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La lettre de Malango N°47
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La lettre de Malango
N°
47
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Vendredi 20 Juin 2008
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" La Lettre de Malango"
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COMORES |
Politique |
Anjouan : Djaanfari et Toybou au coude à coude
Mardi 17 Juin 2008 |
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Mohamed Djaanfari et Moussa Toybou, les deux favoris avant le début du vote, sont arrivés en tête du premier tour de l'élection présidentielle de l'île d'Anjouan dimanche 15 juin. Ils s'affronteront le 29 juin lors du second tour, tandis que les trois autres candidats, qui oscillent entre 4,6 et 5,8% des voix seulement, ne pourront y participer. Selon des résultats proclamés lors d'une conférence de presse par le ministre en charge des Elections, Mmadi Ali, Moussa Toybou, le candidat soutenu par le président de l'Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi, obtient 42,5% des voix (21.891 suffrages). Il réalise ses meilleurs scores dans les régions de Mutsamudu, Ouani, et Nyumakele. Toybou devance d'une courte tête Mohamed Djaanfari, qui recueille 42,3% des voix (21.803 suffrages), et qui fait carton plein dans sa région de Sima. Sur les cinq circonscriptions, Toybou arrive en tête dans quatre d'entre elles. Mais l'écart entre les deux candidats n'est que de 88 voix, ce qui laisse présager un second tour très disputé. Suivent en troisième position Sondi Abdou Latuf, 5,8% des voix (2.997 suffrages), qui réalise un bon score chez lui, à Domoni ; en quatrième position Bacar Abdou, 4,9% (2.512 suffrages), qui réalise un score honorable chez lui, à Mutsamudu ; et en cinquième et dernière position Bastoine Soulaimane, 4,6% (2.361 suffrages), qui arrive en troisième position à Ouani, sa région. Ils ne pourront pas participer au second tour. Encore une fois, l'origine des candidats a donc joué un grand rôle. Si Toybou est bien placé dans chaque région, les autres recueillent le gros de leurs suffrages chez eux. Cette analyse est une constante dans les élections comoriennes, et particulièrement anjouanaises. A noter enfin le très faible taux de participation : seuls 42,8% des Anjouanais ont voté dimanche, soit un peu plus de 54.000 votants, sur plus de 127.000 inscrits –la population d'Anjouan est d'environ 250.000 personnes. VM
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COMORES |
Politique |
Anjouan : Djaanfari devant Toybou
Samedi 21 Juin 2008 |
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Alors que les résultats provisoires du premier tour de l'élection présidentielle de l'île d'Anjouan, organisé dimanche 15 juin, plaçaient le candidat soutenu par le président de l'Union des Comores, Ahmed Abdallah Sambi, en tête avec 42,5% contre 42,3% pour son principal adversaire, le verdict prononcé mardi 17 juin par la Cour constitutionnelle a renversé la tendance.
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Le budget des élections ric-rac |
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L'envoyé spécial de l'Union Africaine aux Comores, José Fransisco Madeira, a demandé au cours d'une conférence de presse mercredi 18 juin aux Etats-Unis, qui participent à la mission internationale du scrutin présidentiel d'Anjouan, de contribuer à la résorption du déficit de 250.000 dollars qui reste encore à combler dans le budget global de l'élection. Il a adressé la même demande à l'Afrique du Sud, "un pays frère et ami des Comores", a-t-il dit. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) reste confrontée à un problème d'argent pour poursuivre le processus électoral jusqu'au second tour prévu le 29 juin. Le représentant résidant du système des Nations unies aux Comores, Opia Mensah Kumah, a cependant tenté de rassurer les différentes parties. "Si l'argent tarde à venir, le PNUD sera dans l'obligation de faire une avance pour permettre la tenue du second tour", a-t-il indiqué. |
