses
sources, les militaires gardaient un thonier français, pas deux, et
qu’ils "ont tiré sans avoir été attaqués au préalable".
Selon lui, ils ignorent où se trouvaient les skiffs
au moment des événements, bien que les marins français aient
indiqué qu’ils se trouvaient à 195 nautiques au nord des
Seychelles, qui ont une zone économique de 200 nautiques dans
laquelle les embarcations somaliennes ne peuvent pêcher.
Mais, s’ils se trouvaient en dehors des eaux des
Seychelles, "les somaliens aussi ont le droit de pêcher",
a-t-il ajouté.
Ecoterra est une association qui milite contre la
pêche au thon dans l'océan Indien et s’oppose à la présence des
forces internationales qui, selon elles, ne font qu’empirer la
situation. Elle soutient les prétentions des pirates, à savoir que
les bateaux de pêche étrangers pillent les ressources somaliennes,
y compris dans les eaux internationales.
Le contrat entre les thoniers bretons aux
Seychelles et l'armée va être renouvelé
Avant même que l'attaque contre le Drennec, la
décision de renouveler l'accord qui lie les Seychelles à l'armée
française avait été prise. L'accord devait se terminer fin
octobre, il est donc prolongé d'un mois supplémentaire. Pour 2010,
la prolongation n'a pas encore fait état d'une demande formelle des
pêcheurs.
Cette protection n'est pas gratuite pour les
pêcheurs. Ils contribuent en effet aux frais supplémentaires
engagés par la Marine Nationale pour cette opération : primes
de mer des militaires, hébergement aux Seychelles, voyages,
transport des munitions, frais de fonctionnement de la cellule de
coordination à Mahé... Cependant cette protection est rentabilisée
par l'assurance d'une saison de pêche correcte. Les navires basques
et galiciens, non protégés de manière conséquente, ont connu une
baisse de leur tonnage ramené.
E.T. avec bruxelles2.eu |