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La lettre de Malango N°69

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Au sommaire de La Lettre de Malango N° 69 :
Un Français incarcéré cinq jours à Anjouan puis expulsé
Le gouvernement anjouanais refuse les Comoriens des autres îles refoulés de Mayotte
Mayotte : les instituteurs en grève le 27 octobre
Le député de Mayotte critique le projet de loi de finances 2009
Mayotte : sept kwassa interceptés en deux jours
Moroni veut abriter le sommet 2009 de la COI
Université des Comores : les enseignants en grève illimitée
Moroni accueille le 4ème Forum économique des îles de l'océan Indien
RFO : suppression de la pub dans un futur amendement, pas dans le projet de loi
Mayotte FIM 2008 : les invités du bout de l'Océan
Lancement d’un plan export Outremer avec Ubifrance
L’Ile Maurice va siéger au Conseil Economique et Social
150.000 personnes menacée d’épidémie suite à d'importantes inondations au Kenya
Les 'Mahorais bloqués' à Moroni, 'l'enturbanné' et la propagande aveugle de certains journaux
Revue du Net : des articles à lire sur la Toile
Le HCR demande au Yémen de continuer à accepter les réfugiés somaliens et érythréens
Arrestation de pirates dans le golfe d’Aden

La lettre de Malango
69

Vendredi 24 Octobre 2008

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COMORES INDEPENDANTES

Faits divers

Un Français incarcéré cinq jours à Anjouan puis expulsé  
Vendredi 24 Octobre 2008
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Un Français qui se présentait comme un touriste à Anjouan a été placé en garde à vue puis incarcéré samedi 18 octobre. Alors que ses trois compagnons ont été refoulés du territoire le lendemain, il a passé cinq jours dans les geôles anjouanaises avant d'être à son tour expulsé, jeudi 23 octobre.

Incarcéré à la Brigade de la gendarmerie de Mutsamudu, la capitale d'Anjouan, depuis samedi 18 octobre, un homme de nationalité française a été libéré jeudi 23 octobre en début d'après-midi après avoir été auditionné par le procureur, puis expulsé du territoire : il a été directement amené au port, d'où il a embarqué dans le Maria Galanta en direction de Mayotte, où il est arrivé en fin d'après-midi.

Officiellement, les autorités anjouanaises lui reprochaient un défaut de visa, explique-t-on au ministère français des Affaires étrangères, à Paris. "Ce sont des faits relativement légers. Le problème devrait être réglé rapidement", assurait mercredi 22 octobre un membre du Quai d'Orsay, quelques heures avant la libération de cet homme. L'Ambassade de France à Moroni, qui est restée silencieuse, "a suivi ce dossier", ajoutait-il.

Si le Parquet de Mutsamudu et la gendarmerie ne souhaitent pas communiquer sur ce sujet, il semble que l'homme était soupçonné par les autorités anjouanaises d'espionnage. "Il est suspecté d'être un mercenaire car sur son passeport figurent des visas de pays dans lesquels il y a eu des conflits : la République démocratique du Congo, le Malawi, le Rwanda…", nous indiquait mercredi un journaliste anjouanais qui a pu discuter avec le procureur Chahassou.

L'homme était arrivé à Anjouan en provenance de Mayotte vendredi 17 octobre avec trois compagnons, deux hommes et une femme, à bord du navire Maria Galanta. Placés en rétention, ces trois derniers ont été expulsés vers Mayotte deux jours après. "Au contrôle des visas, les autorités ont eu des doutes", explique notre correspondant. "En regardant les passeports de deux d'entre eux, on a l’impression que les photos ne collent pas comme il faut", indiquait lundi un agent de la sûreté nationale dans les colonnes d'Al-Watwan. L'hébergeant déclaré par ces personnes a également attiré l'œil des autorités. "Ils ont donné l'adresse d'une vieille dame qui ne parle pas français et possède une maison minuscule. Cela a éveillé les soupçons", poursuit le journaliste.

Interrogés par les médias locaux avant leur expulsion, les trois Français ont refusé de s'étendre sur leur cas. "Ils n’ont pas voulu répondre aux questions de la presse qui voulait savoir leur version des choses à propos de cette expulsion", notait lundi le quotidien Al-Watwan. "Ils ont tous refusé de décliner leur identité (…) Toutefois ils ont remercié la presse pour les avoir rencontrés et ne semblaient pas affectés après les 48 heures de rétention."

Cette incarcération et ces expulsions interviennent dans un contexte tendu, six mois après le débarquement de l'armée comorienne et des troupes africaines à Anjouan, et le renversement du régime Bacar. Il y a deux mois, le président de l'Union des Comores avait dénoncé des coups fourrés à Anjouan en provenance de Mayotte. "Tous les malheurs du pays sont arrivés par Mayotte", affirmait-il le 11 août (lire article), avant de déplorer le fait que "des gens entrent et sortent d'Anjouan comme ils veulent".

RC



COMORES INDEPENDANTES

Immigration clandestine

Le gouvernement anjouanais refuse les Comoriens des autres îles refoulés de Mayotte  
Jeudi 23 Octobre 2008
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Mardi 21 octobre au port de Mutsamudu, les Comoriens originaires des îles de Mohéli et de la Grande-Comore refoulés de Mayotte ont été interdits de descendre du navire Maria Galanta. Les autorités ont sommé l'agence de les transférer dans leur île, avant de les héberger.

Désormais, les autorités anjouanaises n'accepteront plus sur l'île les Grand-Comoriens et Mohéliens refoulés de Mayotte.

Mardi 21 octobre, trois ministres du gouvernement anjouanais, Bastoine Soulaïmana (Justice), Fadul Ahamed (Transports) et Mohamed Saïd (Intérieur) se sont rendu sur le quai du port de Mutsamudu afin d'assister à l'arrivée du Maria Galanta, chargé de Comoriens refoulés du territoire mahorais par les autorités françaises. Ils ont demandé à ce que les personnes originaires de la Grande-Comore et de Mohéli soient rapatriées dans leur île, et non à Anjouan. Après quelques minutes de négociations, ils ont finalement accepté d'héberger ces personnes en attendant qu'une solution soit trouvée, mais ont interdit au Maria Galanta de quitter le port.

