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La lettre de Malango
N°
110
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Mardi 31 Mars 2009
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" La Lettre de Malango"
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MAYOTTE |
Statut de Mayotte |
Départementalisation de Mayotte : le « oui » l’emporte à 95%
Lundi 30 Mars 2009 |
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Sans surprise, les Mahorais ont massivement voté en faveur du « oui » au statut de département dimanche 29 mars, lors d’une consultation sur le statut de Mayotte.
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« Aucun problème » |
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« Nos délégués n’ont signalé aucun problème. Il y a juste eu des retards liés aux problèmes des listes électorales », a remarqué Jean Courtial, président de la Commission de contrôle des opérations électorales. Selon lui, « rien de très grave » n’a été signalé. Des partisans du « non » ont affirmé ne pas avoir eu de problème pour voter. |
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Selon les résultats officiels transmis par la
préfecture dimanche soir, le « oui » au statut de
département d’outremer l’emporte avec 95,2% des suffrages
(41.492 voix), contre 4,8% (2.082 voix) au « non ». Sur
les 72.035 inscrits, seuls 43.956 électeurs ont voté, soit un taux
de participation de 61,02%
Attendue, la victoire du « oui » dépasse toutes les
espérances alors que nombre d’observateurs prédisaient un score
de 80 à 85%. Le « non » établit son meilleur score dans
le canton de Mamoudzou, le chef-lieu, avec 11,26% des suffrages,
devant les deux cantons de Petite Terre, Pamandzi (10,26%) et
Dzaoudzi-Labattoir (8,93%). A Chirongui par contre, il n’obtient
que 0,95% ; et 1,07% à Kani-Keli.
La classe politique dans son ensemble s’est félicitée d’un tel
score. « Aujourd’hui, c’est Mayotte qui a gagné »,
ont déclaré plusieurs responsables de partis sur le plateau de Télé
Mayotte. L’ancien sénateur et principal artisan du combat pour
« Mayotte française », Marcel Henry, s’est dit
« heureux » d’avoir pu vivre cet « aboutissement
positif de notre combat ». L’actuel sénateur Adrien
Giraud a fait part de sa « satisfaction ».
« C’est un sentiment du devoir accompli que j’éprouve »,
a déclaré de son côté le président du Conseil général, Ahmed
Attoumani Douchina. « Il s’agit d’un combat pour les valeurs
de la France et la stabilité politique. Quand on voit ce qu’il se
passe à Madagascar, cela ne pourra pas arriver à Mayotte. »
« Aujourd’hui, c’est Mayotte qui a gagné », a
remarqué Saïd Omar Oili, l’ancien président du Conseil général.
« Ce sont les Mahorais, et pas tel ou tel parti. La page du
problème statutaire est définitivement tournée. Maintenant, nous
devons, nous les élus, travailler ensemble pour le développement de
Mayotte. »
« Aujourd’hui, Mayotte peut être tranquille, paisible et
continuer son développement », a ajouté Ibrahim
Aboubacar, responsable local du Parti socialiste.
La victoire du « oui » a été fêté jusqu’à 2 heures
du matin par des milliers de Mahorais, aux abords de la jetée de
Mamoudzou, où la collectivité a organisé un concert gratuit et un
feu d’artifice. Environ 5.000 personnes se sont réunies à coups
de klaxons et de cris de joie.
Seule ombre au tableau pour les partisans du « oui » :
le taux d'abstention, qui se situe à 39%. Un chiffre moins élevé
que lors des dernières élections cantonales (en 2008) et
législatives et présidentielles (en 2007), où il flirtait avec les
50%, mais supérieur aux attentes des leaders politiques.
Ce faible taux « s‘explique par le fait
qu’aujourd’hui, plus de 37.000 Mahorais vivent en France
(hexagonale) et plus de 30.000 vivent à la Réunion. Ils n’ont pas
entrepris les démarches nécessaires pour voter par procuration »,
a estimé M. Douchina.
