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La lettre de Malango N°10

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La lettre de Malango
10

Mercredi 27 Février 2008

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MAYOTTE Immigration clandestine
Suspension du droit du sol : la classe politique divisée à Mayotte Lundi 25 Février 2008

La déclaration du secrétaire d'Etat français à l'Outre-mer, Christian Estrosi, qui a affirmé vendredi 22 février envisager "une décision exceptionnelle" concernant Mayotte, selon laquelle "tout enfant né de parents en situation irrégulière" ne pourrait plus "réclamer" la nationalité française, a reçu un accueil mitigé à Mayotte. Voilà les réactions des différents responsables politiques.

En France, volée de bois vert contre le projet d'Estrosi
Les réactions n'ont pas tardé vendredi, après la déclaration de Christian Estrosi concernant la possible suspension du droit du sol à Mayotte. Dans un communiqué publié le 22 février, SOS Racisme demande au gouvernement de "renoncer" à une possible réforme du droit du sol à Mayotte. Dans son communiqué, "SOS Racisme tient à marquer son indignation" à la suite de cette proposition. "Déjà évoquée en septembre 2005 par François Baroin", rappelle l'association, "cette mesure, qui était alors présentée officiellement pour lutter contre les fausses déclarations de paternité, va plus loin puisqu’elle consiste à supprimer tout simplement le droit du sol pour les enfants dont les parents sont en situation irrégulière. Cette mesure est intolérable à plusieurs titres", dénonce-t-elle. "En quoi le fait que leurs enfants ne puissent plus être Français dissuaderait des hommes et des femmes à venir se réfugier sur l’île en raison des troubles politiques et de la situation économique dégradée des territoires environnants ?", s'interroge encore l'association. "Cette mesure", poursuit SOS Racisme, "revient ni plus ni moins à suspendre la légalité républicaine en direction de Mayotte. C'est en soi scandaleux mais ça l'est d'autant plus que nous considérons qu'il s'agit là d'un ballon d'essai pour, en d'autres temps et en d'autres lieux, continuer à grignoter, dans une vision populiste et anti-immigrée, le droit du sol".
Pour sa part, le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) parle d'une "nationalité à la découpe" comme d'une "remise en cause du principe fondamental du droit du sol" et "la première étape d'une démolition programmée" du Code civil. "Il n'est point de mesure tolérable - expérimentale ou non - qui aboutisse à priver des enfants nés sur une parcelle de la France du droit commun relatif à l'acquisition de la nationalité française", écrit le Mrap dans un communiqué.
Côté politiques, le président du Modem François Bayrou a réaffirmé vendredi qu'il fallait trouver "une autre règle" concernant l'attribution de la nationalité française aux enfants nés à Mayotte et en Guyane, affectés par une forte immigration clandestine. Pendant la campagne présidentielle, le leader centriste s'était déclaré "favorable à ce que la nationalité française ne soit plus automatique, dès l'instant qu'en Guyane ou à Mayotte, on est venu seulement pour accoucher sur le territoire national". Une manière d'appuyer le secrétaire d'Etat à l'Outremer.
A gauche, la déclaration d'Estrosi a été qualifiée par René Dosières (apparenté PS), qui connaît bien la problématique mahoraise puisqu'il faisait partie de la mission d'enquête des députés sur l'immigration clandestine en 2005, d'"inefficace, irresponsable et dangereuse".
"Qui nous dit que ce projet -expérimental et limité à Mayotte- ne sera pas, demain, étendu à d'autres territoires français, voire à la France métropolitaine?", s'interroge pour sa part la sénatrice de Seine-Saint-Denis Eliane Assassi, du Parti communiste français. La sénatrice verte Alima Boumediene-Thiery a elle dénoncé des "propos intolérables".
VM (avec AFP et Reuter)

Ahmed Attoumani Douchina, ancien secrétaire départemental de l'UMP, conseiller général et maire de Kani-Kely : "Si sur le plan humain, cette décision est discutable, sur le plan politique, elle est nécessaire. Mayotte est un petit territoire. Si on laisse tout le monde espérer qu'en venant ici et en faisant des enfants, ils pourront obtenir des papiers, on court à notre perte. Cette mesure peut freiner l'immigration clandestine car on sait qu'en ayant un enfant né à Mayotte, on n'est plus expulsable. Mais ceci doit s'accompagner d'une coopération plus forte encore avec les Comores."