"Il y a deux semaines, nous avons envoyé une note aux agences de voyages leur indiquant que désormais, elles doivent rapatrier les personnes expulsées de Mayotte au plus près de chez elles", indiquait mercredi 22 octobre le ministre des Transports d'Anjouan, Fadul Ahamed. "Nous sommes allés sur le port pour vérifier que cette note était bien respectée, ce qui n'a pas été le cas."

Cette note du gouvernement anjouanais date du 9 octobre dernier. Selon ce document envoyé aux trois agences de voyages (Comores Aviation, Tratringa 3 et Maria Galanta) qui acheminent les Comoriens refoulés par les autorités françaises de Mayotte vers Anjouan, il revient à l'agence de voyage de "rapatrier au plus près de chez eux" ces personnes. "Nous nous retrouvons à Anjouan avec des Grand-Comoriens et des Mohéliens qui n'ont rien à faire. Ils créent des troubles et n'ont aucun moyen de subsistance. Il nous semble légitime de demander à ce que l'Etat français prenne en charge leur retour chez eux", indique le ministre.

Toujours selon cette note,  il n'est plus question que les personnes expulsées arrivent dépenaillées au port de Mutsamudu et à l'aéroport de Ouani. "On voit des jeunes en culotte, sans chemise, sans chaussures", dénonce le ministre des Transports. "C'est inhumain. Nous demandons à ce que les autorités françaises respectent les droits de l'Homme et permettent à ce que ces personnes puissent récupérer leurs affaires personnelles avant d'être expulsées. Dans le cas contraire, c'est à l'agence de voyage de leur fournir le minimum", poursuit-il. La note stipule également que les mineurs expulsés ne seront plus acceptés et devront retourner à Mayotte.

Si les agences ne respectent pas cette note à l'avenir, le ministre n'exclut pas de prendre prochainement "des mesures", sans préciser lesquelles. "Nous attendons de voir s'ils acceptent de coopérer", conclut M. Ahamed. "Si cela ne change pas, nous agirons en conséquence. Ce n'est que le début d'une série de mesures que nous comptons appliquer dans les prochains jours" a pour sa part déclaré le ministre de l'Intérieur.

A Mayotte, les autorités cachent difficilement leur désarroi face à ces "complications". "Nous en prenons acte. Ils sont souverains. Pour l'instant, il n'y a pas eu de refus, juste quelques complications", indique-t-on à la préfecture. Du côté des agences de voyage, on reste dubitatif. "On va aller sur place pour discuter avec les autorités. On leur demandera ce qu'on doit faire", expliquait mercredi un cadre de la compagnie Tratringa.

RC

MAYOTTE

Mouvements sociaux, Syndicalisme

Mayotte : les instituteurs en grève le 27 octobre  
Mercredi 22 Octobre 2008
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Dans un communiqué de presse publié mardi 21 octobre, le SE-CGT-Ma et le Sima-Snudi-FO annoncent un mouvement de grève dans le premier degré de l'Education nationale à Mayotte à compter du 27 octobre.

Le dernier mouvement de grève des instituteurs, mené par le SE, remonte au mois de juin 2007.
"Nous pouvons refaire 2007"
Interrogé par nos soins, Rivomalala Rakotondravelo, secrétaire général du SE-CGT-Ma, affirme que la mobilisation des instituteurs devrait être forte le 27 octobre. "L'agissement de l'administration est un facteur de colère, c'est certain", indique-t-il. "Je suis confiant." S'il reconnaît que "nous n'avons pas intérêt à faire un mouvement comme en 2007 et l'administration non plus", il affirme qu'à la différence de 2007, "de plus en plus de parents d'élèves et de fonctionnaires se rendent compte que nous avions raison". "Nous pouvons refaire 2007", conclut-il.

Les deux principaux syndicats du premier degré ont déposé "un préavis de grève reconductible qui couvre tous les enseignants titulaires et non titulaires du premier degré du lundi 27 octobre au vendredi 31 octobre", indiquent-ils dans ce communiqué. Leurs revendications n'ont pas varié depuis leur dernier mouvement qui avait duré quatre mois en 2007 (de mars à juin) : la première d'entre elles est "le rétablissement à Mayotte de l'indexation des salaires", que le SE-CGT-Ma réclame régulièrement depuis des mois. Suivent "la majoration de la DSI  à 25% ; la titularisation de tous les instituteurs contractuels et l'intégration de tous les instituteurs de Mayotte dans le corps des Professeurs des Ecoles avant 2010 ; la mise en place d'un plan d'urgence de constructions, de rénovations et d'équipements des écoles."

Toutes ces revendications datent de deux ans, et avaient entraîné la grève de 2007, qui avait vu la grande majorité des classes fermées durant quatre mois, et au cours de laquelle plusieurs grévistes avaient été condamnés par la Justice pour avoir empêché leurs collègues de travailler et dégradé du matériel. Le meneur du mouvement, Rivomalala Rakotondravelo, secrétaire général du SE, avait également été condamné dans un procès que nombre de ses partisans avaient qualifié de "politique".

Afin de ne pas répéter ce type de manifestations, le SE et le Sima exigent "l'organisation urgente d'une réunion multipartite (préfecture, vice rectorat, parlementaires, conseil général et organisations syndicales) pour aborder tous ces points". Une réunion qu'ils réclament également depuis deux ans.

Dans leur communiqué, les syndicats dénoncent "le mépris de l'administration et son refus de dialogue social", ainsi que "les annulations répétées des réunions et les absences de réponses aux différentes correspondances des syndicats", qui ont abouti selon eux "à une exaspération généralisée des instituteurs et de leurs organisations syndicales". Le dialogue entre le vice-recteur et ces syndicats est rompu depuis plusieurs mois.

Une assemblée générale est prévue jeudi 23 octobre dans le cadre de ce mouvement de grève.

RC

MAYOTTE

Politique

Le député de Mayotte critique le projet de loi de finances 2009  
Jeudi 23 Octobre 2008
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Le député de Mayotte, Abdoulatifu Aly (MDM apparenté Modem) est intervenu mercredi 22 octobre dans la discussion générale sur le projet de loi de finances 2009 à l'Assemblée nationale, au nom des députés du Mouvement Démocrate.

