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Un policier comparaissait devant le Tribunal de
première instance de Mamoudzou mercredi 24 juin pour avoir frappé,
le 1er mai au commissariat de Mamoudzou, un homme en état
d’ébriété qui avait été placé en cellule de dégrisement
durant la nuit.
Ce jour-là, le policier dit avoir été insulté
une première fois par la victime, puis une deuxième fois, lorsqu’il
lui a amené le petit-déjeuner - un biscuit et un jus de fruit. « Il
a insulté ma mère, ma sœur, moi. J’ai perdu mon sang-froid. J’ai
donné des coups de pieds », a-t-il reconnu à la barre.
La victime affirme ne pas avoir insulté la famille
du policier. « J’ai dit : ‘C’est du chaoula
[nourriture en shimaore, ndlr] ça ? Donne-le à ta mère !’ Et
c’est là qu’il m’a frappé alors que j’étais à terre ».
Des propos confirmés par son compagnon de cellule.
Le policier aurait alors donné trois coups de pieds
au visage de la victime, qui était à terre. Selon une expertise
médicale, l’homme souffrait d’une plaie à la lèvre et d’un
déchaussement des incisives à la suite de cette agression ; il a
obtenu une ITT (interruption temporaire de travail) de deux jours.
Ces actes ont été qualifiés d’« intolérables »,
tant par le président que par le procureur. « Il s’agit
d’une affaire de brutalité policière intolérable », a
indiqué ce dernier. « Dans ce dossier, vous avez une
attitude incorrecte de monsieur O. [la victime)], mais vous n’avez
pas d’insulte. C’est important ! » Évoquant longuement
le « déchaînement de violence » du policier et
rappelant que les trois coups de pieds ont été portés « avec
des rangers » « au niveau de la tête »
de la victime « qui était allongée à même le sol »,
il a regretté que le policier n’ai pas gardé « beaucoup
de souvenirs » de sa formation et du code de déontologie
de la Police. « Quand il y a des insultes il y a des règles
: l’agent doit porter plainte pour outrage », a-t-il
poursuivi.
Jugeant les faits graves, le procureur a requis une
peine de 10 mois de prison avec sursis et s’est opposé « à
toute demande de dispense d’inscription de la condamnation au
casier judiciaire » du policier - ce qui signifierait très
certainement son licenciement.
L’avocat du prévenu, Me Perdusa, a pour sa part
tenu à minimiser l’affaire. Il a en outre évoqué « les
difficultés » rencontrées au quotidien par les policiers
et « les difficultés personnelles » vécues par
son client lors de son coup de sang. « Cela fait des mois
qu’il est en dépression et que sa hiérarchie ne fait rien pour
lui venir en aide », a-t-il lancé. Il s’est en outre dit
« étonné » de voir à quel point le ministère
public tenait à une condamnation, évoquant un « acharnement sur
un fonctionnaire » inédit.
Me Perdusa a sollicité une dispense de peine. Le
président rendra son jugement le 8 juillet.
RC |