Mhamadi Abdou, conseiller général de Bandraboua et secrétaire départemental du Mouvement départementaliste mahorais (MDM) –un parti divisé par plusieurs tendances, dont celle du député Abdoulatifou Aly qui ne se reconnaît pas dans celle de Mhamadi Abdou : "C'est un garde-fou comparable à celui mis en place en Nouvelle-Calédonie au niveau électoral, en prévision du référendum sur l'indépendance, qui interdit aux nouveaux arrivants de voter. Je suis donc à 100% avec ce projet. Nos parents ont choisi la France. Ils se sont battus pour cela. Aujourd'hui, les gens les plus virulents contre Mayotte française sont les Franco-comoriens qui vivent en France. S'ils avaient les moyens, ils renverraient Mayotte dans le giron comorien. Si on laisse faire l'immigration, dans quelques années à Mayotte, il y aura plus d'étrangers que de Français. Et ce seront eux qui décideront de l'avenir statutaire de l'île. Dans un système démocratique, c'est la majorité qui décide. Et les clandestins seront majoritaires si on continue. Je pense que cette mesure aura des effets sur l'immigration clandestine, car l'un des facteurs qui poussent les Comoriens à venir est qu'ils savent qu'en faisant un enfant ici, ils pourront régulariser leur situation."

Hamada Ali Hadhuri, maire de Bouéni et candidat aux dernières législatives sous les couleurs du Parti socialiste : "Cela ne règlera en rien les flux migratoire. Ce n'est pas le droit du sol qui fait venir les immigrés. On raconte des histoires ! Si les gens viennent, c'est pour l'école, la santé, un travail… Les papiers passent après. D'ailleurs, quelqu'un qui bénéficie du droit du sol, c'est qu'il est là depuis des années. Cette mesure vise à tromper les Mahorais. Je trouve ça choquant ! Il s'agit en outre d'une discrimination intolérable et injuste au moment où les Mahorais aspirent à entrer dans le droit commun. Comment comprendre que ce qui est bon pour les autres Français est mauvais pour nous ? Comment expliquer à un enfant que parce qu'il naît à Mayotte, il n'a pas les mêmes droits qu'un enfant qui naît ailleurs dans la République ? C'est toujours pareil à Mayotte : quand un règlement est bon on ne l'applique pas et on fait des exceptions."

Saïd Omar Oili, président du Conseil général et leader du parti Néma (tendance autonomiste) : "Je suis contre la remise en cause du droit du sol. Je ne vois pas pourquoi on remet sur le devant de la scène ce débat qui divise la France et qui avait déjà été soulevé en 2005. Mais ce qui m'interpelle le plus, c'est que c'est loin d'être l'urgence. En janvier à Mayotte, on a recensé 173 gamins abandonnés après que leurs parents aient été expulsés du territoire. Voilà le problème ! Occupons-nous d'abord de ces questions."

Saïd Ahamadi dit "Raos", maire de Koungou et président du Parti social mahorais : "Les Mahorais se foutent du droit du sol. C'est un faux problème. Eux ce qui les intéresse, c'est le développement de Mayotte. C'est ce qu'ils partent chercher à la Réunion ou en métropole [les allocations sociales, ndlr]. Le droit du sol ou du sang, c'est la même chose pour les Mahorais. Le problème n'est pas là et les Mahorais ne sont pas dupes. Cette mesure vise à cacher les échecs de l'Etat qui pratique une lutte contre l'immigration clandestine inefficace et même dangereuse. Les Comoriens viennent à Mayotte d'abord pour des raisons économiques. Pas pour les papiers !"

Le député de Mayotte (MDM), Abdoulatifou Aly, était injoignable ce week-end, tandis que Bacar Ali Boto, premier vice-président du Conseil général et leader du parti Alliance, a préféré ne pas répondre à notre sollicitation, prétextant la proximité des élections pour ne pas se positionner.

VM


Pour aller plus loin :
Lire l'interview de Jean-Pierre Dubois, président de la LDH (Ligue des Droits de l'Homme).




COMORES Défense - Conflits
A Moroni, la population soutient le recours à la force à Anjouan Lundi 25 Février 2008

L'opinion comorienne apparaît largement acquise à une intervention militaire à Anjouan. Difficile de trouver aujourd'hui à Moroni un farouche opposant à une intervention militaire à Anjouan, véritable leitmotiv des discussions à Moroni et dont la conclusion demeure en substance toujours la même

Mohamed Bacar doit partir. "Il faut arrêter Mohamed Bacar. Nous avons été les premiers à préconiser l'usage de la force contre lui, bien avant le président", affirme Chabane Mohamed, secrétaire régional pour la Grande Comore du Syndicat national des professeurs comoriens (SNPC). "Il faut en finir avec le régime de Mohamed Bacar. Et rapidement. Nous avons tous des parents à Anjouan qui subissent quotidiennement toute sortes d'exactions", renchérit Abdou Djabir, professeur de droit à l'Université des Comores, ajoutant: "Je crains toutefois des règlements de comptes entre Anjouanais."