Le député de Mayotte, Abdoulatifu Aly.

"Nous avons trois grandes observations à faire sur la première partie relative aux recettes de ce projet de budget", a débuté le député mahorais. La première : "Votre hypothèse de croissance n'est pas réaliste (…) Votre projet de budget est, passez-moi l'expression, construit sur du sable : une hypothèse de croissance dont tous les experts économiques s'accordent à dire qu'elle ne sera pas au rendez-vous. Vous prévoyez 1% lorsque les experts prévoient 0,5%… au mieux ! La question de la sincérité de ce budget est donc posée." Deuxième observation : "Cet irréalisme a une conséquence : la sous-évaluation du déficit".  Selon M. Aly, "le différentiel entre votre prévision et la réalité qui se dessine a pour résultat une surévaluation des rentrées fiscales d'au moins 5 à 10 milliards d'euros ; ce qui amènera le déficit entre 55 et 60 milliards d'euros en 2009. Nous allons donc entrer dans la zone rouge des critères européens et approcher voire dépasser les 3%." "Dans ce contexte", a-t-il  poursuivi, "vos choix fiscaux sont d'autant plus critiquables".

Le député en a également profité pour évoquer l'outremer en général, et Mayotte en particulier : "Permettez-moi d'ailleurs, toujours en qualité de député de Mayotte, de souligner que cette année 2009 sera l'année d'un choix crucial pour l'avenir de ce territoire. En mars, nos compatriotes mahorais devront se prononcer sur leur avenir institutionnel et la transformation de Mayotte en un département, en un VRAI département, garant de cette égalité républicaine dont je parlais à l'instant. Je vous donne donc rendez-vous dans un an pour la discussion budgétaire d'une France qui, nous l'espérons, comptera alors dans ses rangs un 101e département."


MAYOTTE

Immigration clandestine

Mayotte : sept kwassa interceptés en deux jours  
Jeudi 23 Octobre 2008
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Les autorités françaises de Mayotte ont intercepté sept kwassa dimanche 19 et lundi 20 octobre, pour un total de près de 200 passagers.

Plus de 160 Kwassa Kwassa ont été interceptés en 2007. (Photo Marine Nationale)

Trois embarcations clandestines ont été interceptées dimanche, et quatre autres lundi, au large des côtes mahoraises. Un nombre d'arraisonnements très élevé, qui peut s'expliquer par les patrouilles de plus en plus nombreuses et la mer relativement clémente ces derniers temps.

Conséquence de ces arraisonnements : lundi 20 octobre, 180 personnes dont sept mineurs se trouvaient au Centre de rétention administrative de Pamandzi, alors que celui-ci est conçu pour en accueillir 60. Toutes ont été reconduites à la frontière depuis.

Les passeurs ont été jugés en comparution immédiate.

NK


COMORES INDEPENDANTES

Coopération régionale

Moroni veut abriter le sommet 2009 de la COI  
Jeudi 23 Octobre 2008
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Le ministre comorien des Relations extérieures et de la Coopération vient d’effectuer un séjour de 48 heures à l’île Maurice où il a pu visiter le siège de la Commission de l’Océan Indien (COI), en sa qualité de président en exercice de l’organisation.

Ahmed Ben Said Jaffar a fait le déplacement à Port-Louis dans le cadre de la réunion des partenaires et bailleurs de la COI, mais ce fut surtout l’occasion de rendre visite au nouveau secrétaire général, le Seychellois Callixte d’Offay, et au personnel de l’organisation.

Avec Callixte d’Offay, qui a pris ses fonctions en juillet dernier, le chef de la diplomatie comorienne a eu "des entretiens très utiles" axés sur l’état d’avancement des activités de la COI, à la veille de la célébration du 25e anniversaire de l’organisation régionale le 10 janvier 2009, selon la chargée de mission, Fatoumia Bazi. Il a tenu à faire part de l’engagement du gouvernement comorien de célébrer cet événement "avec éclat et dans toute sa dimension régionale". Comme le veut la tradition, le ministre a planté un arbre dans le jardin du secrétariat général à Quatre-Bornes.

M. Jaffar a également rencontré les chefs de projets de la COI et a fait un point de presse. Dans son discours, il a insisté sur la visibilité des projets dans les pays membres de la COI et a souligné l’évolution positive de la COI depuis la signature de l’Accord de Victoria aux Seychelles.

Avant de quitter Maurice, il a informé la presse du souhait du gouvernement comorien d’abriter le prochain Sommet des Chefs d’État ou de Gouvernement de la COI dans le courant du premier semestre de 2009. Les Comores devront alors céder la présidence à la France pour le compte de l’île de la Réunion. La présidence est tournante entre les cinq États membres (Madagascar, Maurice, La Réunion, Seychelles et l’Union des Comores).

(HZK-Presse)


COMORES INDEPENDANTES

Mouvements sociaux, Syndicalisme

Université des Comores : les enseignants en grève illimitée  
Mercredi 22 Octobre 2008
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Comme annoncé samedi 18 octobre, les enseignants de l'Université de Moroni, en Grande-Comore, ont déclenché une grève illimitée lundi 20 octobre.

"Nous avons fait le constat que les négociations ont échoué", a déclaré à Al-Watwan le secrétaire général adjoint du Sneuc, Ahmed Abdullatif. Leurs revendications portent sur la régularisation de la situation administrative de 60% du corps enseignant, le paiement des arriérés de salaires et les avancements statutaires.

Les enseignants se plaignent également de ne pas être associés au fonctionnement de l’Université, créée en  2004. "Nous sommes exclus de la commission technique qui planche sur les questions majeures relatives à l’avenir de l’université", regrette M. Adullatif, toujours dans Al-Watwan.

Selon le président de l’Université, Mohamed Rachad Ibrahim, une bonne partie des revendications des enseignants sont aujourd’hui satisfaites. "Sur sept doléances du Sneuc, il n’en reste qu’une seule à n’avoir pas encore trouvé une réponse, le paiement des arriérés de salaires", indique-t-il.

NK (avec Al-Watwan)


COMORES INDEPENDANTES

Economie

Moroni accueille le 4ème Forum économique des îles de l'océan Indien  
Mercredi 22 Octobre 2008
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Les Comores accueillent depuis mardi 21 octobre et jusqu'au 23 le 4ème Forum économique des îles de l’océan Indien, au Palais du peuple de Hamramba, à Moroni.

