|
|
|
|
|
Lors de l'assemblée générale des grévistes, Rivomalala Rakotondravelo a fait un long discours. En voici des extraits.
"Nous devons continuer car si nous faisons par à-coups, nous n'obtiendrons rien. L'administration coloniale dira toujours non, même si ce sont nos droits que nous revendiquons ! A nous de démontrer que nous sommes des citoyens à part entière. Sinon, en 2020, on sera toujours dans la même situation. (…) On a pu faire quatre mois [de grève, en 2007], nous savons le faire. Nous pouvons le faire. (…) Vous pouvez vous dire qu'ils vous tueront en touchant à votre salaire. Aujourd'hui, vous avez perdu entre 40 et 55 euros. Mais ce n'est pas avec le salaire qu'ils vous tueront. C'est dans la tête ! si vous ne vous battez pas (…) car ce système nous écrase."
|
|
|
|
|
|
|
Les manifestants, près de 150, se sont retrouvés en début de matinée lundi 27 mars devant le vice-rectorat, à Mamoudzou. Leurs revendications portent sur trois points principaux : le rétablissement de l'indexation des salaires ; la majoration de la DSI à 25% ; et la titularisation de tous les instituteurs contractuels engagés depuis 2003. "Sur ces trois points, nous ne faisons que réclamer l'application de la loi", indique Rivomalala Rakotondravelo, secrétaire général du SE-CGT-Ma, syndicat majoritaire dans le premier degré de l'Education nationale à Mayotte. "C'est là la différence avec les mouvements précédents. Nous sommes vraiment dans notre bon droit." Selon lui, "l'indexation est un droit accordé par une loi datant des années 50 toujours en vigueur". Quant à la DSI (Dotation spéciale pour le logement des instituteurs), l'ensemble des instituteurs la touchent, mais les grévistes réclament à ce que la majoration de 25% en cas d'enfants soit appliquée, "comme le stipule le code de l'enseignement, applicable à Mayotte depuis le 1er janvier 2008". Enfin, la situation des contractuels est la plus grave : engagés depuis 2003, ils ne peuvent plus êtres intégrés, "mais la loi reconnaît à tout agent contractuel le droit d'être intégré au bout de deux ans", assure Answifoudine Port Saïd, cadre du SE. Les syndicalistes ont d'abord été reçus par deux collaborateurs du vice-recteur : une rencontre qualifiée par les représentants syndicaux de "décevante" : "Notre rencontre avec l'administration n'a pas été concluante. Ils nous ont répété ce qu'ils nous disent depuis des mois : qu'ils ne sont pas compétents, et que nous devons nous diriger vers le gouvernement pour l'indexation et le Conseil général pour la DSI. Ils renvoient la balle aux autres, comme d'habitude", se désole M. Port Saïd. L'administration, que nous avons cherché à joindre, n'a pas répondu à notre sollicitation. Les grévistes se sont ensuite invités à la permanence du député, Abdoulatifu Aly (MDM), qui les a pleinement soutenus. "Dans la mesure où ils réclament l'application de la loi, je ne peux que me déclarer solidaire de leur mouvement", a expliqué le député. Qui a poursuivi : "Je ne comprend pas pourquoi le Conseil général et l'Etat refusent d'appliquer la loi ! En France, tout travail mérite salaire, et tout salaire doit être payé. Cela fait 10 mois, depuis le 1er janvier 2008, qu'une partie des salaires des instituteurs, en l'occurrence la DSI, ne leur est pas payé. Concernant les contractuels, leur situation est illégale : ils doivent être, toujours selon la loi, intégrés. Le vice-rectorat refuse d'appliquer la loi ! Et on est en France ! La loi est la loi ! Elle existe…" M. Aly a annoncé qu'il allait demander au préfet des comptes, en compagnie des autres parlementaires de l'île ainsi que du président du Conseil général et du président de l'association des maires de Mayotte. En fin de matinée, les manifestants ont investi l'hémicycle du Conseil général où ils ont décidé de poursuivre le mouvement. "Nous n'avons rien obtenu de concret, nous poursuivons donc notre mouvement de grève", a indiqué lundi après-midi Rivomalala Rakotondravelo. Selon le secrétaire général du Syndicat des enseignants, "il y a face à nous une administration qui ne nous écoute pas, ou ne veux pas nous entendre. Tant qu'il n'y aura pas de réponse à la hauteur de la gravité de la situation, nous ne pourrons pas faire d'efforts de notre côté." Si certains manifestants se sont prononcés contre la poursuite de la grève, la majorité ont voté pour sa reconduction. "Un jour ne suffit pas", a déclaré M. Rakotondravelo (lire ci-contre). "On veut du concret, et tout de suite ! On en a marre des paroles !" a crié une enseignante. "Arrêtons d'aller voir des personnes qui n'ont aucune crédibilité comme le député. Allons voir les bonnes personnes" a proposé un autre. Qui a conclu : "Ou on met le feu comme en 1991, ou on arrête le mouvement." La grève doit se poursuivre mardi 28 octobre. Lundi, le taux de grévistes a oscillé entre 13% (selon l'administration) et 30% (selon les syndicats). RC
Mardi 28 octobre, les instituteurs ont poursuivi leur mouvement de grève. Plus nombreux que la veille (ils étaient environ 200), ils ont manifesté devant le vice-rectorat avant de bloquer la circulation au rond-point Passot, le cœur névralgique de Mamoudzou. Réunis en assemblée générale en fin de matinée, ils ont voté la reconduction du mouvement pour le lendemain. Les grévistes semblent particulièrement remontés face à l'absence d'intérêt de la part des autorités. "Ce n'est pas à nous d'aller les chercher, c'est à eux de venir", estime un des leaders du mouvement. "Maintenant, on ne calcule plus. C'est à eux de calculer", a déclaré un manifestant.
|