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La lettre de Malango N°48
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La lettre de Malango
N°
48
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Vendredi 27 Juin 2008
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" La Lettre de Malango"
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COMORES |
Politique |
Anjouan : la campagne du second tour a débuté
Lundi 23 Juin 2008 |
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La campagne électorale du second tour de l'élection du président de l'île d'Anjouan a débuté samedi 21 juin. Mohamed Djaanfari, arrivé en tête au premier tour le 15 juin avec 44,18% des suffrages, part favori devant Moussa Toybou (40,12% des voix) lors du second tour, programmé dimanche 29 juin. "Notre souhait est que la campagne se déroule dans une atmosphère de paix et de liberté et que tout le monde puisse voter librement comme ce fut le cas le 15 juin", a déclaré le ministre chargé des élections, Mmadi Ali, lors de l'ouverture de la campagne du second tour. Il a également appelé les Anjouanais "à aller massivement aux urnes, cette fois", alors que le premier tour a été marqué par un faible taux de participation (42,79%). Le second tour oppose M. Djaanfari, député de Sima à l'Assemblée de l'Union des Comores et homme d'affaires spécialisé dans le transport maritime, à Moussa Toybou, ingénieur des travaux publics formé en Algérie, peu connu sur la scène politique malgré un bref un passage au gouvernement en tant que ministre sous le régime de l'ancien président Said Mohamed Djohar, et qui bénéficie du soutien du président de l'Union des Comores, Ahmed Abdallah Sambi. Le premier part favori. Celui qui était arrivé en deuxième position (derrière Sambi) lors des primaires de l'élection du président de l'Union en 2006 semble en effet disposer d'un réservoir de voix important. Bien que mince, son programme est connu par la population depuis deux ans : miser sur le développement de la pêche et l'agriculture et lutter contre la corruption. Ce n'est pas le cas de son rival : jusqu'alors inconnu, Moussa Toybou –dont le programme se résume au développement des infrastructures et à une bonne entente avec le pouvoir fédéral- ne doit sa popularité qu'au soutien que lui a apporté officiellement Ahmed Abdallah Sambi durant la campagne. Un soutien à double tranchant. Le contexte social très tendu sur l'île pourrait lourdement handicaper le candidat du pouvoir. Depuis l'opération militaire du 25 mars qui a chassé du pouvoir le colonel Bacar, la situation s'est dégradée à Anjouan, où l'état de grâce de Sambi n'a été qu'un feu de paille. Les pénuries de riz et de carburant ajoutées aux délestages d'Electricité d'Anjouan (EDA) ont paralysé l'économie locale. Seul un jeu d'alliances en sa faveur pourrait faire gagner Moussa Toybou. Sur les trois candidats malheureux du premier tour, deux pourraient le soutenir, Bastoine Soulaimana et Bacar Abdou. L'arrivée de Sambi à Anjouan samedi 21 juin après un déplacement de dix jours à l'étranger pourrait décanter la situation. Cependant, les partisans de Djaanfari dénoncent le parti pris des médias d'Etat en faveur de Toybou. Mohamed Djaanfari lui-même s'est fendu d'un communiqué jeudi 19 juin dénonçant à l'avance les pressions du clan Sambi. "Chers électeurs et électrices, à l'issue du scrutin du 1er tour, vous avez fait la moitié du chemin, celle qui reste à parcourir s'avère semée d'embûches", pense-t-il, avant d'affirmer que "les intimidations vont s'accentuer ; la corruption se généralisera ; les magouilles se multiplieront ; les contre-vérités seront déversées sur ma promesse et sur mon parcours politique." VM
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MAYOTTE |
Justice |
Mayotte : Saïd Omar Oili mis en examen pour "prise illégale d'intérêt"
Lundi 23 Juin 2008 |
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L’ex-président du Conseil général de la collectivité départementale de Mayotte, Saïd Omar Oili, a été mis en examen vendredi 20 juin par une juge d'instruction de la Réunion, pour "prise illégale d'intérêt". A son retour à Mayotte samedi 21 juin, il a été accueilli à l'aéroport par une foule de ses partisans.