Selon le quotidien Al-Watwan, près de 90 participants étrangers ont fait le déplacement pour ce quatrième forum, organisé pour la première fois dans l'archipel. "Parmi les personnalités présentes, on note le secrétaire général de la Commission de l’Océan indien (COI), des représentants de l’Union européenne et du Comesa" ainsi que des membres de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi) et du Centre du Commerce international, indique Al-Watwan. Une délégation de la Chambre de commerce et d'industrie de Mayotte (CCIM) est également sur place, de même que des délégations malgache, mauricienne, seychelloise, réunionnaise, tanzanienne et arabe.

"Le Forum économique des îles de l’Océan indien est l’un des plus grands évènements régionaux, une plate-forme de réflexion et de concertation pour faciliter les discussions entre les acteurs du développement, aboutir à des actions concertées et concrètes, favoriser une meilleure intégration économique régionale", rapporte Al-Watwan.

Des discussions thématiques évoqueront : "Les Comores : porte d’entrée des pays du Golfe", "La mise en œuvre de l’Ape intérimaire et de l’Ape définitif", "La sécurité alimentaire : quelle opportunité pour la région?" et "Le fret maritime régional : quelles solutions?"

NK (avec Al-Watwan)

Outremer/DOM TOM

Médias, Information

RFO : suppression de la pub dans un futur amendement, pas dans le projet de loi  
Mercredi 22 Octobre 2008
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La suppression de la publicité pour le groupe Réseau France Outre-mer (RFO) a été retirée du projet de loi sur l'audiovisuel public, mais sa disparition "à terme" sera réintroduite par voie d'amendement parlementaire, a déclaré mardi le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo.

Un peu plus tôt, une source gouvernementale avait indiqué à l'AFP que "la mesure" visant à supprimer la publicité sur RFO, qui regroupe les radios et télévisions publiques d'outre-mer, ainsi que la chaîne France Ô, "ne figure pas dans le projet de loi du gouvernement", confirmant une information du quotidien Libération.

"Le retrait du texte du gouvernement de la partie concernant la disparition progressive de la publicité, partout où le groupe RFO est en concurrence outre-mer, ne signifie pas pour autant l'abandon de cette perspective", a affirmé M. Jégo dans un communiqué.

"Le texte du gouvernement, pour cette partie-là, n'est pas passé au filtre du Conseil d'Etat parce que les collectivités d'outre-mer n'ont pas été consultées en temps et en heure" sur ce point, a-t-il expliqué à l'AFP.

Mais cela "ne change rien à la volonté politique du gouvernement", a-t-il souligné: "il n'y aura plus de publicité sur RFO à terme".

"Le dispositif sera réintroduit par un amendement parlementaire qui permettra la suppression de la publicité sur RFO partout où RFO est en concurrence, de façon progressive, conformément à mes souhaits", a ajouté le secrétaire d'Etat.

"Le gouvernement soutiendra l'amendement parlementaire qui sera déposé par Jean-François Mancel, député de l'Oise, et plusieurs autres parlementaires, afin que les téléspectateurs d'Outre-mer qui seront appelés, comme les métropolitains, à participer au financement de France Télévisions, bénéficient eux aussi à terme, d'un service public de qualité sans publicité", a-t-il précisé dans le communiqué.

Un peu plus tôt, M. Mancel (UMP), membre de la commission des finances de l'Assemblée, avait annoncé son intention de "déposer un amendement parlementaire afin de rétablir ce dispositif (suppression de la publicité) parfaitement juste et visant à traiter à égalité la métropole et l'Outre-Mer".

M. Mancel soulignait notamment que "le retrait du texte gouvernemental n'est dû qu'à un incident technique et que la mesure sur le fond doit rester valable".

Les deux projets de loi sur l'audiovisuel public, dont l'un entérine la suppression de la publicité à France Télévisions et l'autre modifie les règles de nomination des présidents des sociétés de l'audiovisuel public, seront présentés mercredi en conseil des ministres avant d'être discutés durant la deuxième quinzaine de novembre à l'Assemblée nationale.

(AFP)

MAYOTTE

Culture

Mayotte FIM 2008 : les invités du bout de l'Océan  
Mercredi 22 Octobre 2008
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Chaque année, Mayotte invite plusieurs artistes venant de divers pays. Pour l'édition 2008, plusieurs pays sont à l'honneur: l'Afrique du Sud représentée par Amampondo, Thandiswa Mazwai, Buzi Mlongo, Mandoza et DJ Castro B, l'Australie avec le groupe aborigène Koomuri ; le Mozambique et le groupe Timbila Muzimba, enfin, les Antilles avec Admiral-T.

AFRIQUE DU SUD

THANDISWA MAZWAI

La musique de Thandiswa Mazwai combine le traditionnel et le moderne Elle s'inspire des mélodies traditionnelles Xhosa, et y mêle des rythmes du Mbaqanga, une touche de reggae, du kwaito et des sons gospel. Sa musique fait écho au monde urbain, mais aussi rural, dont elle est originaire :née dans la ville de Transkei, et a grandi dans les arrondissements urbains d'Afrique du Sud...

BUZI MHLONGO

Busi Mhlongo est née dans les montagnes du Kwazulu, en plein pays zoulou. Elle est issue d'une famille de musiciens et apprend très jeune à jouer du tambour et à chanter lors des fêtes et à l'église. A l'adolescence, elle remporte un concours musical à Johannesburg et rejoint les rangs du groupe «African jazz». Elle en joue même dans son apparence, portant aussi bien des costumes traditionnels africains que des tenues urbaines et futuristes...

MANDOZA

Grande figure du mouvement kwaito, Mandoza est un artiste engagé, qui dénonce les nombreux problèmes sociaux liés à l'apartheid (1994) en Afrique du Sud. En 1999, il est premier des ventes (plus de 100 000 albums vendus) avec l'album « 9II5 Zola South ». En 2000, son album Nkalakatha est disque de platine...

