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Nyambadao est bien connu des M’zungus car c’est
là que l’on peut prendre des barques pour passer la journée sur
l’îlot de sable blanc et la plage de Saziley, réserve naturelle
où pondent les tortues marines. M. MIRGAM, un pêcheur entre deux
âges mène rondement l’affaire – et sur la crique rouge de
latérite, une escouade de barques de pêcheurs attend les samedis et
dimanches matins les candidats au pique-nique.
A 100 mètres de là, depuis des années, le jeune
Madi était attaché aux racines d’un arbre en contre-bas du
jardin. Et cela se passait à deux pas de l’unique route nationale,
juste derrière une maison en dur où s’entassent les ardoises
coraniques en bois.
Le village de Bandrélé est le fief du Dr Céline
ROUSSIN, médecin responsable du dispensaire de la DASS, qui
m’avait parlé dès mon arrivée du jeune Madi de 12/13 ans,
enchaîné à un arbre et enfermé dans un banga*-prison
la nuit. Elle était soulagée de voir enfin arriver un psychiatre à
Mayotte car les derniers échos qu’elle avait eus de cette affaire
était qu’elle risquait d’être inculpée de complicité de
séquestration, « vu les mauvais traitements infligés par
sa famille à cet enfant psychotique », disait le rapport
administratif. En fait, les parents essayaient de s’en occuper avec
les moyens du bord. Le jeune Madi avait été abandonné par sa mère
elle-même folle, ainsi que son frère atteint d’une
symptomatologie similaire, mais qui lui était libre de ses
mouvements car ses errances ne posaient pas de problème.
Par contre, le jeune
Madi avait la fâcheuse habitude de s’attaquer aux voitures (jets
de cailloux par exemple) et de ne pas dormir la nuit. La tante et
l’oncle qui s’en occupent étaient dans l’obligation de
l’attacher et de l’enfermer dans un banga, qui, vu ses problèmes
d’incontinence, ressemblait plus à une étable qu’à une chambre
d’adolescent.
Zaina, l’infirmière mahoraise de référence du
secteur, essayait d’expliquer à la famille qu’il ne fallait pas
le traiter "comme une poule"**,
selon ses termes, mais comme un enfant malade. Les rituels
d’exorcisme avaient coûté très cher, (des cabris et même un
zébu avaient été sacrifiés), et n’avaient rien donné :
« le jeune Madi était possédé par un Shétwane »
(un diable, Satan en arabe), avait diagnostiqué le fundi, et aucune
alliance n’était possible avec cette sorte d’esprit. Cela
n’avait pas découragé Zaina dans son travail de fond sur le
terrain avec la famille – avec sa famille, car Madi était en fait
un de ses cousins éloigné.
Régulièrement, la
presse occidentale évoquait ces pratiques archaïques d’enfermement
qui sévissent encore à Mayotte – petit coin exotique de la France
d’ailleurs et de là-bas, et qui mettent à mal l’image de pays
défenseur des droits de l’homme qu’on aime à se donner dans le
monde. Le problème est que Madi n’est pas le seul, et que ça
fait désordre un enfant en cage ou attaché à un moteur de bateau.
Deux siècles auparavant, en métropole, le Dr PINEL s’était ému
du sort de ces pauvres fous. Il avait rompu leurs chaînes et leur
avait fait construire les fameux Asiles où la République française
entendait redonner à ces malades la dignité qu’on leur devait. On
connaît la suite.
Et 150 ans plus tard,
nous voici à Mayotte, la chaleur en plus. Les familles s’expliquent,
tranquillement. Ils veulent bien détacher les jeunes patients, mais
après ils se brûlent en tombant dans la marmite d’huile
bouillante où la bouéni mahoraise fait frire manioc et fruits à
pain. On veut bien les habiller mais ils sont souvent incontinents et
de plus se salissent dans la boue. Alors c’est plus simple de les
laisser tout nus, jusqu’à la tombée de la nuit avant de les
rentrer dans leur "banga" dont le sol recouvert de lino
sera lavé à grande eau le lendemain matin.