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Said Omar Oili, alors Président du Conseil Général de Mayotte (Photo kashkazi). |
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Du "beau" monde |
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Cette affaire pourrait concerner d'autres hautes personnalités politiques de l'île. Selon Me Thani cité par la presse réunionnaise, "d’autres personnes et pas des moindres seront entendues” par la juge d'instruction. Une source digne de foi à Mayotte confirme que des responsables des principaux partis (UMP, PS) et des membres de l'ancienne majorité pourraient aussi être mis en examen. |
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L'ancien président du Conseil général entre 2004 et 2008 et actuel membre de l'opposition a été entendu vendredi 20 juin par la doyenne des juges d’instruction réunionnais, Brigitte Lagière, au palais de justice de Champ-Fleuri, à Saint-Denis. L'affaire le concernant a en effet été délocalisée par le procureur de Mayotte, afin d'échapper aux connivences propres à ce petit territoire et de résoudre le problème récurrent du manque de moyens de la justice à Mayotte. Le conseiller général de Dzaoudzi-Labattoir a été entendu durant trois heures par la juge d'instruction, en présence de son avocat, Maître Thani Mohamed. A l'issue de son audition, il a été mis en examen. Il est cependant sorti souriant de sa rencontre avec la juge. “En l’état du dossier, j’ai ressenti un soulagement, car depuis 2005 que cette affaire a débuté, je n’ai jamais été entendu…” a-t-il déclaré à la presse réunionnaise. Mais la raison de son soulagement se trouve ailleurs. Me Thani a en effet révélé que "le chef [le plus grave] de poursuite de détournements de fonds n’a pas été retenu” contre son client –celui que l'opposition avait maintes fois brandi lorsqu'il était président. Selon Me Thani, "mon client a été mis en examen pour prise illégale d’intérêt" dans l'affaire du journal Le Mawana. En 2005, le Conseil général avait accordé, dans le cadre de l'aide à la presse et de l'aide aux nouvelles sociétés, deux subventions d'un montant total de 68.000 euros au journal à peine créé, alors que la femme du président de l'époque en était la principale actionnaire. Si certains médias mahorais avaient alors crié au scandale –notamment parce que la subvention avait été votée avant que le premier numéro du journal ne soit publié-, Me Thani Mohamed relativise les griefs émis à l’encontre de son client : “Il faut savoir que cette subvention de 68.000 euros a été votée à l’unanimité, par l’ensemble des conseillers généraux. En outre, mon client n’a pas participé à cette délibération…” Conformément au règlement, il était sorti de la salle lors du vote. La défense ajoute non sans malice que “l’ouverture de cette information judiciaire découle d’une plainte de l’actuel président du conseil général, Ahamed Attoumani [Douchina]", or "à l’époque, ce dernier était conseiller général et il a voté et approuvé également cette subvention.” Au même moment, une autre société naissante, Média Mayotte, dirigée par le journaliste Zaïdou Bamana, avait également bénéficié du même type de subventions, pour un journal, Meso, aux parutions très épisodiques –deux numéros ont été publiés depuis. Ironie du sort, le même Zaïdou Bamana est désormais le directeur de la publication et actionnaire principal du Mawana –dont Oili n'est plus actionnaire. VM |
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COMORES |
Justice |
La Justice française rejette la demande d'extradition de Mohamed Bacar
Mercredi 25 Juin 2008 |
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La Cour d'appel de Saint-Denis de la Réunion a donné mardi 24 juin un avis défavorable à l'extradition du président déchu de l'île d'Anjouan, Mohamed Bacar, et des hommes de sa garde rapprochée, réclamée par l'Union des Comores.
