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La lettre de Malango
N°
11
Jeudi 28 Février 2008
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Les événements d'Anjouan sont couverts par l'équipe de
Chaque mois, les analyses et commentaires sur l'actualité régionale.
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COMORES |
Défense - Conflits |
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Anjouan : "l'ultime" mission de médiation aurait échoué |
Jeudi 28 Février 2008 |
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La mission internationale de médiation attendue depuis plus de deux semaines par les autorités comoriennes s'est rendue à Anjouan mercredi 27 février afin de discuter avec le président autoproclamé de l'île Mohamed Bacar. Il s'agissait, selon l'Union africaine, de l'ultime tentative - celle de "la dernière chance".
Composée des représentants de l’Union africaine (UA), de la Ligue des Etats arabes, de l’Afrique du Sud, de la France et des Etats-Unis, la délégation a rencontré durant trois heures M. Bacar avant de revenir à Moroni en fin d'après-midi, semble-t-il bredouille. Selon des sources officielles, le colonel Bacar serait resté intransigeant, et aurait préféré camper sur ses positions, en rejetant en bloc les nouvelles propositions de la communauté internationale (quitter le pouvoir et faire sa reddition, accepter l'exil ou s'exposer à une attaque et une arrestation) et permettre ainsi la tenue rapide d’une nouvelle élection présidentielle dans l’île. Cette information relayée par l'agence de presse HZK nous a été confirmée en fin de soirée par un fonctionnaire du ministère des Relations étrangères. A son retour à Moroni, la mission a été reçue dans la soirée par le président de l'Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi, à qui un compte-rendu de la rencontre a été détaillé. Selon un communiqué de la présidence, la délégation "a fait état du refus catégorique du Chef de la rébellion de se soumettre aux conditions de la communauté internationale et de l’échec de sa mission de dernière médiation". Toujours selon le communiqué, Francisco Madeira, envoyé spéciale de l'UA aux Comores, "a déclaré que la communauté internationale a tenu à redire à Mohamed Bacar d’accepter les conditions de l’UA et d’épargner la population anjouanaise des conséquences de son entêtement. Il a ajouté qu’après le refus de Bacar, il n’y a plus de négociation avec lui et que ce dernier doit s’attendre au débarquement militaire des troupes de l’AND et du contingent de l’UA qui ne tardera pas à arriver à Moroni." A leur sortie, M. Madeira a indiqué que "tout sera fait pour éviter et minimiser les dégâts, les souffrances et les effets collatéraux" du débarquement. Il a également affirmé à la presse : "Soyez assurés que l’Ile d’Anjouan sera libérée." Le représentant de la Ligue des Etats arabes a lui affirmé à sa sortie de Beit-Salam le soutien de son organisation à la décision de l’Union africaine. "Nous avons offert à Mohamed Bacar deux possibilités pour une issue pacifique à la crise, mais il n’a pas entendu notre message. A présent la machine est marche et l’UA a entamé les préparatifs de cette opération". De son côté, le ministre comorien des Relations Extérieures, présent à la rencontre du Chef de l’Etat avec cette délégation, a précisé à la presse qu’en agissant de la sorte, "Mohamed Bacar a définitivement mis fin au dialogue." Si la position de Bacar –dont nous n'avons pu avoir la version à cause de l'impossibilité d'appeler à Anjouan depuis la coupure de la ligne téléphonique fin janvier- n'évolue pas dans les prochaines heures, il s'expose à une offensive conjointe menée par l'Armée nationale de développement (AND) et des soldats issus de divers pays africains –en grande partie tanzaniens. Lundi, lors de son passage à Moroni, le ministre tanzanien des Affaires étrangères avait, au nom de l'UA, clairement signifié les termes de l'"ultimatum", en laissant aux autorités illégales d’Anjouan le choix entre la reddition aux forces de l’Union Africaine ou la résistance à l’assaut. Une option qui exposera l’ex-chef de l’exécutif d’Anjouan à sa capture et à sa traduction devant un tribunal pour crime de guerre, avait ajouté Bernard Kamillius Membe (lire article sur ce sujet). Quatre pays de l'UA ont déjà promis un appui en troupes et logistiques (Sénégal, Tanzanie, Soudan et Libye). La France a pour sa part manifesté sa disponibilité à assurer leur acheminement vers l’archipel. Les préparatifs d’un débarquement militaire semblent par ailleurs "très avancés", selon le chef d’état-major de l'AND cité par HZK-presse. VM |
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MAYOTTE |
Immigration clandestine |
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Droit du sol : Fillon tempère, le collectif Migrants Mayotte s'insurge |
Jeudi 28 Février 2008 |
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François Fillon a assuré lundi 25 février qu'aucune décision n'avait été "prise pour le moment" à propos de l'obtention de la nationalité française sur l'île de Mayotte, estimant qu'il ne s'agit à ce stade que d'un "débat" auquel le Parlement devra être associé.