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Avec 44,18% des suffrages, non seulement Mohamed Djaanfari repousse Moussa Toybou (40,12%) en deuxième position, mais en plus, il le relègue à quatre points. Il se place ainsi en favori du second tour, qui se déroulera le 29 juin. Quant aux trois autres candidats en lice, ils ne dépassent pas la barre des 10% qui leur aurait permis de se faire rembourser leur caution : Sondi Abdoulatuf Soilih recueille 5,6% des voix, Bastoine Soulaïmana 4,89% et Bacar Abdou 4,85%. Ils ne participeront pas au second tour. Le taux définitif de participation est de 42,79%. Avant de rendre publics les résultats du premier tour, la Cour constitutionnelle de l'Union des Comores a annulé 10 bureaux de vote, dont 6 dans la région du Nyumakele, favorable au candidat du pouvoir, Moussa Toybou, et 4 à Domoni, la deuxième ville de l'île. La Cour constitutionnelle a cependant rejeté les deux requêtes en annulation du candidat Mohamed Djaanfari, selon lequel les partisans de son rival auraient empêché ses assesseurs de pénétrer dans deux bureaux de vote - la Cour a estimé qu'il n'y avait pas de preuves. Moussa Toybou a également été débouté dans sa requête demandant l'annulation des résultats d'un bureau de vote à Sima, la ville de Mohamed Djaanfari. Le verdict de la Cour constitutionnelle confirme le constat de la communauté internationale, selon laquelle "le scrutin du 15 juin 2008 a été régulier, libre, équitable et transparent", et celui de la Fédération comorienne des droits de l'Homme (FCDH). Dans un communiqué rédigé le 16 juin, la FCDH affirme que "les rares irrégularités signalées ne sont pas de nature à ôter la sincérité et la crédibilité du scrutin". Forte d'une cinquantaine de personnes qui ont visité 240 bureaux de vote et ont assisté au dépouillement dans 58 bureaux de vote, la mission de la FCDH rapporte que "les électeurs ont voté dans le calme et la sérénité", que "les opérations de dépouillement ont été effectuées correctement", et que "la sécurisation du scrutin a été bien assurée" par l'armée comorienne et les soldats tanzaniens et soudanais sur place depuis le débarquement du 25 mars. Cependant, la FCDH regrette "quelques anomalies" et des "retards" d'ouverture dans certains bureaux de vote. "Partant de ce constat", la FCDH recommande pour le second tour que l'acheminement du matériel électoral se fasse "en temps réel", et que la qualité des urnes et isoloirs soit améliorée. De son côté, le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, a exprimé mercredi 18 juin sa satisfaction quant au déroulement du premier tour des élections présidentielles sur l'île autonome d'Anjouan. M. Ping a salué, dans un communiqué, le déroulement des élections, caractérisé par "le calme et la discipline". Il a également félicité les candidats et la population d'Anjouan pour la "maturité" démontrée au cours de la campagne électorale, et a salué les partenaires bilatéraux et multilatéraux pour leur soutien aux autorités locales. VM
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COMORES |
Politique |
Anjouan : un scrutin "exemplaire" pour la communauté internationale, mais contesté par Djaanfari
Mardi 17 Juin 2008 |
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"Le scrutin du 15 juin 2008 a été régulier, libre, équitable et transparent" a déclaré à la presse le Sénégalais Ahmadou Niadiar Sène, qui dirige la mission internationale d'observation comprenant l'Union africaine (UA), la Commission de l'Océan Indien (COI), la Ligue arabe et l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), ainsi que le chargé d'affaires des Etats-Unis, Georges Sibley. Dans sa déclaration finale, la mission énumère toutefois "quelques imperfections", notamment le retard dans l'acheminement du matériel, "la mauvaise qualité des urnes et isoloirs", "le manque de certains matériels dans quelques bureaux de vote" et "l'emplacement inadéquat de certains isoloirs" – des défauts déjà remarqués lors des derniers scrutins comoriens. Les membres de la mission internationale ont également salué le "comportement discipliné des électeurs, le respect des procédures et le déroulement correct des opérations électorales". "L'élection a été sans contestation. Nous nous en félicitons et félicitons les autorités et le peuple des Comores", a déclaré le représentant du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Opia Mensah Kuma. L'émissaire de l'Union africaine pour les Comores, Francisco Madeira, a pour sa part estimé que cette élection avait été "exemplaire". Ce n'est pas l'avis des partisans de Djaanfari. Ce dernier avait déclaré quelques jours avant le premier tour qu'il n'y aurait pas de second tour, persuadé d'être élu dès le premier. Dans une déclaration datée du 16 juin, le candidat issu de Sima reconnaît que "les élections se sont passées sans grands incidents majeurs", mais il constate "plusieurs irrégularités" et dénonce "des provocations". "Plusieurs irrégularités dans le Nioumakelé notamment à Ongojou et Mramani, objets de réclamation auprès de la Cour constitutionnelle, sont le témoignage d'un appareil de fraudes organisés", estime-t-il. "Le faible taux de participation qui avoisine les 35% s'explique simplement par la lassitude d'une population qui rejette un président de l'Union qui promet trop et qui ne tient rien. Pour nous, c'est une forme de sanction qui en dit long sur l'impopularité de Sambi. Malgré les moyens octroyés par le président à l'état major de Moussa, composé de ministres, de directeurs des sociétés d'Etat et même de mercenaires de l'ombre", il estime être arrivé en tête du scrutin, malgré les annonces de la Commission électorale. Selon lui, "des manipulations sont en cours afin de voler cette victoire, ou du moins à faire passer Moussa comme le gagnant du premier tour." Djaanfari estime être arrivé en tête dans le Nyumakele et à Ouani. Il appelle "la population de N'dzouani à faire barrage à Sambi et à préserver l'autonomie de l'île dans l'Union des Comores, pour la défense de l'intégrité de notre territoire". VM
