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Organisée par l'Institut de veille sanitaire (InVS), la Cellule interrégionale d'épidémiologie Réunion-Mayotte (Cire), la Direction des affaires sanitaires et sociales (DASS), le Centre hospitalier de Mayotte (CHM) et le Conseil général, la première Journée mahoraise de veille sanitaire a été l'occasion jeudi 20 novembre d'établir un état des lieux des maladies infectieuses à Mayotte, trois ans après l'épidémie de chikungunya, un an après l'apparition de la fièvre de la vallée du Rift – et alors que la typhoïde ressurgit. Selon Françoise Weber, directrice générale de l'InVS qui a profité de sa venue dans l'île pour annoncer la mise en place d'un coordinateur de l'action de veille sanitaire auprès de la DASS, "la situation n'est pas dramatique, mais le danger est présent". "L'île se trouve à la fois confrontée à des maladies que l'on trouve dans des pays pauvres et à des maladies de pays développés", a affirmé un participant. Parmi les maladies tropicales traditionnelles, l'une des plus mortelles (1 million de décès en 2006 dans le monde), le palu, n'a toujours pas été éradiquée – contrairement à la Réunion, où il a disparu en 1979, et à Maurice, où il est pré-éliminé. Après une lutte intense dans les années 70, le taux de prévalence était passé de 25% en 1976 à 0,91% en 1980. "On pensait alors qu'il avait disparu", a noté Noémie Baroux, de l'InVS. Mais le relâchement de la lutte a permis le retour de la maladie, avec plusieurs épisodes épidémiologiques en 1984, 1987, 1991 et 1995. La reprise d'une lutte intensive depuis a permis le recul de la maladie, passée entre 2003 et 2007 de 4,5 à 2,9 cas pour 1.000 habitants. "312 patients ont été hospitalisés, et trois décès ont été enregistrés, entre 2003 et 2007", a ajouté Mme Baroux, qui a relevé que quatre communes étaient plus touchées que les autres : Acoua, Ouangani, Tsingoni et surtout Bandraboua, qui représente à elle seule 40% des cas de palu à Mayotte, alors que sa population représente 5% de celle de l'île. La lèpre, la fièvre de la vallée du Rift (10 cas humains identifiés entre septembre 2007 et mai 2008) et la tuberculose (32 nouveaux cas en 2007) sont également toujours présentes dans l'île, tout comme la typhoïde, "très vieille maladie" selon le docteur du CHM Philippe Gabrié, quasiment éradiquée en France avec 0,2 cas pour 100.000 habitants. "35 cas ont été enregistrés à Mayotte en 2007 [dont 28% de cas graves], soit 20 cas pour 100.000 habitants, soit un taux cent fois plus élevé qu'en métropole", a révélé le médecin. Selon l'étude du CHM, la plupart des malades de la typhoïde ne sont pas nés à Mayotte, et ne sont pas affiliés à la Sécurité sociale ; ils se concentrent dans la zone urbaine de Mamoudzou-Koungou. Comme de nombreuses autres, "cette maladie est liée à la précarité", a jouté M. Gabrié. Si ces chiffres restent mesurés, la récente découverte de 19 cas de typhoïde enregistrés entre le 22 octobre et le 10 novembre 2008 inquiète. "La majorité ont été enregistrés sur Mamoudzou, et la plupart des patients sont des enfants en âge d'être scolarisés ou des jeunes mineurs", a indiqué une épidémiologiste de la DASS, qui n'a pas caché ses nombreuses interrogations quant à l'origine de cette résurgence. Si les participants à ce séminaire se sont voulus rassurants, ils ont rappelé la fragilité de l'île, liée notamment à sa position géographique, mais aussi à son système de santé qualifié de "déficient" par certains spécialistes. La question des difficultés d'accès aux soins, pour les Mahorais comme pour les étrangers en situation irrégulière, a été évoquée à de multiples reprises. RC
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