AMAMPONDO

Amampondo est un groupe de percussionnistes sud-africain. Amampondo dément le dicton qui veut que la musique folklorique traditionnelle soit «ringarde». Selon Dizu, le charismatique leader du groupe: «Nous voulons aller aussi loin en arrière que possible, pour connaître les chants traditionnels, pour trouver ce qui est bon en eux, pour rapporter ces vieux chants...»

DJ CASTRO B

Castro B, musicien et DJ, est né dans le quartier d'East Rand, à Johannesburg. Il s'est initié tout seul à la musique à l'âge de six ans, En 1995, il se procure son premier PC, et, dans sa chambre transformée en studio, bricole ses propres tracks. Il mixe dans de nombreux clubs...

AUSTRALIE

KOOMURRI

Découvrez la culture aborigène par la chanson. Koomurri est un groupe de musique aborigène unique. Le groupe interprète les instruments traditionnels des aborigènes d'Australie, remis au goût du jour, parfois restant dans leur authenticité.Dansez et vivez l'expérience de la culture australienne traditionnelle et témoin de l'histoire aujourd'hui. Des danses et des moments d'ateliers seront proposés au public au village du festival et ailleurs à Mayotte.
MOZAMBIQUE

TIMBILA MUZIMBA

Timbila est le son d'un long xylophone, Muzimba est le mouvement du corps. Ce groupe mélange habilement l'univers traditionnel du Timbila avec une musique contemporaine. Un groupe énergique, généreux, doué. Dans un quartier d'une banlieue proche de Maputo, nous retrouvons Tinoca, Cheny, Djibra, Orlando, Lucas, Osorio, Tony et Matchume...

ANTILLES

ADMIRAL-T

Admiral T est le principal défenseur de la scène ragga-dancehall antillaise auprès du grand public. Interprète- en créole - de thèmes sérieux et engagés, il est devenu un artiste majeur. Christy Campbell, de son vrai nom, est né en Guadeloupe, dans une famille pauvre qui compte dix enfants. Toaster depuis l'âge de douze ans, il intègre en 1997 le Karukera Sound System, un groupe local. Peu à peu, leur renommée augmente, le dancehall parvenant progressivement à se frayer une place sur une scène musicale dominée par le zouk. En 2002, ils décrochent leur premier tube, «Gwadada». Porté par ce succès, Admiral T fait du featuring sur diverses compilations et enregistre son premier album, «Mozaik Kreyol» dès l'année suivante. D'une efficacité garantie sur le dancefloor, il popularise immédiatement le chanteur sur la scène internationale, faisant de lui un rival possible de Sean Paul. Le long des chansons, il se montre concerné par les conflits de génération («Préjugés»), la misère («Débrouya») et une spiritualité déiste exacerbée («Everytime»)...

Outremer/DOM TOM

Economie

Lancement d’un plan export Outremer avec Ubifrance  
Jeudi 23 Octobre 2008
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Le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer Yves Jégo a annoncé mercredi 22 octobre au Salon international de l’agro-alimentaire de Villepinte un accord de partenariat entre son ministère et Ubifrance pour un grand plan d’aide à l’exportation des produits d’outre-mer, concernant notamment les entreprises alimentaires.

M. Jégo a précisé que l’Etat allait investir 1,5 million d’euros dans ce partenariat, qui s’inscrit dans une stratégie large de croissance de l’outre-mer, dont l’un des volets est le développement des exportations "à partir des outre-mers".

Ce volet "se renforcera spécifiquement pour l’alimentation par la création d’une marque-chapeau, 'France saveurs d’Outre-Mer'", "qui ouvrira des débouchés dans les grandes surfaces métropolitaines et aussi mondiales", a-t-il dit. Il s’agira d’une marque pour les produits qui n’en ont pas et d’un "label de complément" pour ceux qui en ont déjà.

"C’est la première fois qu’un gouvernement met l’accent sur la dimension export de l’outre-mer, et pas simplement vers la métropole", a souligné Christophe Lecourtier, directeur général d’Ubifrance, qui est une agence publique pour le développement international des entreprises. "On part des entreprises, le travail qui a été fait est d’identifier des champions dans les différents départements d’outre-mer et de voir quelles capacités elles ont à se projeter à l’étranger", a ajouté M. Lecourtier.

Ubisoft s’appuie sur les anciens services commerciaux des ambassades. Un bilan sera fait fin 2009 avec le nombre d’emplois créés et le chiffre d’affaires supplémentaire. L’expérience sera renouvelée en cas de succès.

"Les outre-mers françaises sont aux portes des grands marchés du monde, nous sommes sur des chiffres extrêmement faibles, 2% d’exportations seulement à La Réunion", a souligné M. Jégo.

(AFP)

MAURICE

Economie

L’Ile Maurice va siéger au Conseil Economique et Social  
Jeudi 23 Octobre 2008
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18 nouveaux pays siègeront au conseil économique et social à partir de janvier 2009.

L’Assemblée générale de l’ONU a remplacé mercredi 22 octobre un tiers des membres du Conseil économique et social (ECOSOC) en élisant 18 nouveaux pays qui siègeront à partir du 1er janvier 2009 pour un mandat de trois ans.

Ces pays sont : la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, Maurice, le Maroc, la Namibie, l’Inde, le Japon, l’Arabie saoudite, l’Estonie, le Guatemala, le Pérou, Saint-Kitts-et-Nevis, le Venezuela, la France, l’Allemagne, la Grèce, le Liechtenstein et le Portugal.

L’ECOSOC, qui, aux termes de la Charte, est l’organe principal de coordination des activités économiques et sociales de l’Organisation des Nations Unies, est composé de 54 États. Dix-huit membres sont élus chaque année par l’Assemblée générale, à la majorité des deux tiers, pour une période de trois ans; les membres sortants étant immédiatement rééligibles.

Lors d’un vote séparé, la Norvège a été élue en remplacement de l’Islande, qui a décidé de renoncer, en faveur de ce pays, à son siège au sein du Groupe des États d’Europe occidentale et autres États pour la période restante de son mandat. La Norvège siègera donc à l’ECOSOC du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2010.


KENYA

Météo, Climat, Catastrophes naturelles

150.000 personnes menacée d’épidémie suite à d'importantes inondations au Kenya  
Mercredi 22 Octobre 2008
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La contamination des points d’eau par des inondations dans le nord du Kenya menace plus de 150.000 personnes d’épidémie, a déclaré mardi la porte-parole du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA).