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Le Colonel Bacar en juin 2007. (Photo Kashkazi) |
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Les autres dossiers |
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L’affaire de l’entrée illégale avec armes, pour laquelle Bacar et ses hommes ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis début juin, fait l’objet d’un recours devant la Cour de cassation. L’arrêté de reconduite à la frontière pris par la préfecture de la Réunion sera examiné par la cour d’appel administrative de Bordeaux. Quant à la décision de l’Ofpra de ne pas accorder l’asile à Bacar, elle est également contestée par ses avocates. |
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La Cour a suivi les réquisitions de l'avocat général qui, à l'audience du 5 juin dernier, avait considéré que l'intégrité physique du colonel Bacar et de ses hommes serait menacée s'ils étaient renvoyés aux Comores, citant une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), qui avait rejeté le 6 avril dernier une demande d'asile en France du colonel Bacar tout en excluant son renvoi aux Comores en raison des "risques de persécution". L'extradition de l'ancien dictateur avait été demandée par l'Union des Comores pour "atteinte à l'autorité de l'Etat" et "complicité d'homicide volontaire, de coups et blessures volontaires, viols et détournements des deniers publics". Les autorités comoriennes avaient transmis aux autorités françaises une série de procès-verbaux d'audition de personnes déclarant avoir été victimes des hommes du colonel Bacar. "Ce sont des pures inventions" avait répliqué l'ancien président à l'audience. L'avocat général François Basset avait de son côté estimé que "les autorités comoriennes n'apportaient pas un début de commencement de preuves" dans leur dossier. Défendant les intérêts de l'Etat comorien, Me Jacques Vergès avait assuré que le dossier relevait du "pur droit commun". Il avait demandé à la Cour de ne pas émettre un avis négatif qui aurait pour effet "d'empêcher le gouvernement français de prendre ses responsabilités". "Vous êtes là pour servir la justice indépendante et pas le gouvernement et ses magouilles" avait lancé l'avocat. Après cette décision de la Cour d'appel, Mohamed Bacar, visiblement réjoui, a déclaré avoir "toujours eu confiance en la justice française". Son avocate s'est également montrée satisfaite : "Le plus important est fait : ils ne seront pas renvoyés aux Comores. Mais ce n’est pas encore la fin de l’histoire. Il faudra bien leur trouver un pays d’accueil, ils ne pourront pas rester ad vitam dans la base aérienne 181 [où Bacar et ses hommes sont actuellement assignés à résidence]", a réagi Me Marie Briot. Si d’autres procédures restent en cours (lire ci-contre), le gouvernement français est tenu par cette décision de justice et ne pourra renvoyer Bacar dans son pays. Il lui reste à trouver un pays d'accueil. Selon une source diplomatique proche du dossier citée par Le Quotidien de la Réunion, des discussions sont en cours, notamment avec le Bénin. VM (avec AFP et Le Journal de l'île de la Réunion)
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MAYOTTE |
Immigration clandestine |
Un réseau de passeurs démantelé et jugé à Mayotte
Mercredi 25 Juin 2008 |
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Le Tribunal de première instance de Mamoudzou a jugé mercredi 18 juin les membres présumés d'un réseau qui organisait les passages clandestins de personnes et de drogue entre Anjouan et Mayotte. Le substitut du procureur de la République, Thomas Michaud n'a pas masqué sa fierté à l'audience correctionnelle du 18 juin, lorsqu'il a déclaré : "J'éprouve aujourd'hui une grande satisfaction de vous présenter autre chose que de simples passeurs. Nous avons devant nous un vrai réseau mafieux qui tire profit de la misère humaine". Habituellement jugés en comparution immédiate et condamnés à douze mois de prison ferme, et bien que présentés comme des "exploiteurs de misère", les passeurs, souvent de simples pêcheurs, ne sont pas les premiers responsables du trafic de kwassas entre Anjouan et Mayotte. Ils sont pourtant les plus exposés. Rarement les vrais commanditaires –propriétaires de barques et organisateurs de filières- sont jugés : ce procès concernant un de ces réseaux fut donc une première. Les quatre prévenus qui comparaissaient à la barre –en l'absence du cinquième en fuite, Abdourazak, qualifié par M. Michaud de "grand horloger" et qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international- étaient accusés d'être les chevilles ouvrières d'un réseau de passages clandestins de personnes mais aussi de drogue entre les deux îles distantes de 70 km. L'affaire remonte au 31 août 2006, lorsqu'un kwassa appartenant à Abdourazak est arraisonné dans le lagon par la gendarmerie. Outre 15 passagers, le passeur transporte 3 kilos de bangué -l'herbe locale. Lors de son interrogatoire, il