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B.K. comparaissait pour "participation à un attroupement après sommation" des forces de l'ordre. Un chef d'inculpation "peu commun" selon son avocat, maître Thani, qui n'a pas manqué de préciser, comme pour dénoter l'incongruité d'une telle accusation, que les jurisprudences en la matière remontent à 1903 et 1907…
Ce jour-là, B.K. avait été commissionné par sa mère pour aller faire des courses. "Quand je suis arrivé devant la Somaco [un supermarché local, ndlr], j'ai vu que c'était fermé. La Snie [idem] aussi. Quand j'ai vu l'attroupement, je suis allé voir ce qu'il se passait. Mais ça ne m'a pas plu, alors je suis parti", a témoigné à la barre le jeune homme de 28 ans, lors de l'audience du tribunal de première instance mercredi 27 août. - Pourquoi avez-vous fui ? lui demande le président, M. Sastre. - Parce que ce que je voyais ne me plaisait pas.
S'il a reconnu, lors de son audition par les policiers, avoir scandé des slogans anti-Bacar, B.K. a nié avoir participé aux émeutes qui avaient fait une vingtaine de blessés. Son avocat, maître Thani Mohamed, a pour sa part fustigé l'instruction. Rappelant que son client n'était pas poursuivi pour faits de violences –il n'avait pas d'armes-, il a soutenu qu'aucun élément tangible ne permettait de confirmer sa présence parmi les manifestants après la sommation. "C'est cette question qu'il faut se poser : était-il là après la sommation ? Aucune preuve ne peut le confirmer."
Le seul argument du Parquet –une photo prise ce jour-là dans laquelle on voit B.K. courir avec d'autres- ne permet pas, selon l'avocat, de savoir si son client est parti après ou avant la sommation. "Je demande donc la relaxe", a-t-il plaidé.
Alors que la représentante du Parquet, Mme Moreau, a reconnu qu'il "manque la preuve formelle" de la sommation, le juge a écouté maître Mohamed et a relaxé B.K., dont il est permis de se demander pourquoi il a été poursuivi…
VM
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