"Le Karthala surprend de par sa splendeur, mais aussi de par les dangers auxquels il expose les populations de la Grande Comore", précise dès l'introduction la page d'accueil du récent site consacré au volcan. Ces deux facettes seront au menu du colloque international qui sera consacré au Karthala du 19 au 21 novembre, dans la capitale comorienne.
Une première initiée par le gouvernement comorien et la représentation du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) aux Comores, et qui réunira autour de partenaires internationaux comme la Banque mondiale, la Coopération française ou la Coopération suisse, les "grands noms de la volcanologie dans le monde" ainsi que les principales institutions spécialisées dans la gestion des catastrophes naturelles.
Parmi celles-ci, l'Institut physique du globe de Paris, l'observatoire volcanologique et l'Université de la Réunion, deux institutions qui assistent l'observatoire comorien du Karthala. D'autres instituts de surveillance volcanologique feront le déplacement, notamment celui de Goma, en République démocratique du Congo, et l'Institute of Volcanology and Seismology des Philippines.
A travers les nombreux ateliers de travail, les participants échangeront en premier lieu leurs expériences en matière de surveillance et de gestion des risques liés aux phénomènes volcanologiques. Ce travail devrait déboucher sur l'actualisation et la validation du plan national de prévention et de gestion des risques, mis en place en 2004. Cet organe d'intervention dispose de peu d'expérience, puisqu'il n'a été sollicité qu'une seule fois lors de l'éruption de 2007 et reste sous-équipé pour réagir à d'éventuelles catastrophes.
Mais au-delà du renforcement de la surveillance et de la gestion des crises, les organisateurs veulent faire de cette rencontre un moment de promotion du Karthala à travers sa valorisation économique et énergétique. "Le premier objectif du colloque est d'enrichir les connaissances sur le Karthala… et d'explorer de fond en comble, le volcan afin d'apporter un éclairage substantiel autant sur les ressources enfouies que sur la faune et la flore autour de ce volcan" souligne le comité d'organisation.
Des spécialistes en géothermie, en hydrologie et en biodiversité sont invités à faire part de leurs recherches. Selon les organisateurs, deux institutions, une américaine et une kenyane, chargées par le gouvernement comorien d'un projet d'électricité géothermique, devront dévoiler pour la première fois les résultats de leurs études. Il sera également question d'ouvrir de nouvelles pistes pour le développement du tourisme autour du cratère.
NK