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Comoro Islands Airline, c’est le nom de cette
compagnie
privée de droit comorien créée le 6 septembre 2008 suite à la
signature d’un accord de partenariat entre le vice président, Idi
Nadhoim qui, était chargé alors des transports et du tourisme et le
directeur de Aref Investissement Group, Ian Patrick. « Nous
sommes en droit d’espérer qu’avec notre nouveau partenaire, nous
pourrons relier facilement nos îles et nous rapprocher d’avantage
des pays de la région » avait déclaré le vice président
Idi Nadhoim à l’issue de la signature de cet accord.
Cette société dont le capital s’élève à 3
millions de dollars est, en fait, une joint venture détenue à
75% par le groupe d’investissement koweitien Aref et à 25% par
l’Etat comorien. L'entreprise emploie 99% de Comoriens. Selon les
clauses du cahier des charges, l’Etat comorien cède ses droits de
trafics au groupe d’investissement koweïtien Aref, qui est
l’actionnaire majoritaire de la société.
Cette compagnie va notamment utiliser la
substitution par rapport aux accords aériens bilatéraux qui lient
l’Etat comorien aux autres pays. En attendant l’ouverture
d’autres liaisons notamment vers les pays de la région et
l’international, Comoro Islands Airline dessert essentiellement le
réseau domestique comorien en effectuant des vols sur les trois îles
de l’Union des Comores.
Le vol inaugural de cette compagnie aérienne a été
effectué le 26 septembre à bord d’un appareil de 19 places. Elle
propose une fréquence journalière de 3 vols sur Moroni, 2 vols à
Anjouan et un vol à Mohéli, chaque jour de la semaine.
« Les avions ne sont plus disponibles le
week-end alors que nous sommes nombreux à vouloir voyager »,
explique, Kassimou Saïd Badria, la directrice du bureau
Comores/Madagascar de cette compagnie, pour justifier leurs vols
programmés les samedis et dimanches. Une ligne sur Mayotte est
prévue dans l’avenir mais, indique-t-elle, nous attendons le droit
de trafic. « Nous voulons que la liaison avec Mayotte soit
continue vers l’extérieur. Nous demandons une 5ème
liberté », précise-t-elle.
Dores et déjà, la direction de Comoro Islands
Airline annonce l’arrivée prochaine d’un deuxième avion de 19
places ainsi que deux Airbus A320 d’une capacité de 180 passagers,
destinés aux vols régionaux et internationaux. «Un premier
Airbus A320 viendra mi-novembre », annonce Kassimou Saïd
Badria. « Nous voulons ouvrir le pays au régional et à
l’international, et également ramener le monde aux Comores »,
lance la directrice de cette compagnie qui affiche un logo de fleur
de vanille, cette plante aromatique qui est l’un des produits
d’exportation de l’archipel.
« La ponctualité et l’offre du meilleur
service », tel sont les mots d’ordre de cette jeune
femme, capitaine de la troisième compagnie aérienne desservant le
réseau domestique comorien. « Les bas prix viendront si
l’Etat accepte de nous baisser les taxes sur l’aviation et sur le
carburant », enchaîne-t-elle.
Les Comoriens, qui ont connu des déconvenues
incessantes dans le domaine des transports aériens depuis la
faillite d’Air Comores, attendent beaucoup de cette nouvelle
compagnie. Et la directrice de Comoro Islands Airline de solliciter
le soutien de l’Etat comorien sur l’octroi du droit des trafics
qui permettra à cette nouvelle compagnie de viser d’autres
horizons.
Les responsables de cette société ont déjà
plusieurs capitales sur leur ligne de mire. Il s’agit entre autres
de Paris, Bahrein, Beyrouth, Dubaï, Majunga et Dar es salam. Des
lignes que la compagnie pourra exploiter en collaboration avec son
partenaire, Gulf Air, une compagnie aérienne des Emirats arabes
unis. « Plus vite on aura le droit de trafic, plus vite on
fera venir nos avions », conclut Badria.
Badria : de l’agro-alimentaire au
transport aérien
La directrice de Comoro Islands Airline, Kassimou
Saïd Badria, 34 ans, est un ingénieur en agro-alimentaire. Elle est
titulaire d’un DEUG en science de la vie et de la terre obtenu à
l’Université de Besançon (France), d’un Bts- spécialité
laitière et enfin d’une maîtrise de l’école nationale
d’industrie laitière et viande à l’Université Claude Bernard
de Lyon où elle a acquis le titre d’ingénieur. Elle a exercé
pendant trois années (2006-2009) au sein de la direction du contrôle
sanitaire des aliments au ministère de la production et de
l’agriculture. Parallèlement elle créa une ferme avicole pour la
production d’œufs. Mariée et mère de deux enfants, Kassimou Saïd
Badria est la fille d’une avocate, Me Harmia Kassimou
et d’un médecin, feu Dr Kassimou.
Faissoili Abdou |