Vendredi après-midi avait lieu l’Assemblée Générale du MEDEF. Cette année, son président, Michel Taillefer avait réunis les brebis dispersées depuis 2006, année où il y avait eu scission parmi les grandes entreprises, certaines n’ayant alors pas rejoint la Chambre de Commerce et d’Industrie.
"il faut investir dans l’outil de travail, et non plus acheter des maisons pour les mettre en location"
«J’ai voulu que le monde économique
redevienne uni. C’est pourquoi j’avais convié cette année les
représentants de la Fédération Mahoraise du Bâtiment et des
Travaux Publics (FMBTP), de l’Union Maritime et du Syndicat
Industriel de Transformation de Mayotte, qui participent tous au
développement économique et social de leur île »
expliquait Michel Taillefer.
Pour le représentant du MEDEF, les entreprises sont
toujours pessimistes quant à l’avenir proche : « les
crédits sont difficiles voire impossibles à obtenir, les acteurs
économiques ne sont toujours pas payés, le contrat de projet n’est
toujours pas mis en œuvre et l’arrêt de la défiscalisation a
accentué les difficultés du monde du BTP. Les grèves révèlent de
plus une situation sociale tendue ».
La situation du marché de l’emploi n’est pas
meilleure : « Par an, nous avons à Mayotte 8 500
naissances, et seulement 1000 créations d’emploi. Nous ne
produisons rien, il n’y a pratiquement pas de tourisme : nous
vivons des transferts de la métropole. Mais la crise mondiale est
passée par là, et la France n’a plus d’argent dans ses
caisses ».
Les solutions sont connues : la formation pour
améliorer la productivité, mais les débouchés manquent. « Dans
le domaine de la formation, la solution est la mobilité. Mais il
faut aussi que les mahorais se remettent au travail, car ils
réagissent comme les français il y a quelques années : ils ne
veulent plus aller à la pêche ou travailler comme gardien. D’autre
part, il faut investir dans l’outil de travail, et non plus acheter
des maisons pour les mettre en location. Enfin, il faut bien se dire
qu’il n’y aura pas de développement économique sans
développement social ».