révèle qu'il doit transmettre la drogue à un homme de nationalité malgache dont les enquêteurs avaient déjà entendu parler, ainsi qu'à une femme, la nièce du "grand horloger", de nationalité française. La mise en place d'écoutes téléphoniques permet de prouver que ces derniers sont en contact régulier avec Abdourazak à Anjouan, ainsi qu'avec sa femme, avec qui ils organisent les venues des barques clandestines et discutent des tarifs et des adresses où envoyer les "colis". Après plusieurs mois d'enquête, ces deux individus sont interpellés en mars 2007. Rapidement, ils dévoilent tout : les personnes qui, à Mayotte, veulent faire venir clandestinement des membres de leur famille contactent la nièce et lui payent 120 euros par personne –en général ; trois à quatre fois par mois selon elle, celle-ci se rend à l'aéroport et confie à un passager qui part à Anjouan une enveloppe adressée à Abdourazak ; elle sert ensuite de relais entre ce dernier et les familles. Quand elle n'est pas là, c'est le Malgache qui la remplace. Le trafic est d'importance : selon sa nièce, Abdourazak affrète un kwassa par jour en moyenne. Quant au bangué importé, le Malgache l'estime à 1.000 kg par mois… Arrivée quelques jours après leur arrestation pour les remplacer, la femme d'Abdourazak est elle aussi arrêtée. Puis c'est au tour d'une quatrième personne : un commerçant en situation irrégulière qui aurait financé la fabrication de barques par Abdourazak. Des quatre prévenus, il est le seul à nier les faits. Selon son avocate, Me Fatima Ousséni, l'argent qu'il aurait remis à Abdourazak devait servir à fabriquer trois barques de pêche pour "des membres de sa famille et rien d'autre". Le cas particulier de ce dernier, incarcéré depuis plus d'un an comme le ressortissant malgache, inspirera au procureur plus d'indulgence que pour les autres. M. Michaud réclamera 3 ans de prison ferme, contre 5 pour les trois autres, et 10 pour Abdourazak, au cas où il serait arrêté – "des peines exemplaires", a estimé le procureur. Verdict le 2 juillet. VM
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MAYOTTE |
Immigration clandestine |
La Cimade demande la fermeture du CRA de Mayotte
Mercredi 25 Juin 2008 |
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Dans un communiqué intitulé "Après Vincennes des mesures s'imposent", la Cimade demande, entre autres mesures suite à l'incendie du CRA de Vincennes et à la mort de l'un des retenus, la fermeture du Centre de rétention administrative de Mayotte. Dans son communiqué, la Cimade "demande aux pouvoirs publics d'assumer leur responsabilité sur les évènements du centre de rétention de Vincennes, et de prendre d'urgence les mesures destinées à protéger les personnes afin d'éviter de nouveaux drames". Le week-end dernier, un homme est mort au Centre de rétention de Vincennes, et le bâtiment a été incendié le lendemain. Le transfert des autres retenus dans d'autres centres de rétention "s'est déroulé dans des conditions particulièrement pénibles, sans d'ailleurs respecter les procédures prévues. La plupart ont perdu tous leurs effets personnels et n'ont pas pu joindre leurs proches", indique la Cimade. Outre "la libération immédiate des personnes qui étaient à Vincennes samedi et dimanche dernier", la "suppression et [l']interdiction des quotas d'expulsion", et le respect de "l'engagement pris de limiter la capacité des centres de rétention", la Cimade réclame la "fermeture du CRA de Mayotte". "Si les conditions matérielles des CRA en métropole sont globalement convenables, ce n'est pas le cas outre-mer. Celui de Mayotte est indigne. Nous demandons, comme la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), sa fermeture immédiate", indique l'association qui intervient dans ces lieux d'où sont reconduits à la frontière les étrangers en situation irrégulière. VM
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AFRIQUE |
Société |
Afrique : fin de certains visas dans 25 Etats, dont les Comores
Lundi 23 Juin 2008 |
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Vingt-cinq Etats africains représentant la moitié du continent ont convenu d'abolir les visas pour les déplacements professionnels. La décision a été annoncée mercredi 18 juin au Bénin, à l'issue d'une réunion des Etats membres de la Communauté des Etats sahélo-sahariens. "Le visa est supprimé pour les hommes d'affaires, chercheurs, sportifs et artistes de renom dans l'espace CEN-SAD", peut-on lire dans la déclaration finale du sommet de Cotonou. La déclaration annonce aussi un effort particulier en faveur du développement agricole et de la coopération entre les pays exportateurs et importateurs de pétrole, afin d'aider les populations à faire face à la flambée des prix des aliments et des carburants. Aucune précision n'est toutefois fournie. La CEN-SAD s'étend du Maroc, de la Libye et de l'Egypte au nord à la République centrafricaine au sud, et à la Somalie et aux Comores à l'est.
