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Au troisième jour de grève, les négociations n'ont avancé sur aucune des cinq revendications des instituteurs. "Nous avons appris que la DSI [Dotation spéciale des instituteurs, ndlr] a été budgétisée par les conseillers généraux en juin 2008. Il ne reste donc plus qu'à la verser. Mais pour des raisons inconnues, cela n'est pas fait. Le président du Conseil général n'applique pas les délibérations", a accusé M. Rakotondravelo. Concernant les quatre autres points, qui relèvent de l'Etat - la titularisation des contractuels embauchés depuis 2003, l'indexation des salaires, la construction d'écoles et l'intégration dans le corps des Professeurs des écoles -, "la préfecture nous affirme que cela se décidera à Paris", soutient le secrétaire général du SE. |
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Vers 6 heures du matin mercredi 29 octobre, des dizaines d'enseignants en grève depuis lundi 27 octobre ont érigé des barrages à Tsararano (Sud), Combani (Centre) et Dzoumogne (Nord), soit les quatre principaux axes routiers qui mènent au chef-lieu, Mamoudzou. Alors que dans un premier temps, les manifestants ne laissaient aucune voiture passer, ils ont par la suite ouvert leurs barrages, laissant passer les véhicules au compte-goutte. Aucun heurt n'a été enregistré. "On n'a pas envie d'avoir des problèmes avec les forces de l'ordre, on a demandé aux gars d'être très vigilants et de ne pas laisser le mouvement dégénérer", indiquait mercredi soir un des principaux leaders syndicaux. Cette "opération escargot" a sensiblement perturbé la circulation des élèves et des travailleurs, dont beaucoup se sont fait portés absents, dans les administrations comme dans les entreprises et les établissements scolaires. Ceux qui ont pris leur mal en patience sont arrivés en milieu de matinée à Mamoudzou. "J'ai mis trois heures pour arriver à Mamoudzou, alors qu'habituellement il m'en faut une", a indiqué un habitant de Bouéni. A Mamoudzou, les rues ont été anormalement désertes durant une bonne partie de la matinée. Dans un communiqué envoyé à la presse mercredi, la préfecture rappelle que "le droit de manifester est un droit constitutionnellement reconnu et protégé (…) Néanmoins ce droit a des limites : les libertés des citoyens, le libre exercice et la continuité du service public. La préfecture ne peut donc pas accepter que des citoyens soient empêchés de se rendre à leur travail ou que des enfants ne puissent pas se rendre à l'école et prendra les mesures nécessaires pour faire respecter ces droits". Après cette opération, les leaders syndicaux se sont donnés rendez-vous devant la préfecture, à Mamoudzou, afin de demander une audience au préfet. Sans suite. "Nous n'avons pas été reçus", se désolait mercredi soir Rivomalala Rakotondravelo, secrétaire général du SE-CGT-Ma, l'un des deux syndicats qui appellent à la grève – avec le Sima-Snudi-FO. En fin de matinée, les grévistes ont décidé en assemblée générale de reconduire le mouvement pour le jeudi 30 octobre. "Aucune de nos revendications n'a été entendue pour l'heure", expliquait M. Rakotondravelo. Le dialogue est donc au point mort. Alors que dans un communiqué, le préfet de Mayotte "rappelle qu'en accord avec l'ensemble des organisations syndicales concernées, une réunion avec le préfet de Mayotte, le vice-recteur, le président du conseil général a été fixée, dès la mi-octobre, au 4 novembre 2008 pour initier un débat", les syndicats rétorquent que cette réunion "a été reportée plusieurs fois depuis septembre". Ils ajoutent que ce sont ces multiples reports "qui nous ont poussé à déposer un préavis de grève" dans lequel ils dénonçaient l'attitude de l'administration. "Si le préfet a des choses à nous dire le 4 novembre, il peut nous donner les prémisses de ses intentions dès aujourd'hui", indique M. Rakotondravelo. "Mais aujourd'hui il n'a pas souhaité nous rencontrer. Le préfet a démontré qu'il veut qu'on reste dans la rue jusqu'au 4 [novembre]." 30 octobre Le mouvement de grève des instituteurs s'est poursuivi jeudi 30 octobre. Dans un communiqué envoyé à la presse, le SE-CGT-Ma et le Sima-Snudi-FO dénoncent l'attitude du préfet "qui a refusé de recevoir le 29 octobre une délégation de l'intersyndicale qui voulait lui présenter une proposition de sortie de crise". Les deux syndicats qui appellent à la grève regrettent "qu'il ait fallu un durcissement du mouvement pour que le Préfet réagisse" ; ils critiquent également l'absence des parlementaires à la réunion programmée le 4 novembre entre les services de l'Etat et les syndicats. Le député comme les deux sénateurs se sont déclarés solidaires de leur mouvement. Le communiqué des deux syndicats conclut qu'"avec la grève des transports scolaires et celle des enseignants du second degré qui réclament, eux aussi, l'indexation des salaires, le système éducatif risque d'être fortement paralysé la semaine prochaine". Le mouvement devrait donc se poursuivre ces prochains jours. RC
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