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Prévue de longue date, la réunion fondatrice de la Caisse d'assurance chômage (Cac) à Maore qui s'est tenue lundi après-midi à Mamoudzou est quelque peu tombée à l'eau. Sur les trois principaux syndicats mahorais, seul l'UTFO (Union territoriale de Force ouvrière) représentée par son secrétaire général El-Had, était présente. "Les deux autres (Cisma et CGT, ndlr) ne sont pas venus", s'est étonné ce dernier lundi. Résultat : si les représentants du patronat (FMBTP, Capeb et Medef) ont bien signé l'acte fondateur de la Cac, il faudra attendre avant que les syndicats ne le paraphent. Ce contretemps ne remet pas pour autant en cause la naissance de l'allocation chômage dans l'île. "Ce sont des textes que nous avons étudiés depuis des années, nous les avons discutés, nous les connaissons tous", affirme le représentant de FO, pour qui cette signature "est juste une manière d'entériner nos discussions".
Ainsi, malgré ce loupé, cette réunion marque bel et bien la naissance d'une allocation attendue depuis belle lurette à Maore. "Les discussions ont débuté début 2003", se souvient El-Had, "elles faisaient suite à l'ordonnance de 2002". Après d'âpres négociations entre un patronat très réticent à l'idée d'ouvrir la "brèche" de l'allocation chômage, et des syndicalistes qui ne voulaient pas lâcher le morceau, un consensus semble avoir été trouvé. S'il ne s'agit pas encore des Assedic, qui prennent en charge tous les chômeurs, comme en France, le texte signifie que dorénavant, les licenciés économiques auront droit à des allocations. Autres ayant droit : les "recalés" du CNE (Contrat nouvelle embauche), un contrat de 4 mois que le patron peut décider ou non de reconduire. "Au départ, les discussions tournaient autour des licenciements économiques, puis les CNE, demandés par les patrons, ont permis d'accélérer les choses", analyse le secrétaire de l'UTFO. Logiquement, la Cac débutera sa mission dès janvier 2006. Dans le même temps, les salariés commenceront à cotiser pour cette allocation à hauteur de 0,5% du salaire, et les patrons à hauteur de 0,6%. Il faudra toutefois attendre le mois de juillet pour que les premiers bénéficiaires de l'allocation chômage soient enregistrés. "On a convenu d'un délai de 7 mois de cotisations pour pouvoir toucher cette allocation." Cette dernière sera ensuite dégressive, en fonction du temps de cotisation et de l'âge du bénéficiaire. Selon El-Had, "il s'agit d'un premier grand pas vers le chômage. Je pense qu'on pourra avoir les Assedic en 2008". Mais l'heure n'est pas à la fanfaronnade : "Aujourd'hui (lundi, ndlr), j'ai senti l'inquiétude des patrons. Moi-même je suis inquiet. Car nous allons nous retrouver face à des problèmes que nous ne maîtrisons pas."
RC Kashkazi |