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La lettre de Malango N°30
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La lettre de Malango
N°
30
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Mardi 15 Avril 2008
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" La Lettre de Malango"
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Le mensuel revient en les analysant sur les événements qui ont touché les quatre îles de l'archipel ces dernières semaines, sur les zones d'ombre qui flottent autour et sur les amalgames.
Le dossier du mois, intitulé "La démocratie par procuration à Maore" est consacré aux élections à Mayotte, émaillées de nombreuses irrégularités.
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ANJOUAN |
Immigration clandestine |
40 disparus au large de Domoni sur la côte Est d'Anjouan (Comores)
Mardi 15 Avril 2008 |
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Deux morts, quatre rescapés et une quarantaine de disparus : une fois encore la traversée d'Anjouan vers Mayotte a fait des victimes.
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Autour de Domoni, la côte est très découpée. Seules quelques petites plages permettent d'embarquer. (Photo d'archive). |
C'est dans la soirée du samedi 12 avril, vers 19 heures, qu'une embarcation a quitté les côtes de Papani, au sud de Domoni, avec à son bord cinquante candidats à la migration. Les hommes, femmes et enfants qui se partageaient les places dans la vedette n'auront même pas parcouru deux cent mètres avant que celle-ci ne chavire. C'est une passagère originaire de Mwali qui aurait nagé jusqu'à la terre ferme pour annoncer le naufrage. Après trois quarts d'heure, les premiers secours -des habitants de Domoni- arrivent sur les lieux. "On a entendu le ronflement des moteurs et une minute après c'était le silence, on a cru qu'ils avaient oublié quelque chose. Il faisait déjà noir et on a pas su que la vedette avait chaviré, mais tout à coup, on a entendu derrière nous que vite, il faut sauver les gens dans la vedette, et on a couru", raconte Kadafi, qui avait assisté au départ de son ami. Un homme de 26 ans qui tenait dans ses mains un bébé de six mois qui n'était pas le sien, a été secouru, de même qu'un autre naufragé qui était resté dans le kwassa, et qui a sauvé la vie d'un enfant de deux ans et demi. Les secours ont aussi retrouvé le corps d'une femme d'environ 45 ans, décédée avant leur arrivée. Au cours de cette nuit, seules ces six victimes - cinq rescapés et deux défunts- ont été repêchées. Ni les autorités, ni les pêcheur, n'ont essayé d'organiser d'autres recherches. "Vu le manque de carburant qui frappe Anjouan, on ne peut pas aller au large", a affirmé un collectif de pêcheurs. On peut penser que la quarantaine d'autres passagers ont été emportés par le courant de Papani, l'une des plages les plus agitées de la région. On ignore s'il existe d'autres rescapés. Le lendemain du naufrage, dimanche vers 15 heures, le hasard a fait transporter un autre corps au large de Domoni, celui d'une femme âgée d'une trentaine d'années. Les deux passeurs n'ont pas été retrouvés. Il y a tout juste une semaine, 30 autres personnes ont achevé leur route dans les coraux du lagon mahorais. Il a fallu l'intervention de la Police aux frontières (PAF) de Maore pour les transporter saines et sauves au Centre hospitalier de Mayotte (CHM). Depuis ce samedi soir, une partie de la population de la région de Domoni commence à hausser le ton et demande que justice soit faite. Alors qu'il était communément admis que le régime de Bacar collaborait avec les réseaux de passeurs, des citoyens réclament des nouvelles autorités qu'elles se soucient de la question. "Maintenant, qu'est-ce que nos autorités vont encore nous raconter ? On savait que les brigades de gendarmerie n'étaient là que pour sécuriser les départs des kwassas et non la vie des gens. Nous voulons voir traduire ces gens devant la justice" proteste ainsi Mwe Dhoiou, notable à Domoni. VM
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MADAGASCAR |
Politique |
Chirongui : le poste de Roukia Lahadji menacé
Mardi 15 Avril 2008 |
