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Les investisseurs affluent, attirés par le plus important gisement de charbon non exploité au monde, un trésor enfoui de 2,4 milliards de tonnes. "Il y a beaucoup de charbon ici, de quoi répondre à la demande de l'industrie sidérurgique internationale en coke" hautement calorifique pour les aciéries, s'enthousiasme Syd Parkhouse, directeur pour le Mozambique du géant minier australien Riversdale. Dans les années 80 pourtant, toute activité avait cessé à Moatize et dans la grande ville proche, Tete. Après avoir survécu tant bien que mal à la guerre d'indépendance contre le Portugal, la province avait été ensuite le théâtre du violent conflit civil qui avait suivi, sans répit de 1975 à 1992. Paralysée par les mines anti-personnel dont les rebelles de la Renamo avaient truffé ses infrastructures, Moatize était coupée du monde. Un pont stratégique sur le fleuve Zambèze (centre) et une liaison ferroviaire vers le port de Beira, sur l'Océan indien, avaient fait son malheur. Presque restaurés, ce sont aujourd'hui de précieux atouts. Riversdale, qui s'est allié avec le magnat industriel indien Tata, investit massivement dans la région depuis 2007. Ses projets pour une cokerie et une centrale thermique de production d'électricité représentent à eux seuls un investissement de quelque 830 millions de dollars. L'Australien n'est pas seul en lice. Le deuxième groupe minier au monde, le Brésilien Vale (Companhia do Vale Rio Doce), a obtenu une concession de 25 ans dans le bassin et prévoit d'investir quelque deux milliards de dollars pour reprendre l'exploitation de mines anciennes et ouvrir de nouveaux puits. Lorsque les 665 km de voie ferrée jusqu'à Beira, dont le déminage a demandé des années de patient labeur, auront été entièrement réhabilités en 2010, le Mozambique redeviendra exportateur de charbon, a annoncé récemment la directrice de l'Institut national des Mines, Fatima Momade. Au total, le Mozambique a accordé 125 licences d'exploitation pour son charbon, pour la plupart dans la province de Tete mais aussi dans le bassin de Niassa, à l'extrême nord du pays. Déjà, l'argent des industriels a été investi dans la construction de nouvelles routes, d'écoles et d'hôpitaux. L'octroi des licences comprend un volet social, dans une région où la majorité de la population vit avec moins d'un dollar par jour. "Il est important pour nous aussi de reconnaître les besoins de la communauté dans laquelle nous allons vivre et travailler", souligne M. Parkhouse. Plus de 30.000 personnes vivent à proximité des sites pour lesquels Riversdale a acquis les droits, constituant une main d'oeuvre immédiate. Les habitants de la région espèrent quant à eux renouer avec une vie plus facile. "Autrefois, j'assurais les revenus de la famille et je pouvais même aller en train à Beira pour le week-end", se souvient Inacio Antonio, 55 ans, fumant une cigarette roulée dans du papier journal. Pour ce cheminot comme pour toute la communauté, tout avait pris fin avec la fermeture de la ligne de chemin de fer. Il a repris le travail. Il espère maintenant envoyer ses petits-enfants à l'école. (AFP) |