"Il n'y a pas décision prise pour le moment. Il ne peut pas y avoir de décision prise par le gouvernement sur un sujet comme celui-là sans qu'il y ait un débat, et en particulier un débat avec le Parlement", a affirmé le Premier ministre, en marge d'une visite sur une base aérienne à Creil (Oise). Selon M. Fillon, son secrétaire d'Etat n'a fait qu'"évoquer un débat ancien". "Il y a une situation exceptionnelle à Mayotte avec des arrivées massives venant des îles voisines et qui posent un problème spécifique que tous les gouvernement ont cherché à résoudre", a fait valoir le chef du gouvernement. Son gouvernement "réfléchit (...) à une manière de stopper cette immigration qui est très dangereuse pour l'île elle-même, qui risque de provoquer une déstabilisation de l'île", a-t-il jugé (lire les réactions des élus mahorais, articles précédents en fin d'article). Mardi 26 février, le collectif Migrants Mayotte - composé de travailleurs dans les secteurs sociaux, médicaux et enseignants oeuvrant à Mayotte, ainsi que d'une dizaine d'associations- envoyait aux médias un communiqué dénonçant le projet de M. Estrosi. Dans ce texte, "le Collectif Migrants-Mayotte s'insurge contre cette mesure que le secrétaire d'Etat affirme vouloir proposer au printemps, et s'indigne de l'utilisation politique qui en est faite localement." Le Collectif dénonce "vigoureusement" cette annonce et la qualifie de "démagogique, inefficace, inconstitutionnelle, discriminatoire et inquiétante". Selon le collectif, "en suspendant le droit du sol à Mayotte uniquement, M. Estrosi ferait de cette Collectivité départementale un territoire étranger au territoire français. Cela signifierait que tous les enfants ne sont pas égaux au sein de la République ; que certains sont plus valables que d'autres. Dans cette logique, un enfant de Malgaches qui naîtrait en Métropole pourrait sous certaines conditions être français, mais pas un enfant de Malgaches qui naîtrait à Mayotte !" Cette mesure ne résoudrait en outre pas la question de l'immigration clandestine, pense le collectif, selon lequel "quiconque s'est rendu à Anjouan, en Grande-Comore ou à Mohéli peut affirmer que les raisons de l'émigration vers Mayotte ne sont pas liées à l'obtention de papiers." VM (avec AFP)
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MAYOTTE |
Immigration clandestine |
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Projet Estrosi : le député de Mayotte contre, les sénateurs pour |
Lundi 25 Février 2008 |
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Le député de Mayotte Abdoulatifou Aly (MDM affilié au Modem) s'est déclaré contre le projet du secrétaire d'Etat à l'Outremer Christian Estrosi de suspendre le droit du sol à Mayotte à titre expérimental
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Adrien Giraud (à gauche) et Ibrahim Soibahaddine se sont déclarés favorables à la suspension du droit du sol à Mayotte
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Député apparenté PS de l’Aisne, René Dosière avait présidé en 2005 la Mission d’information sur l’immigration à Mayotte, mise en place par l'Assemblée nationale. Dans un communiqué, ce député a qualifié les déclarations de M. Estrosi concernant la remise en cause du droit du sol à Mayotte d'"inefficaces, irresponsables et dangereuses. Inefficaces car le rapport de la Mission d’information de l’Assemblée nationale sur l’immigration à Mayotte a clairement démontré l’inutilité de cette mesure déjà évoquée par son prédécesseur au ministère de l’outre-mer. La maîtrise de l’immigration à Mayotte exige un état civil fiable, ce qui n’est toujours pas le cas. Il est navrant que le ministre fasse preuve d’une telle ignorance de la situation réelle à Mayotte ainsi que du travail parlementaire. Irresponsables car elles contribuent à attiser les passions et les tensions ambiantes qui règnent dans cette île, trop longtemps ignorée de la métropole. L’ampleur et la gravité des problèmes liés à l’immigration clandestine qui se posent à Mayotte exigent de tous les responsables publics du calme et du sang froid." Selon lui, "à l’instar de ses comportements partisans en Nouvelle Calédonie et en Polynésie, le ministre de l’outre-mer cherche à redorer le blason de l’UMP, largement battue lors des législatives." |