Martial Henry, président du Comité de campagne pour le « oui »,
pense de son côté que l’absence d’adversaires « n’a
pas permis de mobilier plus que cela ».
Selon nombre d’observateurs, la piètre qualité de la campagne
électorale et des débats pourraient également expliquer cet échec.
RC
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MAYOTTE |
Statut de Mayotte |
Mayotte : les multiples raisons du faible taux de participation
Mardi 31 Mars 2009 |
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Le taux d’abstention relativement élevé (39%) lors de la consultation des Mahorais dimanche 29 mars a été la principale déception pour les partisans du « oui ». Chacun des deux camps a sa propre interprétation. La plupart des responsables politiques mahorais ont reconnu dimanche
29 mars dans la soirée que la participation à la consultation sur le
statut de département d’outremer (61% des inscrits) était inférieure à
leurs prévisions. Lors d’une conférence de presse le 23 mars,
le député Abdoulatifou Aly (MoDEM-Force de l’alternance) avait indiqué
s’être fixé comme objectif un taux d’abstention inférieur à 30%.
Pour les partisans du « oui » cependant, il ne s’agit en aucun cas
d’un échec ni d’un désaveu de leur campagne, critiquée par certains qui
l’ont jugée trop simpliste. « Je pense que nous avons suffisamment
expliqué les enjeux de ce vote », s’est défendu dimanche soir le
président du Comité de campagne pour le « oui », Martial Henry, qui a
en outre rappelé que « dans une campagne où on n’a pas d’adversaire,
c’est plus compliqué de mobiliser ».
« Beaucoup de gens ont pensé que les résultats étaient gagnés
d’avance et n’ont pas jugé bon de se déplacer », a ajouté le président
du Conseil général, Ahmed Attoumani Douchina.
Ce dernier, tout comme le député Aly, avance une autre raison : « Il
y a plus de 37.000 Mahorais en Métropole, et plus de 30.000 à la
Réunion. Tous n’ont pas fait la démarche de voter par procuration »,
a-t-il expliqué dimanche. Selon le député, « la moitié de la population
mahoraise vit à l’extérieur de l’île ». Nombreux sont notamment les
Mahorais à être partis à la Réunion ces dix dernières années, la
plupart pour des raisons sociales et/ou éducatives.
Toutefois, certains observateurs ne sont pas convaincus par ces
arguments. « Beaucoup d’opposants à la départementalisation n’ont pas
eu le courage d’aller voter, car il y a eu des vraies pressions sur eux
durant la campagne et le jour du vote », analyse un enseignant mahorais
qui s‘est abstenu. Selon lui, « beaucoup de partisans du ‘non’ étaient
anxieux, et certains ont préféré organiser un vulé plutôt que d’aller
voter ».
Un électeur d’une commune du sud affirme que « dans de nombreux
bureaux de vote, on ne donnait que le bulletin ‘oui’, ce qui a rebuté
ceux qui voulaient voter ‘non’ sans qu’on le sache au village. » Un
journaliste local a ainsi pu voir, dans un bureau de Koungou, que l’un
des assesseurs donnait les bulletins « oui » et « non » aux électeurs,
mais que la pile des « oui » était largement plus entamée que celle des
« non ». « C’est une manière de faire pression sur les électeurs car
s’ils demandent le bulletin ‘non’, ça se saura », indique un autre
partisan du « non ».
Témoignages de mauvais perdants ? Pas forcément : sur RFO dimanche
soir, M. Douchina a reconnu assez maladroitement que « ceux qui votent
‘non’, on les connaît, on a vu qu’il restait le bulletin du ‘oui’ après
leur passage dans l’urne ».
Si ce type de méthodes n’a pas joué sur le résultat final du
scrutin, remporté haut la main par le « oui » (95,2% des suffrages), il
peut expliquer en partie le fort taux d’abstention.
