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Le Karthala en éruption magmatique |
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![]() Le panache de gaz qui s'échappe du cratère, lundi 29 mai 2006. |
LG - "Le Canal" |
Un lac de lave bouillonne dans le cratère du Karthala |
Le volcan est entré dimanche en éruption magmatique. La veille, trois jeunes scientifiques en mission quittaient le cratère. On ignorait mercredi quelles seraient les suites du phénomène. Photos : Julie Morin |
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Dimanche 21 mai.
Une équipe de 7 personnes gravit le Karthala
pour y effectuer des mesures et prélèvements. Parmi elles
Christopher Gomez, étudiant à l’Université
Paris 1, Julie Morin et Magalie Smietana, toutes deux élèves
à l’Université de la Réunion, envoyés
en mission par l’Observatoire de la Réunion.
Lundi 22. Les scientifiques descendent en catastrophe car “on a entendu deux secousses comme un bruit d’avion, un souffle”. Mardi 23. L’équipe remonte “car le signal sur les machines était nul”. Cependant durant toute la semaine de travail, Julie Morin vivra une expérience étonnante. “J’ai senti des bouillonnements dans l’estomac, des sifflements dans les oreilles, puis des grondements qui me faisaient sursauter alors que les autres n’entendaient rien. Au bout de deux jours, Christopher s’est mis à sentir les mêmes choses que moi. A chaque fois on se regardait au même moment. A la fin, on sentait des booms toutes les secondes.” Les deux jeunes chercheurs seront les seuls de l’équipe à percevoir ces phénomènes. Les machines non plus n’ont rien vu, rien entendu, ils s’en rendront compte à leur retour... “La sismo n’a rien enregistré de particulier”, constate Julie Morin. Samedi 27. A cours de vivres, l’équipe quitte le cratère. “On sentait vraiment que ça allait bouger”, commente Julie Morin. Dimanche
28, 18h30. Le Karthala entre en éruption. Deux fontaines
de lave, une principale d’une cinquantaine de mètres de haut
et une secondaire, se forment. L’activité s’accélère
à partir de 21h30. Les habitants du centre de Ngazidja, un peu
paniqués, comprennent que leur volcan s’est réveillé
en apercevant dans la nuit un nuage rouge, qui reflète la couleur
du magma, et “s’allume” depuis chaque soir . Lundi 29,
4 heures du matin. “On est réveillés par
Toulouse parce qu’ils ont pu voir sur les images satellites que
du gaz s’échappe du Karthala. Probablement du SO2 ou SO4”,
raconte Magalie Smietana. “Eux s’en préoccupent par
rapport aux avions”, expliquera plus tard Julie Morin. “Pendant
4 heures, il est sorti 60 km de gaz.” Le nuage de gaz, qui rejoint
la cime du Karthala, est visible dans le ciel depuis Moroni. Un phénomène
normal : “Il y a toujours du gaz dans la lave.” Mardi 30. Les fontaines de lave continuent d’alimenter le lac de magma selon la même intensité. Le lac reste à la même hauteur, environ au quart du cratère. Mercredi 31. L’équipe se fait transporter au sommet du volcan par un hélicoptère de l’Amisec. L’activité est toujours stable. “Il n’y a aucune activité à l’extérieur du cratère”, indique Julie Morin. “La fontaine de lave est presque en son centre. Un gros bouillonnement et des vagues se forment quand le magma arrive. Le lac est peu sombre en surface car une croûte s’est formée, mais il n’est pas du tout solidifié. Les bouillonnements et les sons sont les mêmes que ceux que Christopher et moi percevions la semaine précédente, mais en plus nets, et extérieurs.” Et après ? Impossible de savoir quelle sera la suite du phénomène. “Il y a des volcans où le lac dure des mois ou des années, pour d’autres, c’est deux jours”, explique Julie. Plusieurs scénarios sont possibles. Le danger d’une coulée de lave n’est pas totalement écarté : une fissure dans le cratère pourrait permettre une “vidange par en haut”, comme dit Christopher Gomez. Si la fontaine de lave se tarit, le magma se retirera dans les profondeurs. L’eau, qui est pour l’instant écartée du cratère par la pression, pourrait alors être en contact avec le magma. Une explosion provoquant une nouvelle pluie de cendres serait alors possible... mais pas certaine. Lisa Giachino
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![]() ![]() ![]() Le 31 mai, photos prises sur place par l'équipe scientifique. |
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