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Depuis Saint-Denis à la Réunion où il est allé soutenir la candidature de Michel Lagourgue, Abdoulatifou Aly a qualifié dans les colonnes du Journal de l'île de la Réunion cette mesure d'"inadaptée". "Elle ne correspond pas à sa préoccupation, qui est de lutter contre l'immigration clandestine. C'est au contraire une mesure contre les Français que nous sommes", estime-t-il. "Si moi je couche avec une étrangère, et ne reconnais pas l'enfant que nous avons ensemble, cet enfant ne sera pas français. Au contraire, si on veut lutter contre l'immigration clandestine, aidons les Anjouanais à avoir un hôpital chez eux, pour que les mères puissent accoucher là-bas. Nous, à Mayotte, nous sommes les champions de France de la lutte contre l'immigration clandestine. Mais nous sommes loin d'avoir les moyens nécessaires. (…) Oui, l'immigration clandestine, c'est un problème d'étrangers. Le droit du sol, c'est un problème de Français. Or, nous sommes français depuis 1841. Et le droit du sol ne s'applique à Mayotte que depuis 1996. C'est ça la discrimination ! (…) Supprimer le droit du sol, c'est illégitime, c'est contraire aux engagements de l'Etat français." Le député parle de "mépris" à l'égard de Mayotte. S'il est sur ce point en accord avec la gauche et le président du Conseil général Saïd Omar Oili (lire les réactions précédentes), le discours du député est différent des autres élus nationaux. Les deux sénateurs de l'île se sont en effet déclarés favorables à cette mesure, selon l'AFP. Selon leur UMP Ibrahim Soibahaddine, "l'augmentation des naissances d'enfants d'immigrés, l'augmentation du nombre des étrangers en situation irrégulière et parallèlement l'émigration des Mahorais vers l'île de La Réunion et la France métropolitaine, ainsi que la chute du taux de fécondité, tous ces éléments constituent des facteurs de risques sérieux", a-t-il déclaré sur Télé Mayotte, tandis que l'autre sénateur, Adrien Giraud (MDM affilié UDF), a souligné que "le droit du sol n'est pas institutionnel, c'est une loi qui peut être modifiée par une autre loi". Le prédécesseur de Aly, Mansour Kamardine (UMP, député de 2002 à 2007) s'est également déclaré en faveur de la proposition de M. Estrosi. "La projection dans dix ans indique que 60% de la population de Mayotte sera d'origine clandestine", a-t-il affirmé à l'AFP. VM
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MAYOTTE |
Economie |
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La CCI veut développer un lobby pro-Mayotte en prévision de la Loi programme |
Jeudi 28 Février 2008 |
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Lundi 25 février, la plupart des patrons les plus influents de l'île, dont Michel Taillefer, président du Medef (Mouvement des entreprises de France), Ida Nel, directrice de la société d'import-export SNIE et Serge Castel, président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI), se sont réunis au siège de la CCI à Mamoudzou dans une réunion d'urgence organisée dès le retour de M. Castel de Paris. Objectif de cette rencontre : mettre en place un comité de lobbying auprès des instances parisiennes afin de faire entendre la voix de Mayotte et d'obtenir le plus de financements possibles.
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Parmi les priorités évoquées par la CCI figurent la défiscalisation. Ici une maison de la nouvelle zone urbaine de Hamaha, près de Mamoudzou, fruit de la défiscalisation.
