|
Michel Boyer et François Xavier Bieuville, les
respectivement président et directeur de la toute nouvelle LADOM
avaient fait le déplacement pour inaugurer l’évolution de la
structure. « Pour mieux réussir demain, nous devons mutualiser
nos moyens à l’échelle de l’Outre-mer et être à l’écoute
des employeurs potentiels afin de prévoir leurs besoins en main
d’œuvre » commenta le président Boyer, avant que le jeune
Mohamed Bacri, anciennement passé par l’Antenne Mobilité et qui a
créé sa salle de fitness en Petite Terre vienne expliquer sa
formation en métropole et l’accompagnement humain et financier de
LADOM, agence d’Etat, et du Conseil général. 
Michel Boyer, le président de LADOM:
"Anticiper les besoins en main d'oeuvre"
Mais la structure veut désormais être impliquée
dans la formation et élargir les partenariats avec les entreprises :
« nous avons maintenant un chargé de développement à Paris.
Nous sommes toujours dans une logique de résultats, car n’oublions
pas que nous fonctionnons avec des fonds publics ». L’Etat et
le Conseil général vont maintenir leurs financements pour 2010 :
3,4 millions d’euros en 2009 del’Etat et 710 000 € du
Conseil général.
« Les niveaux de financement sont maintenus
car Mayotte est en plein développement : nous avons fait partir
270 jeunes en 2008 et pour 350 en 2009. Les départs concernent en
majorité les CAP et BEP (64 %), les BTS (20%), et les bacs pro (15
%) » commente Régis Perrot, « face aux 4 000
candidats au départ qui se sont présentés en 2009, nous avons
effectué une sélection sévère pour éviter les échecs. Nous
sommes à 65 % de réussite, et à 41 % de taux de réinsertion à 6
mois ».
Il demeure cependant un frein au départ,
principalement le niveau général des candidats et la
représentation aux métiers, d’où la nécessité de sécuriser
les parcours : « pour palier à ce handicap lié au
niveau général, LADOM peut également, lorsque cela s’avère
nécessaire, proposer une intégration sur des préparatoires en
Métropole, lorsque celles-ci s’enchaînent à une formation
qualifiante. Dans un contexte local impacté par la crise, mais où
le seuil des embauches reste positif (3206 embauches pour 2204 fin de
contrats selon le dernier BMO) LADOM propose donc pour une insertion
à Mayotte de s’appuyer sur les besoins des métiers en tension
exprimés par ses partenaires, entre autres, le Pôle Emploi et la
CACM ».
Ces domaines où Mayotte a un réel besoin de main
d’œuvre sont le BTP, les métiers liés à la santé et
l’action sociale, les associations liées à l’éducation, les
transports et la logistique, l’informatique, le commerce,
le tertiaire de bureau, l’automobile, l’agroalimentaire,
l’hôtellerie et la restauration, les services aux particuliers et
aux entreprises.
« Nous voulons nous donner davantage de
moyens en élargissant nos missions : nous allons récupérer
la continuité territoriale qui était échue jusqu’alors au
Conseil général, ainsi que le Passeport mobilité étudiant. C’est
prévu dans la loi pour le développement économique
des Outre-mer
(Lodeom) » explique François Xavier Bieuville. Si la passation
se fait en douceur à Mayotte, ce n’est pas le cas pour les autres
DOM où il va falloir dépasser l’échéance des élections
régionales avant qu’une décision générale soit prise.
Les échéances en matière de formation à
l’extérieur ne manque pas : le projet hôtelier émanant du
PADD, le développement de l’agriculture et le doublement des
effectifs du GSMA sont autant de défis pour le préfet Hubert
Derache au cours desquels « il sera nécessaire de former des
jeunes mahorais et Mahoraises en les envoyant à Maurice, aux
Seychelles ou en métropole pour qu’ils ramènent la richesse de
leur expérience acquise métropole ».
LADOM signe aujourd’hui vendredi une convention
avec OPCALIA pour permettre aux salariés du secteur privé (une
trentaine) de profiter aussi de l’aide à la mobilité en 2010.
A.L. |