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"Ils (le régime de transition) font ce
qu'ils veulent, c'est un jugement sans valeur", a déclaré
Marc
Ravalomanana, intervenant par téléphone lors du rassemblement
quotidien de ses partisans à Antananarivo.
Le président écarté a été condamné mercredi
par contumace à quatre ans de prison et à 70 millions de dollars de
dommages et intérêts à l'Etat malgache pour "conflits
d'intérêts" dans l'achat
fin 2008 d'un avion présidentiel qui avait cristallisé
l'opposition à son régime et contribué à sa chute.
Marc Ravalomanana ne s'est pas appesanti sur le
sujet pendant son allocution, qu'il a plutôt concentrée sur
"l'incompétence" du régime de transition d'Andry
Rajoelina, renouvelant sa promesse de revenir au plus vite à
Madagascar.
"Le pouvoir mis en œuvre par les
putschistes bafoue la légalité et la souveraineté de la justice à
Madagascar. Les accusations infondées contre moi sont la preuve de
la perte de crédibilité de la justice", a-t-il complété
dans un communiqué diffusé jeudi de Pretoria en Afrique du Sud.
"Quand la légalité reviendra à
Madagascar, alors la justice retrouvera sa valeur", a-t-il
ajouté.
"Nous minimisons ce procès soviétique, nul
et non avenu", a pour sa part expliqué à l'AFP Raharinaivo
Andrianatoandro, porte-parole du parti TIM de M. Ravalomanana.
"C'est un épiphénomène", a-t-il
ajouté, considérant la "précipitation" de la
justice comme une volonté de "torpiller les négociations en
cours" pour une sortie de crise consensuelle.
M. Andrianatoandro a cependant dénoncé les
conditions du procès "fait à la va-vite".
"Marc Ravalomanana est toujours le président
légal, il ne peut pas être jugé par un tribunal correctionnel, et
de plus, il n'avait même pas d'avocat", a-t-il relevé.
La ministre de la Justice du régime actuel,
Christine Razanamahasoa, avait affirmé à l'AFP mercredi que si M.
Ravalomanana revenait à Madagascar, "le mandat d'arrêt
(délivré à la suite de sa condamnation) serait exécuté".
Lâché par l'armée, M. Ravalomanana avait remis le
17 mars ses pouvoirs à un directoire militaire qui les avait
immédiatement transférés à Andry Rajoelina, alors chef de
l'opposition et actuellement à la tête de la HAT.
Depuis, les partisans du président évincé
réclament son retour au pouvoir.
De laborieuses discussions actuellement en cours et
censées dessiner l'architecture de la transition, sous l'égide de
la communauté internationale, pourraient ne pas survivre à
l'interdiction de facto de retour au pays pour l'ancien président et
homme d'affaires accompli.
La situation n'en demeure pas moins précaire pour
le pouvoir en place: l'UA a suspendu Madagascar de ses instances,
estimant que le pays avait été victime d'un changement
anticonstitutionnel de gouvernement. Les Occidentaux ont condamné ce
qu'ils considèrent comme un "coup d'Etat".
(AFP) |