Dans un communiqué de presse publié mardi 21 octobre, le SE-CGT-Ma et le Sima-Snudi-FO annoncent un mouvement de grève dans le premier degré de l'Education nationale à Mayotte à compter du 27 octobre.
Le dernier mouvement de grève des instituteurs, mené par le SE, remonte au mois de juin 2007.
"Nous pouvons refaire 2007"
Interrogé par nos soins, Rivomalala Rakotondravelo, secrétaire général du SE-CGT-Ma, affirme que la mobilisation des instituteurs devrait être forte le 27 octobre. "L'agissement de l'administration est un facteur de colère, c'est certain", indique-t-il. "Je suis confiant." S'il reconnaît que "nous n'avons pas intérêt à faire un mouvement comme en 2007 et l'administration non plus", il affirme qu'à la différence de 2007, "de plus en plus de parents d'élèves et de fonctionnaires se rendent compte que nous avions raison". "Nous pouvons refaire 2007", conclut-il.
Les deux principaux syndicats du premier degré ont déposé "un préavis de grève reconductible qui couvre tous les enseignants titulaires et non titulaires du premier degré du lundi 27 octobre au vendredi 31 octobre", indiquent-ils dans ce communiqué. Leurs revendications n'ont pas varié depuis leur dernier mouvement qui avait duré quatre mois en 2007 (de mars à juin) : la première d'entre elles est "le rétablissement à Mayotte de l'indexation des salaires", que le SE-CGT-Ma réclame régulièrement depuis des mois. Suivent "la majoration de la DSI à 25% ; la titularisation de tous les instituteurs contractuels et l'intégration de tous les instituteurs de Mayotte dans le corps des Professeurs des Ecoles avant 2010 ; la mise en place d'un plan d'urgence de constructions, de rénovations et d'équipements des écoles."
Toutes ces revendications datent de deux ans, et avaient entraîné la grève de 2007, qui avait vu la grande majorité des classes fermées durant quatre mois, et au cours de laquelle plusieurs grévistes avaient été condamnés par la Justice pour avoir empêché leurs collègues de travailler et dégradé du matériel. Le meneur du mouvement, Rivomalala Rakotondravelo, secrétaire général du SE, avait également été condamné dans un procès que nombre de ses partisans avaient qualifié de "politique".
Afin de ne pas répéter ce type de manifestations, le SE et le Sima exigent "l'organisation urgente d'une réunion multipartite (préfecture, vice rectorat, parlementaires, conseil général et organisations syndicales) pour aborder tous ces points". Une réunion qu'ils réclament également depuis deux ans.
Dans leur communiqué, les syndicats dénoncent "le mépris de l'administration et son refus de dialogue social", ainsi que "les annulations répétées des réunions et les absences de réponses aux différentes correspondances des syndicats", qui ont abouti selon eux "à une exaspération généralisée des instituteurs et de leurs organisations syndicales". Le dialogue entre le vice-recteur et ces syndicats est rompu depuis plusieurs mois.
Une assemblée générale est prévue jeudi 23 octobre dans le cadre de ce mouvement de grève.