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MAYOTTE |
Economie |
Mayotte : l'économie pas épargnée par la crise internationale
Vendredi 20 Juin 2008 |
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La crise économique internationale n'épargne pas l'île de Mayotte. A l'occasion de la publication de son rapport trimestriel de la conjoncture économique, l'IEDOM dresse un tableau peu réjouissant de l'économie mahoraise. Alors que les importations ont augmenté de 24% par rapport à l'année dernière –elles s'établissent à 85 millions d'euros-, les exportations continuent de baisser durant le premier trimestre 2008 : avec 420.000 euros, elles chutent de 78% par rapport au premier trimestre 2007. Selon l'IEDOM (Institut d'émission des départements d'outremer), le taux de couverture des importations par les exportations n'est que de 0,5%. Si ce taux très faible est une caractéristique propre à l'ensemble des territoires ultramarins français, il est d'environ 10% dans les autres DOM. L'inflation, quant à elle, continue sa course folle : +1,1%durant le premier trimestre 2008, et surtout +5,5% ces douze derniers mois. "C'est plus qu'en métropole", reconnaît le responsable de l'IEDOM, M. Beltran. Les produits alimentaires ont été particulièrement touchés par cette inflation : leur prix a augmenté de 11% en un an… Autre signe inquiétant pour l'institut –mais que les partisans de la décroissance jugeront salutaire : la consommation des ménages "reste bonne" mais "ralentit". Les importations de biens en équipements ménagers ont baissé par rapport au premier trimestre 2007. Les importations de véhicules ont-elles progressé de 17% par rapport au premier trimestre 2007. Les crédits connaissent par contre un vrai boom : +30% pour les crédits à la consommation et +30% pour les crédits à l'habitat. Le tableau est d'autant plus noir que les exportations agricoles sont en berne. Selon les statistiques des douanes, les exportations d'essence d'ylang-ylang se sont réduites ce trimestre atteignant difficilement les 400 kilos pour 35.400 euros. Une chute cumulée de plus de 70%. Du côté de l'aquaculture, les exportations stagnent aussi. Elles s'élèvent à 125 millions d'euros, en baisse de 40% par rapport au premier trimestre 2007. Paradoxalement, les entreprises semblent s'en sortir puisqu'au premier trimestre 2008, elles ont importé des biens d'équipement professionnel pour une valeur de plus de 6.3 millions d'euros, en hausse de 15% par rapport au quatrième trimestre 2007 et de 59% par rapport au même trimestre 2007. Les 80 entrepreneurs ayant répondu à l'enquête de conjoncture économique de l'IEDOM pour ce premier trimestre 2008 font part dans leur ensemble d'une amélioration des affaires. Les secteurs du tourisme, du commerce et de la construction ont notamment connu un bon premier trimestre. Toutefois, les entrepreneurs évoquent un alourdissement des charges d'exploitation en partie liée à la hausse des prix des matières premières. Certains secteurs comme le gardiennage sont particulièrement menacés. Les PME traversent également une phase délicate. VM
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MAYOTTE |
Faits divers |
Mayotte : trois auteurs présumés de viols arrêtés
Vendredi 20 Juin 2008 |
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Trois auteurs présumés de deux viols ont été arrêtés le week-end dernier à Mayotte. Le premier viol a été commis jeudi 12 juin, sur le mont Combani, au centre de l'île. Un couple installé sur le mont Combani s'y est fait agressé par trois individus. Après les avoir dépouillés, ils ont violé la jeune femme l'un après l'autre devant son mari tenu en respect par un chombo, rapporte le quotidien sur abonnement Flash Infos. Quelques heures plus tard, une agression similaire s'est déroulée à Vahibé –à quelques kilomètres de Combani. Un homme a assisté, impuissant, au viol de sa femme par trois agresseurs. Suite au témoignage d'un des hommes, la police a procédé samedi 14 juin à l'interpellation de deux individus à Vahibé. Ils ont trouvé chez l'un d'eux le sac d'une des victimes. Un troisième individu a été interpellé le lendemain à Passamainty. Agés de 17 à 22 ans, les trois hommes sont connus des services de police.