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Outremer/DOM TOM |
Développement |
Jégo va présenter un plan de croissance pour l’Outre-Mer
Mercredi 25 Juin 2008 |
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Le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer Yves Jégo présentera avant fin septembre "un plan de croissance sur trois ans de l’outre-mer" incluant des mesures de soutien à l’exportation des entreprises et d’accompagnement du petit commerce, de l’artisanat et de l’agriculture. M. Jégo, qui a réuni à Paris les préfets et hauts commissaires d’outre-mer, veut également lancer un "plan pêche et d’exploitation de la mer", a-t-il indiqué à l’AFP. Il a annoncé la création d’une direction de la stratégie, de l’évaluation et de la prospective, "outil d’expertise et de pilotage" permettant au secrétariat d’Etat à l’outre-mer (SEOM) "de ne dépendre de personne", notamment de Bercy. Les deux directions actuelles du SEOM vont fusionner le 1er septembre en une délégation générale à l’outre-mer, composée de trois pôles, "un pôle interministériel par sujets", "un pôle juridique et de gestion des collectivités locales" et un pôle "stratégie, évaluation et prospective". Cette délégation générale sera l’"administration centrale" du SEOM et composée de 60% de cadres de catégorie A. Dans la nouvelle maquette du SEOM ne seront conservés que les "crédits intelligents" (fonds de développement de l’outre-mer, crédits de contractualisation, crédits du logement…), selon M. Jégo. Le budget du SEOM va donc baisser en 2009, certains crédits étant transférés, mais les crédits consacrés globalement par l’Etat à l’outre-mer (15 milliards d’euros environ) ne vont pas reculer. Le projet de loi-programme sera présenté le 28 juillet en Conseil des ministres. "En gros 90% des financements de la loi Girardin seront conservés, mon objectif reste d’avoir une forme de loi de consensus", a affirmé M. Jégo. Le secrétaire d’Etat rencontrera les parlementaires le 25 juin et aura une réunion de "bouclage" avec les socio-professionnels le 26. (AFP)
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AFRIQUE |
Politique |
Les 90 ans de Nelson Mandela
Mercredi 25 Juin 2008 |
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Nelson Mandela aura 90 ans le 18 juillet prochain mais son anniversaire sera célébré le 27 juin par un grand concert à Londres, vingt ans après le concert historique de Wembley pour sa libération.