RC
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MAYOTTE |
Statut de Mayotte |
Départementalisation de Mayotte : les réactions
Lundi 30 Mars 2009 |
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Le président français Nicolas Sarkozy a exprimé dimanche sa "satisfaction" de voir le oui l'emporter à Mayotte au référendum sur l'accession de l'île au statut de département français, estimant qu'il s'agissait "d'un moment historique pour Mayotte et les Mahorais".
"Le président de la République a pris
connaissance avec satisfaction des premiers résultats de la
consultation organisée à Mayotte sur le changement de statut. Tout
semble indiquer que les Mahorais ont confirmé à une très forte
majorité leur volonté, exprimée depuis cinquante ans, de voir leur
île se doter du statut de département", selon un
communiqué diffusé par l'Elysée.
Sur 58,3% des bulletins dépouillés, le Oui
l'emporte à 94,1% contre 4,6% pour le Non, avait annoncé un peu
plus tôt la préfecture de Mayotte.
Pour le chef de l'Etat "c'est un moment
historique pour Mayotte et pour les Mahorais. C'est un rêve porté
par plusieurs générations qui se réalise ce 29 mars 2009".
A l'occasion de ce scrutin, Nicolas Sarkozy a
rappelé que "la France, depuis 1958, s'était engagée à
maintes reprises à ouvrir un processus institutionnel devant
permettre à Mayotte d'accéder au statut de département
d'Outre-mer". "La parole de l'État se devait d'être,
enfin, respectée", a-t-il ajouté.
Aux termes de ce référendum, Mayotte doit devenir
en 2011 le 101e département français - et le 5e département
d'outremer (DOM) – étape ultime d'un processus entamé en 1974.
"Avec un nouveau statut et grâce au travail de
tous les Mahorais, Mayotte pourra construire les bases d'un
développement prospère et durable, en lien avec ses partenaires
régionaux de l'Océan Indien", a conclu Nicolas Sarkozy.
Le gouvernement des Comores, avec le soutien de
l'Union africaine (UA), considère cette consultation dans un
"territoire occupé" comme "nulle et non avenue".
Le secrétaire d'Etat à l'outre-mer Yves Jégo a
annoncé dimanche qu'il recevra "dans les prochaines
semaines" les élus de Mayotte, après la victoire massive
du Oui à la départementalisation de l'île à partir de 2011.
Cette rencontre lui permettra de "présenter
les évolutions législatives soumises au Parlement cet été, et
engager la concertation sur la mise en place du futur département,
notamment les aspects électoraux", en particulier le nombre
d'élus et le mode de scrutin, affirme-t-il dans un communiqué. Il
souligne en même temps qu'il "a pris connaissance avec
satisfaction" du résultat du référendum et que l'"île
au lagon" sera le premier DOM à assemblée unique.
"Comme la Constitution l'imposait, et au
terme d'une campagne électorale exemplaire, les Mahorais ont pu
ainsi trancher, conformément à l'engagement pris envers eux par le
Président de la République, une question emblématique depuis des
décennies dans cette terre française de l'Océan Indien",
écrit M. Jégo.
Il souligne que le pacte pour une
départementalisation "progressive et adaptée" de
Mayotte, présenté aux élus à Paris le 16 décembre puis à la
population en début d'année, avec "les nouveaux droits mais
aussi les nouveaux devoirs liés à la mise en place du département",
"sera intégralement respecté".
"Une loi organique sera présentée au
Parlement à l'été 2009 pour transformer le statut de Mayotte,
aujourd'hui collectivité d'Outre-Mer, en département",
confirme M. Jégo.
M. Jégo relève que "Mayotte sera ainsi le
premier département à se doter d'une assemblée unique à la fois
Région et Département". Les quatre autres DOM sont
aujourd'hui aussi régions d'outre-mer, avec deux assemblées
distinctes, un conseil régional et un conseil général.
