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L'Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités (indépendantiste) avait décidé d'accueillir M. Jégo par une grève générale afin de dénoncer "la répression syndicale". En milieu d'après-midi, plusieurs centaines de personnes, certains armées de bâtons et de tamiocs (gourdins), ont voulu manifester aux abords du haut-commissariat, qui avait été sécurisé par les forces de l'ordre. "On ne peut pas manifester sur la route, ni marcher sur les trottoirs", a protesté Gérard Jodar, président de l'USTKE. Craignant les actions syndicales, Yves Dassonville, haut-commissaire, avait pris un arrêté interdisant toute manifestation autour du bâtiment, et un important dispositif de sécurité entoure la visite de M. Jégo. Massés près de l'hôpital avec une puissante sono, les manifestants ont commencé à dresser une tente sur la chaussée tandis que tout le quartier duhaut-commissariat était bouclé par des véhicules de gendarmerie. Lors de l'assaut des forces de l'ordre pour dégager les militants, des jets de pierre ont répondu aux tirs de grenades lacrymogènes. Un policier a été légèrement blessé au thorax et un manifestant a été interpellé, a constaté une journaliste de l'AFP. Disséminés dans les rues adjacentes, les manifestants ont ensuite brûlé des poubelles et des palettes de bois, en plein centre-ville. Des nouveaux tirs de lacrymogènes les ont repoussés vers la place des Cocotiers où se tenait une animation populaire. En fin d'après-midi, les tensions étaient retombées, mais l'USTKE a promis des actions pendant toute la visite d'Yves Jégo, prévue jusqu'à lundi. Le secrétaire d'Etat a jugé ces violences "injustifiables et inqualifiables", ajoutant que l'Etat ne laissera pas "une poignée d'individus bloquer une ville ou des entreprises". Il a déploré que l'USTKE ait refusé de le rencontrer, rappelant que la stratégie de l'Etat en Nouvelle-Calédonie reposait sur "la fermeté et le dialogue". Jeudi matin, M. Jégo avait jugé inquiétante la radicalisation des relations sociales en Nouvelle-Calédonie et lancé un appel au dialogue à toutes les organisations, qu'il veut rencontrer pendant son séjour. En octobre 2007, l'USTKE avait multiplié les manifestations lors de la visite de Christian Estrosi, prédécesseur de M. Jégo. L'une d'elles avait dégénéré, blessant deux policiers. (AFP)
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