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Documents d'actualité
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Mémorandum contre la départementalisation de l'ile comorienne de Mayotte
MEMORANDUM
CONTRE LA DEPARTEMENTALISATION
DE L'ILE COMORIENNE DE MAYOTTE
POUR LA PRESERVATION DES RELATIONS D'AMITIE
ENTRE LES COMORES ET LA FRANCE
La célébration du 12 novembre 2008, la journée nationale
MAORE, est organisée par un Comité National composé par :
Un représentant du Gouvernement comorien
Un représentant du Parlement comorien
Un représentant du Comité Maore, pour la société civile
comorienne, organisations politiques, syndicales, associations de femmes
et communautaires, etc.
Un comité d'organisation représentative des aspirations profondes
du peuple comorien sur la question de l'Ile comorienne de Mayotte, un Comité habilité donc à parler
au nom du peuple comorien.
A TRAVERS CE MEMORANDUM,
LE PEUPLE COMORIEN S'ADRESSE SOLENNELLEMENT AU PEUPLE FRANCAIS
Moroni le 12 novembre 2008
L'UNITE DES COMORES EST UN FAIT HISTORIQUE TANGIBLE
L'émergence de la nation comorienne est un fait historique
tangible qui s'exprime dans une culture singulière assise sur une langue
commune forgée par des échanges intenses entre les îles ;
une culture originale édifiée sur un islam ouvert et tolérant
qui a su intégrer le vécu antérieur du peuple. Un événement
historique témoigne de l'unité des îles de l'Archipel des
Comores avant la colonisation. Malgré l'absence d'un Etat Nation, dans
le sens occidental du terme, regroupant les îles de l'Archipel, le Sultan
Seyd Hamza d'Anjouan réagit à la vente de l'île de Mayotte
par l'usurpateur malgache Andriantsouli et adressa au Gouvernement français
de Louis Philippe d'Orléans le 9 mars 1843, une « protestation
contre l'occupation de Mayotte par la France »
Le droit interne français reconnut l'unité des
Comores. C'est ainsi que l'Assemblée Nationale française, durant
toute la période coloniale, a toujours traité les Comores comme
une seule et unique entité composée par « quatre îles
principales. :
Loi du 25/07/1912 portant « rattachement des îles
de Mayotte, Anjouan, Mohéli et Grande-Comore » à Madagascar
Loi n°46-973 sur l'autonomie administrative des Comores
Loi n°61-1412 sur l'autonomie interne des Comores
A la veille de l'indépendance, au moment où les
débats autour de l'intégrité territoriale des Comores
donnaient lieu à des échanges vifs, le Président français
de l'époque, son Excellence, Monsieur Valéry Giscard D'Estaing,
dans une conférence de presse tenue à Paris le 21/10/1974 a été très
clair : « c'est un Archipel qui constitue un ensemble, c'est
une population qui est homogène dans laquelle il n'existe pratiquement
pas de peuplement d'origine française. Est-il raisonnable d'imaginer
qu'une partie de l'Archipel devienne indépendante et qu'une île
conserve un statut différent ? Nous n'avons pas à l'occasion
de l'indépendance d'un territoire, à proposer de briser l'unité de
ce qui a toujours été l'unique Archipel des Comores ».
Pour sa part, la gauche plurielle de France s'est maintes fois exprimée
dans le même sens. Le Parti Socialiste français a même saisi
le Conseil Constitutionnel français sur la loi française balkanisant
les Comores.
Malgré le maintien de l'île comorienne de Mayotte
sous administration française, les Comores sont devenues, le 12 novembre
1975, membres de l'ONU dans leurs frontières naturelles, l'appartenance
de Mayotte aux Comores fut affirmée avec force et la politique française
condamnée sans réserves. Depuis, la « question de
l'île comorienne de Mayotte » est systématiquement
inscrite à l'ordre du jour provisoire des AG successives de l'ONU. De
nombreuses résolutions de l'ONU
dénoncent le non-respect par la France de l'intégrité territoriale
des Comores. Rappelons en particulier, la résolution de la 39 ème
séance plénière tenue le 21 octobre 1976, qui a condamné les « consultations françaises à Mayotte
du 8 février et du 11 avril 1976 et qui a, par avance, rejeté,
comme nulle et non avenue, toute consultation française à Mayotte .