Oui mais c’est quand
même choquant un enfant tout nu et tout crotté, attaché à un
poteau électrique, (les parents précisent qu’en plus on leur a
coupé l’électricité !) comme on peut le voir en plein
milieu du quartier de M’gombani à Mamoudzou à deux pas du
collège flambant neuf qui a les meilleurs résultats de Mayotte.
Car le jeune Madi n’est
pas le seul dans ce cas. Les psychotiques lourds – vu qu’aucune
structure de soins psychiatriques n’existe dans l’île –
restent dans leur famille qui se débrouille avec les moyens du bord,
et sans aucun souci du politiquement correct.
Mais les
mères n’en sont pas moins aimantes. Elles continuent à s’occuper
de leur enfant comme elles peuvent et sans culpabilité. Elles n’ont
pas connu la période "c’est la faute
des parents", et ne savent pas qu’elles
rentrent dans la fameuse catégorie des « mères
de psychotiques ».
Ce sont des bouénis,
bien enveloppées, bien enveloppantes, qui dans une fratrie de 8 à
10 enfants doivent faire avec un enfant dont elles devront s’occuper
toute leur vie.
Il existe
bien une structure associative – Toioussi, "l’oiseau
de paradis" – qui sert d’hôpital de
jour et qui a trois centres à Mayotte. Mais les places sont rares et
chères pour ces familles aux revenus plus que modestes, qui souvent
ne touchent même pas l’allocation enfant handicapé (300 F / mois)
quand ce ne sont pas des immigrés comoriens en situation
irrégulière.
Mais revenons à
Nyambadao chez notre jeune patient dont la mère correspond plus à
nos clichés occidentaux : elle est folle, vit à droite à
gauche et fait certainement d’autres enfants. Ce sont l’oncle et
la tante qui s’occupent du jeune Madi, un peu gênés parfois
d’avoir recours aux chaînes et aux sangles. Mais sur cette île il
y a des liens familiaux encore serrés et il est hors de question de
laisser tomber l’un de ses membres – vieux, jeune, handicapé ou
psychotique.
La
première fois que j’ai rencontré Madi c’était peu après mon
arrivée à Mayotte en septembre 2001. Le Dr BELLENGER, médecin de
la PMI qui avait fait "l’inventaire du handicap à Mayotte"
me pilotait parfois au fond de la brousse pour me présenter les
patients qu’elle avait "dénichés" avant son retour
définitif en Métropole. J’étais accompagné par Heidi, une jeune
VAT*
en psychiatrie, de Zaina, l’infirmière, et de l’éducatrice de
santé du dispensaire de Bandrélé.
Je les avais suivies au pas de course sur le
chemin que l’on devait faire dans le méandre de ruelles qui sépare
la route du banga, car tout se sait dans ces villages et les parents
détachent vite les patients avant notre arrivée pour éviter d’être
sermonnés. Mais même en courant j’arrive trop tard : ses
liens "tout chaud" gisent à terre – une chaîne et un
morceau de sac de riz qui sert de sangle. L’enfant est assis dans
un coin, l’air apeuré, sale, habillé d’un tee-shirt crème sur
lequel est inscrit en rouge "l’hiver à Paris". Je suis
déjà installé sur la varangue en ciment brut, quand le reste de
l’équipe arrive essoufflé. Quatre chats noirs et blancs jouent
près de la porte de la chambre à coucher qui est fermée d’un
drap.
A notre gauche un banga
"cuisine" avec une porte noircie par la fumée et dont les
charnières sont de vieilles tongues cloutées. Juste derrière,
l’arbre et les liens. Entre les deux, les poubelles à même le
sol, en tas – vieux débris de casseroles usagées et de noix de
coco râpées. Sur la droite le banga, porte entrouverte. Derrière,
une petite cabane sur pilotis pour les poules, et enfin des tôles
vertes qui délimitent les WC et la salle de bain. Il y a
paradoxalement peu d’odeurs. Le jeune Madi est assis par terre et
nous regarde du coin de l’œil, suspicieux.
