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La lettre de Malango N°85

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Au sommaire de La Lettre de Malango N° 85 :
Centre de rétention de Mayotte : l'émoi et la colère
Centre de rétention de Mayotte : une vérité qui dérange
Mayotte devrait devenir un département en 2011
Référendum : ce sera le 29 mars
Le syndicat des enseignants à Mayotte modère la satisfaction des élus mahorais
Le projet de loi sur la citoyenneté économique continue à faire des vagues
Le FMI met en place un programme post-conflit en faveur des Comores
La compagnie aérienne Air Tanzania suspendue
La police et un opérateur téléphonique offrent un service d'appel gratuit aux mineurs à Madagascar
30 millions de dollars de la Banque Mondiale à Madagascar pour le développement rural
Maurice : le FMI revoit la croissance à la baisse (+4%)
Maurice : les arrivées touristiques en baisse en novembre
Nestlé envisage une implantation industrielle à Maurice
Le choléra a déjà fait plus de 1.100 morts au Zimbabwe
Le Kenya nie la présence de Félicien Kabuga sur son sol
Kenya : un tribunal spécial jugera les instigateurs des violences post-électorales
Un virus décelé chez des lémuriens de Madagascar donne de nouveaux indices sur l'évolution du VIH

La lettre de Malango
85

Vendredi 19 Décembre 2008

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MAYOTTE

Immigration clandestine

Centre de rétention de Mayotte : l'émoi et la colère  
Samedi 20 Décembre 2008
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Le quotidien « Libération » a mis en ligne sur son site (www.liberation.fr) un film tourné au centre de rétention de Pamandzi (Mayotte) montrant les conditions de rétention des clandestins avant leur reconduite à la frontière.

Le centre de rétention de Mayotte, vu de l'intérieur.

Pour accompagner cette vidéo qui a déjà suscité de nombreuses réactions, Libération publie deux articles signés Rémy Carayol, par ailleurs collaborateur de Malango (R.C.).

Mayotte : le centre de rétention, une zone de non-droit

MAYOTTE, correspondance RÉMI CARAYOL

Des dizaines d'hommes entassés dans une pièce dont la grille est fermée à double tour. Et qui crient, refusant d'être ainsi filmés - certains sont torse nu. A quelques mètres, tout près des poubelles où se trouvent les restes du repas, des femmes et des enfants sont couchés sur des matelas de fortune. Des gamins crient, d'autres pleurent. Certains dorment. Derrière les toilettes, un jeune homme qui a fui la promiscuité s'est assoupi à même le sol.

Les images du film que Libération s'est procuré, tourné en octobre par un agent de la Police aux frontières (PAF) de Mayotte au sein du centre de rétention administrative (CRA) de Pamandzi, sont édifiantes. Ce jour-là, il y avait 202 retenus dans le CRA, qui n'est habilité à n'en recevoir que 60…

«Inadmissibles». «Ce film montre ce que nous vivons au quotidien», indique un agent de la PAF qui, après avoir vu les images, a accepté de nous répondre de manière anonyme. Selon lui, «il est très fréquent que le nombre de retenus dépasse les 150, voire les 200». «Le record cette année est de 240», assure-t-il. Quant aux conditions d'accueil, «elles sont inadmissibles. […] Il n'y a que 60 matelas - et encore depuis peu. Les douches sont visibles depuis la salle des hommes. Il n'y a pas de toilettes réservées aux femmes et aux enfants.»

Un autre agent de la PAF de Mayotte va plus loin. «Les conditions de rétention des sans-papiers sont indignes, dit-il. Les gens sont traités comme des animaux. Et nous, on a la pression de la hiérarchie pour faire notre boulot sans rien dire. L'objectif, c'est de répondre aux attentes du ministère.» Si cet agent a accepté de nous parler, c'est d'abord parce qu'il n'a «pas fait ce boulot pour traiter ainsi les gens. Ce que je vois à Mayotte, je ne l'ai vu nulle part ailleurs». C'est aussi «parce que s'il y a un accident un jour, c'est nous, les lampistes, qui payerons, alors que la hiérarchie est parfaitement au courant de ce qui se passe ici. Par exemple, on est obligé de fermer à clé la salle des hommes pour éviter qu'ils s'échappent par le toit. Nous ne sommes que 5 agents, nous ne pouvons donc tous les surveiller. Mais s'il y a un incendie, ils seront bloqués… Nous sommes dans l'illégalité !»

Le CRA de Mayotte détient le record national de reconduites à la frontière avec 16 000 refoulés en 2007 - un sommet qui devrait être égalé en 2008. Des chiffres faramineux s'expliquant par la proximité historique, géographique et culturelle des Mahorais avec les Comores, d'où viennent la majorité des immigrés (lire page suivante).

Malgré les travaux en cours afin d'améliorer les conditions d'accueil - une pièce pour la restauration, des toilettes pour femmes et un coin enfants sont prévus, Flore Adrien, présidente du groupe local de la Cimade, dénonce elle aussi ces conditions d'accueil «indécentes». Surtout, affirme-t-elle, «le droit des personnes n'est pas respecté : des mineurs isolés sont expulsés, des Français qui n'ont pas le temps de montrer leurs papiers ou des Comoriens présents depuis vingt ans sur le territoire aussi…»

En décembre 2006, le syndicat Unsa police Mayotte avait déjà dénoncé «la surpopulation et le "toujours plus" [engendrant] des tensions que le personnel du CRA ne peut plus supporter». «Allons-nous attendre un incident grave pour agir ?» interrogeait le syndicat dans un tract, qui rappelait que «pour satisfaire aux lois de la République, nous respectons les textes en vigueur, mais il faut aussi que l'administration respecte les règles qu'elle a elle-même édictées».

Avertissements. Le 15 avril, la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) avait jugé ce CRA «indigne de la République». «Les conditions de vie […] portent gravement atteinte à la dignité des mineurs retenus», notait également la commission. «Malgré ces avertissements, la direction n'a rien changé», déplore l'un de nos informateurs. «Certes il y a des travaux pour améliorer l'accueil, mais la logique de traiter ces personnes comme des chiffres reste la même. Et les moyens ne suivent pas.»

Yvon Carratero, le directeur de la Police aux frontières cité dans un rapport de la commission des lois du Sénat publié début décembre, affirme que le CRA, «qui accueillait naguère 200 personnes», en accueille désormais «50 à 80, grâce à une meilleure organisation des modalités d'éloignement». Le film, tourné après la rencontre du fonctionnaire avec les sénateurs, prouve le contraire. «Rien n'a changé», certifie l'un de nos deux informateurs.