Malgré 33 ans de développement séparé,
malgré une politique « assimiliationniste » menée
tambour battant, malgré un peuplement français volontariste,
les Maorais sont demeurés profondément Comoriens par la culture :
langue, religion, cuisine, mariage, etc. Chacun comprendra pourquoi l'on n'entend
pas les Maorais qui à Mayotte même, se battent pour le respect
de l'intégrité territoriale des Comores, indexent le colonialisme
et dénoncent la politique de l'assistanat et la mainmise étrangère
sur l'économie de l'île.
LA POLITIQUE FRANCAISE AUX COMORES : UNE ENIGME !
En 1975, les positions au sommet de l'Etat français ne
présentaient aucune ambiguïté quant au respect de l'intégrité territoriale
des Comores. Faisant écho à son Président, M. Stirn, alors
Ministre français des DOM-TOM, affirma « la vocation de la
France n'est pas de diviser les pays qui veulent accéder à l'indépendance.
C'est le cas des Comores qui ont la même religion, sensiblement la même
langue, les mêmes intérêts économiques et politiques…Croire
qu'en isolant Mayotte on protège mieux ses habitants est un contresens.
Le même Stirn se déjugea quelques mois plus tard en déclarant
que « la France peut donner l'indépendance mais pas l'unité ».
Comment comprendre un tel retournement ? Comment comprendre que sur les Comores,
une question « lointaine », sans grand intérêt
pour l'opinion publique française, sans enjeu politicien, la majorité présidentielle
se disloque au Parlement ?
La France est une grande puissance, membre permanent du Conseil
de Sécurité. Quels sont les intérêts français
aux Comores qui expliqueraient que la France piétine les principes de
base de la Charte de l'ONU , refuse
d'appliquer des résolutions de l'ONU quitte à se mettre à dos
la communauté internationale, quitte à nuire à la réputation
que lui a léguée ceux qui ont fait la Révolution Française,
quitte à léguer aux générations futures une réputation
de pays menant une politique de grande puissance sans aucune considération
des lois et usages de la Communauté Internationale, de pays irrespectueux
des droits de l'Homme hors de ses vraies frontières, etc.
La France est présente dans la Région Océan
Indien. Quel danger pourrait représenter pour elle des Comores Unies ?
Quels sont les intérêts français susceptibles d'être
mis en cause par des Comores unies, stables et en développement ?
N'est ce pas plutôt le contraire ?
Les peuples comorien et français ont tissé au fil
du temps des liens intimes sans pareil dans le monde. Plus de 10% des comoriens
ont la double nationalité ; plus de 10% des comoriens vivent en
France et à la Réunion. Les mariages mixtes se multiplient. Malgré le
maintien de Mayotte sous administration française, les Gouvernements
comoriens ont toujours misé sur l'amitié et la coopération
avec la France et milité en vain pour la conciliation. L'amitié entre
les peuple comorien et français n'aurait-elle aucune valeur aux yeux
des gouvernants français ? Lorsqu'un pays plus fort dépèce
un autre plus faible et occupe une partie de son territoire, peut-il être
question d'amitié et de coopération entre ces deux pays ?
Où mènera cette politique française régie par la
loi du plus fort, du fait accompli, dont le point culminant sera la départementalisation
de l'île comorienne. Les intérêts de la France seront-ils
préservés dans l'oppression du peuple comorien touché dans
sa dignité et dans ses droits imprescriptibles à la sauvegarde
de son intégrité territoriale ? N'est ce pas plutôt
le contraire ?
De tous les cotés, il ressort que les intérêts
réels de la France résident dans le respect de l'intégrité territoriale
des Comores, dans un règlement négocié de la question
de l'île comorienne de Mayotte. Des facteurs évidents qui ne pouvaient
pas et ne peuvent pas échapper aux dirigeants français. Quelle
est donc la force occulte qui tire les ficelles, qui parvient à imposer
ses vues d'un autre âge dans le traitement français de la question
de l'île comorienne de Mayotte ?
MAYOTTE PEUT-ELLE ETRE INTEGREE DANS LA FRANCE ?
