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Si les auteurs compositeurs de musique sont les
premiers intéressés par cette nouvelle présence, les diffuseurs,
radios, lieux publics, sont également concernés. En effet, ils
devraient normalement s'acquitter de droits d'auteur sur les musiques
diffusées.
Ce mercredi 25 mars, la Sacem tiendra une première
permanence destinée à sensibiliser les propriétaires de lieux
publics qui diffusent de la musique à la législation en vigueur.
Sont particulièrement visés les bars, restaurants et grandes
surfaces.
Cette première permanence aura lieu au Centre
d'Affaires de Mayotte en zone industrielle de Kawéni.
Les artistes mahorais se plaignent depuis de
nombreuses années que leurs droits ne soient pas respectés. A
Mayotte, les radios diffusent principalement les artistes locaux sans
payer de droits d'auteur. L'arrivée de la Sacem devrait permettre à
ces artistes de faire valoir leurs droits comme sur le reste du
territoire français.
Le rôle de la Sacem ne se limite pas à la collecte
et à la répartition des droits d'auteur. Elle a également « un
rôle social avec la mise en place d'une politique d'action sociale
en faveur de ses membres ». Elle a ainsi créé un fonds de
prévoyance qui permet de verser une retraite complémentaire aux
sociétaires. Un fonds de solidarité vient également en aide aux sociétaires
qui connaissent une situation financière difficile à la suite d'un
accident ou de maladie.
Elle a aussi un rôle dans la diversité culturelle
puisqu'elle prend en compte toutes les musiques, jazz, musique
contemporaine, rock, poésie...
La Sacem intervient à tous les niveaux de la
création avec des aides à la création et à la production, la
formation et l'insertion des jeunes artistes. Enfin, elle est « un
porte-parole de la profession des créateurs de musique ».
La Sacem
La Société des auteurs, compositeurs et éditeurs
de musique (SACEM) est une Société de gestion des droits d'auteur.
C'est une entreprise privée reconnue et contrôlée par l'État
français et chargée d'une mission de service public. Créée en
1851, elle a pour objectif la gestion collective de la collecte et de
la répartition des droits d'auteurs des œuvres musicales de son
catalogue qui sont perçus lors d'une diffusion en public ou lors de
leur reproduction sur différents supports. Son rôle se limite aux
œuvres de ses adhérents et ne s'étend donc pas à la musique
libre.
La Sacem est née à la suite d'un incident survenu
au café-concert Les Ambassadeurs en mars 1847. Ernest Bourget, Paul
Henrion et Victor Parizot, compositeurs et auteurs connus, refusèrent
de payer leurs consommations, estimant qu'ils ne devaient rien
puisque le propriétaire de l'établissement utilisait leurs œuvres
sans les rétribuer en retour. Les trois musiciens gagnèrent un
procès, qui provoqua, en 1850, la naissance d'un syndicat des
auteurs regroupant 221 adhérents. L'année suivante, il prend son
nom définitif de Sacem.
Au début des années 2000, la SACEM gérait les
droits de plus de 100 000 auteurs, compositeurs et éditeurs. Elle
perçoit chaque année environ 600 millions d'euros de redevances. La
société est en mesure de redistribuer environ 80% des sommes
collectées. Les frais de personnel de ses 1 400 employés
représentent 65% du total de ses charges.
La Sacem a parfois été associée à des sujets
d'actualité. Les dysfonctionnements de cette société ont notamment
été décrits dans un ouvrage publié en 2003 : « Main
basse sur la musique » écrit par Irène Inchauspé et Rémy
Godeau. E.T.
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