M. Jégo "abordera également les
perspectives d'évolution économique et sociale de Mayotte dans le
contexte des Etats généraux de l'Outre-Mer", que Nicolas
Sarkozy doit ouvrir en avril aux Antilles.
Le secrétaire d'Etat envoie également un message
d'apaisement en direction des Comores indépendantes en qualifiant
"d'essentiel" la poursuite du dialogue avec les
voisins comoriens "pour trouver des voies d'accord sur les
migrations et les échanges économiques, sociaux, culturels et
renforcer ainsi l'intégration de Mayotte dans son environnement
régional". avec AFP
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MAYOTTE |
Politique |
Départementalisation de Mayotte : les meetings financés par la collectivité ?
Vendredi 27 Mars 2009 |
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Plusieurs éléments laissent à penser que le Conseil général finance en partie la campagne pour le « oui » au statut de département, dans le cadre de la consultation des Mahorais dimanche 29 mars. Le président de la collectivité nie.
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M. Douchina (ici au premier plan lors du meeting de Labattoir jeudi) nie les accusations portés contre la collectivité. |
Jeudi après-midi : des centaines de partisans du
« oui » affluent vers la place de la mairie, à
Labattoir en Petite Terre, pour assister à
l’avant-dernier meeting du Comité de campagne pour le « oui »
en faveur de la départementalisation. Parmi eux, nombreux sont ceux
qui sont venus de Grande Terre en barge… sans payer. La direction
du Service des transports maritimes (STM), géré par la collectivité
départementale, a en effet exceptionnellement offert la traversée,
habituellement payante (0,75 euro pour les piétons, 2 euros pour les
2 roues, 15 euros pour les voitures), à l’occasion de ce meeting.
Lors d’une conférence
de presse le 12 mars, les membres de la Commission de
contrôle des opérations électorales avaient pourtant affirmé que
l’emploi de matériel (et notamment de véhicules) appartenant aux
collectivités locales était strictement interdit durant la
campagne, et pouvait aboutir à l’annulation du scrutin en cas de
recours.
A deux reprises ces dernières semaines, le député
de Mayotte, Abdoulatifou Aly, a mis en garde le Conseil général
contre
ce procédé. « Pendant toute la campagne en
faveur du ‘oui’, les moyens du Conseil général ont été
utilisés pour financer les meetings » a-t-il remarqué
devant la presse les 16 et 23 mars, ajoutant que « cela
pourrait entraîner des recours » et « l’annulation
de l’élection ».
Le président du Conseil général, Ahmed Attoumani
Douchina, affirme ne pas avoir été mis au courant de la gratuite
exceptionnelle de la traversée, jeudi - il s’agirait donc d’une
décision prise à un niveau inférieur. « Vous me
l’apprenez », nous a-t-il déclaré au téléphone
vendredi 27 mars, avouant avoir seulement demandé à ses services de
ne pas faire payer la traversée dimanche soir, après la
proclamation des résultats, « car j’estime que c’est un
jour historique pour Mayotte ».
Répondant aux accusations du député, M. Douchina
assure que l’argent de la collectivité n’a pas servi à financer
la campagne pour le « oui ». S’il a nommé un des
membres de son cabinet à la tête du Comité de campagne pour le
« oui », il affirme que la campagne est financée grâce
« à la participation de certains sociétés privées »,
notamment pour fournir du riz et pour transporter les personnes sur
le lieu du meeting.
Des témoins ont toutefois vu des fonctionnaires du
Conseil général gérer l’organisation des meetings et des
déplacements.
Enfin, M. Douchina reconnaît qu’il a engagé des
frais pour organiser, dimanche soir, un feu d’artifice en cas de
victoire très probable du « oui ». L’organisation d’un
tel événement n’était toutefois pas assurée vendredi soir, pour
des problèmes d’ordre technique.
RC
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MAYOTTE |
Transports |
Mayotte : des vols réguliers directs Paris-Mayotte avant fin 2009 ?