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Cinq commissions ont été montées sur la base de cinq priorités économiques définies par l'assemblée : les exonérations de charges, la défiscalisation, la formation, le désenclavement de l'île et le logement social. Ces commissions devront rédiger un rapport dont la synthèse sera utilisée par la CCI pour convaincre les ministères de l'urgence à aider le secteur privé dans une île où l'économie reste en grande partie tributaire de la commande publique. La création dans l'urgence de ce lobby répond à la présentation faite le 13 février par le secrétaire d'Etat à l'Outremer, Christian Estrosi, de la Loi programme pour l'Outremer, qui vise à relancer et raffermir l'activité économique dans les territoires ultramarins, en dynamisant la croissance, l'emploi et la formation, et en développant l'offre de logement. Lundi, M. Castel a déploré le peu de cas fait par ce plan de Mayotte, rarement citée dans les exemples. "C'est pour cela que j'ai appelé à l'organisation de cette réunion", a-t-il indiqué sur Télé Mayotte. Selon ce projet, "il apparaît que les transferts financiers ont atteint aujourd’hui une certaine limite. Ils n’ont pas permis de traiter les problèmes de fond des économies ultramarines : le manque d’ouverture des collectivités sur leur zone géographique en raison de la prédominance des échanges avec la métropole ; le manque de spécialisation sur des secteurs à forte valeur ajoutée et la petite taille des PME, comparativement à la métropole ; un retard avéré en matière de formation professionnelle ; les besoins en termes de logements sociaux ou d’équipements technologiques". Estimant qu'il n'y aura "pas de développement sans entreprises performantes", le ministère souhaite créer des zones franches globales d'activité avec des exonérations sur l'impôt sur les sociétés, sur la taxe professionnelle et la taxe foncière, qui devraient concerner selon les chiffres officiels 23.000 entreprises, mais qui se cantonneront aux départements d'outremer –"en raison de la dévolution de la compétence fiscale aux autres collectivités d’outremer" précise le projet. Mayotte n'y aura donc pas droit –ce qu'a regretté M. Castel lundi soir sur Télé Mayotte. D'autres avantages, comme des aides pour assurer le coût du fret ou la rénovation des hôtels, seront également mis en place dans les DOM. M. Castel a regretté que la première mesure ne concerne pas Mayotte "alors que c'est ici que l'on trouve les coûts les plus élevés de fret aérien". L'île bénéficiera par contre du plan "Plus de logements pour tous". "Face à ces besoins majeurs, l’objectif du Gouvernement est d’augmenter de 25 % la construction annuelle de logements sociaux et très sociaux dans les DOM, à Saint-Pierre et Miquelon et à Mayotte, soit plus de 1000 logements sociaux et très sociaux supplémentaires chaque année", indique le projet. Pour cela, le gouvernement mettra à disposition des moyens financiers –défiscalisation à l'impôt sur le revenu, sanctuarisation des crédits budgétaires d'aide à la pierre- et juridiques –afin de mobiliser des surfaces foncières. En outre, la loi "pourrait donner davantage de moyens aux particuliers locataires ou accédants à la propriété pour faire face à leurs dépenses de logement" annonce le projet. Si le volet Emploi ne consacre rien à Mayotte, celui de la continuité territoriale devrait concerner l'île. "Le projet de loi propose d’améliorer le dispositif par la création d’un fonds spécifique, pouvant être abondé par les collectivités. Surtout, le dispositif sera élargi pour permettre des déplacements à l’intérieur d’une même zone géographique", indique le document. VM Télécharger la Loi Programme de l'Outremer :
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MAYOTTE |
Mouvements sociaux, Syndicalisme |
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Licenciements de la Sogea à Mayotte : deux ex-salariés obtiennent gain de cause |
Jeudi 28 Février 2008 |
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L'affaire était tombée dans les oubliettes des médias. Mais les 21 ex-salariés de la Sogea qui, en août 2005, avaient été licenciés abruptement après un mouvement de grève, n'ont eux toujours pas digéré, même si la plupart ont retrouvé du travail au fil des mois qui ont suivi leur renvoi. La décision de la Cour administrative d'appel de Bordeaux, rendue publique mardi 26 février à Mayotte, leur a redonné espoir plus de deux ans après les faits.