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Nelson Mandela (Affiche électorale 1994). |
Beaucoup se posent la question de son héritage, dans une jeune démocratie au bilan mitigé : décollage économique d'un côté et immenses défis de l'autre, avec les inégalités, la corruption, la violence et le sida. L’ancien prisonnier politique avait déjà fêté ses 85 ans en grande pompe, en 2003. La nation arc-en-ciel s’était retrouvée dans les rues de Johannesburg, courant pieds nus ou dans des baskets dernier cri, dans un vibrant hommage en forme de marathon. Encore une fois, celui que tout le monde, en Afrique du Sud, appelle Madiba, son nom de clan dans l’ethnie xhosa, va être célébré. Le 27 juin 2008, vingt ans après le concert historique de Wembley pour la libération de Mandela, un grand concert va de nouveau être organisé à Hyde Park, à Londres. En Afrique du Sud, la Fondation Nelson Mandela entend donner la part belle aux « idées », avec des livres, des expositions et des débats sur la liberté, l’égalité des races et des sexes. Ellen Johnson-Sirleaf, la présidente du Liberia, est notamment attendue en juillet à Soweto, où elle donnera une conférence spéciale. Le jour de l’anniversaire, des millions de personnes devraient pouvoir envoyer un texto à Nelson Mandela, qui ne sortira pas de l’intimité d’une réception familiale. À la retraite depuis 1999, après un unique mandat, l’ex-président se fait discret, mais ne dédaigne pas les honneurs. Occupé à rédiger la suite de ses mémoires, il vit entre les maisons familiales de Houghton, un quartier chic de Johannesburg, Qunu, son village natal du Cap oriental, et Maputo, la capitale du Mozambique. Un pays où il se rend régulièrement, depuis qu’il a épousé, le jour de ses 80 ans, Graça Machel, l’ancienne première dame mozambicaine. Alors qu’il s’apprête à souffler ses 90 bougies, beaucoup, à l’étranger, se posent la fameuse question "Wham?", qui fait tant sourire les diplomates sud-africains : "What happens after Mandela? (Que va-t-il se passer après Mandela ?)" L’interrogation suppose qu’un seul homme tienne à bout de bras un pays aussi immense. "Il n’en est rien, bien sûr", affirme Peter Magubane, un photo-reporter qui a immortalisé Mandela tout au long de sa vie, avant et après ses 27 années de prison. Sans son "exceptionnelle personnalité", reconnaît cependant le photographe, la transition négociée entre la fin officielle de l’apartheid, en 1991, et les premières élections multiraciales de 1994, n’auraient sans doute pas abouti au "miracle sud-africain". Alors que le pays était au bord de la guerre civile, Nelson Mandela a souvent sauvé la mise, grâce à sa droiture morale. "Sa politique de la grâce et de l’honneur, en évitant d’humilier l’adversaire, est la seule qui ait pu mener à une transition démocratique relativement paisible", commente Tom Lodge, professeur de sciences politiques à l’Université du Witwartersrand. S’il n’a pas apporté toutes les réponses aux nombreux problèmes de son pays, Nelson Mandela a posé les premières pierres morales de la "nouvelle" Afrique du Sud. "Il laisse un héritage qui va durer", estime George Bizos, un avocat blanc qui avait pris sa défense contre le régime raciste lors du retentissant procès de Rivonia, en 1963. Accusés de trahison, Mandela et ses camarades risquaient la peine de mort. Ils ont été condamnés à la prison à vie. Avec le recul, George Bizos n’a qu’un seul reproche à faire à son ami Mandela : "Il a promu la réconciliation avec ceux qui lui ont causé du tort dans le passé. Son appel au pardon a été très fort. Moi-même, je ne peux pas y souscrire complètement." Un sentiment que partagent nombre de Sud-Africains noirs, parmi lesquels Ruth Mompati, actuelle maire de Vryburg, ancienne responsable du Congrès national africain (ANC) en exil et secrétaire de Nelson Mandela, lorsqu’il était avocat dans les années 1950. "Au sein de l’ANC, nous l’avons parfois trouvé trop gentil avec les gens qui nous ont opprimés", dit-elle. Elle le décrit cependant comme un "leader fort, honnête, humain, grand travailleur, sans aucun ego, adoré par tout le monde et en même temps très ferme. Il savait ce que l’ANC voulait et avait la vision pour l’avenir." Grand apôtre de la réconciliation nationale, Nelson Mandela est resté un membre loyal de l'ANC. Contrairement à l’archevêque Desmund Tutu, qui a lancé en septembre 2006 un appel moral à des élites politiques critiquées pour leurs goûts de luxe et leur corruption, Nelson