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C'est suite à une plainte déposée par les deux
autres opérateurs présents à la Réunion et à Mayotte que
l'Autorité de la concurrence a annoncé jeudi qu'elle imposait des
mesures d'urgence à l'opérateur SRR, filiale de SFR à la Réunion
et à Mayotte, pour qu'il cesse d'abuser de sa position dominante,
deux mois après avoir sanctionné France Télécom pour ses
pratiques en outre-mer.
Les deux concurrents reprochent à SRR d'abuser de
sa position dominante en pratiquant une différenciation tarifaire
abusive, c'est-à-dire ne correspondant pas aux coûts réels, entre
les appels sur leur réseau et les appels vers un autre réseau, dans
la quasi totalité des offres proposées à ses clients.
Cette décision de l'autorité de la concurrence
vise à "rétablir la concurrence à la Réunion et à
Mayotte avant la période des fêtes", propice aux ventes de
téléphonie mobile, avant une décision sur le fond qui sera rendue
plus tard et une éventuelle amende, précise l'Autorité dans un
communiqué.
"Concrètement, cette tarification a pour
conséquence de rendre attractives les communications passées au
sein du réseau SRR et de donner aux autres opérateurs l'image
d'opérateurs particulièrement chers à appeler", juge
l'Autorité.
Cet "effet de club" est d'autant plus
pénalisant que SRR, en situation de monopole à La Réunion jusqu'en
2000, et jusqu'en 2006 à Mayotte, possède encore 65 à 70% du
marché face à Orange (25-30%) et Outremer Télécom (5-10%), selon
l'Autorité de la concurrence.
Ainsi SRR "freine sensiblement la dynamique
concurrentielle", alors même que "le marché mobile
de la zone Réunion-Mayotte se trouve à une période charnière",
avec le déploiement des réseaux 3G et l'arrivée de téléphones
attractifs permettant un accès facile à internet depuis le mobile.
L'Autorité demande donc à SRR de proposer
immédiatement à ses abonnés des offres "qui ne
discriminent pas selon le réseau appelé, sauf à refléter les
différences de coûts supportés" par l'opérateur.
Cette décision est susceptible de faire l'objet
d'un recours devant la cour d'appel de Paris.
Ce n'est pas la première fois que les pratiques des
opérateurs télécoms en outre-mer sont épinglées par les sages de
la rue de l'Echelle: le 28 juillet, France
Télécom a écopé d'une amende de 27,6 millions d'euros pour
"avoir entravé abusivement le développement de nouveaux
opérateurs concurrents dans les DOM" entre 2001 et 2006.
avec AFP et le Quotidien de la Réunion |