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Les licenciés de la Sogea, en août 2005. Au centre, Boinali Saïd, SG de la Cisma-CFDT. (photo Kashkazi)
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La Cour a estimé dans son verdict que la Sogea –société qui assure la distribution de l'eau dans l'île de Mayotte- avait licencié abusivement les deux plaignants. De fait, elle devra après des négociations leur verser une somme en compensation de ce licenciement et des dommages qu'il a causés. D'ores et déjà, le syndicat Cisma-CFDT à l'origine du mouvement de grève envisage de présenter devant la même cour le cas des 19 autres licenciés. "Si elle a donné gain de cause à deux d'entre eux, il n'y a pas de raison qu'elle ne rende pas le même verdict pour les autres", affirmait mercredi soir Boinali Saïd, secrétaire général de la Cisma-CFDT. "Il s'agit d'une victoire pour les ex-salariés, pour le syndicat aussi", poursuivait-il. "Cela nous réconforte dans l'action que nous avons mené. La grève était bien légale, contrairement à ce qu'affirmait la Sogea, et les salariés n'auraient pas du être licenciés." Wirdane Allaoui, l'un des 21 licenciés qui a été à la pointe du combat ces deux dernières années, ne disait pas autre chose sur Télé Mayotte : "Cela prouve que nous ne sommes pas des voyous. Nous avons été licenciés de façon abusive. C'est une grande victoire face à une grande entreprise mahoraise. C'est un exemple qui fait qu'aujourd'hui, les salariés peuvent se battre pour leurs droits." Un autre licencié qui n'a pas souhaité révéler son identité s'est pour sa part dit "heureux". "Maintenant, on va tous y aller et on va prouver à la Sogea mais aussi à la DTEFP [Direction du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle, ndlr] que leurs manœuvres coloniales n'ont plus de raison d'être aujourd'hui à Mayotte". L'affaire avait fait grand bruit à l'époque. A l'origine, une grève a priori anodine lancée le 16 août 2005 pour protester contre la mutation d'un délégué du personnel, Fahar Ousséni - outre l'opposition à la mutation de Fahar, la grève englobait une série de revendications d'ordre général. Selon la direction de la Sogea, ce mouvement n'avait pas été mené dans les règles : le personnel avait donné un préavis de quatre jours, alors que les statuts des sociétés privées à mission de service public -le cas de la Sogea- prévoient cinq jours de délai. Les agents furent donc mis à la porte pour grève illégale et abandon de poste, des fautes lourdes qui les privèrent alors de tout préavis et de toute indemnité. La société avait été dans sa décision grandement soutenue par la DTEFP, qui avait déclaré la grève illégale. Lors d'une médiation, l'administration avait été accusée par la Cisma de jouer le jeu de la Sogea. Le syndicat affirme depuis ces licenciements que la mission de service public n'est pas spécifiée dans les contrats des agents. "Depuis la signature du contrat d'affermage avec le Syndicat des eaux, en 1992, le cahier des charges de la Sogea indique bien que la société a une mission de service public", expliquait en septembre 2005 Boinali Said. "Mais il dit aussi qu'elle doit fournir un statut particulier pour le personnel affecté à cette mission. Or ce statut n'a pas été présenté et la notion de mission de service public ne figure pas dans les contrats des agents." La décision de la Cour lui a donné raison. VM
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COMORES |
Défense - Conflits |
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L'ultimatum du ministre tanzanien à Mohamed Bacar |
Lundi 25 Février 2008 |
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Lundi 25 février, le ministre tanzanien des Affaires étrangères, Bernard Kamilus Membe, s'est rendu à Moroni dans le cadre de la future opération militaire pour déloger le régime Bacar, à Anjouan.
Au cours d'une conférence de presse, il a affirmé que la mission de médiation attendue depuis plusieurs jours ne viendrait pas. Les négociations avec le colonel Bacar sont selon lui rompues. Désormais, le dictateur n'a plus que deux solutions : "quitter l'île" de son propre fait –on parle d'un exil en Afrique du Sud- ou "se rendre" avant le débarquement qui se fera avec l'aide des troupes de l'Union africaine. "Colonel Mohamed Bacar, vous avez deux options: soit vous quittez (Anjouan) ou vous vous rendez (...) Mais si vous résistez aux troupes comoriennes et de l'Union africaine, vous serez arrêté et jugé pour crimes de guerre", a déclaré M.Membe. "Le temps des discussions est terminé. Vous n'avez pas de temps M. Bacar", a-t-il ajouté. Si le ministre tanzanien n'a pas précisé quel type d'aide apporteraient les pays désireux de soutenir le président Sambi ni le nombre de soldats qui participeraient à l'assaut, l'UA a indiqué que des troupes tanzaniennes et sénégalaises devraient être dépêchées dans l'archipel prochainement. L'intervention militaire à Anjouan "n'est pas une plaisanterie", a lancé M. Membe à l'attention de M. Bacar. "L'Union africaine ne tolèrera pas une sécession", ni à Anjouan, ni ailleurs en Afrique et cela doit "servir de leçon aux autres", a-t-il conclu. Dimanche 24 février, l'Armée nationale de développement (AND) a procédé à Mohéli à un redéploiement de ses troupes de Fomboni, la capitale de l'île, vers Itsamia, à l'extrémité sud-est, d'où devrait être lancé le débarquement. La veille avaient eu lieu les premiers essais des deux hélicoptères mis à la disposition de l'AND. VM
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MADAGASCAR |
Droits de l'homme |
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Madagascar veut retirer 14.000 enfants du champ du travail |
Jeudi 28 Février 2008 |
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Le gouvernement malgache et son partenaire, le Bureau international du travail BIT/IPEC, conjuguent leurs efforts dans la lutte contre le travail des enfants.
