Les numéros en html :
|
La lettre de Malango N°32
|
|
Communiquer sur
La Lettre de Malango ?
06 39 29 13 13
|
|
|
|
|
Si vous ne souhaitez plus recevoir la Lettre de Malango :
En cas de problème de lecture, vous pouvez consulter la Lettre de Malango sur le site
|
|
La lettre de Malango
N°
32
|
|
Vendredi 18 Avril 2008
|
|
Vous êtes
13631 lecteurs à recevoir aujourd'hui
" La Lettre de Malango"
|
Le mensuel revient en les analysant sur les événements qui ont touché les quatre îles de l'archipel ces dernières semaines, sur les zones d'ombre qui flottent autour et sur les amalgames.
Le dossier du mois, intitulé "La démocratie par procuration à Maore" est consacré aux élections à Mayotte, émaillées de nombreuses irrégularités.
|
|
|

|
|
|
|
 |
|
MADAGASCAR |
Statut de Mayotte |
Le Conseil général de Mayotte réclame officiellement le département
Vendredi 18 Avril 2008 |
|
|
Au cours d'une session plénière –la première de la nouvelle assemblée- qualifiée d'"historique", les conseillers généraux de Mayotte ont voté à l'unanimité une résolution réclamant le statut de département d'outremer pour l'île, vendredi 18 avril.
|
|
|
M.Douchina (au milieu) a parlé d'une journée "historique" pour Mayotte, vendredi 18 avril, dans l'hémicycle Younoussa Bamana. |
|
Réactions |
|
|
Abdoulatifu Aly, député (MDM-Force de l'alternance) : "Ce vote était l'étape indispensable à la mise en œuvre du processus de départementalisation de Mayotte. Aujourd'hui, nous avons apporté la preuve de manière éclatante au gouvernement français que les jeunes mahorais sont capables de s'entendre pour poursuivre la voie de nos anciens. Le combat pour le département a commencé il y a tout juste 50 ans, en 1958. C'était donc l'occasion de démontrer au gouvernement, qui doute encore de nos capacités à assumer le statut de département, que nous n'avons aucun doute et aucune hésitation. Nous voulons être département comme l'ensemble des Français, avec les mêmes textes."
Saïd Omar Oili, conseiller général de Labattoir, ancien président du CG (Néma) : "Ce vote était important. Maintenant, est-ce que ça va changer quelque chose à Paris ? Je ne sais pas, quand on voit qu'ils vont encore nous faire une loi spécifique au lieu de nous intégrer à la Loi programme de l'outremer, et quand on s'aperçoit qu'en France, on est dans une situation de récession budgétaire." |
|
C'était l'enjeu de la campagne électorale du mois de mars et Ahmed Attoumani Douchina en avait fait sa priorité lors de son élection à la tête du Conseil général le 20 mars dernier : les conseillers généraux ont voté à l'unanimité vendredi 18 avril, dans un hémicycle bondé, une résolution "portant sur la modification du statut de Mayotte et son accession au régime de département et région d'outremer défini à l'article 73 de la Constitution". Ce texte rappelle les principales dates qui ont amené les élus à se prononcer ce vendredi (1958, 1974, 1976, 2001, 2003 et 2007) ainsi que la promesse de Nicolas Sarkozy –alors en campagne- de consulter les Mahorais sur la départementalisation. "Au regard de l'histoire singulière de notre île, de son ancrage dans la République française et des aspirations des Mahoraises et des Mahorais à transformer notre collectivité en département et région d'outremer, notre assemblée demande selon les dispositions de l'article LO 6111-2 que Mayotte accède au régime de département et région d'outremer (…)." De fait, la résolution enjoint le Premier ministre, le président de l'Assemblée nationale et celui du Sénat "d'engager la consultation tendant à transformer Mayotte en département et région d'outremer avant le 31 décembre 2008". Alors que le gouvernement se fixe un délai de douze mois et que M. Jégo a récemment affirmé à M'hamadi Abdou, premier vice-président, qu'elle se déroulerait certainement en mars ou avril 2009 (lire article), les conseillers généraux ont tenu à exprimer leur volonté de voir la consultation organisée le plus tôt possible, en l'occurrence avant la fin de l'année. Sans grand suspens et sans aucun amendement, le texte a