Libération, édition du 18 décembre 2008


«C'est là qu'est ma vie»

Venus de l'île comorienne d'Anjouan, les sans-papiers ont souvent plus d'attaches à Mayotte.

MAYOTTE, correspondance REMI CARAYOL

Le Centre de rétention administrative (CRA) de Pamandzi, Abdou le connaît bien. «J'y suis passé quatre fois, j'ai été expulsé quatre fois, je suis revenu quatre fois», dit-il dans un sourire amer, assis au fond de sa case en tôle située dans les bas du village de Mtsapere. «Quand on est là-dedans, on n'a pas envie de parler», raconte-t-il. «On dort ou on regarde la télé, mais on ne parle pas. On espère qu'une chose : être amené à l'aéroport et monter dans l'avion.»

Arrivé à Mayotte en 1999, Abdou, natif d'Anjouan, l'île la plus proche, située à 70 kilomètres au nord de Mayotte, a été arrêté en 2004, en 2007, et deux fois cette année. «Je suis toujours revenu quelques jours après, le temps de me faire envoyer l'argent nécessaire pour payer les passeurs. C'est ici qu'est ma vie : j'ai un travail, mes amis, mes enfants, qui sont tous deux nés à Mayotte…» Sa femme, elle, vit à Anjouan depuis quelques mois. «Elle est malade et a dû rentrer dans son village pour se faire soigner par les plantes.» Abdou n'a pas de papiers, mais il travaille dans un atelier de couture «qui marche bien». Récemment, lui et son collègue également sans papiers ont réalisé les robes pour l'élection de Miss Mayotte…

«Pas besoin de papiers». Son voisin, Mohamed, un Anjouanais qui passe sa vie entre son île natale et Mayotte, a fait mieux : il travaille dans un atelier d'artisanat de mobilier sculpté qui, régulièrement, fournit les préfets sur le départ. «On a également vendu des pièces au conseil général», dit-il. «On est tous des clandestins.»

Plus au nord, à Majicavo, dans un paysage d'anarchie urbaine, Salima a profité de ses petites-filles. L'histoire de cette grand-mère est emblématique : âgée de 58 ans, cette mère de cinq enfants dont trois filles, elles-mêmes mères de deux enfants chacune, tous nés à Mayotte, n'avait jamais demandé de titre de séjour. «Quand elle est arrivée à Mayotte, on n'en demandait pas. Les gens n'avaient pas besoin d'avoir des papiers», raconte l'une de ses filles. Le 5 janvier 2006, alors que des policiers organisaient une descente dans son quartier, elle a été arrêtée. Arrivée à Mayotte quatorze années auparavant, elle a été reconduite à la frontière le soir même. «On est venu à Mayotte en 1992», raconte sa fille Fatima. «Moi, j'avais 5 ans. Avant, on vivait à Anjouan. Mon père était venu ici travailler, puis on l'avait rejoint. On était arrivées en avion, on a même le tampon [de la Police aux frontières] sur notre passeport. A l'époque, il n'y avait pas de visa, les gens étaient libres. On a toutes fait nos études ici. On a toujours vécu dans cette maison.» Perdue à Anjouan, dans une île où seule une lointaine cousine était capable de l'héberger, Salima a dû patienter six mois avant de pouvoir rentrer «chez elle», comme l'expliquent ses filles. «Qu'est-ce-que je faisais à Anjouan ? Mes enfants sont à Mayotte, mes biens aussi. Je suis étrangère à Anjouan. C'est ici que j'ai fait ma vie.»

«Proximité». Selon les estimations officielles, les «clandestins» représentent un tiers des 178 000 habitants de Mayotte. Cette notion est cependant particulière dans cette île qui, en 1975, a choisi de rester française quand ses trois voisines optaient pour l'indépendance. «Passée dans le langage commun pour désigner le collectif des immigrés comoriens à Mayotte, l'expression de "clandestin" paraît pourtant assez peu appropriée pour décrire la réalité existentielle de cette population, note le sociologue David Guyot. La grande proximité culturelle entre Comoriens et Français natifs de Mayotte conduit à une insertion très diffuse de la population immigrée dans le tissu social et urbain du territoire d'accueil.»

«On nous traite de clandestins, mais on vit comme les Mahorais. On prie ensemble. On participe aux mêmes cérémonies. On joue dans les mêmes équipes», dit Houssein, un jeune au physique d'athlète qui végète à Kaweni, le plus grand bidonville de l'île où s'entassent des milliers de Comoriens dans des cases en tôles perchées sur les pentes de la colline.

Sur les hauteurs du bidonville, la colère succède souvent à la résignation devant le spectacle de la zone industrielle que ce quartier domine. «Les Mahorais nous rejettent, mais quand ils ont besoin d'un maçon, ils nous appellent, nous payent 250 euros par mois, puis nous oublient.» Régulièrement, les habitants de Mayotte réclament en effet leur départ. «Ils représentent une menace, tant au niveau sécuritaire qu'économique», indique un membre d'une association «de défense des intérêts des Mahorais». «Ils doivent tous partir», dit-il. S'il reconnaît qu'ils sont «des frères», il estime que «le choix des Mahorais de rester français doit être respecté», et que les Comoriens «n'ont qu'à rester chez eux».

Alors que les naufrages de kwassa, les embarcations clandestines, sont nombreux entre Anjouan et Mayotte (on en dénombre six en 2008, pour un bilan de 25 morts et environ 80 disparus), le dernier en date, qui a fait 14 victimes le 20 novembre, a montré à quel point la tension est vive dans l'île. Les jours suivants, les habitants de la commune de Bouéni ont refusé que les corps repêchés soient inhumés dans le cimetière villageois. «L'Etat renvoie les vivants, il peut bien renvoyer les morts», expliquaient les manifestants…

Libération, édition du 18 décembre 2008



MAYOTTE

Immigration clandestine

Centre de rétention de Mayotte : une vérité qui dérange  
Samedi 20 Décembre 2008
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Les conditions de vie à l'intérieur du centre de rétention administratif de Mayotte sont connues de tous, notamment depuis la parution de l'accablant rapport de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS).

Le quotidien des clandestins au centre de rétention de Mayotte.