La tante
est présente, elle nous raconte l’histoire de la mère, massera
massera(folle), du deuxième enfant – fou
lui aussi – mais qui ne pose pas de problème, et enfin de Madi que
l’on doit contenir car « des fois il fait des bêtises ».
Entre temps l’enfant sauvage se rapproche – il me sent – me
touche et après avoir mis quelques mètres entre nous, commence à
chantonner et s’adosse à un des poteaux de la varangue.
Le Dr
BELLENGER veut déjà partir : « elle
en a huit autres à nous montrer ». Je
lui remets le disque du psy « Il faut
prendre du temps. On fait connaissance, on se parle intérieurement ».
Ils délirent tous ces psys ! Pense-t-elle, mais elle accepte de
rester une demi-heure de plus. Le temps d’être là, posé,
d’attendre de faire un peu connaissance. Pas de miracle – la
psychose c’est la psychose – mais déjà qu’il y ait une
rencontre, un moment partagé, une visite qui fasse sens pour lui et
pour la famille, sur laquelle le médecin du dispensaire,
l’infirmière, l’éducateur de santé pourront s’appuyer pour
faire bouger un peu les choses. Jouer le rôle de catalyseur, de
tiers dans le couple famille / soignants. Y croire un peu, beaucoup,
passionnément, à la folie – au point où nous en sommes.
Heidi commence à
flipper car l’enfant lui touche le bras, l’effleure plus
précisément, tout en chantonnant. Elle qui a peur des maladies de
peau, (elle s’enduit d’écran total depuis son arrivée à
Mayotte) avec son teint très clair et des grains de beauté qui
menacent de dégénérer en mélanome. Mais la vitre est brisée, il
nous parle, il nous palpe – intérieurement mais aussi
extérieurement. Les chatons noir et blanc aussi : ils viennent
ronronner près de nous.
Soudain un homme
apparaît derrière le drap tendu. Il dormait là le grand-père, ou
plutôt le grand-oncle, un ancien de l’armée française si j’ai
bien compris, mais qui depuis a oublié le français. La famille
commence à s’élargir, tranquillement, doucement.
« Qu’est-ce
qu’on peut donner à Madi pour qu’il dorme un peu la nuit ?
Va-t-il guérir ? Que faut-il faire ? »
demande-t-il en se raclant la gorge. Ils attendent des conseils, un
miracle peut-être. Malheureusement ce n’est pas dans nos cordes.
Et pourquoi tout bouger – aller trop vite – et si Madi commençait
par venir régulièrement au dispensaire, où on lui donnerait un
léger traitement neuroleptique le soir. On pourrait petit à petit
le laisser libre plus longtemps, éviter qu’il ne fasse des bêtises
et l’aider à trouver peu à peu une place dans sa famille, dans le
village.
Il a un
bon contact cet enfant pour un enfant psychotique. Il est peut-être
simplement sourd ? Claquement des mains près de son oreille :
sursaut. « Le bilan audiométrique a été
fait : Rien A Signaler de ce côté là »,
confirme le Dr Bellenger avec un air de technicien. Evoquer l’autisme
de Kanher, ces enfants au physique harmonieux renfermés sur
eux-mêmes et qui s’auto-mutilent au moindre changement. Mais ce
n’est pas le cas avec Madi : il se fait à notre intrusion et
y prend visiblement un certain plaisir. Ça l’amuse de voir des
M’zungu dans son territoire.
On fera même des
photos : de lui, des chats, de la famille et des chaînes, en
demandant dans la mesure du possible de ne plus utiliser de liens de
contention maintenant qu’il a un traitement. Photos souvenir d’une
époque révolue. En partant, je me fais offrir une plaquette de bois
qui traîne derrière la maison où sont inscrits au charbon de bois
quelques versets du Coran en arabe : une ardoise d’école
coranique.