été voté à l'unanimité des 19 conseillers généraux –tous présents. Après son adoption, l'ensemble de l'assistance, présente à l'intérieur comme à l'extérieur de l'hémicycle, s'est levé et a applaudi. "C'est un jour historique" s'est exclamé le député Abdoulatifu Aly. Il faisait partie des invités d'honneur de cette session, aux côtés du sénateur Giraud, des anciens députés Kamardine et Hory, du préfet Bouvier, du docteur Martial Henry, de Zoubert Adinani, du grand cadi Saïd Hachim, de la conseillère économique et sociale Anziza Moustoifa et de nombreux maires… Dans son discours précédant le vote, Ahmed Attoumani Douchina avait rendu hommage aux anciens combattants de la départementalisation –Nahouda, Bamana, Mdere, Henry, Méresse, etc… "En tant que président du Conseil général de Mayotte, j'ai donc une responsabilité toute particulière" a-t-il affirmé. Selon lui, "cette consultation confèrera une force plus grande à Mayotte, comme elle consolidera davantage l'ancrage de Mayotte au sein de la République. Par ailleurs, elle permettra à notre île de devenir une Collectivité de plein exercice" et de profiter "de la solidarité nationale". La résolution, qui a été transmise en fin d'après-midi à la préfecture, devrait être amenée en mains propres à Paris "dans les 72 heures" par M. Douchina, accompagné "d'une délégation officielle". Elle sera donnée "au premier ministre, au Président de l'Assemblée nationale et au président du Sénat", ainsi qu'au secrétaire d'Etat à l'Outremer M. Jégo et à la ministre de l'Intérieur Mme Alliot-Marie, sans attendre donc sa publication au Journal officiel. A Mayotte, M.Douchina compte en outre mettre en place des groupes de réflexion composés "des parlementaires, de [lui-même], des représentants des partis politiques présents au sein du Conseil général" afin de "définir un calendrier d'extension des six matières relevant encore de la spécialité législative". Ces six domaines sont les impôts, le foncier, la protection et l'action sociales, le droit du travail et le droit syndical, l'entrée et le séjour des étrangers, et les finances communales. Enfin, dans le cadre d'une campagne "pour le oui" au département qui, selon M.Douchina, "est déjà lancée", le Conseil général prévoit "des communications destinées à accompagner les Mahorais", que M. Douchina a appelé "à ne pas douter d'eux-mêmes" et à faire confiance à la collectivité pour "être le garant et le gardien de notre culture, de nos traditions, de notre identité". VM
|
|
|
ANJOUAN |
Justice |
Mohamed Bacar remis en liberté
Vendredi 18 Avril 2008 |
|
|
|
|
|
Mohammed Bacar, l'ex-homme fort d'Anjouan (archive) |
La chambre d'instruction de la cour d'appel de Saint-Denis a ordonné vendredi 18 avril la remise en liberté du colonel Mohammed Bacar, président déchu de l'île d'Anjouan et de ses hommes, qui ont été aussitôt assignés à résidence, selon la préfecture de la Réunion. L'ancien homme fort d'Anjouan et 21 hommes qui l'accompagnent avaient été placés sous écrou extraditionnel sur requête du procureur de la République de Saint-Denis le 5 avril dernier. Cette décision faisait suite à la demande d'extradition formulée par le gouvernement de l'Union des Comores qui leur reproche des "détournements de fonds publics, homicides volontaires, viols, tortures et autres violences contre les habitants d'Anjouan". Le colonel Bacar et ses hommes avaient fait appel de cette décision. Lors de leur audition par visioconférence devant la chambre d'instruction de la cour d'appel, leurs avocats avaient expliqué que le seul document adressé par les autorités comoriennes était un fax provenant de métropole et ne comportant aucun élément sur les faits incriminés. "C'est du n'importe quoi. Cette demande d'extradition fantaisiste n'aurait jamais dû être prise en compte," avait alors déclaré Me Marie Briot. Elle avait souligné que, faisant toujours l'objet d'une assignation à résidence dans le cadre d'une procédure de reconduite à la frontière, le colonel Bacar et ses hommes resteraient sous bonne garde à la base aérienne 