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Un filon rentable |
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A l’heure où l’océan Indien est en vogue, disparaître du catalogue de cette compagnie qui a transporté 1,1 million de vacanciers en 2007 serait « dramatique », estime-t-on au Comité, alors que Costa a programmé pour cette saison une quinzaine d’escales à Mayotte. Avec le départ annoncé de Royal Star, compagnie historique dans la zone qui détient 23% du marché local, un départ de Costa (56% du marché) sonnerait très certainement le glas de cette activité dans l’île, qui rapporte entre 2 et 3 millions d’euros par an. |
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Une première réunion vendredi 19 septembre, une deuxième mercredi 24 septembre : il est visiblement urgent pour le Comité du tourisme de Mayotte (CDTM) de trouver une solution au problème des croisières. C'est que le temps presse : la saison doit débuter en novembre, et l'île ne compte toujours pas de ponton digne de ce nom. C'est un mail adressé par la direction du groupe italien (leader des croisières en Europe) à son représentant local, la SMART, qui a donné l'alerte, mi-septembre. « Nous avons été informés que l'équilibre politique et la situation sur l'île a changé », indique ce message, « et que certaines autorités locales ne sont pas intéressées pour accueillir et développer le tourisme de croisière. Notamment, il semble que le Conseil général [de Mayotte] est contre les navires de croisières, croyant qu'ils ont un impact négatif sur l'environnement ». Et Costa Croisières de s'interroger dans ce même mail : « Le nouveau projet de quai a-t-il été arrêté ? Pensez-vous qu'il serait possible d'avoir un meilleur ponton que celui utilisé l'année dernière ? Les autorités portuaires et la municipalité [de Mamoudzou] montrent-elles un intérêt quant à cette question ? » Pas vraiment. Depuis un an, « rien n'a été fait pour améliorer l'accueil des croisiéristes », dénonce un cadre du Comité du tourisme qui a souhaité conserver l'anonymat. Les élections cantonales, le changement de majorité au Conseil général, puis la lutte pour la succession à l'ancien président du CDTM Mistoihi Mari, ajoutés à des révélations plus ou moins avérées concernant certains dysfonctionnements au sein de l'association, n'ont pas permis aux techniciens de travailler correctement durant le premier semestre. Le ponton de Mamoudzou, où accostent les visiteurs et qui est à l'origine de la missive de Costa, symbolise cette inaction. « Il est resté en l'état, malgré son délabrement connu par tous. Tout le monde sait qu'il n'est pas adapté à une telle affluence », poursuit le cadre du CDTM. A la Chambre de commerce et d'industrie (CCI), qui gère ce ponton utilisé par les plaisanciers comme par les professionnels (pêcheurs, guides maritimes), on ne cache pas son inquiétude. « Ce ponton n'est pas aux normes », lâche un cadre de la Chambre. « Il est dans un état pitoyable », ajoute un usager, même si une étude récente se veut moins alarmiste. Une consultation publique a bien été lancée pour réaliser un nouveau ponton, face au futur siège du CDTM, à côté du marché de Mamoudzou. Mais les dates de l'appel d'offre n'ayant pas été respectées, la construction a été retardée. Selon un cadre du CDTM, les caisses vides du Conseil général pourraient expliquer cette bourde. Résultat : pour cette nouvelle saison qui doit débuter en novembre, « il n'y aura pas de nouveau ponton » affirme-t-on au CDTM. Une solution palliative a un temps été envisagée : utiliser un ponton provisoire. Celui-ci était disponible depuis que la Colas, qui construit le deuxième quai du port de Longoni, n'en avait plus besoin sur ce chantier. « Les élus devaient trancher, mais ils ne l'ont jamais fait, et ce ponton flottant est reparti de Mayotte début août », regrette le cadre du CDTM, qui ne décolère pas. « On avait une solution clé en mains et pas chère. Et on n'a rien fait ! Résultat : on n'a pas de ponton, et Costa s'inquiète ». La solution trouvée mercredi 24 septembre par les membres du CDTM ne devrait pas rassurer le leader européen. Trois options se présentaient pour faire accoster les croisiéristes : à Mamoudzou - comme l'année dernière - sur le ponton décrié ; à Dzaoudzi, avec le problème de la traversée entre Petite et Grande Terre à gérer ; et à Longoni, au nord. Cette dernière option, jugée trop coûteuse, a été abandonnée. Un consensus a été trouvé avec les deux autres : cette année, les croisiéristes qui voudront participer à une excursion accosteront à Mamoudzou, les autres à Dzaoudzi. Si elle a l'avantage de ménager le vieux ponton de Mamoudzou, « cette solution n'en est pas une », se désolait mercredi soir un agent du CDTM. Selon lui, « pour ceux qui accosteront à Dzaoudzi, va se poser le problème de la barge, qui connaît déjà de nombreux soucis. Cela prendra du temps. Quant au ponton de Mamoudzou, cela va poser un problème avec les professionnels locaux du tourisme qui ne sont pas prêts cette année à laisser la place aux croisiéristes au détriment de leur activité ». Certains, mécontents de cette décision, ont quitté la réunion avant son terme… Costa aussi pourrait être déçu. Le matin même de cette réunion, la société a envoyé un mail indiquant qu'elle ne reviendrait cette année à Mayotte que si elle bénéficiait de conditions similaires à celles de la saison dernière… RC
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