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Elue maire de la commune de Chirongui le 15 mars après la victoire de la liste Uvoimoja au 1er tour des municipales, Roukia Lahadji risque de se voir dépossédée de son siège pour une question de procédure. La semaine dernière, le préfet a estimé que l'élection de Roukia Lahadji le 15 mars à la tête de la mairie de Chirongui, une commune du sud de Mayotte, était entachée d'irrégularité. Initialement programmée le vendredi 14 mars, l'élection avait été repoussée au lendemain à cause d'une manifestation devant la mairie. Opposés à l'élection de Roukia Lahadji, des dizaines de partisans de Dhoifir Ahmedomar, tête de la liste "Uvoimoja" et donc colistier de Mme Lahadji, avaient empêché les conseillers favorables à Lahadji, arrivés en bus, de pénétrer dans la mairie. L'ancien maire, battu lors de ces élections, Mohamed Abdou (UMP), avait alors convoqué les élus pour le lendemain, ne respectant ainsi pas le délai de 24 heures devant séparer deux conseils municipaux. Le préfet de Mayotte, M.Bouvier, a estimé que l'élection n'était pas valide et entend l'annuler. Toutefois, la nouvelle majorité ne l'entend pas de cette oreille. La maire estime que la voix du préfet, dans cette affaire, n'a aucune légitimité. "C'est au tribunal d'en décider", estime un conseiller proche de Mme Lahadji. Cette dernière dit attendre une démarche auprès du tribunal administratif et un éventuel jugement de la juridiction compétente pour organiser une nouvelle élection. "Je n'ai pas à subir les irrégularités de mon prédécesseur", affirme-t-elle. D'ores et déjà, de nombreuses pressions pèsent sur les épaules des conseillers municipaux de la majorité. "Les partisans de Dhoifir et de l'UMP, qui se sont alliés après le 1er tour, n'arrêtent pas d'exercer des pressions sur nos plus jeunes conseillers", affirme l'un d'eux. "On ne sait pas s'ils résisteront." L'élection de Roukia Lahadji avait provoqué une polémique le 15 mars. Dhoifir Ahmedomar estimait qu'en tant que tête de liste, il lui revenait d'être le maire, après la victoire d'Uvoimoja dès le 1er tour contre l'UMP. Ses colistiers n'étaient pas d'accord, estimant que dès le début de la campagne, il avait été décidé de ne pas nommer le futur maire, dans le but de ne pas faire exploser cette liste qui réunissait des membres de plusieurs partis (MPM, MDM, PS, Néma). Au lendemain du premier tour remporté avec 93 voix de plus que l'UMP, quatre personnes issues de cette liste s'étaient portées candidates au poste de maire : Mlaïli Condro, Rahmatou Younoussa (fille de Bamana), Dhoifir Ahmedomar et Roukia Lahadj. Cette dernière l'avait emporté avec 17 voix contre 12 à son adversaire (rejoint par l'UMP), tandis que les deux autres s'étaient désistés. VM
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MADAGASCAR |
Statut de Mayotte |
Une mission pour intégrer Mayotte à la Loi-programme
Mardi 15 Avril 2008 |
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Une délégation conduite par le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Mayotte, Serge Castel, accompagné des responsables du Medef et du Conseil économique et social de Mayotte, est partie lundi 14 avril en direction de Paris afin de tenter de faire intégrer Mayotte dans la Loi programme pour l'Outremer, actuellement en préparation et qui devrait entrer en application en juillet 2008. Mayotte a en effet été en grande partie oubliée des principaux chapitres de cette loi qui prévoit de nombreuses réformes pour développer l'économie des Dom-Tom. Après un mois de travail orchestré par la CCI et mené par les grands chefs d'entreprise de l'île, Serge Castel part avec un dossier sous le bras. Il entend revendiquer trois points : la prolongation de la loi Girardin de défiscalisation à Mayotte ; des exonérations de charges pour les entreprises ; et des aides aux producteurs locaux, pour lutter contre les importations de moins en moins chères. VM |
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ANJOUAN |
Politique |
Arrivée d'une mission française à Moroni
Mardi 15 Avril 2008 |
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Une délégation française devait arriver lundi soir 14 avril aux environs de 23 heures à Moroni pour une mission de trois jours. Selon le programme officiel communiqué par le ministère comorien des Affaires étrangères, la délégation rencontrera mardi 15 avril le ministre des Affaires étrangères à 10 heures, le ministre de la Justice à 11 heures, puis le président de l'Union des Comores à 16 heures. Selon Mohamed Nafion, conseiller politique au ministère des Affaires étrangères, cette délégation va sans doute évoquer avec les autorités de l'Union des Comores "des sujets d'intérêt mutuel" afin de relancer le dialogue entre les deux pays. Au menu certainement, le sort de Mohamed Bacar et l'interruption des expulsions pratiquées par la France à Mayotte.