181, même si la cour décidait de leur remise en liberté. Le procureur général avait requis le maintien en détention, invoquant le manque de garanties de représentation du colonel Bacar et de ses hommes ainsi que leur propre sécurité, en raison des manifestations des membres de la communauté comorienne de la Réunion. "Le gouvernement des Comores dispose jusqu'au 4 mai pour adresser un dossier complet étayant sa demande d'extradition", a déclaré vendredi à l'AFP le directeur de cabinet du préfet de la Réunion Didier Perocheau. La chambre d'accusation sera alors à nouveau saisie pour donner un avis sur cette demande. (AFP)
|
|
|
MADAGASCAR |
Statut de Mayotte |
Mayotte : une loi spécifique plutôt que la Loi-programme
Vendredi 18 Avril 2008 |
|
|
"Mayotte ne doit pas se sentir comme la grande oubliée de la Loi programme [pour l'Outremer, lire article précédent, ndlr] car je l'ai dit à Mayotte, je l'ai répété au Sénat, je le répète aujourd'hui : il y aura une "Loi Mayotte" qui, dans le cadre du processus de départementalisation, viendra décliner pour Mayotte tous les dispositifs nécessaires" a déclaré le secrétaire d'Etat à l'Outremer Yves Jégo, dans les colonnes du quotidien en ligne Flash Infos. Ayant reçu cette semaine les acteurs du logement social et les présidents des collectivités d'Outremer, dont Mayotte qui fut représentée par le premier vice-président du Conseil général M'hamadi Abdou, M. Jégo a donc officialisé ce que nombre d'observateurs craignaient depuis quelques jours : la non prise en compte de Mayotte dans la Loi-programme –un ambitieux projet de développement économique dans les territoires d'outremer. "Mayotte n'est pas encore un département. Nous attendons le processus démocratique qui fera que les Mahorais vont se prononcer dans l'année qui vient pour choisir ou ne pas choisir la départementalisation. En fonction du choix des Mahorais, il y aura un engagement du gouvernement par une "Loi Mayotte", spécifique, qui déclinera tous les bénéfices de la loi programme sur le territoire de Mayotte, mais dans le cadre de ce processus de départementalisation, même si d'ores et déjà, au jour d'aujourd'hui, un certain nombre de lois s'appliquent et s'appliqueront à Mayotte. Mais c'est vrai que son statut évolutif nécessite qu'on ait une loi supplémentaire", a confié Yves Jégo au quotidien envoyé par Internet.
|
|
|
ANJOUAN |
Justice |
Anjouan : 47 membres de la FGA transférés à Moroni
Jeudi 17 Avril 2008 |
|
|
Quarante-sept militaires, officiers et sous-officiers de la Force de la gendarmerie d'Anjouan (FGA), arrêtés après le débarquement de la coalition AND/UA le 25 mars dernier, ont été transférés à Moroni par voie maritime mercredi 16 avril.
|
Caambi hospitalisé |
|
|
|
L'ancien vice-président de l'Union des Comores sous le régime Azali (2002-2006), également ancien Premier ministre sous Djohar et ancien président de la Commission de l'océan Indien à la fin des années 1990, Caambi el-Yachourtui, qui avait rejoint le gouvernement Bacar après les élections truquées de juin 2007, a été hospitalisé au Centre hospitalier régional de Hombo, à Anjouan, en début de semaine. Son état de santé serait assez préoccupant. Selon des sources médicales citées par l'agence de presse HZK, M. Caambi souffrirait d'une fatigue générale. |
|
Menottés deux par deux, les gendarmes anjouanais ont été débarqués au port de Moroni mercredi dans la matinée. Ils ont été transférés péniblement vers le camp militaire de Kandani, situé à 3 kilomètres de la capitale, Moroni, dans un camion de l'armée avec leurs maigres bagages -quelques vêtements, une natte, un panier- sous les huées de la foule et la protection plus ou moins efficace de l'armée comorienne. Quelques uns ont pris des coups, d'autres se sont fait tirer l'oreille. Un militaire de l'armée nationale qui protégeait l'entrée du camion a également été bousculé par les badauds. La raison invoquée par les autorités judiciaires pour ce déplacement en masse de prisonniers est la surpopulation carcérale de la prison de Koki à Anjouan. C'est au camp