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Deux aides post-conflit |
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Outre les annonces faites par M. Jégo, deux conventions de financement ont été signées jeudi 15 mai entre les deux Etats, d'un montant total de 1,13 million d'euros. Elles devront permettre à l'Etat comorien de payer les arriérés de salaires des fonctionnaires comoriens en poste à Anjouan, et de renforcer l'administration publique dans cette île exsangue. "La première enveloppe contient 800.000 euros et l’autre 300.000", a indiqué Yves Jégo. |
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C'est en effet une petite révolution qu'a dévoilé Yves Jégo vendredi 16 mai à son retour à Mayotte après une brève escale à Moroni. Le secrétaire d'Etat à l'Outremer a parlé d'une "nouvelle entente" qui devrait aboutir, début 2009, à la signature d'un accord bilatéral entre les deux pays, ce qui n'était jamais arrivé depuis la proclamation d'indépendance unilatérale d'Ahmad Abdallah en 1975. "Cet accord pourrait être signé dans le cadre d'une visite de Nicolas Sarkozy à Moroni", a annoncé M. Jégo. "On va préparer d’ici le début de l’année prochaine une visite du président Sarkozy à Moroni. En attendant, si l’occasion se présente, les deux chefs d’Etat peuvent se rencontrer à Paris", avait-il précisé quelques heures plus tôt à Moroni. La signature de cet accord bilatéral ouvrira une nouvelle phase des relations jusqu'à présent très tendues entre les deux pays, pense M. Jégo. "Il s'agit d'une nouvelle relation entre les quatre îles sœurs, afin de trouver la stabilité et sortir d'une logique d'affrontement", a-t-il indiqué. "Cela fait 33 ans que les deux parties tiennent le même discours ; nous devons désormais entamer une nouvelle ère", a-t-il ajouté. Son collègue du gouvernement, Alain Joyandet, avait pour sa part exprimé, la veille à Moroni, sa volonté de concevoir "une coopération qui regroupe les quatre îles de l’archipel. Les échanges entre les îles sœurs doivent être prioritaires. C’est pourquoi, nous avons reçu un mandat des présidents de créer un cadre institutionnel nouveau. Il va y avoir un cadre original car il y a une situation originale". Si la question de Mayotte a été vite évacuée lors de la rencontre des deux ministres avec le président de l'Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi– "nous avons chacun notre position et nous devons la dépasser" a expliqué M. Jégo-, celle de la circulation des personnes entre les Comores indépendante et l'île sous administration française a semble-t-il abouti à un compromis. "Nous avons entendu le message de M. Sambi, selon lequel il doit y avoir une libre circulation, mais nous avons répondu qu'il ne devrait pas y avoir de libre stationnement", a dit le secrétaire d'Etat à l'Outremer. "Les personnes qui voudront venir à Mayotte passer quelques jours pour voir la famille ou pour travailler, le pourront. Mais si c'est pour y vivre, elles devront respecter les règles de la République". Si ces propos se confirment dans les actes, cela signifiera la fin du fameux visa Balladur, mis en place en 1995 entre les îles de l'archipel et accusé par de nombreux militants d'être à l'origine des milliers de disparitions dans le bras de mer qui sépare Anjouan et Mayotte. Les échanges commerciaux devraient également être libérés, notamment en ce qui concerne les productions agricoles. M. Joyandet a parlé d'une "zone de libre-échange"… L'agriculture et la santé sont d'ailleurs les deux grandes priorités de la "nouvelle" coopération franco-comorienne, dont l'objectif est "de tarir les sources de l'immigration clandestine". Un groupe de travail devrait se réunir le 4 juin à Paris afin d'étudier la construction d'une maternité à Anjouan et la mise en place d'un vaste plan de développement agricole, toujours à Anjouan. Ce même 4 juin, un autre groupe de travail, "de haut niveau", se réunira afin d'évoquer la question de Mayotte. Pour la première fois, des élus mahorais y seront associés, ce sous la bénédiction des élus comoriens. Une nouvelle chaudement accueillie par les élus mahorais, mais qui ne satisfait pas tous les dirigeants comoriens. "Sambi a défait l'union sacrée qui s'était tissée autour de lui quand il avait fait interdire les expulsions de ses compatriotes de Mayotte", a dit jeudi soir un député de l'Union proche de la mouvance présidentielle. "C’est une lourde erreur que d’avoir cédé aux pressions de la France pour lever la mesure interdisant l’expulsion des Comoriens de chez eux à Maore", a de son côté dénoncé le Front démocratique dans un communiqué. Certains, à Moroni, parlent de "capitulation" sur la question de Mayotte. VM
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