Pourtant, la diffusion d'une vidéo et de deux articles sur le site de Libération d'une vidéo montrant les conditions d' « hébergement » des clandestins au centre de rétention de Mayotte a profondément choqué et provoqué de nombreuses réactions qui vont de l'indignation à l'ignorance feinte.

Amnesty International demande aux autorités françaises de « mettre un terme aux conditions de rétention, indignes et inhumaines ».

Pour Amnesty International, « ces conditions de maintien en rétention peuvent être assimilées à des traitements inhumains et dégradants pour les personnes qui les subissent ».

Le Commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe, à l'issue de sa visite en mai 2008, a appelé les autorités françaises « à ce que les droits de l'homme et la dignité humaine soient respectés dans l'ensemble des centres de rétention et que les conditions de vie offertes aux étrangers retenus à Mayotte soient immédiatement améliorées ».

La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), qui s'est rendue sur place en janvier 2008, a condamné « une organisation du centre, qui, faute de structures et de moyens logistiques et financiers correspondants au nombre de personnes retenues [engendre] une zone de non droit où le déni de la dignité est accepté par la puissance publique». La CNDS cite le chef du centre : « la capacité théorique de soixante places est très régulièrement dépassée […] pour atteindre deux cent vingt personnes ; cette situation est ingérable pour les fonctionnaires et les personnes retenues ». L'avis de la CNDS précise que « depuis 1999, il est question de reconstruire le centre de rétention ».

La Défenseure des enfants pour la France, suite à sa visite sur l'île en octobre 2008, a insisté sur l'urgence des travaux à réaliser et souligne que « les enfants, qui n'ont pas commis d'infraction, n'ont pas à être placés dans un lieu privatif de liberté ».

Pour Amnesty International, « les autorités françaises, qui se sont abstenues d'intervenir pour empêcher ces atteintes graves aux droits humains des migrants, ont aujourd'hui la responsabilité de prendre d'urgence les mesures qui s'imposent pour mettre un terme à cette situation ».

Le collectif Migrants d'outre-mer (Mom) a dénoncé vendredi les "conditions inacceptables" des migrants dans le centre de rétention administrative de Pamandzi à Mayotte et a saisi de cette situation le contrôleur général des lieux de privation de liberté Jean-Marie Delarue.

Le contrôleur général, précise le collectif dans un communiqué, va dépêcher une mission sur place "dès que possible" pour procéder à "une analyse approfondie de la situation et faire les recommandations qui s'imposent".

Dans sa lettre au collectif Mom, que celui-ci publie, M. Delarue écrit que "la situation du centre de rétention de Pamandzi est préoccupante" et les informations concordantes le concernant sont "alarmantes".

"Il n'existe pas d'alternative à la fermeture immédiate du CRA de Pamandzi, où les étrangers sont soumis à des conditions contraires aux obligations du Pacte international sur les droits civils et politique, de la Convention internationale des droits de l'enfant et de la Convention européenne des droits de l'homme", ajoute-t-il dans cette lettre au collectif Mom.

"Depuis 2006, il y a autour de 16.000 reconduites à la frontière par an, mineurs compris, à partir de Mayotte, pour une population de 187.000 habitants. Ce chiffre impressionnant ne saurait être atteint sans violations des droits de l'homme", ajoute-t-il.

Le collectif Mom indique en outre que "la PAF aurait, il y a quelques mois, fait usage de gaz lacrymogènes pour calmer le mécontentement des étrangers maintenus qui, alors qu'une épidémie de gale affectait le centre, protestaient de n'avoir reçu aucun soin, et ce sans qu'aucune précaution ait été prise à l'égard des nombreux enfants présents".


Jean-François Copé, invité du journal de 13h00 sur France 3 jeudi midi a commenté ces images : « Si ces images sont justes...[...] il y a évidemment urgence. Ce sont des conditions qui sont inacceptables et profondément choquantes » Tout en ajoutant que « si nous voulons réussir notre politique d'intégration, il faut être très déterminés dans la lutte contre l'immigration clandestine. » Il rappelle une nouvelle fois que « ces conditions de détention rétention [lapsus] sont inacceptables et qu'il faut évidemment apporter très rapidement une réponse ». « Je ne voudrais pas qu'on fasse d'amalgame : la lutte contre l'immigration clandestine est une nécessité absolue, y compris pour ceux qui sont victimes de ces filière mafieuses »;

Yves Jégo, le secrétaire d'état à l'outre-mer, parfaitement au courant de la situation puisqu'il a visité ce centre le 15 mai dernier, affirme que la situation du centre de rétention de Mayotte (60 places) "n'était pas acceptable" et que c'était la raison pour laquelle il avait "fait accélerer la procédure pour sa reconstruction", qui aboutira dès 2010.

"Dès le 15 mai j'ai fait accélerer la procédure concernant la reconstruction du centre de rétention administrative, celle-ci a été acceptée par le gouvernement pour la reconstruction d'un centre de 140 places, et ce centre sera ouvert en 2010", a affirmé M. Jégo.

Le secrétaire d'Etat rappelle avoir emmené des journalistes "sur le terrain" où le nouveau centre de rétention sera reconstruit.

M. Jégo "rappelle que la durée de rétention dans le centre de rétention de Mayotte est très faible". "Les gens, les familles y passent très peu de temps, une nuit, voire quelques fois une seule journée", même si "les conditions sont très difficiles".

A côté de la reconstruction du centre, "il y a parallèlement un travail qui m'a amené à rencontrer deux fois cette année le président" Ahmed Abdallah Sambi "de l'Union des Comores avec l'espoir d'aboutir au premier trimestre de l'année prochaine à un accord sur la circulation et la migration, car c'est le seul moyen de faire baisser la pression migratoire", a-t-il ajouté.

"Cette année, sur une île de moins de 200.000 habitants, nous allons renvoyer 17.000 étrangers en situation irrégulière, je rappelle aussi que le discours non régulateur de l'Union des Comores entraîne y compris des morts", a conclu M. Jégo, à propos des fréquents naufrages d'embarcations transportant des candidats à l'émigration.

E.T.


Pour aller plus loin : http://www.amnesty.fr/mayotte

http://www.liberation.fr/societe/0601472-mayotte-a-l-interieur-du-centre-de-retention

MAYOTTE

Statut de Mayotte

Mayotte devrait devenir un département en 2011  
Mercredi 17 Décembre 2008
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Lors d’une rencontre historique à l’Elysée mardi 17 décembre, le président de la République a annoncé aux élus de Mayotte que la consultation des Mahorais aurait lieu le 29 mars prochain. Si les Mahorais votent pour, l’île deviendra le 101ème département français en 2011.