militaire de Kandani qu'ont été placés ces militaires en attendant l'ouverture de leur procès - en Grande-Comore ou à Anjouan, le premier procès contre les artisans du séparatisme devrait donc finalement avoir lieu. A Anjouan comme en Grande-Comore, dans la rue, certaines personnes ne cachent pas leur mécontentement lié à ce transfert. Ils préfèreraient que l'on juge sur place les anciens membres de la FGA. C'est le cas de Bacar Ahmed, originaire d'Anjouan : "Je pense que ce n'est pas une justice qui va se faire mais un règlement de compte. Pourquoi une partie est ici et une autre est restée à Anjouan ? Je demande à ce que tous ces hommes soient jugés chez eux", dit-il. A noter que devant le port de Moroni, des communautés villageoises venues des quatre coins de l'île se sont également mobilisées pour accueillir en héros les militaires qui ont participé à l'opération de rétablissement de l'ordre constitutionnel dans l'île d'Anjouan. Selon le commandant Adinane, deux compagnies sont rentrées en Grande-Comore, soit un total de 200 hommes. NEP
|
|
|
ANJOUAN |
Politique |
Le président mohélien met en garde Sambi
Jeudi 17 Avril 2008 |
|
|
Le président de l'île de Mohéli, Mohamed Ali Said, élu en juin 2007, vient de mettre en garde le chef de l'Etat comorien, Ahmed Abdallah Sambi, contre "toute tentative" de modification de la Constitution de l'Union des Comores, en vue de se maintenir au pouvoir.
Mohamed Ali Said, qui avait été soutenu par Sambi lors de la campagne électorale de mai 2007, suspecterait Sambi de chercher à "tripatouiller la loi fondamentale des Comores, pour se maintenir au pouvoir", alors que c'est à l'île de Mohéli que doit revenir, en 2010, la présidence tournante de l'Union (après la Grande Comore en 2002 et Anjouan en 2006). Dans une lettre ouverte adressée au chef de l'Etat comorien et rendue publique la semaine dernière, des cadres originaires de Mohéli, toutes tendances confondues, lancent un appel au président à se conformer aux textes en vigueur. "Nous demandons le respect strict de la constitution. Nous avons supporté le mandat de quatre ans de l'île de Ngazidja et nous supportons encore celui d'Anjouan. Il n'y a donc pas de raison de nous priver de notre tour" a dit M. Ali Said. Depuis la libération de l'île d'Anjouan le 25 mars dernier, de nombreux observateurs estiment que Sambi devrait s'attaquer à la réforme des institutions du pays et à une Constitution que nombre de personnes jugent ingérable et budgétivore. Toutefois, au cours d'une fête populaire à l'occasion de la libération d'Anjouan, le président avait réitéré sa volonté de respecter la Constitution. "Certes, je crois que des aménagements constitutionnels sont nécessaires, mais ce pouvoir-là ne relève pas de moi. Pour ma part, je ne remettrai jamais en cause le principe de la présidence tournante", avait-il assuré.
(APA) |
|
|
MADAGASCAR |
Politique |
Mayotte : nouvelle élection à Chirongui
Jeudi 17 Avril 2008 |
|
|
Face à la menace du préfet de demander au Tribunal administratif l'annulation de son élection au poste de maire de la commune de Chirongui, Mme Roukia Lahadji a décidé d'organiser un nouveau scrutin au sein du conseil municipal nouvellement constitué après les élections du 9 mars dernier. Le vote devrait se tenir vendredi 18 avril. Les deux mêmes prétendants que lors de la première élection le 15 mars devraient se représenter : Roukia Lahadji et Dhoifir Ahmedomar. Les deux sont issus de la même liste, Uvoimoja (qui regroupe divers partis : PS, MDM, MPM, Néma), qui avait gagné les élections avec 93 voix d'avance sur la liste UMP. Mme Lahadji avait été élue le 15 mars avec 17 voix, toutes issues de cette liste ; M. Ahmedomar, qui était la tête de cette liste durant la campagne, avait quant à lui été soutenu par quelques éléments de cette liste et les élus de l'autre liste UMP. La première élection avait été entachée le 15 mars d'irrégularité. Le délai entre la première convocation (la veille, vendredi 14 mars) et la seconde ne dépassait pas 24 heures, comme le prévoit la loi.
|
|
|
|