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COMORES |
Relations internationales |
Sambi à Téhéran pour "utiliser l'expérience" de l'Iran
Mardi 17 Juin 2008 |
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Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, et son homologue comorien, Ahmad Abdallah Sambi, ont appelé au renforcement des relations entre les deux pays dans tous les domaines, rapporte l'agence de presse chinoise Xinhua. Lors de sa rencontre avec le président comorien, en visite à Téhéran, M. Ahmajinejad a exprimé sa volonté de transférer l'expérience de l'Iran aux Comores dans les domaines politique, économique, agricole et éducatif. M. Sambi a de son côté appelé à utiliser l'expérience de l'Iran pour le développement et les progrès de son pays. M. Sambi est arrivé samedi 14 juin à Téhéran pour une visite de trois jours destinée à discuter des moyens de renforcer les relations entre les Comores et l'Iran. (Xinhua)
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Outremer/DOM TOM |
Relations internationales |
La 4ème commission mixte franco-brésilienne n'a abouti à aucun accord
Mardi 17 Juin 2008 |
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La 4ème commission mixte franco-brésilienne qui s'est réunie jeudi 12 juin à Cayenne en Guyane n'a abouti à aucun accord entre les deux pays, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo regrettant notamment que la convention de coopération contre l'orpaillage clandestin n'ait pu être signée. A ce sujet, le sous-secrétaire d'Etat du ministère brésilien des Affaires étrangères, Oto Agripino Maia, à la tête d'une délégation de 37 personnes, a cependant déclaré à l'AFP : "Tous nos organes fédéraux doivent donner leur feu vert, nos juristes doivent examiner de près certaines clauses, mais sur le fond nous sommes d'accord". Il a ajouté "ne pas être informé" de l'existence de plusieurs villages clandestins qui servent de base-arrière à l'orpaillage illégal de Guyane, sur la rive brésilienne de l'Oyapock, le fleuve-frontière. "La perspective d'une visite du président (Nicolas) Sarkozy au Brésil à la fin de l'année nous oblige à faire en sorte d'aller vers des accords. J'ai proposé une nouvelle réunion de la commission mixte fin octobre pour en signer un certain nombre afin de montrer qu'au-delà des discours, il y a les preuves d'une volonté", a déclaré à l'AFP Yves Jégo. La commission mixte ne s'était "pas réunie depuis 6 ans, ce qui explique qu'il a fallu dépoussiérer quelques dossiers", a-t-il ajouté. "Je repars confiant dans la volonté du Brésil de transformer en actes ce qui fait l'objet depuis trop longtemps de discussions", a-t-il dit. "Maintenant il faut agir et la perspective du pont sur l'Oyapock nous oblige aussi à une coopération policière et douanière qui devra être opérationnelle pour son ouverture", prévue pour 2010. "Cette obligation de calendrier", a poursuivi Yves Jégo, "me fait croire que des accords seront signés avant la fin de l'année" afin de "répondre aux attentes du Brésil sur une forme de circulation et à celles de la France sur la régulation de l'immigration clandestine qui déséquilibre fortement la Guyane". "Je pense que l'entente entre les présidents Sarkozy et Lula a donné une nouvelle impulsion et qu'on est passé d'une politique de conversation à unepolitique d'action", a-t-il dit. (AFP)
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AFRIQUE |
Développement |
Afrique : le G8 loin du compte
Mardi 17 Juin 2008 |