Les élus mahorais, à la sortie de l'Elysée, s'entretiennent avec les journalistes.
Tous les anciens parlementaires presents
Tous les anciens parlementaires de Mayotte étaient presents à l’Elysée mardi soir, parmi lesquels Marcel Henry, l’ancien sénateur dont la presence à Paris était incertaine. Les anciens deputes Jean-François Hory, Henry Jean-Baptiste et Mansour Kamardine avaient également répondu à l’invitation du president du Conseil general, Ahmed Attoumani Douchina. Outre les représentants des partis politiques, Saïd Omar Oili, le prédécesseur de M. Douchina, était lui aussi de la delegation.

Après une heure et demi de discussions avec Nicolas Sarkozy – une première dans l’histoire de l’île – les élus mahorais n’ont pas caché leur enthousiasme. “Le président a décidé de tenir un discours franc. Il pense qu’il faut se dire les choses et ne rien se cacher. C’est la bonne méthode”, a estimé l’ancien président du Conseil général, Saïd Omar Oili (Néma). “Le président a eu les mots et la détermination qu’attendent les Mahorais. Il a été convaincant”, a pour sa part remarqué le député Abdoulatifu Aly (MDM).

Pourtant, les annonces de Nicolas Sarkozy ne répondent pas à leurs attentes premières. Ils espéraient une départementalisation en 2009 : elle n’interviendra qu’en 2011, si les Mahorais votent pour le 29 mars prochain, date désormais officielle de la future consultation de la population sur le statut. Ils souhaitaient une application immédiate des minima sociaux : elle sera au contraire progressive, et longue. Ainsi le RSA ne sera mis en vigueur qu’en 2012 à Mayotte, et ne correspondra qu’à 25% du taux métropolitain. Ils voulaient la mise en place de deux assemblées (un Conseil général et un Conseil régional) comme dans les autres départements d’outremer : ils n’en auront qu’une... Ils pensaient savoir quelle sera la question posée aux Mahorais en mars prochain : ils n’ont pas eu de réponse, même si, a assuré le president de la République, “elle sera claire”, et “on pourra y répondre par oui ou par non”.

Par ailleurs, comme convenu, le droit commun en matière de fiscalité sera appliqué en 2014, ce qui renvoie à cette date la possibilité, pour Mayotte, d’accéder au statut de Région ultra-périphérique de l’Union européenne.

Malgré ces adaptations que certains Mahorais jugent trop lentes, les membres de la délégation se sont dits satisfaits. “Le plus important, c’était que le président nous confirme sa volonté de répondre à la demande des Mahorais”, a expliqué M. Aly. “La départementalisation demandera du temps et du travail. C’est une nécessité. Mais tous les DOM ont suivi cette voie. Mayotte sera l’île qui aura eu le temps d’adaptation le plus court”, a-t-il annoncé.

La départementalisation sera progressive et adaptée, comme les autres”, a ajouté Ahmed Attoumani Douchina, le président du Conseil général. “Il n’y a pas de honte à avoir avec cette période, car tous les DOM sont passés par là.”

Yves Jégo, le secrétaire d’Etat à l’Outremer qui a participé à la réunion, a rappelé que cette adaptation sera nécessaire “notamment dans le champs social”. Il faudra quelques mois pour certaines adaptations, “15 à 20 ans pour d’autres”, a-t-il expliqué Il a cependant confirmé que dans certains domaines jugés essentiels comme l’état-civil ou la justice, “il faudra aller vite”. Pour cela, “l’Etat mais aussi les élus devront travailler”, a-t-il ajouté. Il a également réaffirmé que la justice cadiale devrait disparaître.

RC

MAYOTTE

Statut de Mayotte

Référendum : ce sera le 29 mars  
Mercredi 17 Décembre 2008
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Après sa rencontre avec les élus et représentants politiques de Mayotte, Nicolas Sarkozy a dévoilé une partie du calendrier qui mènera à la départementalisation de Mayotte... si le "oui" l'emporte.

Les élus mahorais entourent Nicolas Sarkozy à l'Elysée.

Le référendum sur la départementalisation de Mayotte, tant attendu par les mahorais, aura donc lieu le 29 mars 2009.

Au cours de l'été 2009, en cas de réponse positive à la consultation, la loi organique mettant en œuvre le choix des Mahorais sera adoptée. L'Elysée rappelle que "la loi organique prévoit que le département est créé le jour de l'installation de la nouvelle assemblée élue au plus tard en mars 2011".

Entre l'été 2009 et début 2011 les textes législatifs et réglementaires nécessaires à la traduction de la « feuille de route » seront pris dans tous les domaines. Les services de la présidence rappellent que "ces textes prévoient les adaptations nécessaires ainsi que la progressivité de certaines mesures".

Les années 2009 à 2012 seront mises à profit pour assurer la "fiabilisation de l'Etat civil de l'ensemble des Mahorais." Au cours de cette période aura lieu une première revalorisation des prestations déjà en vigueur à Mayotte (AAH – APA – APL – Allocations familiales).

Le nombre de conseillers généraux, 19 aujourd'hui, sera augmenté lors des prochaines élections cantonales, "au plus tard" au printemps 2011, qui désigneront la totalité des nouveaux conseillers de Mayotte. En avril 2011 la nouvelle assemblée pourra s'installer et le 101ème département français sera créé.

"Pour le futur, les mariages polygames seront interdits" et l'âge légal minimum des femmes pour se marier sera relevé de 15 à 18 ans, comme en métropole et dans les DOM. La loi du 21 juillet 2003 enterrait déjà la polygamie, mais n'est pas vraiment appliquée.

Au 1er janvier 2012 seront mises en place les prestations sociales qui ne sont pas encore étendues à Mayotte "avec un taux correspondant à 25% du taux moyen national", précise le chef de l'état. L'alignement progressif des taux se fera sur 20 à 25 ans, comme l'avait déjà annoncé Yves Jégo.

Le gouvernement "considère qu'il n'est ni posssible ni souhaitable de verser immédiatement les prestations sociales au même taux qu'en métropole ou dans les DOM".

De son côté, Yves Jégo a précisé que "dès l'entrée en vigueur de la départementalisation, un plan de revalorisation des prestations existantes sera mis en œuvre pour les adultes handicapés et les personnes âgées, avec des augmentations significatives".