Mandela a gardé une certaine réserve. Très impliqué dans la Fondation pour l’enfance qui porte son nom, il ne s’est guère fait entendre que sur le dossier du sida, pour prendre la défense des malades, stigmatisés, et préconiser l’accès de tous aux traitements anti-rétroviraux, face à un gouvernement qui a refusé jusqu’en 2003 de les distribuer, dénonçant leur "toxicité". À la mort de son fils Makghato, en 2005, il a eu le courage de reconnaître que le VIH était la cause du décès. Aujourd’hui, l’homme qui a appelé à la lutte armée contre l’apartheid, en 1961, reste en retrait. Il observe les joutes politiques qui marquent la succession de Thabo Mbeki, l’actuel président, sans y prendre part. Dans les coulisses, a cependant révélé le journaliste sud-africain William Gumede, Nelson Mandela avait eu des objections, dès 1998, à la nomination au poste de vice-président de Jacob Zuma. Le bras droit de Thabo Mbeki était déjà considéré comme peu présidentiable. Aujourd’hui, c’est un responsable de l’ANC acquitté de viol, mais toujours poursuivi pour corruption – le procès commencera en août – qui entend briguer la magistrature suprême en 2009. Un contraste saisissant avec Nelson Mandela, modèle de probité et icône internationale. (Sabine Cessou, Syfia International)
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ZIMBABWE |
Politique |
Zimbabwe : Morgan Tsvangirai demande l'aide des dirigeants africains
Mercredi 25 Juin 2008 |
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Morgan Tsvangirai, le leader de l'opposition zimbabwéenne, a demandé, mercredi 25 juin, à l'Afrique de l'aider à sortir son pays de la crise. "Le temps est venu de l'action, maintenant", a-t-il lancé à l'adresse des chefs d'Etat africains. "La population du pays ne peut plus attendre", a-t-il ajouté. Arrivé en tête du premier tour de la présidentielle le 29 mars, le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) a fini par renoncer à participer au second tour de l'élection présidentielle, prévu vendredi, en raison des violences. "Je demande à l'Union africaine (UA) et à la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) de mener l'initiative afin de lancer ce que j'appellerais un mécanisme de transition", a déclaré M. Tsvangirai, en réclamant le déploiement de "troupes armées de maintien de la paix". Morgan Tsvangirai a également appelé les Nations unies à isoler son rival. "Nous demandons à l'ONU d'aller plus loin que sa récente résolution, qui a condamné la violence au Zimbabwe, pour incorporer un isolement actif du dictateur Mugabe, écrit-il dans une tribune publiée par The Guardian. Malgré le retrait de M. Tsvangirai, le président Mugabe, désormais seul candidat, a maintenu le second tour du scrutin. "L'Occident peut crier tant qu'il veut, l'élection aura lieu", a indiqué le chef de l'Etat, âgé de 84 ans, lors d'un rassemblement mardi dans l'ouest du pays. Il s'est aussi déclaré prêt à des négociations après le second tour, selon le quotidien Herald, proche du pouvoir. De son côté, M. Tsvangirai, qui a exigé la libération des prisonniers politiques comme préalable à toute négociation, a estimé mercredi qu'un "règlement négocié serait dans l'intérêt du pays". Il a cependant exclu toute négociation avec un gouvernement issu du second tour de la présidentielle. Le premier ministre britannique, Gordon Brown, a déjà annoncé un renforcement des sanctions contre le régime de M. Mugabe : "Je peux confirmer qu'il y aura un renforcement des sanctions financières et interdictions de territoire, contre des membres du régime de Mugabe qui seront nommément désignés. (...) Nous connaissons les noms des individus qui entourent Mugabe actuellement, nous connaissons les noms de la clique criminelle qui cherche à le maintenir au pouvoir et nous désignerons ces individus qui seront touchés par la nouvelle phase de sanctions", a annoncé le premier ministre. La Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) tient mercredi une réunion extraordinaire sur la situation au Zimbabwe. Selon l'agence angolaise de presse Angop, les ministres des affaires étrangères de la SADC ont convenu lundi qu'un "climat d'extrême violence" prévalait au Zimbabwe et que le gouvernement devait protéger son peuple. Le président sud-africain, Thabo Mbeki, ne s'y rendra pas. "Il s'agit d'une réunion de la troïka de la SADC, et M. Mbeki n'est pas membre de la troïka", a ajouté son porte-parole, Mukoni Rashintanga. La troïka est la commission de sécurité