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ANJOUAN |
Justice |
Bacar : la FCDH prépare un dossier à charge
Mardi 15 Avril 2008 |
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Le président de la Fédération comorienne des droits de l'Homme (FCDH), Nassur Mohamed Riziki, a annoncé vendredi 11 avril que son organisation mettait la dernière main à un rapport qu'elle rendra public dans les prochains jours sur l'univers du président déchu de l'île d'Anjouan, Mohamed Bacar, en matière des droits de l'Homme.
"Nous ne prétendons pas tout savoir sur l'univers Bacar", a dit le secrétaire général de la FCDH, Kaled Saïd, qui a fait état de 15 cas de viol et de violences sexuelles recensés, 400 cas de tortures de détenus portant les stigmates de brûlures de cigarettes et cinq personnes brûlées au troisième degré de manière volontaire. Selon le numéro deux de la FCDH, son organisation a recensé aussi une centaine d'enfants traumatisés par les arrestations musclées qu'opéraient les milices dans leurs foyers, tandis que 200 prisonniers politiques libérés souffrent de malnutrition. D'anciens détenus ont révélé qu'ils pouvaient être laissés sans manger ni boire pendant deux à trois jours. "Les tortionnaires avaient une technique bien à eux", a ajouté Echati Chadhouli, une militante anjouanaise de la FCDH, qui a expliqué que les tortures à la cigarette commençaient par une question banale posée par des miliciens aux victimes, dans le genre : "Combien chaussez-vous" ? La question répondue, selon Mme Chadhouli, le prisonnier se fait indiquer un nouveau numéro, désigné comme sa future pointure. "C'est après que les tortures commencent", a dit la militante de la FCDH. Selon elle, les tortures se poursuivront jusqu'à ce que les deux pieds du supplicié enflent au point de ne plus pouvoir entrer dans ses chaussures. D'après Mme Chadhouli, les miliciens se servaient de câbles de courant dégainés pour flageller leurs victimes, notamment les femmes qui leur refusaient leurs charmes. "Nous nous constituerons partie civile contre Mohamed Bacar et ceux de ses compagnons identifiés comme auteurs ou complices des nombreuses tortures subies pendant le règne des rebelles séparatistes", a-t-elle conclu. (Panapress) Lire à ce sujet Kashkazi n°70, mars 2008 : le récit des victimes du régime Bacar. Disponible sur www.kashkazi.com |
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ANJOUAN |
Statut de Mayotte |
Le Comité Maore pour "un Etat, deux administrations"
Mardi 15 Avril 2008 |
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Au cours d'une conférence de presse tenue samedi 12 avril à Moroni, le Comité Maoré, une association qui milite depuis des années pour le retour de l’île de Mayotte dans l’ensemble comorien, a proposé la mise en place d'"un Etat, deux administrations". Cette proposition permettra, selon le Comité, "de clore petit à petit, dans une atmosphère gagnant-gagnant, le processus de décolonisation des Comores". Il s'agit d'une petite révolution au sein de cette association qui, jusqu'à présent, revendiquait le retour sans condition et immédiat de Mayotte dans l'ensemble politique comorien. Le Comité Maoré est présent dans les quatre îles de l'archipel –même s'il est surtout actif en Grande-Comore- et en France. L’organisation s'est par ailleurs félicité de la position ferme des autorités comoriennes sur la question de Mayotte, notamment la dernière mesure du gouvernement visant à interdire le transport de tout Comorien expulsé de Mayotte vers les trois autres îles. A deux reprises, le gouvernement comorien a demandé aux autorités françaises de lui remettre le colonel Mohamed Bacar pour qu’il puisse répondre de ses crimes et autres actes de tortures contre la population d’Anjouan. Le Comité Maoré appui cette démarche. Selon l'organisation, en opposant un refus à cette demande de l’Union des Comores, "la France montrera encore au monde le peu de cas qu’elle fait de notre pays qui se devra d’en tirer toutes les conséquences". Enfin, pour le Comité Maoré, la justice comorienne ne doit aujourd’hui se concentrer sur le cas Mohamed Bacar ; elle devra aussi dépoussiérer les sombres pages du séparatisme pour entendre également ceux qui ont été aux avant-postes du sécessionnisme à Anjouan. Le Comité appelle à "un traitement équitable de ceux qui sont aujourd’hui arrêtés et de ceux qui ont servi à un titre ou un autre, à un moment ou un autre, le séparatisme". VM (avec APA) |