Mais "le niveau des prestations non encore étendues (revenu mimimum d'insertion, allocation de parent isolé et allocation de solidarité spécifique) se situera à compter de leur mise en place, en 2012, à environ le quart de ce qu'elles représentent en métrople ou dans les DOM".

La fiscalité de droit commun (taxe d'habitation, taxes foncières, taxe sur les ordures ménagères...) entrera en vigueur au 1er janvier 2014, supposant d'ici là le numérotage des rues, l'évaluation des parcelles et le calcul de la compensation des pertes de recettes du département.

A la demande du Président de la République, "Yves Jégo se rendra à Mayotte début janvier 2009 pour arrêter définitivement cette feuille de route dans la perspective de la consultation du 29 mars qui permettra aux mahorais de se prononcer sur le processus de départementalisation voulu par tous les élus de l'île".

E.T.

MAYOTTE

Mouvements sociaux, Syndicalisme

Le syndicat des enseignants à Mayotte modère la satisfaction des élus mahorais  
Samedi 20 Décembre 2008
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En réaction à la satisfaction affichée des élus mahorais après leur entretien avec Nicolas Sarkozy, le syndicat des enseignants de Mayotte (SE CGT Mayotte) tient à modérer cet enthousiasme.

Rivo RAKOTONDRAVELO, secrétaire général de SE CGT Mayotte. (Archive)

Il appelle les instituteurs à manifester lors de la prochaine venue d'Yves Jégo à Mayotte, secrétaire d'état à l'outre-mer, début janvier.

« Nos élus se sont tous félicités de l'’engagement du Président de la République sur la probable édification de Mayotte en département progressif et adapté qui devrait prendre effet à compter de 2011 pour s'’étaler jusqu’en 2036. »

Le syndicat regrette notamment que les élus aient négocié « en plus de l'étalement jusqu'en 2036, le versement des diverses prestations sociales à partir 2011 à « un niveau représentant environ le quart de ce qu'ils représentent en métropole ou dans les DOM ».

Tout en insistant sur le coût élevé de la vie à Mayotte, « comme si à Mayotte les conditions de vie sont 75% moins chères qu'en métropole. Pour mémoire, en 2006, l'indice des prix de l'INSEE était de 1,7% en Métropole tandis qu'à Mayotte, elle était de 5,6%. »

Se faisant plus menaçant, SE Mayotte annonce la couleur : « En tout état de cause, les instituteurs n'attendront pas 2011 et encore moins 2036, pour que le droit commun s'applique, pour que tous les enseignants du 1er degré soient des professeurs des écoles, pour que l'indexation des salaires soit effective, pour que les écoles soient en nombre suffisante à Mayotte … » et annonce d'ores et déjà qu'il « appelle les instituteurs à s'organiser et à se mobiliser pour manifester lors de la prochaine venue du Secrétaire d'Etat chargé de l'outre mer à Mayotte, en début du mois de janvier 2009 ».

COMORES

Politique

Le projet de loi sur la citoyenneté économique continue à faire des vagues  
Samedi 20 Décembre 2008
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Trois semaines après son adoption très controversée par l’assemblée fédérale, l’effervescence née de cette loi est loin de retomber.

Cette loi avait donné lieu fin novembre a un débat très tendu a l’assemblée de l’Union et fait l’objet de deux votes contradictoires, l’un la rejetant et l’autre l’adoptant .

Le ton est monté encore d’un cran cette semaine, après la publication le 16 décembre dernier, du décret portant promulgation de cette loi par le chef de l’Etat Ahmed Abdallah Sambi.

En effet, après vérification il s’avère que le numéro (08-014/AU donné par le décret de promulgation a la loi relative a la citoyenneté économique, a été attribué à une autre loi récemment adoptée : la loi rectificative des finances pour l’exercice 2008. Un fait qui vient s’ajouter a la situation déjà tendue entre « pro » et « anti » loi.

« Où est cette loi supposée votée alors qu’elle n’est même pas enregistré dans les archives chronologiques de l’Assemblée ? Qui a signé a la place des deux secrétaires de séance, et quel cachet a été utilisé a la place de celui du président de l’assemblée ? », s’est demandé un fonctionnaire de l’assemblée dans le n° 880 du jeudi 18 décembre du quotidien « La Gazette des Comores » .

« En passant outre le procès verbal établi par le bureau de l’assemblée de l’Union ; le président Ahmed Abdallah Sambi s’enlise dans une situation conflictuelle inextricable ; une pente glissante. Cet acte vient s’ajouter a une série de violations de lois traduisant encore une fois son mépris des institutions de l’Etat », a accusé Mohamed Ben Charaf, un notable de la Grande Comore, au cours d’un rassemblement de l’opposition, tenu le jeudi 18 décembre au foyer Aouladil-Comor de Moroni.

Au cours de cette réunion qui avait comme but principal de dénoncer ce que les organisateurs ont qualifié « d’abus de pouvoir » de la part du chef de l’Etat, Houmeid Msaidié, secrétaire général de la C.R.C., a estimé que le président Sambi avait « trahi la confiance de la nation ».

Faissoili Abdou

COMORES

Aide internationale

Le FMI met en place un programme post-conflit en faveur des Comores  
Mercredi 17 Décembre 2008
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Le Fonds monétaire intern ational (FMI) a approuvé, lors de son conseil d'administration du 15 décembre courant, un programme dit post-conflit en faveur des Comores, a annoncé, mardi à Moroni, le ministre comorien des Finances, Mohamed Ali Soilihi, qui a salué dans cette approbation "une grande victoire pour le gouvernement comorien après beaucoup de rendez-vous manqués".

Selon le ministre, cet accord va permettra aux Comores d'accéder à l'allègement de leur dette dans le cadre de l'Initiative en faveur des Pays pauvres très endettés (PPTE).

La dette extérieure des Comores, qui est estimée à 298 millions de dollars américains, obtiendra des allègements intérimaires sous forme de refinancements par dons du service de la dette due aux créanciers multilatéraux que sont la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et la Banque européenne d'investissement.

D'après le ministre Ali Soilihi, ce programme avec le FMI ouvre bien d'opportunités et notamment la possibilité de bénéficier de financements extérieurs assez conséquents pour amorcer leur développement.

L'appui annoncé par certains partenaires des Comores est évalué à hauteur de 17,5 millions de dollars dont 5,3 millions de dollars du FMI, 2,8 millions et 3 millions du Koweit, entre autre.