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Trois ans après le sommet du G8 de Gleneagles (Royaume-Uni), les pays riches n'ont pas tenu leurs engagements en faveur de l'Afrique : tel est le constat de l'Africa Progress Report (APR) dans un rapport alarmiste, publié lundi 16 juin, à l'approche de la réunion des huit nations les plus industrialisées, début juillet, sur l'île d'Hokkaïdo au Japon. Lors du sommet de Gleneagles, les participants s'étaient engagés à procurer à l'Afrique une aide directe supplémentaire au développement de 25 milliards de dollars (16,2 milliards d'euros). Le G8 était également mandaté pour examiner le doublement de cette dotation au cours de la prochaine décennie. Chargé du suivi de cette résolution, l'Africa Progress Report, présidé par Kofi Annan, ancien secrétaire général de l'ONU, regroupe onze personnalités très engagées en faveur du continent noir, à l'instar de Tony Blair, l'ex-premier ministre britannique, du rocker Bob Geldof, de Graça Machel, épouse de Nelson Mandela, ou de Michel Camdessus, ancien directeur du Fonds monétaire international. A écouter ce cénacle créé en 2007, le non-respect des promesses du G8 (Allemagne, Etats-Unis, France, Canada, Italie, Japon, Royaume-Uni et Russie) menace les efforts en cours pour sortir de l'ornière le continent noir. Le rapport identifie un déficit de 40 milliards de dollars (25,9 milliards d'euros) dans l'aide nécessaire qui devrait être apportée pour atteindre les objectifs de Gleneagles. "L'Afrique a accompli des progrès importants au cours de ces dernières années. Toutefois, la crise alimentaire actuelle menace d'anéantir une bonne partie de ces progrès durement acquis. Avec 100 millions de personnes sur le point de tomber dans une pauvreté abjecte, le coût des denrées alimentaires ne se calculera pas en prix du blé ou du riz, mais en nombre croissant de décès de nourrissons et d'enfants dans toute l'Afrique" : comme l'indique Kofi Annan, le manque de générosité des pays donateurs risque de retarder voire d'anéantir des décennies de progrès économique. L'amélioration de la bonne gouvernance, la réduction de la mortalité infantile, la progression de la scolarisation ou la lutte contre le paludisme ainsi que la pandémie du sida l'attestent. Les émeutes de la faim provoquées par la crise alimentaire mondiale, dévastatrice pour les populations les plus pauvres, soulignent l'impact très sévère de la flambée des prix des denrées alimentaires et plus largement des matières premières. D'après l'ONG britannique Oxfam, cinq millions d'Africains sont menacés de mort dans les années qui viennent. "Accroître l'offre de nourriture dans le monde nécessitera des ressources importantes ainsi qu'une refonte des politiques en matière d'aide, de commerce, d'énergie et de changement climatique", insiste Michel Camdessus. Le groupe reconnaît qu'en raison du ralentissement de leurs économies et des difficultés budgétaires, les membres du G8 ont du mal à augmenter de manière substantielle les fonds de l'aide au développement. C'est pourquoi l'APR insiste sur la nécessité de se procurer des revenus complémentaires de financement. Ainsi, le panel propose l'imposition d'une taxe sur les revenus du négoce des devises et sur les émissions de carbone dans le cadre de la lutte contre le réchauffement du climat. La généralisation de la taxe sur les billets d'avion, une initiative française, ou sur le fret maritime empruntant les détroits est également à l'ordre du jour. Enfin, l'organisation d'une loterie à l'échelle planétaire en faveur de l'Afrique figure parmi les suggestions. "A échéance de vingt ans, l'Afrique pourrait être un continent autosuffisant en matière énergétique, compte tenu de ses immenses réserves en énergies renouvelables" : comme l'indique M. Camdessus, le document met en exergue le potentiel "vert" d'un continent doté de vastes ressources d'hydroélectricité, de géothermie, d'énergie solaire et éolienne. (Marc Roche, Le Monde)
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