Une note de synthèse effectuée par les services spécialisés de la gendarmerie, probablement à partir d’un logiciel informatique approprié, fait état d’une possibilité d’attentat contre le président Marc Ravalomanana. Cette synthèse a, bien évidemment, été remise au chef de l’Etat, a encore précisé notre source. Plusieurs données concordantes, recueillies sur plusieurs mois, comme la découverte et le trafic d’armes et autres éléments de nature à alimenter l’idée de la possible préparation d’un attentat, sont exposées et analysées dans cette synthèse.
Il semble, en effet, que des experts en criminalité politique et en terrorisme aient mis au point un logiciel, dont serait dotée la gendarmerie, capable de déterminer les risques d’attentat à partir de données factuelles et objectives entrées dans un ordinateur. Comme pour un bulletin météorologique, en quelque sorte. N’ayant pas eu accès, on s’en doute, à cette note de synthèse et comme il n’est pas d’usage de voir un service de renseignements divulguer ce genre de “secret d’Etat”, on se gardera bien de tout commentaire entre “info” et “intox”. La Gendarmerie a conclu à la possibilité d'un attentat visant la personne du président Ravalomanana et des personnalités marquantes du pouvoir. Une note sur les résultats d'un travail de synthèse d'informations ont été portés à la connaissance d'Ambohitsorohitra. La délicate décision de révéler la menace "sans pour autant créer une psychose" a été pesée puis prise. L'élimination physique du président de la République a souvent été évoquée dans les salons ou des cercles politiques restreints mais jamais d'une façon aussi "sûre" même si pour l'instant, les voix autorisées de la Gendarmerie parlent de "faits concordants" qui "permettent de conclure". Les faits pris en compte n'ont pas été révélés par les sources qui parlent d'"examen général de la situation" et de travail de "recoupements et d'investigations". Une correspondance particulière informe que cette "vraie-fausse prudence" du Commandement supérieur de la Gendarmerie pourrait être en relation avec un projet ultra secret mené avec la coopération inter-gendarmeries à l'Ecole nationale supérieure de la Gendarmerie, Moramanga. Depuis "un bon bout de temps", la Gendarmerie nationale est en train de se doter d'un logiciel, en partenariat avec la Gendarmerie française.Un projet appelé "Anacrime" ( orthographe phonétique pour Analyse de crime. Ndlr) pose comme objectif, avec l'appui d'experts en criminalité politique et en terrorisme, de constituer une immense banque informatique de données et en particulier sur tous les crimes et délits perpétrés sur l'étendue du territoire. Ce logiciel qui sera alimentée par des données factuelles et objectives permettra à la Gendarmerie de déterminer les risques d'attentat, un peu comme dans la production d'un bulletin météorologique. Des conclusions pourront être très vite tirées et des pistes livrées, ce qui accélérera d'autant les enquêtes. Un ordinateur travaille des milliards de fois plus vite que le cerveau humain et "Anacrime" décuplera d'autant les capacités de la matière grise de l'enquêteur, qui fonctionne comme une banque de données informatiques pour trouver des pistes ou démêler des écheveaux de faits. La Gendarmerie n'a livré aucun détail sur les "faits concordants" mais l'affaire de la centaine de fusils à pompe saisis par la douane à l'aéroport d'Ivato, le week-end dernier, ne se limiterait pas une simple affaire de contrebande. Les arrestations sont en cours. L'actualité foisonne de références à des perquisitions diligentées pour trouver des caches d'armes voire de...sous-marins. Les procès-verbaux de la Gendarmerie n'omettant jamais aucun détail même le plus fantaisiste, un collationnement d'éléments divers débouchent toujours sur une révélation. D'où, semble-t-il, les fortes inquiétudes des services de ce corps militaire qui n'a pas l'habitude de verser dans l'intox.