"La réussite de ce programme économique et financier, a précisé M. Ali Soilihi, dépendra avant tout de nos propres efforts", se félicitant des efforts déjà réalisés par les Comores pour parvenir à ces "bons résultats".

Ces dernières semaines, il a été revu à la baisse les charges de l'Etat notamment au niveau des superstructures réduites à huit membres pour le gouvernement central et à dix-huit pour les gouvernements des trois îles autonomes.

(Pana)

TANZANIE

Aide internationale

La compagnie aérienne Air Tanzania suspendue  
Vendredi 19 Décembre 2008
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L'Association internationale du transport aérien (IATA) a suspendu officiellement Air Tanzanie, la compagnie aérienne nationale de Tanzanie, a rapporté jeudi la presse locale.

La suspension d'Air Tanzanie a été annoncée en début de semaine par le bureau régional de l'Afrique de l'Est de l'IATA et notifiée aux 230 membres de l'association.

L'AITA a pris cette décision après que Air Tanzanie ne soit pas parvenue à résoudre à temps les problèmes techniques que l'association lui avait notifiés.

Air Tanzania fait face à des problèmes financiers depuis fin 2005,après que South Africa National Airline ait rompu sa coopération avec elle.

Elle a effectué ses vols intérieurs avec du carburant emprunté à BP jusqu'au mois dernier,quand la compagnie pétrolière a décidé de ne plus lui prêter de carburant, Air Tanzania semblant être incapable de rembourser dans un avenir prévisible.

(Xinhua)

MADAGASCAR

Société

La police et un opérateur téléphonique offrent un service d'appel gratuit aux mineurs à Madagascar  
Vendredi 19 Décembre 2008
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La police nationale malgache et l'opérateur de téléphonie mobile Zain vont offrir un service gratuit pour les mineurs en cas de violations des droits de l'enfant.

Le directeur général de la police nationale Antonin Talbot et le directeur des relations publiques et règlements de Zain Tsiresy Randriamampionona ont signé un protocole d'accord à Antananarivo mercredi pour fournir le 805 comme numéro non payant pour aider les enfants en danger. Le numéro est en service depuis lundi.

Dans son allocution à la cérémonie de signature, la représentante adjointe de l'UNICEF à Madagascar Valerie TATON a dit qu'un service national d'intervention et d'assistance, accessible à tout moment, est nécessaire pour lutter contre la violence contre les enfants.

Le lancement du numéro 805 fait partie du programme national " Poste de police de proximité", qui a pour but d'aider, de soutenir et de sauver les enfants. Dans le cadre du programme, le numéro 805 est disponible en permanence et partout dans le pays.

Des personnes spécialement formées par Zain seront disponibles en tout temps à écouter les appels par le 805.

d'après Xinhua


MADAGASCAR

Aide internationale

30 millions de dollars de la Banque Mondiale à Madagascar pour le développement rural  
Vendredi 19 Décembre 2008
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La Banque mondiale fournitva apporter 30 millions de dollars américains à Madagascar pour soutenir le développement rural de la grande île de l'océan Indien, conformément à un accord signé mercredi à Antananarivo, a affirmé jeudi le journal Les Nouvelles.

Ces fonds sont destinés à appuyer des sous-projets d'investissements productifs, la création de cinq centres de service agricole, la hiérarchisation de l'infrastructure rurale et le renforcement des capacités des associations d'agriculteurs, dans le cadre du Programme de soutien au développement rural (PSDR) . Plus de 233.000 familles rurales ont vu leur vie améliorée au cours de la première phase du projet, qui a débuté en juin 2001 avec un budget de 89,05 millions de dollars, et 9
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MAURICE

Economie

Maurice : le FMI revoit la croissance à la baisse (+4%)  
Vendredi 19 Décembre 2008
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L'île Maurice verrait sa croissance diminuer jusqu'à un taux égal, voire inférieur à 4%, prévient le Fonds monétaire international (FMI) dans sa dernière analyse en date du 15 décembre sur les effets de la crise internationale sur Maurice.

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances mauricien, Rama Sithanen.
Maurice prépare un mini-budget sur fond de crise économique mondiale
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances mauricien, Rama Sithanen, présentera un mini- budget pour faire face aux retombées de la crise financière internationale sur l'économie, a rapporté la presse mauricienne mercredi.
Selon le quotidien Le Mauricien, le Grand Argentier a apporté mercredi matin la confirmation formelle de cette démarche budgétaire.
"Nous travaillons sur la présentation d'un mini-budget. Des consultations approfondies ont été initiées au niveau du gouvernement, notamment avec mes collègues du Conseil des ministres, et avec les Stakeholders dans le privé.
Ce budget prendra en compte "les efforts vers les secteurs économiques en difficulté dans la conjoncture de crise internationale; il sera orienté pour permettre de prendre avantage de la reprise économique envisagée; il sera flexible, en vue de tenir compte des changements intervenant subséquemment, et temporaire", a déclaré Rama Sithanen.
Le ministre regrette que le rythme, relativement lent, de la baisse du taux d'inflation constitue un obstacle dans la conjoncture économique.

Cet évaluation qui confirme des risques majeurs pour le textile, le tourisme, l'immobilier et l'offshore a été remise au gouvernement mauricien au début de la semaine.

Pour faire face à cette situation, le FMI recommande au gouvernement mauricein d'adopter des "incitations fiscales".

Le FMI a fait auparavant une projection de croissance de 6 à 6, 6 % pour Maurice. Sa révision à la baisse est due aux incertitudes liées à la crise financière international.

Le FMI trouve qu'il ne faudra pas s'attendre à des améliorations au niveau du déficit courant vu la baisse dans la croissance dans le secteur touristique, le textile, l'offshore, un fléchissement dans le flux des investissements directs étrangers.

Le seul point positif au tableau économique se situe au chapitre de l'inflation qui devrait diminuer en raison d'une baisse dans la demande des produits alimentaires importés et des prix du pétrole.

Les défis de la crise économique internationale sur les principaux secteurs économiques sont également analysés par le FMI.

L'une des premières conséquences de la récession mondiale se traduira par une baisse dans la demande dans le tourisme, le textile et l'immobilier, estime le FMI, qui ajoute que la récente et rapide dépréciation de la roupie par rapport au dollar américain devra être d'un appoint non négligeable pour la compétitivité des exportations tout en réduisant le rythme de la baisse de l'inflation.

Le FMI réclame également la prudence au niveau de l'endettement public en faisant ressortir que la dette publique quoiqu'en diminution reste à un niveau assez élevé.