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ANJOUAN |
Mouvements sociaux, Syndicalisme |
Des cailloux jetés sur la voiture de Christian Job
Mardi 15 Avril 2008 |
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Christian Job, ambassadeur de France aux Comores depuis 2005, a vu lundi 14 avril son véhicule caillassé par des jeunes lors de son passage dans le quartier d'Itsandra plage. Le pare-brise de sa voiture a été cassé. Les recherches pour trouver les coupables n'ont pour l'instant rien donné. Seules les premiers pierres lancées ont été saisies par la gendarmerie en attendant que leurs lanceurs soient rattrapés. Un incident qui fait suite aux mouvements de tension contre les wazungu (occidentaux) en Grande-Comore comme à Mayotte le 27 mars dernier après l'affaire Mohamed Bacar.
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MADAGASCAR |
Mouvements sociaux, Syndicalisme |
Les conseillers du président ont reçu les mahorais de métropole
Mardi 15 Avril 2008 |
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Une délégation de la F.A.M.M (Fédération des Associations Mahoraises de Métropole) a été reçue à l’Elysée par Mme Marie-Luce PENCHARD et M. Rémi MARECHAUX, respectivement conseillère outremer et conseiller diplomatique, pour faire le point sur les événements qui se sont déroulés à Mayotte le 27 mars dernier. Après avoir demandé audience et avoir été entendue par le Délégué Interministériel à l’Egalité des Chances des Français d’Outremer, Monsieur Patrick KARAM, la F.A.M.M a tenu à être entendue au plus haut sommet de l’Etat en sollicitant une rencontre à la présidence de la République. L’Elysée a répondu favorablement à cette demande et mardi 8 avril 2008, une délégation de la F.A.M.M a été reçue à l’Elysée par deux conseillers du président pour faire le point sur les événements du 27 mars et "s’assurer du respect du processus de départementalisation de l’île Mayotte attendue depuis 50 ans" selon le communiqué de la FAMM. Concernant les violences du 27 mars, l'association se dit avoir été "rassurée par les deux conseillers sur l’engagement de l’Etat à assurer ses missions régaliennes de préservation et de maintien de la sécurité des biens et des personnes". Elle affirme sa satisfation devant "l’accroissement des moyens dédiés à la lutte contre l’immigration clandestine, source des grands problèmes de Mayotte actuellement". Concernant la départementalisation, les conseillers de l'Elysée ont rappelé que "le calendrier législatif ainsi que les engagements du Président de la République seraient respectés, pour autant que les élus du Conseil Général de Mayotte en formulent la demande auprès du gouvernement comme le prévoi la loi du 21 février 2007". Ils ont également affirmé avec force que "Mayotte est un territoire français et que le Président de la République ne s’est jamais engagé dans la voie de renoncer à cette île" et que "tout sera fait pour garantir son développement au sein de la République" promettant en outre que "des efforts seront déployés en direction des Comores, en matière de coopération régionale." L'association s'élève également contre "une médiatisation à caractère scandaleux, ne montrant à nos compatriotes métropolitains que des images négatives attribuées aux mahorais alors que ces derniers n'en sont nullement les acteurs". Alors que pour elle, "les Comoriens font à Mayotte une publicité dangereuse". La fédération y voit même une forme de complot en dénonçant "leur intention, non avouée mais à peine masquée, de détruire purement et simplement l'île de Mayotte". E.T.
