|
Selon les organisateurs, ces assises devraient se
tenir samedi et dimanche prochain à Moroni. Elles devraient réunir
autour d’une même table les représentants du pouvoir et de
l’opposition, des membres de la société civile, les mouvements
associatifs et la communauté internationale afin d’étudier
ensemble les « solutions politique et socio-économique qui
permettront de sauvegarder et garantir l’unité et l’intégrité
de notre pays ». C’est ce que l’on a appris lors d’un
point de presse tenu, hier après midi, par l’opposition au
domicile du prince Saïd Ali Kemal, leader du parti Shuma
et président de la « Convergence nationale pour mai 2010 ».
Selon Saïd
Larifou, le secrétaire national de cette plate forme de
l’opposition, « l’initiative de la convocation d’une
telle conférence devrait provenir du gouvernement. Mais nous nous
trouvons dans une situation où c’est ce même gouvernement qui est
à l’origine de la crise, alors l’opposition s’est trouvée
dans l’obligation d’organiser ces assises afin de pouvoir
énoncer les grandes lignes du projet dont nous préconisons pour le
pays » , a-t-il expliqué, pour justifier leur démarche.
Le respect de la présidence tournante de 2010, qui
revient de droit à l’île de Mwali selon la constitution de 2001,
semble être au centre des préoccupations de ces forces politiques
qui s’opposent au régime du président Sambi.
« Il n’y a aucune disposition, ni dans la constitution de
2001 ni dans la réforme constitutionnelle opérée en mai 2009, qui
permet au président Sambi de prolonger son mandat au-delà de mai
2010 », a signalé Mohamed Ismaïla, le porte de la
« Convergence nationale pour mai 2010 », ajoutant que
« le congrès n’aura qu’à fixer la date des élections
des chefs des exécutifs des îles et de l’Union et non à
prolonger ni raccourcir un mandat ». « Tout ce qui
se fera en dehors de ce cadre n’est autre qu’un coup d’Etat
constitutionnel », a renchéri Mohamed Hassanaly, un ancien
membre de la cour constitutionnelle et un des principaux leaders
politiques de l’île de Mwali.
« Il y a des indices qui démontrent que
Sambi veut rester au pouvoir au delà de son mandat légal. Nous
attendons qu’il publie, le 26 février prochain, le décret pour le
dépôt des candidatures des prétendants à la présidence de
l’Union. S’il ne le fait pas nous sauront clairement qu’il veut
prolonger son mandat et nous prendrons nos dispositions à ce moment
là », a indiqué Larifou.
Selon Mohamed Ismaïla, porte parole de
l’opposition, la présidence tournante a « une valeur
supra- constitutionnelle ». « Nous ne voulons pas
nous retrouver dans un contexte où les mandats soient prolongés par
les parlementaires », défend-il.
F.A. |