Les photos sont restées
plusieurs mois dans la boite à gants de ma voiture. J’ai bien
essayé de les montrer à des collègues de l’ASE, mais on m’a
pris pour une espèce de monstre psy voyeur qui faisait un remake de
Depardon. La plaquette de l’école coranique me sert, elle, de
support range-CD, et il me semble entendre le jeune Madi quand je la
vois.
>Depuis, je ne peux pas
aller dans le sud de l’île, et passer les ralentisseurs du village
de Nyambadao – sans penser à Madi, et je suis sûr que cela a un
effet. Présence forte de la psychose. Sa présence en moi –
constante tout au long de cette année – devait trouver un écho
chez eux, chez lui. J’en ai eu la preuve un an plus tard.
Il y a quelques jours
en effet, nous sommes partis aux îlots de Bandrélé avec un
collègue psychiatre qui venait faire un remplacement. De retour sur
la plage de Nyambadao, je lui propose d’aller voir où en est le
jeune Madi. Ma femme est également partante, et ma fille Hortense, 4
ans, suit la procession. C’est la fin de l’après-midi : les
bangas des adolescents prennent du relief avec la lumière :
leurs peintures naïves sur les murs de latérite contrastent avec le
vert des pieds de canne à sucre plantés dans un minuscule jardin
près de l’entrée.
Zaina
l’infirmière est là avec sa sœur qui tient un magasin
d’alimentation. C’est samedi, elles font griller des épis de
maïs. Zaina est en congé maternité et ne reprend le dispensaire
que dans deux mois. Elle est contente de nous voir : « ça
fait longtemps » précise-t-elle, et
elle nous emmène de suite chez son jeune cousin.
Il y a foule dans la
cour : tout un groupe d’enfants, ardoises coraniques à la
main, chantent les versets du coran. Ma fille est aux anges :
elle qui rêve depuis son arrivée sur l’île d’aller à l’école
coranique. Sans se poser de question, elle s’installe parmi eux.
La tante, une vieille
Singer entre les jambes, coud sur la varangue. Les chats ont grandi :
ils sont adultes et efflanqués. La cour a changé : elle semble
vide, plus spacieuse, aérée. En effet le banga a disparu : ils
l’ont démoli et le jeune Madi habite maintenant avec eux dans la
maison en dur. L’arbre a grandi, ses racines sont encore plus
proéminentes, avec l’érosion du sol vers la rivière en
contre-bas.
Madi n’est
pas loin : « on va le chercher »
me dit la tante qui descend de la terrasse avec un grand sourire.
Elle sent bon – un gros pétale de fleur plié en accordéon sur
une épingle de sûreté accroché à une chaîne autour du cou. Elle
disparaît deux minutes.
Entre temps ma fille
s’est fait offrir une ardoise coranique en bois et chante à
tue-tête avec les autres enfants.
Furtif, le jeune Madi
arrive enfin. Il a toujours le même tee-shirt et se replie par terre
à la même place que l’autre fois, près de l’entrée des
toilettes.
Je
m’approche et lui tend la main qu’il me serre, l’œil
interrogateur. Il fait chaud, mais un souffle de vent apporte un peu
de fraîcheur. Madi a toujours son tee-shirt "l’hiver
à Paris>", cela me ramène aux dures
réalités du mois de janvier : il neige actuellement en
métropole. Madi n’est pas si mal ici : que deviendrait-il
là-bas, bien habillé peut-être, mais enfermé dans une
institution, un MAS par exemple.
Une odeur musquée
flotte parfois sur l’assistance. Ma femme cherche où sont les
fleurs qui dégagent un tel parfum, et ma fille fait chœur dans le
groupe d’enfants.
Tranquillement, la
famille nous explique que maintenant ça va mieux : Madi est
libre et ne fait plus de bêtises. Zaina sourit : ça n’a pas
été facile, il a fallu venir les soutenir, petit à petit, jour
après jour, depuis plus d’un an.
