Avec la recrudescence des actes de pirateries, au large de la Somalie et dans le Golfe d’Aden, la position géostratégique de Djibouti, n’a cessé de se confirmer et de s’affirmer, entrainant dans la foulée, un engouement sans précédent des pays occidentaux comme les Etats-Unis, la France , le Royaume-Uni, mais aussi des Etats asiatiques ( la Chine , le Japon, la Corée du Sud, etc) pour ce petit pays de la Corne de l’Afrique.
Mercredi 16 Septembre 2009 - 21:43:35
7117 -
nassiet :
En 2007 et 2008 j'ai navigué à bord de mon voilier de la Martinique jusqu'à Mayotte, via Gibraltar, puis le Canal de Suez, le détroit de Bab El Mandeb, escale d'un mois à Djibouti (décembre 2007), puis golfe d'Aden jusqu'à Mukala au Yémen et enfin route jusqu'à Tanga en Tanzanie (un mois d'escale) avant de rejoindre directement Mayotte. Les militaires français basés à Djibouti m'avaient donnés les positions des dernières agressions de pirates afin que je les évite... En fait j'ai eu la "chance" de bénéficier de mauvaises conditions météo qui m'ont permis de passer cette zone sans trop de difficultés... il n'en reste pas moins que mes escales, à Djibouti en particulier, m'ont permis de vérifier que le niveau de misère humaine dans cette région est bien supérieur à ce que l'on sait habituellement. Et qu'à quelques miles nautiques de la côté somalienne des "cavernes" d'Ali Baba flottantes croisent sans discontinuer. Et que de surcroît la ressource halieutique a été et est pillée par des chalutiers "industriels"... L'Egypte, (grâce à Nasser), bénéficie partiellement des taxes payées par les monstres gorgés de tous les ors du monde. Alors, certes, il faut faire cesser la piraterie, mais je doute de l'efficacité de la politique de la canonnière sur le moyen et long terme. Les canons ne font pas le développement économique et social des peuples, et de la Somalie en particulier. Le passage par la route du Golfe d'Aden permet des économies non négligeables pour les tankers et autres mastodontes, une contribution (comme pour le Canal de suez) pourrait aider à freiner le développement de la piraterie. Ce ne serait pas suffisant. La complexité de la situation politique dans la région, avec la reconstruction de l'Etat somalien, le réglement des conflits frontaliers hérités du colonialisme (britannique notamment) etc. sont aussi quelques-unes des clés pour résoudre cette question de la sécurité maritime.