Comment intégrer Mayotte avec sa civilisation comorienne
fondée sur des traditions orales collectives, sur une adhésion
quasi unanime de la population à l'Islam, ... dans une France occidentale
dont la civilisation est fondée sur le christianisme, sur l'écrit,
... Comment passer d'un droit musulman régi par des cadis vers le droit
commun français régi par des lois qui s'appliquent à des
personnes morales et physiques bien identifiées ? Comment intégrer
toute une population dont l'immense majorité ignore tout de la France,
y compris la langue. On comprend donc, les tergiversations des Gouvernements
français sur la départementalisation de Mayotte tout au long
de ces 33 ans. On comprend donc, les interrogations de certains parlementaires
français face à l'immensité de la tache et aux moyens énormes,
surtout financiers, à mobiliser.
Au fil du temps, une politique volontariste de peuplement d'origine
française, réunionnaise est mise en œuvre à Mayotte, politique
qui semble échapper au Gouvernement français. C'est ainsi par
exemple que le Ministre français de l'Outre Mer a créé un
mini scandale lorsqu'il a refusé de discuter avec une délégation
du patronat maorais composée uniquement de français ; il
ne sait peut être pas que le Président de la Chambre de Commerce
de Mayotte est un Français. Petit à petit, les Maorais se retrouvent
marginalisés chez eux.
Les Maorais veulent être français au même
titre que nombre de leurs frères des autres îles sœurs qui pensent
ainsi échapper à la misère. Chacun sait que pour le commun
des Maorais, la départementalisation signifie l'accès aux diverses
allocations familiales et sociales que certains partent chercher à la
Réunion. Quand ils se réveilleront face aux nombreuses exigences
du droit commun français ; quand ils se retrouveront sur les bords
des chemins exclus du développement de leur île, réduits à l'état
de simples assistés, le choc risque d'être brutal.
L'intégration contre nature de Mayotte dans l'Etat français
ne sera pas résolue par cette gymnastique juridique qui consiste à créer
de toute pièce des statuts pour la seule île comorienne. Il est
des situations que la volonté seule ne peut changer, la comorianité de
Mayotte est de celle là
DU DROIT DES PEUPLES A DISPOSER D'EUX-MEMES
Le principe du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes
est parfois mis en avant comme base juridique du maintien de Mayotte dans la
République Française. Il s'agit en réalité d'une
tentative maladroite consistant à cacher une forêt par un arbre.
Jusqu'ici personne dans un texte quelconque, y compris en France,
n'a évoqué un « peuple maorais »
Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes n'est
pas le droit des minorités localisées à scissionner.
La Corse, une île française, est le théâtre
depuis plusieurs dizaines d'années d'une lutte armée contre l'Etat
français. Une lutte autrement plus radicale que celle des « chatouilleuses » de
Mayotte et pourtant l'Etat français n'a jamais « consulté » la
population de la Corse sur la question de savoir si elle veut rester française
ou non ? Evoquer cette éventualité paraîtra incongrue à nombre
de Français. Pourquoi en serait-il autrement quand il s'agit de l'île
comorienne de Mayotte ?
Plus près de nous, des régions entières
de Géorgie se soulèvent et demandent leur séparation d'avec
la Géorgie et leur intégration dans un autre Etat. Et cela a
soulevé un tollé général en Europe, et la France
se signale dans ce concert international de défense de l'intégrité territoriale
de la Géorgie, malgré la volonté manifestée bruyamment
par la population des deux régions concernées. Pourquoi la minorité comorienne
de Mayotte serait-elle traitée autrement ?
Deux poids, deux mesures qui laisseraient à penser que
le droit des « peuples à disposer d'eux-mêmes » dépendrait
du bon vouloir de la France.
De ce point de vue, l'on ne peut que s'interroger sur les lois
qui gouvernent les relations entre les pays. Est-il acceptable qu'un pays,
parce qu'il est grand et puissant, piétine impunément les principes
fondateurs de l'ONU ; qu'un pays, parce
qu'il est grand et puissant, ignore les résolutions de l'ONU ?
Les proclamations universalistes sur la justice, la paix, le développement,
des grands de ce monde ne seraient-elles que des simples professions de foi
destinées à tromper les simples citoyens ? L'ONU serait-il
un « machin » comme l'a dit un dirigeant historique français ?
