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Jean-Marie Gustave Le Clézio |
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Jean-Marie Gustave Le Clézio est né à Nice en 1940. Ses parents sont cousins germains - tous les deux ont le même grand-père Sir Eugène Le Clézio - et sont issus d’une famille bretonne émigrée à l’île Maurice au XVIIIe siècle où ils acquièrent la nationalité britannique à la suite de l’annexion de l’île par l’Empire.
Enfant précoce et brillant, il se lance très tôt dans la littérature dont il explore tour à tour plusieurs genres : poésie, roman, essai philosophique, essai historique.
L'œuvre de Le Clézio est très marquée par le voyage. De la Thaïlande au Mexique où il résidera durant plusieurs années, le Nobel se penche sur les autres cultures, les autres peuples, contemporains ou anciens.
Le rapprochement de Le Clézio avec l'Île Maurice ressemble à une quête des origines. Alexis François Leclézio, fils de Arnaud Leclézio et de Anne Dutoit, parti de Bretagne juste après son mariage avec Marie Julienne Monple le 18 août 1793 pour cette île, prête serment au nom de la couronne britannique en 1810, date du début de la colonisation anglaise. Sa progéniture jouera un rôle de premier plan aussi bien dans la vie politico-économique de Maurice que dans ses différentes enflures sociales. Tous les Leclézio qui y sont demeurés jusqu'à ce jour sont mauriciens. Le Clézio consacre une littérature abondante à cet espace mémoriel : Le Chercheur d'or, Voyage à Rodrigues, La Quarantaine, Sirandanes et une partie de « Trois aventurières ». Révolutions résume l'itinéraire riche et tumultueux de ce personnage-oxymore, écrivain du monde, de tous les mondes. |
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Jean-Marie Gustave Le Clézio se définit comme
« écrivain français et mauricien ». C'est à ce
titre qu'il plaide la cause des chagossiens auprès du président
américain qui vient de se voir attribuer le Prix Nobel de la Paix.
Après avoir rappelé l'« immense vague d'espoir dans le
monde » soulevée par son élection, espoir concrétisé par
l'attribution du Nobel , Jean-Marie Le Clezio reprend brièvement
l'historique de la déportation de la population des Chagos en 1968.
« Au moment des négociations entre les Mauriciens et le
gouvernement colonial britannique, ce dernier exigea en contrepartie
de maintenir son autorité sur un groupe d'îles de l'océan Indien
comprenant l'archipel des Chagos ».
« Dès l'accord signé, les Britanniques s'empressèrent
de louer cet archipel au gouvernement des Etats-Unis qui cherchait à
établir une base militaire dans l'océan Indien. La seule exigence
préalable des Etats-Unis était qu'il s'agît d'îles désertes,
afin de ne pas contrevenir au droit d'éventuels habitants. Un
mensonge des autorités britanniques apporta cette garantie : les
Chagos, affirmèrent-elles, étaient peuplées seulement d'un groupe
de pêcheurs qui n'y résidaient que le temps d'une saison.
L'installation de la base eut lieu à Diego Garcia, l'île principale
de l'archipel, après qu'une milice musclée eut expulsé de leurs
îles les habitants, qui en réalité étaient là depuis des
générations, pêcheurs et cultivateurs.
Ces malheureux durent abandonner leurs maisons et
leurs biens dans des conditions dramatiques. A ceux qui refusaient
d'obéir, les miliciens répondaient par la menace : "Partez, ou
vous mourrez de faim." On raconte que, lors du dernier voyage,
faute de place sur le navire, certains durent abandonner leur chien
sur le rivage. »
Depuis plus de quarante ans, les chagossiens luttent
pour retrouver leur terre. Malgré plusieurs procès gagnés, ils
n'ont toujours pas eu gain de cause. « Pendant longtemps,
l'armée américaine leur a même refusé de venir fleurir les tombes
de leurs ancêtres », rappelle Le Clezio. En effet, c'est à
peine s'ils ont été autorisés
en mars 2006 à une visite de quelques jours, et pour une
centaine seulement d'entre eux.
Le prix Nobel de littérature attire l'attention du
président américain sur le drame social vécu par cette population
dont « certains survivent dans des conditions précaires à
Maurice, sans travail, sans aide dans des conditions précaires à
Maurice, sans travail, sans aide » en lui rappelant l'idée
directrice de son discours d'investiture : « il ne saurait y
avoir de démocratie sans que soit affirmé le droit pour chaque
individu de ne jamais avoir à renoncer à aucune partie de son
identité ».
J.-M. G. Le Clezio conclut son émouvant appel et
rappelant à Obama qu'il a « le pouvoir d'autoriser ces gens
et leurs enfants à revenir vivre sur le sol natal ».
« Vous êtes un homme de paix et de justice, vous avez le
pouvoir de changer le sort de ce peuple venu d'Afrique de l'Est au
temps de l'esclavage ».
Olivier
Bancoult, le leader du Groupe Réfugiés Chagos, se dit très
touché par cette initiative de Jean-Marie Le Clézio dans les
colonnes du journal mauricien L'Express qui ajoute qu'«il a tenu à l’en
remercier. Bancoult a, lui aussi dit, qu’il pense que le Président
Obama peut apporter un changement à la situation des Chagossiens ».
E.T. |