Le contexte politique avec la prochaine échéance électorale figure dans les appréhensions du FMI pour les prochains dix-huit mois qui craint un relâchement de la prudence fiscale.

Le FMI salue les récentes initiatives de Maurice par rapport à la politique monétaire, notamment les réductions du taux d'intérêt directeur de la banque centrale et le taux intéressant des réserves de cash.

Toutefois l'institution se déclare inquiet des tensions qui animent la Banque de Maurice avec des dissensions ouvertes entre le directeur et le comité de gestion.

(Xinhua)

MAURICE

Tourisme

Maurice : les arrivées touristiques en baisse en novembre  
Vendredi 19 Décembre 2008
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Le nombre d'arrivées touristiques sur l'île Maurice a chuté de 2,4% pour novembre par rapport à la même période de 2007, selon le dernier rapport du Bureau central des statistiques (BCS).

Baisse de forme pour le tourisme mauricien...

C'est la première fois depuis novembre 2006 qu'un repli est enregistré au niveau du nombre de touristes, font remarquer les auteurs de la compilation.

Au ministère mauritien du Tourisme, on avance que l'industrie touristique mauricienne a déjà commencé à subir les séquelles de la crise économique internationale.

Selon les données officielles, Maurice a accueilli 75.380 touristes le mois dernier contre 77.236 en novembre 2007.

Les arrivées en provenance d'Europe, le principal marché de cette île de l'Océan Indien, se sont élevées à 57 335 (56.982 en novembre 2007).

Si le marché français reste plus ou moins stable avec environ 27 000 touristes (26.154 en novembre 2007), celui du Royaume Uni, le deuxième marché europé en en importance, a connu une chute de près de 16% (de 10.419 à 8.774).

Les marchés suédois (-18,6%), hollandais (-17,9%) et espagnol et autrichien (un peu plus de 11%) ont été é galement moins performants.

En revanche, le marché italien et belge ont surpris en réalisant des taux de croissance de 25,1% et 23,1% respectivement. L'Allemagne, par ailleurs, résiste tant bien que mal, avec une progression de 1,3%.

Du côté des marchés africains, on observe une réduction dans les arrivées touristiques d'Afrique du Sud (-3,6%) alors que les Seychelles plongent de 31,5%. Les touristes réunionnais et malgaches sont en hausse de 6,6% et 28,3% respectivement.

Pour ce qui est des marchés asiatiques, on retient surtout la mauvaise performance de l'Inde avec 2.349 visiteurs, soit 50,2% de moins qu'en novembre 2007. Les marchés singapourien, japonais, malaisien et hongkongais ont aussi fléchi alors que le marché chinois a progressé de près de 21% avec 715 touristes. Signalons, d'autre part, les contre-performances des marchés australien (-18, 5%) et américain (-1,1%).

En dépit du nombre réduit de touristes en novembre 2008, une situation qui, selon les spécialistes de l'industrie, va s' accentuer au fil des mois, le bilan général pour la période janvier-novembre 2008 demeure positif avec un total de 833 068 touristes contre 803 301 pour la même période de 2007. Au niveau de l'Europe, les marchés français (+9,6%), britannique (+1,7%), espagnol (+40,1%) et belge (+8,4%), entre autres affichent des taux positifs. Par contre, les marchés allemand (-4,9%), italien (- 3,2%), suisse (-6,9%) marquent le pas.

Dans la région, les arrivées sur les onze mois restent en territoire positif pour les deux plus gros marchés, en l' occurrence la Réunion (+0,7%) et l'Afrique du Sud (+6,4%). Ailleurs, les résultats sont en dents de scie.

On retiendra, toutefois, la croissance de 109,4% réalisée par les Emirats Arabes Unis avec 3.719 touristes et la très légère augmentation enregistrée par la Grande Péninsule (+1,8%), de loin le plus gros marché asiatique.

La période janvier-novembre est marquée par une croissance de 3,7% des arrivées. Il est à noter que le BCS a prévu un taux de 3, 6% pour toute l'année 2008, soit un total d'environ 940.000 touristes. Pour ce qui est des revenus, se basant sur une estimation de la Banque de Maurice, le BCS annonce un montant de 1, 33 milliard de dollars contre 1,27 milliard en 2007.

MAURICE

Economie

Nestlé envisage une implantation industrielle à Maurice  
Vendredi 19 Décembre 2008
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La firme multinationale Nestlé étudie actuellement les possibilités d'une implantation industrielle à Maurice, a rapporté jeudi le journal local Le Mauricien en citant le directeur régional de la société pour l'Afrique équatoriale, Pierre Trouilhat.

Nestlé, implantée à Maurice depuis 50 ans à travers une société commerciale, mène des études sur l'impact de la transposition à Maurice d'une partie de sa chaîne industrielle dans la région, a révélé M. Trouilhat, affirmant que la firme "veut bénéficier du climat d'investissement qui est favorable" à Maurice.

M. Trouilhat estime qu'une implantation industrielle à Maurice permettrait à Nestlé d'être plus compétitive, plus flexible, et plus près des demandes du commerce et des consommateurs.

"Nous travaillons sur cette question. On veut nous donner les moyens de réussir dans le pays. C'est un marché qui est passionnant et très exigeant. Il faut travailler avec beaucoup de professionnalisme. On regarde toutes ces questions avec soin. Cela justifie une direction générale qui puisse se consacrer entièrement à ce territoire", a-t-il expliqué.

L'Afrique équatoriale est une nouvelle région de Nestlé et couvre 16 pays et 270 millions de consommateurs.

"Nous avons cinq sociétés opérationnelles dans cette région, deux usines, et employons quelque 600 personnes. Nous avons des projets de développement au niveau industriel en Angola, RDC et éventuellement au niveau de Maurice", a précisé M. Trouilhat.

"Même si Maurice est un petit territoire de quelque 1,2 million d'habitants, Nestlé lui porte une grande attention", a-t-il dit.

Pierre Trouilhat était à Maurice à l'occasion du lancement de Nutren Diabetes, un nouveau produit à l'usage des diabétiques soucieux de contrôler leur taux de glycémie à travers une alimentation responsable.