Il y a un an, en 2007, le Kenya avait déjà dû faire face à des inondations dévastatrices. (photo : Maina/AFP)
"Dans le nord-est, dans le district de Mandera, 6.000 personnes ont été déplacées par les inondations du 14 octobre, lorsque la rivière Daua est sortie de son lit. Au moins trois personnes sont mortes, 16 restent portées disparues", a dit Elizabeth Byrs lors de son point de presse à Genève. La porte-parole a ajouté que sept puits avaient été inondés, trois écoles fermées, 350 toilettes submergées et 1 kilomètre de conduites d’eau emporté par les flots. L’OCHA est préoccupé par la contamination des sources d’eau et du risque d’épidémie qui menace 150
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MAYOTTE

Médias, Information

Les 'Mahorais bloqués' à Moroni, 'l'enturbanné' et la propagande aveugle de certains journaux  
Vendredi 24 Octobre 2008
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Les Mahorais – sportifs et musiciens – bloqués à Moroni pour une histoire de visa ont retrouvé leur foyer mardi 21 octobre. Présentée comme un coup fourré d'Ahmed Abdallah Sambi par certains médias mahorais, l'affaire aurait pourtant dû rester anodine. Explications.

L'affaire a fait grand bruit à Mayotte : des Mahorais bloqués à Moroni par le seul fait du prince, en l'occurrence du président de l'Union des Comores, Ahmed Abdallah Sambi ? Voilà quelque chose d'inadmissible pour certains journalistes qui ont décidément la dent dure contre un président qu'ils se plaisent à appeler "l'enturbanné". Mais avant de détailler les mécanismes de la propagande mise en place par certains médias, de quoi s'agit-il, au juste ?

Les faits

Mi-octobre, plusieurs délégations de sportifs et musiciens mahorais se rendent en Grande-Comore, pour participer à des échanges : les membres de Kinga Folk, groupe de musique de Labattoir habitué à se rendre dans l'Union des Comores, ainsi que des handballeuses de Passamainty. Lorsque leur séjour touche à sa fin, ils se trouvent bloqués à Moroni pour une question de visa. "On avait prévu de payer le visa de sortie 500 francs comoriens, donc un euro. C'était le prix pratiqué avant", indique Ali Saïd, secrétaire général de Kinga Folk. "Mais dernièrement, ce prix est passé à 60 euros. Certains d'entre nous n'avaient pas cette somme, d'où le souci." C'est finalement le maire de Mamoudzou qui, présent sur les lieux, a réglé le problème, permettant aux Mahorais de quitter la Grande-Comore et de retrouver leurs foyers mardi 21 octobre.

Ali Saïd ajoute que lorsque le problème s'est posé, "on nous a proposé, en solution alternative, et pour éviter de payer ces 60 euros, de prendre une carte d'identité nationale comorienne, ce qui nous aurait permis de payer le visa de sortie 500 fc, donc 1 euro." Selon lui, point de chantage dans cette proposition. Au contraire : "C'était un moyen de nous aider pour la personne qui nous en a parlé". Une mesure dont a fait preuve le président du Conseil général (lire article) , pour qui cette affaire n'en est pas une…

La propagande en marche

Immédiatement, certains titres de la presse écrite mahoraise, Le Mahorais et Les Nouvelles de Mayotte, crient au scandale. Le premier titre : "30 jeunes mahorais bloqués à Moroni", et surtitre : "Mayotte-Comores : la coopération peut-elle avoir lieu ?" Le second y va d'un édito rageur, intitulé : "Rien ne va plus !"

Tous deux présentent l'affaire comme un coup fourré de Sambi. Une manière pour le président de l'Union des Comores d'humilier les Mahorais. Leur version : entre le moment où ces jeunes sont arrivés à Moroni et le moment où ils devaient partir, le méchant Sambi a fait passer un texte augmentant le tarif du visa de sortie. Extraits…

Le Mahorais (n°222, 21 octobre 2008, p.3) : "Les relations entre l'Union des Comores et Mayotte sont encore tendues et pour tenter de rapprocher les peuples, l'association comorienne Scout Ngome avait choisi de passer par les jeunes, loin de tous les conflits politiques. Hélas, c'était sans compter sur le président Sambi qui semble ne pas avoir apprécié cet échange innocent entre jeunes. Ainsi, quelques jours avant la fin du séjour des Mahorais, Ahmed Abdallah Sambi a fait augmenter la taxe de sortie du territoire de 1,06 à 60 euros, empêchant ainsi les adolescents de sortir du territoire. (…) L'Ayatollah aurait proposé un beau chantage : ou les jeunes payent ou ils prennent la nationalité comorienne pour sortir gratuitement du territoire." A ce moment, l'auteur de l'article cite "le directeur de communication du cabinet du président du Conseil général", qui affirme : "Et il ne s'agit pas de rumeurs !" Le directeur en question n'étant autre que Saïd Issouf, ancien journaliste qui écrivit en 2007 que Mohamed Bacar était un président "démocratiquement élu", l'information aurait mérité d'être vérifiée. Mais non : la journaliste n'a pas cru nécessaire de joindre les autorités comoriennes, ni même leurs soi-disant victimes. Elle poursuit et conclut : "La volonté du gouvernement comorien de voir Mayotte réintégrer le giron des îles de la Lune est venu jeter une fois de plus une ombre sur un geste qui partait d'un réel sentiment de partage. L'Union des Comores pense-t-elle vraiment que prendre des adolescents en otage fera changer d'avis l'opinion publique mahoraise ??" Des otages donc…

Avant de démonter cette falsification de la réalité, voyons ce qu'a écrit le directeur des Nouvelles de Mayotte, dans le style raffiné qui le caractérise…