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MADAGASCAR |
Médias, Information |
Un aller simple pour Maoré
Mardi 15 Avril 2008 |
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Ce mardi 15 avril à 15h10, la chaîne France Ô diffuse un reportage explosif sur les rapports entre les Comores et Mayotte sur fond d'immigration clandestine. Un aller simple pour Maoré", un documentaire inédit d’Agnès Fouilleux de 80 mn qui jette "un pavé dans le marigot de la Françafrique, en plein océan Indien". Précisément, entre les quatre îles de l’archipel des Comores. "Un aller simple pour Maoré fouaille le quotidien le plus trivial pour décrire le présent et le passé d’une spoliation soigneusement tue. Depuis la création des milices anti-indépendantistes au début des années 1970 jusqu’à la remise en cause du droit du sol par le ministre François Baroin en 2005, Agnès Fouilleux révèle comment Mayotte (également appelée Maoré) a été confisquée par la France au mépris du droit international. Objectif : garder la main sur les Comores, base arrière idéale pour les opérations africaines (et notamment le commerce avec l’Afrique du Sud de l’apartheid). Trente ans de ce régime ont produit un résultat désastreux. Les Comores sont divisées et ruinées, Mayotte abrite des dizaines de milliers de clandestins exploités et misérables. Entre les deux, des milliers de migrants, les « morts Balladur », n’ont pas survécu à la traversée en kwasa. Pourtant, juridiquement, il n’y a aucune frontière entre les îles… Un aller simple pour Maoré cogne d’autant plus fort qu’il est solidement étayé. Porté par une réalisation soignée et originale, il assemble avec fluidité archives, reportages (à Anjouan et à Mayotte), entretiens (du préfet de Mayotte au passeur), chansons réalistes et plans fixes. C’est efficace, captivant. Et révoltant. Rendons hommage à France Ô d’avoir le cran de diffuser cet indispensable brûlot." Les chaînes diffusées dans l'Océan Indien (RFO Mayotte, RFO Réunion, TEMPO et TV5 Monde), auront-elles le même cran?
(avec Télérama)
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Peuples autochtones |
Kalahari : De l'eau pour les diamants, pas pour les Bushmen
Mardi 15 Avril 2008 |
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Au Botswana, dans la réserve naturelle du Kalahari central, plusieurs puits ont été creusés en prévision de l’exploitation d'une mine de diamant alors que les Bushmen qui vivent sur place n'ont pas le droit d'utiliser leur propre puits. Les puits exploratoires ont été créés dans le cadre de l’évaluation environnementale qui précède la construction par Gem Diamonds d'une mine de diamants de 2,2 milliards de dollars à Gope, une communauté bushman située à l'intérieur de la réserve. Plusieurs puits seront nécessaires au bon fonctionnement de la mine qui nécessitera d’importants volumes d'eau. Depuis que le gouvernement a détruit leur unique puits – Monthomelo situé dans la Réserve – pour les « encourager » à partir dans les camps de relocalisation, les Bushmen n’ont cessé de demander aux autorités de leur permettre de le réouvrir. Ce puits était leur principale source d'eau avant que le gouvernement ne les expulse illégalement de la réserve. Les Bushmen ont légalement obtenu le droit de retourner chez eux en décembre 2006 mais le gouvernement continue de les en empêcher en leur refusant d'exploiter leur puits dans cet environnement aride et inhospitalier. Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : "Il n’y a qu’une seule explication au fait que le gouvernement autorise les compagnies minières à creuser autant de puits qu'ils le désirent et empêche les Bushmen d'en utiliser un seul - la terrible vengeance d'un gouvernement déterminé à éloigner les Bushmen de leur territoire ancestral et à les faire payer leur victoire devant la Haute Cour. Les diamants de cette mine seront un gage de haine et non d'amour". |
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