Mercredi 1 Avril 2009 |
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Le secrétaire d'Etat à l'outre-mer Yves Jégo a affirmé dimanche soir qu'il était en train de travailler avec une compagnie aérienne pour qu'il y ait des "vols réguliers directs Paris-Mayotte" avant la fin de l'année.
\"J\'ai bon espoir qu\'on puisse avoir des vols
réguliers directs Paris-Mayotte avant la fin de l\'année\",
a déclaré M. Jégo, interrogé à son ministère après la victoire
écrasante du oui dimanche, lors du référendum sur la
départementalisation de Mayotte à partir de 2011.
A l\'heure actuelle pour se rendre de Paris à
Mayotte, qui ne possède qu\'une piste relativement courte, il faut
faire escale à La Réunion, puis faire deux heures d\'avion
supplémentaires.
Ce projet risque de se heurter aux réalités
économiques : en basse saison, les vols vers la métropole ne compte
guère plus de trente voyageurs. Le vol direct pour aussi peu de
passagers reste donc inenvisageable.
M. Jégo compte notamment sur le tourisme ainsi que
sur l\'aquaculture pour le développement économique de Mayotte, qui
a choisi dimanche à plus de 95% la transformation de son statut
actuel de collectivité départementale en département d\'outre-mer,
après le renouvellement dans deux ans de son conseil général.
\"Nous touchons les fruits d\'une campagne
claire\", a-t-il déclaré, répétant que la \"feuille
de route\" présentée aux électeurs mahorais serait
\"respectée très scrupuleusement\". Il y a quelques
semaines, Yves Jégo assurait que le calendrier pourrait être
modifié en fonction des avancées constatées à Mayotte. Sur le plan politique, il a estimé que Mayotte
\"peut servir de modèle y compris peut être pour la
métropole\", devant être un département exerçant
également les compétences d\'une région, avec une assemblée
unique.
Le nombre de conseillers généraux de Mayotte, 19
aujourd\'hui, pourrait passer à une trentaine en 2011.
M. Jégo aimerait qu\'une partie d\'entre eux soit
élus au scrutin majoritaire et une autre partie au scrutin
proportionnel, \"si on peut le faire\".
Les Etats généraux de l\'outre-mer auront lieu
également à Mayotte et le secrétaire d\'Etat recevra les élus du
futur département \"assez vite\".
avec AFP |
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COMORES |
Statut de Mayotte |
Le référendum à Mayotte, une « mascarade » selon le gouvernement comorien
Mercredi 1 Avril 2009 |
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Au lendemain de la consultation référendaire du dimanche 29 mars à Mayotte visant à ériger cette île comorienne en département français, les réactions fusent du côté comorien.
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Dimanche dernier, les Comoriens ont manifesté contre la consultation organisée à Mayotte sur l'évolution du statut de l'île. |
« 29
mars 2009 : date de la honte »,
titre en Une le journal gouvernemental Alwatwan dans son édition n°
1286 du mardi 31 mars. Selon nos confères « Ce
référendum est un défi lancé à notre peuple. Une humiliation de
trop. Un mépris ».
« Le
gouvernement se doit de relever ce défi en usant le même langage
que notre désormais adversaire »,
ont-ils conclu.
Depuis le Qatar, où il se
trouve dans le cadre du sommet de la ligue des Etats arabes le
président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi a appelé ses homologues des
pays arabes à ne pas reconnaitre ce référendum sur la
départementalisation de Mayotte. Le gouvernement de l’Union des
Comores de son côté a, à travers un communiqué du ministère des
relations extérieures publié le 30 mars 2009 à Moroni, dénoncé
aussi ce qu’il qualifie de « nouvelle
mascarade électorale ».
Il en outre rejeté les résultats de ce référendum qu’ils
considèrent comme « nul
et non avenu et sans effet ».
