En grève depuis bientôt deux semaines, les enseignants du 1er degré pourraient porter l'affaire DSI devant le tribunal administratif de Mamoudzou.
Les syndicats dénoncent des intimidations
Dans un communiqué, le SE et le Sima indiquent que "pour intimider la population ainsi que les instituteurs, des gendarmes entrent dans les écoles pour relever l’identité des grévistes. Pire, dans les villages, des gendarmes interrogent les passants pour savoir s’ils sont des instituteurs grévistes. Une méthode qui nous ramène à l’âge des pierres… Nous ne pouvons que dénoncer et condamner cette stratégie de la terreur".
Après dix jours de grève, les instituteurs ont voté jeudi 6
novembre la reconduction de leur mouvement. "Les collègues ne savent plus
trop comment faire pour obtenir satisfaction alors que tout le monde, y compris
l'administration, reconnaît que nous avons le droit pour nous", indiquait
jeudi soir Rivomalala Rakotondravelo, secrétaire général du Se-CGT-Ma, l'un des
trois syndicats qui appellent à la grève – le SE-CGT-Ma et le Sima-Snudi-FO ont
été rejoints mercredi par le SAEM (Syndicat autonome des enseignants de
Mayotte).
Si la suspension du mouvement a été évoquée, afin notamment
"de préparer la grève du 20 novembre" à laquelle appellent également
les syndicats du 2nd degré ainsi que "la venue de Jégo",
le secrétaire d'Etat à l'Outremer, programmée début décembre, il pourrait
cependant être reconduit la semaine prochaine. "Les collègues sont très
remontés. Si rien n'avance, ça va péter", précise le représentant syndical,
qui réfléchit "à de nouvelles formes d'actions".
L'intersyndicale envisage ainsi de déposer une plainte
devant le tribunal administratif de Mamoudzou concernant l'une
de leurs cinq revendications : l'application de la majoration de 25%
de la DSI.
"L’administration, à cause de la pression de la rue, a
dû reconnaître aux instituteurs le droit à la majoration à 25% de la DSI à
compter du 1er janvier 2009. Ainsi, l’option d’un recours au tribunal
administratif pour la majoration de la DSI avec effet au 1er janvier 2008 a été
retenue par les instituteurs grévistes", indiquait le SE dans un
communiqué jeudi. "Nous sommes en train de rédiger la plainte avec un
avocat, et nous la ferons signer par le plus d'enseignants possible la semaine
prochaine", nous a affirmé M. Rakotondravelo. Selon lui, "il en
faudra le plus possible – 200 ou 300 – pour que le tribunal accélère la
procédure", souvent très longue.
Sur les autres points de revendications, les syndicats
continuent de réclamer des négociations. "Pour les instituteurs
contractuels, l’administration a vaguement évoqué la possibilité de créer après
2010, un concours interne en vue de leur titularisation. Ces avancées sont
encore insuffisantes", estime le SE, qui regrette que "malgré les
nouvelles propositions de l’intersyndicale des instituteurs, formulées après la
réunion du 4 novembre [le préfet] n’a pas appelé les instituteurs à de
nouvelles négociations".