Mercredi, l'Union africaine s'est dite prête à soutenir "militairement et logistiquement" le gouvernement de l'Union des Comores dans le cadre d'une opération militaire contre l'île d'Anjouan préparée actuellement par l'Etat fédéral. Une ultime mission de l'UA est attendue à Moroni rapidement pour poser les termes d'un ultimatum aux autorités d'Anjouan. Dimanche 24 février, elle n'était toujours pas arrivée dans la capitale comorienne, contrairement à l'envoyé spécial de l'UA aux Comores, Francisco Madeira, venu préparer cette médiation.

"Dix ans de séparatisme, c'est trop. Il faut envoyer l'armée à Anjouan, régler ce problème une bonne fois pour toute", soupire pour sa part Abdouroihamane hadji Himidi, ancien préfet. "Il faut y aller non seulement pour enlever Mohamed Bacar mais surtout pour désarmer les milices. Car si on laisse les armes circuler, il y aura demain d'autres Mohamed Bacar", met en garde Mohamed Salim, ingénieur au commissariat au plan, persuadé que la crise anjouanaise "paralyse le pays". Des voix s'élèvent également pour réclamer des poursuites pénales contre M. Bacar: selon Zakaria Halidi, président d'une commission qui s'occupe des déplacés d'Anjouan à Moroni, "Mohamed Bacar a le dos au mur (...) Il ne faut pas le laisser filer. Il faut le juger pour ces crimes contre l'humanité".

L'une des rares personnalités politiques qui s'était opposée à une intervention militaire à Anjouan, l'avocat franco-comorien Said Larifou, président du parti d'opposition Ridja, a fini par s'y rallier. "Dans les circonstances exceptionnelles actuelles, le rassemblement de toutes les forces vives de la nation est une exigence pour continuer à oeuvrer inlassablement en faveur de l'unité, de l'intégrité territoriale et de la stabilité institutionnelle", a fait savoir Me Larifou dans un communiqué.

VM (avec AFP)


MADAGASCAR Météo, Climat, Catastrophes naturelles
Cyclone à Madagascar : 29 morts, près de 70.000 sinistrés Lundi 25 Février 2008

Au moins 29 personnes sont mortes lors du passage du cyclone Ivan qui a frappé l'île de Madagascar de dimanche à mardi derniers, faisant également près de 70.000 sinistrés, selon un nouveau bilan provisoire annoncé vendredi 22 février par les autorités malgaches.

"Des mesures préventives ont été prises mais malheureusement les cyclones ont été d'une telle intensité que nos moyens se trouvaient limités, raison pour laquelle après avoir épuisé nos forces, nous avons demandé l'aide des pays amis et des organismes internationaux", a déclaré vendredi soir à l'AFP Marcel Ranjeva, ministre malgache des Affaires étrangères. "Si aucune mesure n'est prise, la situation s'aggravera, notamment dans le domaine de la santé", a-t-il averti. Parmi les 29 morts, 19 sont décédés dans la région d'Alaotra Mangoro (150 km au nord-est de Antananarivo), indique un communiqué du Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC).

Au total, 69.315 sinistrés ont jusqu'ici été recensés dans l'île, dont près de 20.000 dans la seule capitale Antananarivo et ses alentours, selon le BNGRC. "On compte des sinistrés dans 12 régions de Madagascar (sur 22)", a précisé à l'AFP Dia Stivanley, chargée de communication du BNGRC. Selon un bilan provisoire, 17.880 hectares de rizière ont été inondés, dont "15.000 hectares dans la région d'Alaotra Mangoro où est produit 30% du riz à Madagascar", selon le communiqué du BNRGC. Le travail des services d'urgence, coordonné par le BNGRC, est rendu difficile par la rupture des communications téléphoniques et routières dans certaines régions.