Les Nouvelles de Mayotte (n°948, 21 octobre 2008) : "Quand aura-t-on fini d'être pris pour des blaireaux par l'enturbanné [comprendre Sambi, ndlr] de Moroni ? Après nous en avoir fait voir pendant des mois avec son chantage aux clandos [sic], le voilà qu'il prend littéralement en otage [des otages, on y revient, ndlr] de jeunes sportifs Mahorais partis en Grande Comores [la faute est de l'auteur, ndlr]. Il serait grand temps que nos responsables ouvrent grands leurs yeux plutôt qu'un autre endroit de leur anatomie et arrêtent de nous bassiner avec leur coopération régionale (…) Il suffit de boycotter une bonne fois pour toutes ces îles (…) Non mais c'est quoi ces conneries ? Décréter en voyant de jeunes sportifs mahorais, que désormais le visa de sortie coûte 60 euros c'est les prendre pour des cons (…)" On reviendra plus tard sur la répétition de litanies telles que "l'enturbanné" porteur de "babouches", et on ne citera pas les innombrables insultes du genre : "On n'a pas besoin d'aller se faire racketter par des abrutis". Arrêtons-nous seulement sur ce qu'il faudrait faire selon Les Nouvelles : boycotter le Forum économique qui se tient du 21 au 23 octobre à Moroni, dire à Sambi "d'aller se faire voir", et finalement boycotter tout court les îles indépendantes : "De toutes façons, à part la misère, y'a rien à voir !"

Outre le fait que l'auteur de ces lignes – le même qui, dans une autre récente édition, parlait du "lagon d'Anjouan", lagon qui n'existera que dans quelques centaines voire milliers d'années - n'a pas dû se rendre souvent dans ces îles pour donner ce conseil, l'on remarque que comme sa collègue du Mahorais, il n'a pas jugé important en sa qualité de journaliste de contacter les autorités comoriennes, ni même leurs soi-disant victimes.

Ce que ces médias ne disent pas (très certainement parce qu'ils ne le savent pas)

Que disent ces soi-disant victimes aujourd'hui ? "Le traitement médiatique qui en a été fait me désole." C'est Ali Saïd, de Kinga Folk, qui parle. "On a été très bien accueillis, et par les associations et par les villageois. Quand à l'administration, nous n'avons eu aucun problème. Nous regrettons juste de ne pas avoir été informés de ce changement." Et de conclure : "Je ne vois pas comment les journalistes pourraient mieux savoir ce qu'il s'est passé que moi, qui y étais ! Ils ne peuvent pas savoir mieux que moi." Or ils ne l'ont pas interrogé…

S'ils l'avaient fait évidemment, ils n'auraient pu s'adonner à leur haine de Sambi. Car de haine, ses soi-disant victimes n'en avaient pas, comme l'a également montré un reportage de Télé Mayotte. Et pour cause : si ces journalistes avaient contacté les autorités comoriennes, voire leurs confrères comoriens, voilà ce qu'ils auraient appris…

La décision de fixer à 60 euros le prix du visa de sortie ne date pas du laps de temps durant lequel ont séjourné ces Mahorais en Grande-Comore. La décision, signée par le ministre des Finances de l'Union des Comores et par le directeur du cabinet de la Présidence , date du… 4 juillet 2008. Bien avant donc que ces délégations ne se présentent à Hahaya. Si le choix d'une somme aussi conséquente est curieux – et certainement regrettable -, il apparaît difficile de lui prêter un quelconque désir de machination.

Quant au "chantage de l'Ayatollah" – "ou les jeunes payent ou ils prennent la nationalité comorienne pour sortir gratuitement du territoire" selon Le Mahorais -, il n'était en fait qu'une "proposition parmi d'autres", affirme Ali Saïd. "On ne nous a pas forcés à demander une carte d'identité." Une proposition liée à une note datant du 3 octobre 2008 (toujours avant que ces délégations n'arrivent à Hahaya) signée par le directeur de la Direction générale de la sûreté du territoire, qui stipule que tout ressortissant comorien, "quelle que soit sa nationalité indiquée sur le passeport", doit se munir d'une carte nationale d'identité comorienne.

Si cette dernière note peut prêter à confusion et à débat, nous voilà bien loin de la prise d'otage intolérable décrite par ces médias. Prise d'otage, à les croire, manigancée par Sambi lui-même. Ce dernier ne se trouvait pourtant pas aux Comores ces derniers jours : il avait quitté le pays le 15 octobre afin de se rendre au Québec, où se déroulait jusqu'au 19 octobre le Sommet de la Francophonie …

Les enseignements de cette désinformation

Comme souvent dans ce type d'affaires, les médias locaux se sont emballés, guidés non pas par la volonté d'informer, mais par celle de dénigrer un régime qui ne leur plaît pas car il a le tort à leurs yeux de continuer à revendiquer le retour de Mayotte dans l'ensemble comorien. Paradoxalement, ils se sont faits pour une fois plus virulents que les politiques eux-mêmes – la grande majorité de la classe politique locale ne s'est pas exprimée sur le sujet et le président du Conseil général a jugé l'affaire anodine -, devenant non plus les observateurs d'un conflit délicat, mais des acteurs poussant via des procédés malhonnêtes au rejet de la partie adverse. Plusieurs enseignements ressortent de ce traitement médiatique.

1- Un anti-Sambisme primaire. Ces médias veulent faire croire – à moins qu'ils n'y croient eux-mêmes - que le président d'un pays en telle situation de crise aime à perdre son temps dans de si mesquines histoires. Les journalistes y croient-ils eux-mêmes ? Cette fausse naïveté est à ranger dans la longue liste des méthodes de dénigrement d'un président certes très critiquable. Pourquoi de tels procédés, quand ces médias pourraient se contenter d'attaquer Sambi sur son bilan catastrophique ?

2- Un mode de pensée colonialiste. Le vocabulaire employé pour évoquer Sambi ("enturbanné", "babouches", barbu") est caractéristique des écrits datant de l'époque coloniale, méprisants envers ce qui n'est pas européen. Il s'agit en l'occurrence d'un des procédés favoris de la presse française d'extrême droite. Mais bien plus : le traitement de l'actualité des Comores indépendantes s'accompagne souvent dans ces médias de sarcasmes et d'idées reçues souvent infondées, qui démontrent le mépris de leurs auteurs.