L'ONU serait-elle, tout compte fait, un outil qui permet aux grands pays de « punir » les
petits pays qui ne marchent pas au pas ? La paix pour les grands seraient-elle
celle des cimetières ? Manifestement l'Humanité a beaucoup
de chemin à parcourir dans son combat pour une civilisation universelle
dans laquelle fleuriront les droits des peuples et le droit de l'individu.
ADMNISTRATION DE MAYOTTE : SORTIR DE L'ENFERMEMENT SEPARATISTE ET OUVRIR
DES VRAIES PERSPECTIVES AU PEUPLE COMORIEN ET AUX RELATIONS COMORO-FRANCAISES
De 1975 à 1995, l'administration française de l'île
comorienne de Mayotte avait préservé l'essentiel à savoir
les liens entre les 4 îles sœurs. Les Comoriens allaient et venaient
entre les quatre îles sans problèmes majeurs.
Depuis l'instauration brutale et arbitraire du visa Balladur
la situation a changé du tout au tout. Le Comorien non-Maorais est transformé en « clandestin
chez lui », il est traité en bouc émissaire. Petit à petit
les expulsions ont pris l'allure de rafles, sans aucun ménagement ni
respect des droits de l'Homme. Pour contourner l'arbitraire du visa, les déplacements
se font de plus en plus en kwasa-kwasa. Conditions de sécurité limites
de ces embarcations de fortune, chasse française contre les « entrées
illégales » produisent des dizaines de morts par semaine,
les statistiques font état de plus de cinq mille morts et disparus depuis
1995, un drame humain insupportable.
Alors que les Gouvernements comoriens successifs assouplissent
leurs positions, recherchent la négociation avec la France, du coté français
les positions se radicalisent. Depuis 2000, une politique extrémiste
dite d'ancrage définitif de Mayotte dans la République Française
est lancée. Mayotte est inscrite dans la Constitution française,
un processus de départementalisation est initié, les Gouvernements
comoriens sont contraints de faire une place de plus en plus conséquente à Mayotte
dans la Commission de l'Océan Indien, Mayotte est mise au même
niveau que la Réunion dans la coopération régionale version
française, etc. L'annonce de la consultation début 2009, couronne
et impulse cette politique volontariste d'annexion de l'île comorienne.
Désormais, il n'est plus question pour les autorités
françaises d'aborder la question de l'île comorienne de Mayotte
dans le fond, si échanges il y a, ils doivent porter sur le respect
du droit français dans les relations de Mayotte avec ses îles
sœurs. Le Groupe de Travail de Haut Niveau a ainsi vu ses travaux réduits à du
technique alors que les Présidents comoriens et français voulaient
se doter d'un outil pour régler la question de l'île comorienne
de Mayotte et ouvrir une voie nouvelle aux relations entre les deux pays par
un traité qui rectifierait ce que nombre de hauts dirigeants français,
dont l'ancien Président François Mitterrand, considèrent
comme l'erreur Historique de 1975
Pour le peuple comorien en tout cas, aucun statut ne légitimera
le maintien de Mayotte dans la République Française, aucune puissance
quelle que soit sa force, ne lui privera de son droit imprescriptible à défendre
jusqu'au bout, avec résolution, courage et abnégation, l'intégrité territoriale
de son pays.
Le peuple comorien aspire à un règlement équitable
de la question de l'île comorienne de Mayotte suivant une voie qui préserve
l'unité des Comores, les acquis économiques et sociaux des Maorais
et les intérêts de la France dans la Région, une voie qui, étape
par étape mène à la réconciliation des Comoriens
et à des relations privilégiées d'amitié entre
les peuples français et comoriens.
La balle est dans le camp français. Il suffira d'une reconnaissance
formelle et solennelle de la vocation de Mayotte à réintégrer
l'Etat comorien dans un avenir à définir pour ouvrir toutes les
portes. Toutes les portes seront alors ouvertes et un règlement judicieux
et définitif de la question de l'île comorienne de Mayotte sera
mis au point dans un dialogue fructueux entre toutes les parties.
ANNEXES
Voir annexes
plus d'une vingtaine
voir annexes
Principe de la conservation des frontières
des pays au moment de leur accession à l'indépendance
le principe de la conservation des frontières
coloniales au moment de l'accession à l'indépendance
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Jeudi 1 Janvier 1970
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