Entre-temps,
je m’approche un peu trop près, un peu trop longtemps de Madi, et
me permet de lui toucher le thorax : il recule. Sa tante
précise : il n’aime pas trop le contact physique au niveau du
corps. Il se met cependant à chanter. « Il
vous reconnaît, c’est sûr, me dit la tante, et il n’a pas
peur ». Tout le monde est content de
nous voir. Peur peut-être d’avoir été oubliés : les
m’zungus ils viennent, ils veulent tout changer, font le contraire
de leurs prédécesseurs et puis repartent aussi rapidement qu’ils
sont arrivés. « Ce qui compte, c’est
le travail de fond sur la longueur ! »
précise Zaina.
La tante
prend soudain une grande perche, et nous montre de grosses feuilles
blanches à 5-6 mètres du sol, tout en haut de l’arbre, où était
attaché le jeune Madi, un pandanus, me précisera le Dr Roussin.
Quelques pétales tombent près des chaînes rouillées en boule –
on dirait les feuilles que l’on trouve sur les bambous, longues et
pointues. Elle les offre à ma femme : odeur forte, musquée, un
peu poivrée. Ce ne sont pas des feuilles, mais les fleurs de cet
arbre. « On s’en sert pour faire du
parfum », précise-t-elle, et c’est
ce qui sent si bon en elle – pliées en accordéon sur son épingle
à nourrice. Nous voilà enveloppés de cette odeur, qui couvre celle
du moisi en cette saison des pluies. La première fois c’était
l’été indien : en un an et demi, on est passé de la racine
à la cime de l’arbre : de l’enchaînement à la liberté.
Le jeune Madi n’a pas
bougé, il nous regarde. Il faudrait rester, prendre le temps,
écouter ses mouvements intérieurs, ses tonalités. Mais la nuit va
tomber, il faut rentrer. Nous reviendrons, c’est sûr.
Ma fille a
du mal à s’arracher à la litanie des versets du coran, et elle
part en râlant son ardoise sous le bras. Moi aussi, j’en ai repéré
une dans un coin, inutilisable mais patinée par des générations de
musulmans. « Vous la voulez ?< »
me demande la tante, et chacun repart avec son petit cadeau :
pétales de fleurs ou ardoise coranique.
Madi chantonne dans un
coin. Les enfants ont repris leur litanie et la tante sa Singer.
L’oncle, lui, est rentré dans sa chambre et s’est sûrement
recouché.
Notre
procession redescend vers la route dans les effluves de cette étrange
fleur – de pandanus (arbre que les mahorais appellent « Dhoua »,
comme le nom des prières d’invocation). De retour dans sa
boutique, Zaina nous offre quatre épis de maïs grillés, et on se
brûle les doigts en riant dans les derniers éclats du jour à
Nyambadao.
L’ENFANT SAUVAGE DE NYAMBADAO -EPILOGUE J’ai appris il y a
quelques jours que Madi était récemment décédé dans des
conditions mystérieuses à l’hôpital de Mamoudzou.
J’étais dans le sud de l’île, au dispensaire
de M’Zouazia, quand le Dr Jan, entre deux consultations, me fait
part de sa mort qui me trouble alors que j’écris ces quelques
pages.
Elle l’avait vu en urgence le week-end pour une
gastro-entérite. Le Dr McR., du service de médecine où il a été
hospitalisé, ne s’explique pas cette mort brutale. Sur le
compte-rendu, une note est rapidement écrite en bas de
l’observation des urgences : « DCD à 8h15 du
matin d’un trouble du rythme cardiaque sur trouble ionique ? »
Voilà, c’est réglé, la vie. Plus de question
à se poser. Il a fini comme nous finirons tous. Un peu plus tôt
peut-être. Avait-il mangé quelque plante toxique ou avait-il une
malformation qui avait été inexplorée ? Nul ne le sait. Mais
une chose est sûre, c’est que maintenant on ne pourra plus oublier
l’enfant sauvage de Nyambadao.
Dr Régis Airault
Mayotte, le 20/02/03
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