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Samedi 4 Juillet 2009 - 03:15:42
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moilim :
Le destin et les responsabilités de l'homme.
Durant notre vie, il y a des mots qui nous collent partout où nous sommes notamment la raison, la conscience, le devoir, la responsabilité et bien sûr le destin de chacun. L'homme est créé par Dieu avec "perfection" et est le plus intelligent de toutes les créatures. Il est obligé de se servir de la lumière de son intelligence pour sa vie. Ainsi il est contraint d'apprendre pour se libérer des carcans de l'ignorance. Mr le président, la fatalité n'a pas de place dans l'enseignement coranique. Vous aviez le devoir et la responsabilité d'écouter les plaintes de la diaspora comorienne quand elle a alerté à ses autorités ce qu'elle lui arrive avec cette compagnie irrespectueuse.
En votre qualité de président, vous rendrez compte devant Dieu car votre devoir de protecteur et votre responsabilité envers vos sujets n'ont pas été accomplis. Si vous aviez fait quelque chose à ce sujet, aujourd'hui la communauté comorienne en deuil témoignerait en votre faveur.
Mr le président, le destin n'est pas un enseignement qui appelle l'homme à ne pas assumer ses responsabilités et à ne pas accomplir pleinement ses devoirs. Mr le Président, vous confondez fatalité et destin. La fatalité se combat au quotidien pour mieux bondir dans cette vie. Comme dit le dicton "la vie est un combat perpétuel", l'homme courageux et raisonnable lutte contre toutes les idées de fatalité. Quand le fumeur apprend son cancer de poumon, ce dernier cherche à se faire des soins malgré les avertissements des médecins. Il ne dit pas c'est fatal , c'est mon destin et je reste attendre la mort. Mr le président, les comoriens en France comprennent bien le destin, ils ont compris que prendre un avion poubelle leur fait risquer leur vie et ils l'ont fait savoir à des autorités indignes. C'est leur conscience et leur raison qui ont pris le dessus en manifestant leur désarroi.
Mr le président, « mieux vaut prévenir que guérir ». Oui, le destin des nôtres était scellé à cet accident, oui nous devons l’accepter puisqu’il est là. Mais, quel enseignement donnez-vous aux comoriens et à l’homme en général sur le destin ? Que personne ne prenne soins de sa vie puisque quelque chose peut lui arriver ? Qu’une personne ayant tué quelqu’un soit laissée tranquille parce que la victime est mortelle, donc c’est son destin d’être tuée ? Qu’un ministre de la santé est pour rien des problèmes récurrents et mortels dans les hôpitaux puisque notre destin final c’est la mort ? Que la communauté comorienne qui prend cette compagnie soit des gens stupides de se plaindre avant et après le drame, parce que Mr le président, ses proches et ses collaborateurs eux aussi prennent régulièrement cet avion ?
C’est quoi une assurance ? Il s’agit de disposer des moyens financiers pour couvrir les accidents. C’est quoi une garantie ? C’est un ensemble de clauses qui garantit l’efficacité et la fiabilité de quelque chose(achat, vente, contrat). Comment expliquez-vous, Mr le président, le destin dans les assurances et les garanties ? Faudra-t-il supprimer les assurances et attendre les accidents pour crier au destin ? Faudra-t-on ne pas avoir les autorisations officielles(garantie) sur les médicaments que nous prenons et attendre la mort pour crier au destin ? Voilà Mr le président, ce qui s’est passé. Vos ministres de transports et depuis même AZALI ne sont jamais souciés de la sécurité de leurs compatriotes alors qu’ils étaient alertés en permanence. La naïveté de nos autorités bat son comble alors qu’elles en veulent à la France de ne pas leur signaler l’interdiction de ces types d’avion en France. La France fait son devoir de vérifier la fiabilité des avions qui transportent ses citoyens et qui atterrissent sur son sol national ? C’est quoi le vôtre ? Bien sûr, les hommes politiques comoriens ne savent que dire « c’est la faute à la France ». Qu’avez-vous fait après l’émergence des protestations des comoriens en France ? Les comoriens ne sont pas dupes, ce qui intéresse les autorités comoriennes ce n’est pas un heureux destin de son peuple. Azali en est la démonstration dans le drame de 2004 au large de Madagascar.
Mr le président, nous sommes des êtres sensés nous préserver par tous les moyens que Dieu nous a donnés. En conformité avec notre raison et notre conscience sur ce qui se passe autour de nous comme se méfier du danger, avec nos devoirs et nos responsabilités envers les autres et pour nos attentes vitales, je conviens que le destin nous rattrape, mais c’est une fin en soi. L’homme n’est pas une petite pierre, il a des devoirs et des responsabilités auxquels il sera jugé par Dieu comme les autorités qui ne les accomplissent pas correctement.
Mr le président, vous avez toujours compris et apprécié que, quand on insulte et frappe vos compatriotes à Sanaa, c’est leur destin. Quand on les fait garder et crever des jours et des jours à Sanaa, c’est leur destin. Quand une compatriote est tabassée et handicapée actuellement à la Courneuve en France, c’est son destin. Quand nous payons le billet le plus cher au monde, c’est notre destin. Quand nous avions agi auprès de nos autorités, il ne fallait rien faire car c’est notre destin scellé. Bien sûr, quand nous mourrons dans cet avion poubelle, c’est notre destin.
Cordialement
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