La nouvelle est tombée lundi 17 novembre : suspendues depuis dix jours par les autorités anjouanaises, les reconduites à la frontière des Comoriens en situation irrégulière à Mayotte ont repris mardi 18 novembre.
Selon Fadul Ahamed, ministre des Transports de l'île autonome d'Anjouan, "nous nous sommes compris entre les trois parties, c'est-à-dire l'Union des Comores, l'ambassade de France aux Comores et le gouvernement d'Anjouan. Chacun s'est engagé à respecter les conditions que nous avions définies".
Ces conditions avaient été déterminées lors d'une rencontre entre le ministre de la Défense de l'Union des Comores, Mohamed Dossar, l'ambassadeur de France à Moroni, Luc Hallade, et M. Ahamed, le 27 octobre dernier, au cours de laquelle les autorités anjouanaises avaient exigé que les autorités françaises présentent "une liste détaillée des Comoriens refoulés 24 heures avant leur reconduite à la frontière" ; qu'il soit permis aux refoulés de "s'habiller dignement" et de "récupérer leurs affaires personnelles" ; que les mineurs "soient accompagnés d'un adulte ayant un statut adéquat" ; et que les Comoriens originaires des autres îles de l'Union (Mohéli et la Grande-Comore) soient renvoyés dans leur île et non plus à Anjouan.
"Ces conditions sont aujourd'hui réunies", a indiqué par téléphone le ministre anjouanais, qui a assuré que "désormais, les Grands-Comoriens seront renvoyés en Grande-Comore, et les Mohéliens à Mohéli". Une information confirmée par la préfecture de Mayotte.
Un premier contingent de Comoriens sans papiers français a été envoyé à Anjouan mardi après-midi via le bateau Maria Galanta. Depuis le début de l'année, ce sont plus de 14.000 personnes (dont plus de 2.000 mineurs) qui ont été éloignées dans le cadre de près de 12.000 arrêtés de reconduite à la frontière. Le chiffre de 16.000 personnes reconduites à la frontière devrait être atteint d'ici la fin de l'année, comme en 2007.
RC