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Arrivée à la Réunion à l’âge de six mois, atteinte d’une maladie grave, la petite Émeline, trois ans et demi, d’origine comorienne, a, pendant deux ans, passé plus de temps à l’hôpital ou dans sa famille d’accueil que dans les bras de ses parents. Par chance, le traitement suivi à [l'hôpital] Bellepierre a été efficace et les médecins ont donné leur feu vert au retour de la fillette chez elle à Mayotte. Hier matin, elle était conduite à l’aéroport par sa famille d’accueil. “Le problème est que, à peine l’autorisation de départ signée des docteurs, les affaires sanitaires ont voulu la mettre dans l’avion pour Mayotte sans savoir ce qui l’attendrait là-bas. Elle doit être envoyée au service de pédiatrie de Mamoudzou, alors que nous n’arrivons plus à joindre ses parents depuis le mois de décembre dernier et qu’ils n’ont pu donner leur autorisation à ce retour”, déplore cependant Nathalie Kesler de l’association “Les enfants de l’île aux parfums”. L’association et ses bénévoles œuvrent depuis deux ans au contact du personnel hospitalier pour l’accompagnement administratif et psychologique de ces enfants venus de Mayotte ou des Comores jusqu’à la Réunion pour cause de maladie grave, le plus souvent sans leurs parents, de condition modeste. “Nous avons eu deux autres enfants dans le même cas. Et alors que nous faisions les démarches pour les rapatrier tous trois ensemble, à moindre frais et en préparant leur accueil là-bas, les autorités ont évacué l’un d’eux le 14 août, puis est venu le tour d’Émeline. La précipitation des services sanitaires rend ces retours non seulement plus coûteux pour la collectivité, mais en plus ils risquent d’être traumatisants pour de jeunes enfants qui parfois n’ont plus vu leurs parents depuis des années et doivent être préparés à ce retour”, souligne Nathalie Kesler. Hier soir, on apprenait en outre que la mère d’Émeline n’avait pu être localisée, probablement expulsée vers les Comores. Du coup, la fillette était confiée... à une nouvelle famille d’accueil mahoraise. “C’était bien la peine de l’arracher à une famille d’accueil qu’elle connaissait pour qu’elle recommence tout dans une autre”, regrette Nathalie Kesler. Chaque année, ce sont entre 50 et 80 marmailles de l’archipel des Comores qui viennent en soin de longue durée à la Réunion et qui sont pris en charge par l’association. (Le Journal de l'île de la Réunion, www.clicanoo.com) |