Le cyclone Ivan, classé dans la catégorie 3 sur l'échelle de mesure des ouragans (échelle Saffir-Simpson), avec des rafales de vent de 230 km/heure, a d'abord touché la petite île touristique malgache de Sainte-Marie, puis une grande partie de l'est de Madagascar le 17 février. Fame, le dernier cyclone ayant frappé Madagascar, le 27 janvier, avait fait 13 morts, 2.792 sans-abri et plus de 11.600 sinistrés. Fame était le premier cyclone à faire des dégâts dans la Grande Ile depuis le début de la saison cyclonique, il y a deux mois. En mars 2007, le cyclone Indlala avait fait 150 morts et 30 disparus dans cette île pauvre de l'océan Indien.

(AFP)




MADAGASCAR Météo, Climat, Catastrophes naturelles
Des précautions efficaces mais insuffisantes face à la violence du cyclone Ivan Lundi 25 Février 2008

Alors que les premiers états des lieux permettent de déterminer les graves dégâts causés par le cyclone Ivan au début de la semaine, Madagascar se prépare à faire face à une nouvelle menace : le cyclone Hondo est en train de se renforcer et se dirige à présent sur la côte est de l’île.

Après le passage du cyclone Ivan. (Photo: UNICEF Madagascar)

Le cyclone Ivan s’est abattu sur le littoral nord-est de Madagascar dimanche 17 février, ses vents soufflant jusqu’à 210 kilomètres à l’heure, laissant sur leur passage un sillage de destruction à travers l’île avant de s’affaiblir lentement et de se dissiper dans le Canal du Mozambique, mardi.

Ivan a causé « des dégâts à deux niveaux : d’abord, la destruction provoquée par la violence des vents, et maintenant les inondations »,
[ La suite sur le site ... ]

AFRIQUE Défense - Conflits
Poursuite des violences dans le district du Mont Elgon Lundi 25 Février 2008

Des meurtres sporadiques continuent d’avoir lieu dans le district du Mont Elgon (ouest), où un différend foncier avait déclenché une flambée de violence et provoqué un déplacement de population massif en 2006.

Déplacés de Mont Elgon recevant une aide alimentaire de la Société de la Croix-Rouge kényane. (Photo: Ann Weru/IRIN)

«Par moments, on enregistre au moins un meurtre par jour, ou un ou deux meurtres par semaine », a affirmé Hezborn Wekola, aide secouriste à la Société de la Croix-Rouge kényane (SCRK) dans l’Ouest du Kenya, le 19 février.

Une milice baptisée Sabaot Land Defense Forces (SLDF) serait derrière la plupart de ces meurtres. Le motif serait qu’elle chercherait à réparer certaines injustices commises lors de la répartition des terres dans
[ La suite sur le site ... ]

AFRIQUE Défense - Conflits
Brèves d'Afrique Lundi 25 Février 2008

Namibie : Une filiale d’Areva va exploiter une nouvelle mine d’uranium

L’ouverture devrait avoir lieu en juillet 2008

La troisième mine d’uranium de la Namibie, Treokkpje, entre en activité en juillet, et la compagnie UraMin, filiale d’Areva, qui va l’exploiter espère procéder à ses premières exportations en 2009.

Zimbabwe : Mugabe traite de "prostitué" un ministre candidat à la présidentielle

Son adversaire, Simba Makoni, a le soutien du parti au pouvoir

Le président zimbabwéen, Robert Mugabe, a taxé de "prostitué politique", dans une déclaration télévisée marquant son 84ème anniversaire, l’ex- ministre des Finances, Simba Makoni, après que ce dernier a quitté le parti au pouvoir pour briguer la présidence.

Réunion d’experts sur les faux médicaments en Afrique

Une conférence internationale sponsorisée par les laboratoires Pfizer et destinée à discuter des problèmes que les faux médicaments et les génériques non-enregistrés posent pour la sécurité des patients en Afrique se tient actuellement à Johannesburg, en Afrique du Sud.

Sychelles : Air Seychelles mise sur le marché français

La compagnie attend ses Boeing Dreamliner pour 2010

Air Seychelles a réalisé un chiffre d’affaires record en 2007 grâce à l’augmentation de ses parts de marché sur le marché français. Près de 32 000 Français se sont rendus sur l’île avec la compagnie seychelloise qui s’offrira à l’horizon 2010 deux Boeing Dreamliner.

Africom : Bush se heurte à un mur en Afrique

Le président américain George W. Bush a terminé sa tournée de six jours en Afrique sur un constat d'échec: hormis le Liberia, qui dépend de Washington, le continent a dit non à l'Africom, l'initiative stratégique visant à regrouper tous les programmes d'aide des États-Unis à l'Afrique sous un unique commandement militaire.

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