D'ici la fin de l’année 2009, les deux parties espèrent retirer 14.000 enfants du champ du travail. Les secteurs visés par ce projet sont le travail domestique, le travail dans les mines et carrières ou encore l'exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales. Cet objectif implique également la contribution de l'Organisation internationale du travail en vue d'éliminer le travail des enfants jusqu'en 2015 du territoire africain. De son côté, Madagascar a déjà adopté le Plan national de lutte contre le travail des enfants en 2004 et a ratifié en 1998 la convention 182 de l'Organisation internationale du travail (OIT) qui interdit les pires formes de travail des enfants. La signature d'une convention entre le BIT/IPEC et le ministère de la Justice qui s'est tenue hier à Faravohitra constitue le point de départ de la concrétisation de ce projet. La convention porte sur le renforcement adéquat du cadre juridique de lutte contre le travail des enfants à Madagascar. Le but est la prévention et la répression des infractions relatives aux pires formes de travail des enfants. A l'occasion, le représentant permanent du BIT à Madagascar, Ntsay Christian a versé une somme de 67,052 millions Ariary au gouvernement malgache. Une partie de ce montant est affectée au renforcement des capacités des formateurs qui œuvrent pour l'application des lois, tels les greffiers et les avocats. La sensibilisation des parents qui emploient leurs enfants est aussi priorisée dans une autre partie du projet qui s'étale sur seize mois.Le travail des enfants est la participation de personnes mineures à des activités à finalités économiques s’apparentant plus ou moins fortement à l’exercice d’une profession pour adulte. (L'Express de Madagascar)
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MADAGASCAR |
Ecologie - Environnement et ressources naturelles |
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Cyclone à Madagascar : 44 morts, 145.000 sans-abri selon un nouveau bilan |
Lundi 25 Février 2008 |
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Au moins 44 personnes sont mortes lors du passage du cyclone Ivan qui a frappé l'île de Madagascar du 17 au 19 février, faisant également près de 145.000 sans abri, selon un nouveau bilan provisoire communiqué dimanche par les autorités malgaches. Un précédent bilan faisait état de 29 morts et près de 70.000 sinistrés.
"Ce bilan risque encore d'être revu à la hausse", précise le communiqué du Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), qui n'a pas pu mener des évaluations dans toutes les zones touchées. Le cyclone Ivan, classé dans la catégorie 3 sur l'échelle de mesure des ouragans (échelle Saffir-Simpson), avec des rafales de vent de 230 km/heure, a d'abord touché la petite île touristique malgache de Sainte-Marie, puis une grande partie de l'est de Madagascar. A Sainte-Marie (est), première zone frappée par Ivan, près de la moitié des 20.000 habitants (9.626) se retrouve sans-abri, selon le BNGRC. Dans le district de Fenoarivo Atsinanana (Fénérive-Est, à 250 km de Antananarivo), en face de Sainte Marie, on compte 80.217 sans abris, pour une population de 281.000 personnes. Au total, plus de 210.000 sinistrés ont jusqu'ici été recensés dans 12 des 22 régions de l'île, Ivan s'étant accompagné de fortes pluies pendant une semaine. Le BNGRC relève également "20.000 hectares de rizières inondées dont 15.000 hectares dans la région d'Alaotra Mangoro, premier grenier à riz de Madagascar avec 30% de la production rizicole nationale". Vendredi, les autorités malgaches avaient lancé un appel d'urgence à la communauté internationale, pour venir en aide à cette île de l'Océan Indien, déjà parmi les pays les plus pauvre du monde. Le travail des services d'urgence, coordonné par le BNGRC, est rendu difficile par la rupture des communications téléphoniques et routières dans certaines régions. Ivan "est de même intensité que l'ouragan Katrina qui a dévasté la Nouvelle Orléans aux Etats-Unis en 2005", précise le communiqué du BNGRC. (AFP)
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MADAGASCAR |
Météo, Climat, Catastrophes naturelles |
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Le PAM a lancé une opération humanitaire à Madagascar |
Jeudi 28 Février 2008 |
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Le PAM (Programme alimentaire mondial) a annoncé qu'il avait entamé une distribution alimentaire d'urgence à des milliers de personnes touchées par le cyclone Ivan, qui a dévasté une grande partie de l';île de Madagascar la semaine dernière.
