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Face à la virulence des pirates, de nombreux pays
ont envoyé des navires de guerre dans cette zone, principal axe
maritime par où transitent chaque année, plus 30 000 navires
marchands ainsi que le tiers du pétrole mondial.
La République de Djibouti consciente de ses atouts
naturels a donc saisi l’occasion et a offert un appui logistique
conséquent à ces Etats qui ont déployé un impressionnant
dispositif militaire dans la zone piratée.
Qu’ils s’agissent des unités navales opérant
dans le cadre de la mission européenne Atalante,
du contingent des forces d’autodéfense du Japon, de la marine
sud-coréenne ou bien des russes comme les chinois, tous sont
unanimement reconnaissant à l’endroit du gouvernement djiboutien,
soulignent les officiels djiboutien.
Diplomatie oblige, chacun de ces gouvernements a
aussi dépêché des émissaires auprès des autorités djiboutiennes
et ce depuis la montée en puissance de la piraterie dans l’océan
indien et dans les eaux somaliennes.
D’ailleurs le dernier en date reste le ministre
belge de la défense, Pieter De Crem qui s’est rendu au début de
ce mois à Djibouti pour une visite de travail.
Durant son séjour sur le sol djiboutien, De Crem a
non seulement eu des discussions avec son homologue djiboutien
Ougoureh Kifleh sur le renforcement des relations bilatérales mais a
aussi assisté à l’entrée en opération de la « Louise Marie »,
une frégate que la Belgique vient de déployer dans la région.
C’est la première fois que la Belgique déploie
l'une de ses deux frégates de premier rang (169 marins à bords)
dans la lutte contre la piraterie au large de la Somalie.
Qu’est ce qui a donc motivé ce petit pays de
l’Europe qui n’a à peine que 30 528 km2 de s’immiscer
davantage dans la coalition mondiale menée contre les pirates
somaliens ?
A première vue, on évoquera son appartenance à
l’Union Européenne et donc automatiquement son implication à la
mission Atalante. Mais aux yeux des spécialistes, c’est l’ampleur
que prennent les choses sur mer qui a certainement motivé le
gouvernement belge de prendre cette décision.
La communauté maritime s’est alarmée devant
l’urgence de la situation dans le golfe d’Aden et en Somalie: de
seulement 21 actes de piraterie (tentés et réussis, détournements
ou vols) en 2003, on est passé à 61 actes en 2009 sur un total de
102 à travers le globe, selon les chiffres fournis par le Bureau
maritime international BMI).
En 2008, les pirates
somaliens ont attaqué 111 navires marchands toujours d’après
le BMI, sur un total de 293 attaques dans le monde. De ce total, 49
ont été détournés par ces mêmes pirates. Ainsi le nombre de
bateaux attaqués connaît une hausse de plus de 200 % par rapport à
l’année 2007.
(APA) |