La justice a tranché. Les quatre Tanzaniens reconnus coupable du meurtre d’un albinos de 50 ans ont été condamnés, lundi, à la pendaison. Une décision juridique qui satisfait la plupart des Tanzaniens.
Quatre Tanzaniens ont été condamnés à la
pendaison pour avoir assassiné et mutilé un albinos de 50 ans. Ce
verdict, prononcé lundi par la Haute Cour de Tanzanie, porte à sept
le nombre de personnes condamnées à mort pour le meurtre d’albinos
dans le pays. Environ cinquante personnes auraient été tuées ces
deux dernières années en Tanzanie. Selon certains observateurs, ces
personnes vivraient dans la crainte perpétuelle, particulièrement
dans les villages du nord-ouest, une région où les meurtres
d’albinos sont fréquents.
Ces condamnations à mort font partie des nouvelles
mesures prises sur le plan juridique et politique par le gouvernement
tanzanien. Depuis l’année dernière, les autorités ont instauré
un recensement des albinos et mis en place un service policier
d'escorte des enfants atteints de cette anomalie lorsqu’ils se
rendent à l’école. En outre, l’arrivée en avril 2007 de la
députée albinos Al-Shymaa Kway-Geer au parlement tanzanien a
contribué à faire évoluer les mentalités dans un pays où la
plupart de la population ne considère pas l’albinisme comme une
maladie. Selon Eric Nampesya, le correspondant de la BBC à
Shynyanga, les Tanzaniens sont satisfaits des efforts fournis pas le
gouvernement. Ils espèrent que ces peines de mort limiteront dans
l’avenir les meurtres d’albinos. Même si certains regrettent que
les sorciers ne soient pas eux aussi jugés alors qu’ils concoctent
des breuvages magiques à partir des membres d’albinos et les
vendent pour une centaine de dollars.
L’attitude de la Tanzanie sert d’exemple au
Burundi qui a entrepris de juger les assassins d’albinos. Ces deux
pays sont les plus touchés par les sacrifices d’être humains.