« Ce
pseudo référendum sur la départementalisation de Mayotte, traduit
la persistance délibérée des autorités françaises à vouloir, à
tout prix, s’emparer de cette île comorienne »,
indique le communiqué du ministère comorien des relations
extérieures et de la coopération. Pour le gouvernement comorien à
travers ce référendum, la France affiche « un
mépris sans précédent à l’égard des résolutions pertinentes »
des organisations internationales qui à l’unanimité reconnaissent
l’appartenance de Mayotte à l’Etat archipel des Comores.
Il fait ainsi « appel
à l’ensemble de la communauté internationale, afin de dénoncer à
son tour cette ultime manœuvre française de s’emparer d’une
partie d’un territoire souverain ».
Le comité Maoré, une
structure de la société civile qui milite pour l’intégrité
territoriale de l’archipel des Comores, constate pour sa part dans
une déclaration publié le même jour que celle du gouvernement que
« la
France persiste dans sa détermination de balkaniser notre pays,
quitte à bafouer les règles et usages internationaux et à faire
étalage de son arrogance de grande puissance capable de piétiner
sans frais les résolutions de l’Onu ».
Cette
organisation de la société civile, se réjouit du fait qu’« une
partie importante de la population de Mayotte marque son opposition
au colonialisme français »
en faisant allusion au taux d’abstention qui s’élève à environ
40% et le score enregistré par le non dans cette consultation
référendaire.
Le comité Maoré va un peu
plus loin dans sa démarche en proposant au gouvernement comorien de
convoquer « dans
les meilleures délais à Moroni une réunion du comité des 7 dont
l’objectif sera la saisine officielle par l’Afrique entière du
Conseil de sécurité de l’Onu sur la question de l’île
comorienne de Mayotte ».
Il suggère en outre « le
refus des déplacés de Mayotte comme moyen de pression directe
contre la France »
mais aussi « la
constitution d’un large front uni regroupant toutes les forces
politiques et sociales du pays ».
Faïssoili Abdou |
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COMORES |
Mouvements sociaux, Syndicalisme |
Une journée de mobilisation contre la départementalisation de Mayotte à Moroni
Lundi 30 Mars 2009 |
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« Mayotte est comorienne, la France dehors », c’est par ce cri, qu’environ 400 personnes ayant bravé la pluie qui s’abattait sur la capitale comorienne ce matin, ont parcouru les quelques centaines de mètres qui séparent la place de l’indépendance à l’ambassade de France à Moroni, pour manifester leur indignation contre le référendum sur la départementalisation de Mayotte.
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Quand les jeunes se réveillent |
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« Wanantsi wa lamha lewo Karitsi dja djana- traduction libre = Les citoyens sont réveillés, aujourd’hui n’est pas comme hier » ; ces mots écrits en couleur verte et en shikomori sur les t-shirts de couleur noir des jeunes du mouvement Watwania sonnent comme un slogan. Ces jeunes du quartier Magoudjou à Moroni qui militent pour l’intégrité territoriale des Comores ont multiplié les initiatives ces derniers jours pour mobiliser les Comoriens sur les dangers que fait peser la départementalisation de Mayotte sur l’unité du pays. Ce dimanche, ils ont occupé pendant toute la journée la place de l’indépendance pour manifester à leur manière leur indignation contre le référendum à Mayotte. Et comme à chaque fois qu’ils manifestent, ces jeunes n’ont pas manqué d’originalité dans leur démarche. Après le Gungu, le maoulid et le hitma les semaines passées, c’est par une prière collective, sur la place de l’indépendance qu’ils ont commencé leur manifestation de ce jour, suivi de la lecture du coran et un sketch présenté par la troupe théâtrale « Kagnoi de Séléa ». Cette démonstration qui démontrait comment Mayotte s’est retiré de l’ensemble comorien a été bien appréciée par l’assistance réunie cet après-midi à la place de l’indépendance. Poursuivant sur leur lancée c’est par un « dayra », des chants religieux, qui accompagnent les morts qu’ils ont clôturé la journée tout en promettant de poursuivre le combat.
