Les neuf membres de la Commission vérité, justice et réconciliation (TJRC) du Kenya, dirigée par, Bethwel Kiplagat, ont été assermenté lundi par le juge, président de la Haute Cour de Nairobi, Evans Gicheru.
Human Rights Watch fustige le refus du Kenya d’établir un tribunal spécial pour juger les auteurs des violences postélectorales
L’organisme de défense des droits de l’homme basé aux Etats-Unis, Human Rights Watch (HRW), a déclaré lundi que le gouvernement du Kenya est revenu sur son engagement de rendre justice aux victimes des violences postélectorales.
La semaine dernière, le gouvernement kenyan avait annoncé, contrairement aux accords précédents, qu’il ne mettrait pas sur pied un tribunal spécial, mais plutôt un système judiciaire national «réformé» pour enquêter et poursuivre les auteurs des violences postélectorales.
Un tribunal national indépendant avec une participation internationale demeure la meilleure option qui vaille pour commencer à établir la responsabilité, et le gouvernement devrait immédiatement adopter une législation visant à établir le tribunal spécial, a dit HRW dans un communiqué remis à la presse à Nairobi.
«Rendre justice à ces victimes est le test le plus urgent de la volonté du gouvernement de coalition à résoudre la crise au Kenya. Malheureusement, le gouvernement vient d’échouer à ce test», a regretté Georgette Gagnon, directrice de HRW Afrique.
Parmi les neuf membres, figurent trois experts
internationaux à savoir Gertrude Chawatama de la Zambie, M. Berhanu
Dinka de l'Ethiopie et Ronald Siye des États-Unis.
S’exprimant en marge de la cérémonie de
prestation de serment, le ministre kenyan de la Justice et des
Affaires constitutionnelles, Mutula Kilonzo, a déclaré que la
commission a pour mandat de promouvoir la réconciliation nationale
dans le pays à la suite de la violence postélectorale de 2008.
«La loi relative à la commission indique
clairement que ce n\'est pas un système de justice pénale, mais
plutôt un mécanisme visant à unir les gens», a déclaré le
ministre qui a vu ses recommandations pour la mise sur pied d’un
tribunal local pour juger les auteurs des violences ignorées par le
gouvernement la semaine dernière.
Plus de 1000 personnes ont perdu la vie et plus de
300.000 d’autres déplacées à la suite des violences
postélectorales nées de la réélection du Président Mwai Kibaki
lors de l’élection présidentielle de 2007.