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Le ministre réagissait au sentiment largement
exprimé selon lequel les témoins potentiels ont été abandonnés par
l'Etat, à la merci de leurs bourreaux. Certains de ces témoins se
cacheraient tandis que d'autres auraient quitté le pays de peur d'être
assassinés.
La Commission nationale kenyane des droits de
l'Homme (KNCHR) a fait état des craintes croissantes des témoins qui
sont exposés au harcèlement et qui risquent même d'être assassinés pour
les empêcher de fournir des preuves accablantes contre leurs
persécuteurs, dont certains siègent dans l'actuel gouvernement.
Dans
un communiqué, la KNCHR indique que les chambres d'instruction doivent
noter qu'il y a de plus en plus de cas de menace et d'intidimidation
des témoins. L'ouverture des enquêtes par le Procureur sera un moyen
d'assurer la protection des témoins par le biais de la CPI.
Entre-temps,
l'Attorney general (Amos Wako) et le ministère de la Sécurité
intérieure doivent apporter aux témoins le soutien nécessaire pour
garantir leur sécurité.
M. Kilonzo a fait mention d'un incident
effrayant dans le cadre duquel un témoin potentiel a reçu une lettre de
menaces contenant 3.000 shillings kenyans (400 dollars US) avec le
message: "Achète-toi un cercueil".
Le ministre a estimé que tout
retard supplémentaire pris par les chambres d'instruction de la CPI ne
ferait que traumatiser davantage les victimes et les témoins qui
craignent déjà pour leurs vies.
"Nous souhaitons que les
chambres d'instruction accélèrent la détermination de la requête du
Procureur. Ce n'est qu'après que la CPI ordonnera de nouvelles enquêtes
que l'Etat pourra accorder aux témoins la protection dont ils ont
besoin. Pour l'instant, rien n'est fait et l'Etat ne peut être tenu
pour responsable de ce qui pourrait leur arriver", a déclaré M. Kilonzo.
Ces
préoccupations pour la sécurité des témoins ont été exprimées le jour
même où un quotidien de premier plan, "Standard", a rapporté que M.
Wako, le principal conseiller juridique du gouvernement, conspirait
avec les suspects potentiels pour dissimuler toute information crédible
qui entraînerait des sanctions sur les auteurs des violences
post-électorales.
En citant un rapport rédigé par une équipe
nommée par l'Attorney general, le journal souligne que ce rapport
révèle également l'improbabilité de rendre justice aux victimes du fait
que la plupart des preuves et du matériel d'investigation sont entre
les mains de la Police, elle-même accusée de plus de 400 assassinats. |