3- Un manque de rigueur récurrent. C'est une règle d'or de certains médias : quand il s'agit d'évoquer les Comores, pas question d'appeler quiconque sur place – ni autorités, ni journalistes. Le Mahorais publie certes des dépêches d'agences (qu'il ne cite quasiment jamais soit dit en passant), mais les agrémente parfois de commentaires, souvent infondés, quelquefois justes. Dans cette affaire comme dans d'autres, est-il si compliqué d'appeler la présidence ou les services de l'immigration comoriens ? Voire des confrères journalistes – dont certains basés à Moroni sont excellents ? Téléphoner à Moroni ou Mutsamudu n'est guère plus difficile qu'appeler à Paris – sauf en période de crise énergétique, ce qui n'est pas (trop) le cas actuellement.

Quel argument pousse ces journalistes à ériger des frontières dans leur propre fonctionnement ? Quelle idée se font-ils de leur métier, si leur rigueur s'arrête aux barrières tracées par la politique ?

Il ne s'agit pas de dénoncer une simple faute : tout journaliste (tout journal) commet un jour ou l'autre des erreurs, se fait manipuler ou participe malgré lui à une œuvre de désinformation. Nous nous trouvons là face à un mécanisme de propagande sinon souhaitée, du moins acceptée par les journalistes qui s'y plient.

Si tous les médias locaux ne sont pas à ranger dans la même catégorie, certains ayant fait des efforts ces dernières années pour traiter l'actualité des Comores indépendantes en rémunérant des journalistes sur place, l'affaire des "Mahorais bloqués à Moroni" est un révélateur de l'état critique dans lequel se trouve une partie de la presse locale. Parfois rigoureuse lorsqu'il s'agit de l'actualité insulaire, elle prend les traits d'un chien enragé incontrôlable dès lors qu'il s'agit d'évoquer "l'ennemi comorien".

Rémi Carayol

22 octobre 2008

OCEAN INDIEN

Médias, Information

Revue du Net : des articles à lire sur la Toile  
Vendredi 24 Octobre 2008
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Chaque semaine, nous vous proposons de découvrir des articles qui ont retenu notre attention sur le net. Première livraison.

A quoi reconnaît-on à coup sur un Anjouanais ?

Il parait qu’on peut reconnaître un Anjouanais de loin. Il existe des signes distinctifs qui ne trompent pas. Je le sais parce que c’est une de mes élèves qui me l’a dit ce matin. Et ça doit être vrai puisqu’elle le tient de ses collègues enseignants. (…)

http://comores-mayotte-art.blogspot.com/2008/09/quoi-reconnait-on-coup-sur-un.html

 

 

"Quel avenir pour les musiques des régions d’Outre-mer ?"
Les musiques des DOM-TOM manquent de visibilité
Afrik.com se penche sur la situation des musiques des DOM-TOM à l’occasion d’une conférence qui s’est tenue vendredi, à Paris, au Secrétariat d’Etat à l’Outre-mer. Manque de visibilité et de reconnaissance dans l’hexagone, difficulté de trouver un label, désaffection des chaines hertziennes pour leurs musiques, les artistes français des Caraïbes peinent à se faire un nom en métropole.

http://www.afrik.com/article15484.html

 

 

Probo Koala

Malgré la convention de Bâle, l’Afrique reste un dépotoir

A la fin des années 80, une série de scandales – de la plage de Koko Beach au Nigeria à l’île équato-guinéenne d’Annobon – révélés par la presse locale et relayés par les médias internationaux mettait cruellement en lumière la considération que le monde occidental portait pour l’Afrique. Le continent noir était devenu la poubelle du monde riche. Alors que l’Europe se mettait à l’écologie, ses résidus chimiques, remugles hospitaliers, et autres déchets toxiques, sous-traités par des commanditaires souvent liés à la mafia italienne, se retrouvaient débarqués dans les décharges ouest-africaines avec le consentement d’intermédiaires locaux liés aux dictatures alors en place. (…)

http://blog.mondediplo.net/2008-10-22-Malgre-la-convention-de-Bale-l-Afrique-reste-un

 

 

Le scandale Salah Hammouri

Salah Hammouri est ce jeune franco-palestinien, emprisonné durant plus de trois ans, condamné par un tribunal miliaire israélien sans preuves à sept ans de prison à l’issue d’un procès où l’utilisation des « aveux » rappelle de sinistres souvenirs. Hammouri reste inconnu pour de nombreux français. Alors que la mairie de Paris et le gouvernement français se mobilisent pour les « otages », et en premier lieu pour le soldat franco-israélien Gilad Shalit, le silence autour du cas de Hammouri a quelque chose d’exemplaire (…)

http://blog.mondediplo.net/2008-10-18-Le-scandale-Salah-Hammouri

AFRIQUE

Immigration clandestine

Le HCR demande au Yémen de continuer à accepter les réfugiés somaliens et érythréens  
Jeudi 23 Octobre 2008
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Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés va réclamer au Yémen des clarifications sur ses récentes déclarations précisant que les Érythréens et les Éthiopiens se verraient refuser l’entrée du pays, a annoncé mardi son porte-parole.

La déclaration du ministre de l’intérieur du Yémen « coïncide avec la reprise du trafic d’êtres humains à travers le golfe d’Aden depuis la corne de l’Afrique --; avec principalement des Somaliens, mais aussi des Éthiopiens, des Érythréens et des ressortissants d’autres nationalités », a dit Ron Redmond, porte-parole du HCR, lors d’un point de presse à Genève. Le Yémen, signataire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et de son Protocole de 1967, accorde le statut de réfugié prima facie aux Somaliens et le pays permettait aussi jusqu’à présent aux arrivants non-somaliens de demander l’asile s’ils le souhaitaient, explique l’agence
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AFRIQUE

Faits divers

Arrestation de pirates dans le golfe d’Aden  
Jeudi 23 Octobre 2008
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Le jeudi 23 octobre 2008, neuf pirates somaliens ont été remis aux autorités somaliennes à proximité de Bosaso (Puntland). Ils ont été interceptés par un bâtiment de la Marine nationale au large du golfe d’Aden, dans les eaux internationales à 100 milles nautiques (env. 185 km) des côtes, lors d’une visite de contrôle. A bord de leurs deux embarcations ont été découverts de l’armement individuel et antichar ainsi que du matériel d’abordage.

Les autorités locales se sont engagées à poursuivre les pirates et ont donné au gouvernement français toutes les garanties de traitement de ces prisonniers conformément aux conventions internationales.

source : Ministère français de la Défense

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