«A Tananarive, la capitale, le PAM a déjà distribué des rations pour trois jours comprenant des biscuits à haute teneur en protéines à 2.000 personnes qui habitent maintenant dans des tentes, car leurs maisons ont été détruites », a déclaré aujourd';hui la porte-parole du Secrétaire général lors du point de presse à New York. L'agence a par ailleurs distribué 500 kilos de rations le long de la côte Est dévastée par le cyclone Ivan et sur l'île de Sainte-Marie, indique un communiqué publié le 27 février à Tananarive. Le cyclone a d'abord atteint l'île de Sainte-Marie le 17 février, avec des vents de 230 kilomètres/heure. Son intensité, précise le communiqué, est semblable à celle du cyclone Katrina qui a dévasté en 2005 la Nouvelle-Orléans, dans le sud des États-Unis. Selon le Bureau national d'intervention en cas de catastrophe, il y a eu 73 victimes et quelque 240.000 personnes ont été touchées. Environ 148.500 d'entre elles ont perdu leur logement. Le PAM estime que les besoins s'élèvent à 2.000 tonnes d'aide alimentaire pour 140.000 personnes, mais ces chiffres sont susceptibles d'évoluer en fonction de nouvelles évaluations. Les dégâts provoqués par la catastrophe compliquent par ailleurs l'acheminement de l'action humanitaire car de nombreuses communautés ne sont plus joignables par route. L'agence envisage de recourir au transport aérien.
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MAURICE |
Tourisme |
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L'Ile Maurice seconde destination préférée des français |
Jeudi 28 Février 2008 |
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Le chikungunya est bien oublié. Entre novembre et décembre, les réservations pour l'Ile Maurice ont augmenté de 31% avec 65.000 clients. Elle prend donc la seconde place dans le coeur des touristes français, derrière la République Dominicaine (100.000 voyages vendus), remplaçant le Maroc (62.000 voyages). Malgré une chute de 8% entre novembre et décembre, les Antilles ont malgré tout séduit 59.000 amateurs de "soleil, cocotiers et sable fin".
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FRANCE METRO. |
Santé |
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Le vecteur du Chikungunya largement présent en Europe ! |
Lundi 25 Février 2008 |
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Aedes albopictus, le moustique vecteur du Chikungunya, paraît décidément se plaire en Europe. Selon le Bulletin Eurosurveillance, il a été observé l’an passé en Albanie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Espagne, France, Grèce, Italie ainsi qu’au Monténégro et aux Pays-Bas, en Serbie, en Slovénie et en Suisse ! Ainsi le district de Ravenne au nord-est de l’Italie, a-t-il enregistré près de 200 cas de Chikungunya en 2007. Il n’est pas surprenant [ La suite sur le site ... ] |
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AFRIQUE |
Droits de l'homme |
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Burundi : Mon mari m’a coupé les bras parce que j’étais enceinte d’une fille |
Jeudi 28 Février 2008 |
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Francine Nijimbere dépend entièrement de sa mère pour certains gestes de la vie quotidienne : se laver ou manger, par exemple. En 2004, parce qu’elle n’arrivait pas à avoir de garçon, son mari lui a sectionné les deux bras au niveau des coudes.
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Francine Nijimbere à l'ADDF, une association de défense des droits de la femme (Photo: Judith Basutama/IRIN)
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À l’époque Francine était enceinte et a perdu le bébé des suites de ses blessures, notamment de lésions à l’abdomen. L’époux, un militaire, qui a été arrêté et condamné plus tard à la prison à perpétuité, a récemment été libéré, ayant bénéficié d’une grâce présidentielle. Après avoir perdu ses bras, Francine s’est installée avec sa fille – aujourd’hui âgée de quatre ans - dans la province de Makamba, dans le sud du Burundi, où elle [ La suite sur le site ... ] |
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