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Devant le siège de l’ambassade sécurisé par des
éléments de la gendarmerie nationale, les manifestants ont procédé
à une lecture collective du coran et entonner l’hymne national
avant de partir. Un drapeau français a été aussi brûlé par des
manifestants.
Cette marche a été précédé par un rassemblement
à la place de l’indépendance au cours duquel un seul discours,
celui du président du comité maoré, a été prononcé. A la
tribune, on a noté la présence de quelques membres du gouvernement
fédéral notamment le ministre chargé des relations extérieures,
Ahmed Ben Saïd Djaffar, son homologue de la justice et de la
fonction publique, Mmadi Ali mais aussi celui de l’éducation
nationale Kamalddine Afraitane ,des hauts dignitaires ainsi que les
membres du Comité maoré. Plusieurs banderoles dénonçant la
départementalisation de Mayotte ont été déployées sur place
pour la circonstance. « Référendum de Mayotte est nul et
non avenu », pouvait-on lire sur l’une d’entre elles ou
encore « Référendum à Mayotte égal rupture avec la
France ».
« Après le visa criminel, la France va
franchi un nouveau palier dans sa volonté de balkanisation de notre
pays. Notre devoir à nous, citoyens, est de démontrer notre
détermination à défendre l’intégrité territoriale de notre
archipel », a déclaré, Idriss Mohamed devant la foule
massée à la place de l’indépendance. Ce membre du Comité
maoré qui a estimé qu’avec l’organisation de ce référendum
à Mayotte la France venait d’effectuer « un pas
supplémentaire » dans sa logique d’intégration de
Mayotte au sein de la république française. Il garde toutefois
espoir dans un vote négatif de la ratification de ce projet par
l’assemblée nationale française. « Si nous arrivons à
bien ficeler notre stratégie nous obtiendrons des bons résultats
d’ici là », a-t-il estimé. Quoi qu’il en soit « La
France quittera Mayotte. Si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera
demain ou après demain », a-t-il encore martelé.
Le rassemblement de ce matin succède à plusieurs
initiatives entreprises ces derniers mois par différents acteurs de
la vie publique comorienne pour dénoncer la départementalisation de
Mayotte considérée comme illégale dans les trois îles
indépendantes de l’archipel des Comores. Samedi dernier, peu avant
de quitter l’archipel pour se rendre au sommet de la ligue des
Etats arabes à Doha au Qatar, le président Sambi, a même
« conseillé aux Mahorais de ne plus se présenter dans les
bureaux de vote au risque de le regretter dans l’avenir ».
« Votre avenir est du côté des Comores »,
a-t-il affirmé en s’adressant aux Mahorais. Déjà, Vendredi
après-midi, un rassemblement similaire à celui de ce dimanche était
organisé sur la même place. Plusieurs discours ont été prononcés
ce jour là. « Nous, peuple comorien, réuni ce 27 mars à
la place de l’indépendance condamnons à l’unanimité le
référendum sur la départementalisation de Mayotte »,
affirmait Djaé Ahamada, le directeur du journal Alwatwan, lisant un
mémorandum destiné à l’ambassade de France aux Comores. « Nous
n’acceptons pas et n’accepterons jamais que Mayotte soit un
département français », indiquait pour sa part Mmadi Ali,
le ministre chargé de la justice. Des propos qui démontrent s’il
en était besoin la détermination des Comoriens à défendre
l’intégrité territoriale de leur archipel. « Depuis
notre indépendance en 1975, nous avons subi les humiliations de
toutes genres de la part de la France. Alors, aujourd’hui, on se
demande si la France est notre amie ou notre ennemie »,
s’interroge le cardiologue Sounhadj Attoumani. Avant d’ajouter
« si elle est notre ennemie, alors qu’elle s’en aille ».
Faissoili Abdou
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