Selon Ahmed Abdallah Sambi, le président de l'Union des Comores, le débarquement de l'Armée nationale de développement (AND) sur l'île d'Anjouan, dirigée par le gouvernement "rebelle" de Mohamed Bacar depuis les élections truquées de juin 2006, est imminent.
L'armée nationale en pleine démonstration de force, lors d'un entraînement, fin décembre 2007 à Moroni.
"Le voyage de Ndzuani [Anjouan], nous le ferons" a déclaré Sambi le 10 janvier dernier àl'occasion d'une visite dans l'enceinte de l'Ecole nationale des forces arméeset de la gendarmerie (Enfag). "Nous sommes parvenus à un point de nonretour dans notre entreprise de libérer Ndzuani", a ajouté le chef d'Etat,selon lequel "nous devons essayer d'éviter au maximum les pertes de vies humaines et faire le moins de dégâts matériels possibles".
Si la date du débarquement n'a pas été précisée, le chef d'Etat major de l'AND, le lieutenant-colonel Salimou Mohamed Amiri, a indiqué que les soldats de l'armée seraient cette semaine à Itsoundzou, dans le sud de la Grande-Comore, "pour préparer le voyage de Ndzuani". Selon lui, "après Itsoundzou, nous ne retournerons pas [dans le camp militaire principal de] Kandani ou à la gendarmerie [de Moroni], ce qui veut dire que nous serons à ce moment là prêts à partir pour Ndzuani".
A Moroni, l'on se demande si l'opération sera lancée avant ou après le 24 janvier, date de l'échéance de l'ultimatum fixé par l'Union africaine à Mohamed Bacar pour organiser de nouvelles élections. Depuis trois mois et demi, l'île est en théorie soumise à un blocus empêchant certaines personnalités proches du régime Bacar de se déplacer. La fin de ce blocus qui arrive à son terme le 24 janvier pourrait signifier le début d'un embargo total. Il semble cependant que Sambi n'espère plus grand-chose de l'Union africaine, qui privilégie la voie diplomatique pour régler ce conflit. La récente invitation envoyée par l'Afrique du Sud à Mohamed Bacar afin d'entamer un nouveau round de négociations –invitation dénoncée par la diplomatie comorienne- a peut-être influé sur le choix du président, de plus en plus impatient d'en découdre avec le dictateur anjouanais.