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L’organisation mafieuse mise à jour n’était constituée que de ressortissants comoriens, en situation régulière ou non. Seul un Mahorais “sans lien direct avec l’organisation mais dont l’activité d’aide au séjour était démontrée” est poursuivi. Ce pêcheur proposait en effet ses services comme passeur. à bord de sa barque, il ne laissait monter qu’un nombre très restreint de candidats à l’immigration clandestine, souvent un seul. “Un kwassa V.I.P” s’est amusé le lieutenant de la PAF. L’activité était plutôt rentable, puisqu’il faisait payer le prix de la sécurité : entre 800 et 1.200 euros le voyage. |
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C'est un coup de filet très important qui vient d'être réalisé à Mayotte. Entre le vendredi 12 et le mardi 16 juin, 103 personnels des différents services d'investigation de l'île ont été mobilisés pour procéder à l'interpellation de 18 personnes soupçonnées d'appartenir à une organisation que le substitut du procureur Thomas Michaud a qualifiée de "mafieuse". C'est au court de l'année 2008 que, "sur la base d'informations obtenues par les services de gendarmerie", s'ouvrait l'enquête. Au fil des investigations menées conjointement par le GIR (groupement d'intervention régional) et la section de recherche de la gendarmerie, le parquet a pu "vérifier l'existence de cette bande organisée ainsi que de son activité très diversifiée et très importante". Tout le système reposait sur des allers-retours clandestins en kwassa-kwassa entre Mayotte et les Comores. Outre le transport de candidats à l'immigration clandestine, les passeurs importaient également frauduleusement du tabac, du cannabis et des médicaments, principalement ceux interdits par la législation française destinés à blanchir la peau. "Il y avait une structure logistique pour accueillir ces kwassa" note M. Michaud, qui explique que les passeurs avaient un hébergement de prévu à leur arrivé, que le ravitaillement en essence était préparé et que des taxis attendaient même les immigrants. Les kwassa repartaient pleins d'objets volés En repartant sur Anjouan, le kwassa était chargé de divers objets volés à Mayotte (principalement des moteurs de barques, des deux roues…) mais aussi de biens subtilisés lors de cambriolages, dont certains ont été commis avec une extrême violence. Même si certains de ces vols ont été réalisés "sur commande" passée depuis Anjouan, la plupart était le fait d'individus qui, s'ils n'étaient pas directement membres de l'organisation, "savaient à qui s'adresser" pour revendre leur butin. Les marchandises étaient ensuite acheminées vers les Comores pour y être revendues. "En 4 ans, c'est le troisième réseau organisé et structuré qui tombe" a signalé M. Michaud, signalant qu'il "est toujours plus intéressant de faire tomber un réseau complet que de taper sur un passeur". En ne prenant en compte que les revenus que lui assurait l'activité de l'immigration clandestine, "le chiffre d'affaire [de l'organisation] atteignait environ 250.000 euros" a signalé le lieutenant de la Police aux frontières, Pierre Le Foll. Depuis le mois de décembre, le passage de 58 kwassa a été imputé à cette bande. Au total, 18 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue. Le substitut du procureur s'est félicité de l'efficacité du travail des divers services en charge de l'enquête, ainsi que des nouvelles procédures concernant les bandes organisées. "Un exemple tout bête : cela nous permet de procéder à des interpellations en dehors des heures habituellement réglementaires. Sans cela, nous aurions dû procéder aux interpellation à partir de 6 heures du matin. Nous n'aurions trouvé personne". Cinq autres personnes, déjà incarcérées dans d'autres affaires, ont été extraites de Majicavo et placées en garde à vue. Parmi elles, on trouve notamment un homme qui était incarcéré pour vol avec arme et viol en réunion. Trente-deux faits de vol et une dizaine de cambriolages pourraient être imputés à ce trafic. "Les semaines qui viennent vont être très intéressantes, pour des affaires importantes" a signalé Gérard Gautier le directeur du GIR, qui espère ainsi dénouer certaines affaires en cours. Une trentaine de cambriolages pourrait ainsi trouver leurs auteurs au sein de cette organisation. M. Michaud a par ailleurs affirmé qu'il y avait de "très fortes probabilités" pour que cette affaire ait "des suites inter-nationales". "Nous avons suffisamment d'informations pour demander aux autorités anjouanaises de continuer à travailler" sur leur territoire. N.B.
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