de la SADC, qui comprend le Swaziland, l'Angola et la Tanzanie. L'ambassadeur des Etats-Unis à Harare, James McGee, a appelé les membres de la SADC à déclarer "illégitime" le régime de Mugabe si le deuxième tour a lieu malgré le retrait de l'opposition. "M. Tsvangirai a demandé que cette élection soit nulle et non avenue et nous sommes d'accord avec lui pour dire que c'est probablement la meilleure solution", a-t-il déclaré. "Nous ne reconnaîtrons pas la légitimité du pouvoir issu des élections faussées du 27 juin", a de son côté déclaré la France, par la voix de la porte-parole du ministère des affaires étrangères, Pascale Andréani. (Le Monde, avec AFP et Reuter) |
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AFRIQUE |
Politique |
Brèves d'Afrique
Mercredi 25 Juin 2008 |
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L’Afrique du Sud tente d’intervenir dans la crise zimbabwéenneLe chef de file de l’opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, qui a annoncé dimanche son retrait de la course à la présidentielle zimbabwéenne, n’a pas « pas tout à fait fermé la porte » à une solution négociée, a déclaré Mukoni Ratshitanga, porte-parole la présidence sud-africaine ce lundi à Johannesburg. L’UA s’inquiète du retrait de Tsvangirai du 2è tour de la présidentielleLa Commission de l’Union africaine a fait part lundi de sa préoccupation au sujet de la situation au Zimbabwe, après la décision prise dimanche par le chef de file de l’opposition, Morgan Tsvangirai, de ne pas participer au second tour de l’élection présidentielle qui devait l’opposer le 27 juin 2008 à Robert Mugabe. L’Ethiopie se prépare à abriter son premier festival international de filmL’Ethiopie se prépare à accueillir, du 23 au 24 juin 2008, son tout premier festival international de film dont l’objectif est de promouvoir le cinéma en Ethiopie et dans les autres pays de la région. Un officiel du HCR enlevé à Mogadiscio par des inconnus armésLe chef du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à Mogadiscio, Hassan Mohamed Ali, a été enlevé dans la nuit de samedi à dimanche à Elesha Biyaha, une ville située à 17 km au sud de la capitale, Mogadiscio, par des hommes fortement armés, qui ont également emporté deux véhicules, ont confié des résidents à l’Agence de presse africaine (APA). L’Ouganda va abriter en novembre un sommet de l’UA sur les réfugiésL’Ouganda va abriter en novembre un sommet spécial de l’Union africaine qui se penchera sur les problèmes des réfugiés, des émigrés et des personnes déplacées en Afrique. Le Kenya appelle au renforcement des liens avec Israël
Le vice-président kenyan, Kalonzo Musyoka, a appelé mardi à un renforcement des relations bilatérales entre le Kenya et Israël, soulignant que cela permettrait d’améliorer les conditions de vie des populations dans les deux pays. Thabo Mbeki boycotte le sommet de la SADC au SwazilandLe président sud-africain, Thabo Mbeki, ne participera pas au sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) sur la situation au Zimbabwe qui s’ouvre mercredi au Swaziland et qui fait suite à une autre rencontre similaire de trois jours en Angola. L’Afrique du Sud et le Bénin signent un pacte de défense à PretoriaLe ministre sud-africain de la Défense, Mosiuoa Lekota, et son homologue du Bénin, Issifo Kongui Ndouro, ont signé mardi un protocole d’entente sur la coopération en matière de défense lors d’une cérémonie organisée à Pretoria. |
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ZIMBABWE |
Droits de l'homme |
Violences post-électorales au Zimbabwe : des victimes parlent
Mercredi 25 Juin 2008 |
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Les agresseurs d'Yvonne Chipowera l'ont battue, violée et aspergée d'urine pendant 16 heures, tout cela parce qu'elle soutenait le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), parti d'opposition zimbabwéen.
La jeune femme a raconté qu'une trentaine de miliciens fidèles au président Robert Mugabe et à son parti, la ZANU-PF, étaient entrés par effraction chez elle, à Epworth, une vaste commune située à la périphérie d'Harare, la capitale, le 9 juin dernier. Ils ont commencé par emmener cette jeune militante du MDC, âgée de 24 ans, au domicile présumé d'un leader local de la ZANU-PF, la battant tout le long du chemin. « Trois hommes me bousculaient pendant qu'on marchait. Ils m'ont emmenée loin de la route [ La suite sur le site ... ] |
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