(Xinhua)

ZIMBABWE

Santé

Le choléra a déjà fait plus de 1.100 morts au Zimbabwe  
Vendredi 19 Décembre 2008
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L'épidémie de choléra continue de s'étendre à de nouveaux quartiers de la capitale zimbabwéenne, Harare, alors que l'on compte désormais 1. 100 morts depuis le mois de septembre, a indiqué jeudi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Huit personnes sont mortes du choléra dans le centre du Nigeria
L'épidémie de choléra dans le village d'Egbagi Majin, dans l'état central du Niger au Nigeria, a tué huit personnes, a rapporté jeudi le journal the Tribune.
Selon le journal, la majorité des victimes du village sont des femmes, dont l'épouse du chef du village.
On a appris que 15 autres personnes avaient été hospitalisées en raison de l'épidémie.
Selon une source de la région, les villageois, qui venaient juste de se réinstaller deux mois après la survenue d'inondations, pourraient avoir été victimes de la contamination de l'eau potable.
Le manque des médicaments dans la seule clinique du village constitue également l'une des causes des décès.
Le conseil du gouvernement local a déjà expédié des médicaments et des personnes vers la communauté affectée afin de mettre fin à l'éruption de la maladie.
Shuabu Yalogun, chef du village, a confirmé l'incident et fait l'éloge du président du gouvernement local, Adamu Dwafu, pour sa réponse à leur appel.
Le taux de mortalité est de 5,4% en moyenne, mais dépasse les 10% dans d'autres quartiers de la ville, selon l'OCHA. Les Nations Unies se préparent à un scénario catastrophe de 60. 000 cas avant la fin de la saison des pluies, en comptant que la moitié de la population du pays est exposée au risque, a rapporté la porte-parole adjointe du secrétaire général, Marie Okabe. Selon l'OCHA, là où les agences humanitaires sont présentes, les cas de choléra et le nombre de victimes a décru de façon substantielle
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KENYA

Justice

Le Kenya nie la présence de Félicien Kabuga sur son sol  
Vendredi 19 Décembre 2008
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Le gouvernement kenyan a affirmé mardi que l'introuvable cerveau du génocide rwandais Félicien Kabuga n'est pas dans le pays.

Félicien Kabuga.
Un officier rwandais condamné à la prison à perpétuité pour génocide
Le tribunal des Nations unies a condamné jeudi un ancien officier militaire rwandais à la prison à perpétuité pour avoir organisé le génocide de 1994, a-t-on appris officiellement.
Le Tribunal criminel international pour le Rwanda, basé à Arusha (Tanzanie), a accusé l'ancien colonel Theoneste Bagosora d'avoir organisé le génocide rwandais de 1994.
"M. Bagosora est coupable de génocide, de crimes contre l'humanité et des crimes de guerre", a indiqué le Tribunal criminel.
M. Bagosora fera appel du verdict, a fait savoir son avocat à l'issue du jugement.

Le ministre des Affaires étrangères Moses Wetang'ula a déclaré aux journalistes au cours d'une conférence de presse à Nairobi que le Kenya a suivi toutes les pistes possibles susceptibles d'aider à arrêter le suspect du génocide de 1994.

Le ministre a qualifié les affirmations du procureur en chef du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) Hassan Bubacar Jallow d'"allégations dures, sans fondement et injustifiées".

Il a indiqué que des rapports complets sur les détails des enquêtes avaient été envoyés au Tribunal basé à Arusha, dans le nord de la Tanzanie.

"Jallow essaie d'utiliser le Kenya comme bouc émissaire dans son effort de prolonger la durée du tribunal. Nous n'allons pas permettre que ça continue. Il ne peut pas, dans la quête de sauver son emploi, calomnier ce pays," a déclaré Wetangula aux journalistes à Nairobi.

Les remarques du ministre surviennent quatre jours après la sollicitation de l'aide de l'ONU par Jallow, indiquant que le Kenya ne fait pas assez pour capturer le fugitif. Toutefois, Wetangula a indiqué planifier de se rendre à New York au début de l'année prochaine pour protester devant le Conseil de sécurité de l'ONU contre les déclarations de Jallow.

S'exprimant à la presse à Nairobi jeudi dernier, le porte- parole du TPIR, Roland Amoussouga, avait reproché au Kenya de ne pas assez fait pour l'arresation de Félicien Kabuga, recherché pour avoir dirigé le génocide au Rwanda.

Le ministre kenyan a estimé que les réferrences du Kenya aux Nations Unies sont "irreprochables" et s'est demandé pourquoi la TPIR a évité de mentionner les contributions du Kenya au tribunal.

"Nous avons aidé à fournir le plus grand nombre de présumés génocidaires au tribunal, il est décevant et malheureux que Jallow ignore ce fait," a-t-il souligné.

Il a affirmé que le procureur devrait plutôt se plaindre auprès de Bruxelles "parce que c'est vers où les preuves et les traces d'argent conduisent."

Le TPIR, qui cherche à achever les jugements de première instance d'ici la fin de l'année 2009, a indiqué la semaine dernière à Nairobi qu'elle travaille sur comment aborder les besoins du personnel et accroître le développement des outils pour accélérer les poursuites judiciaires, tout en respectant pleinement le droit de l'accusé à un procès équitable.

Wetangula a indiqué qu'il y a des adresses claires de Kabuga à Bruxelles avec un compte bancaire qui a été fermé avec 34.000 euros.

"Cet homme n'est pas dans ce pays, il est possible qu'il ait été au Kenya au cours des premières années, mais il n'est certainement pas ici," a-t-il martellé, affirmant que le Kenya n'a aucun intérêt à cacher le fugitif.

"Avec le type de récompense qui est sur sa tête, aucun Kenyan ne pourra lui permettre de courrir ça et là, car nous aimons tous l'argent," a-t-il précisé.

La Cour pénale internationale pour le Rwanda a indiqué que les affaires de tous les détenus sont en cours de préparation pour s'assurer que leurs procès ont lieu en 2009, conformément au calendrier des procès.

Sur près de 100 inculpations qui ont été rendues publics, le TPIR a achevé les cas de 37 accusés. Il est encore à la recherche de 13 fugitifs qui sont toujours en liberté, et 10 personnes inculpées sont actuellement en détention dans l'entente d'un jugement.

Le TPIR envisage de commencer ces procès en janvier 2009 et les achever vers septembre 2009.

(Xinhua)

KENYA

Justice

Kenya : un tribunal spécial jugera les instigateurs des violences post-électorales  
Vendredi 19 Décembre 2008
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Les dirigeants kenyans sont tombé d'accord mercredi pour créer des conditions en faveur de la mise en place d'un tribunal spécial chargé de juger ceux qui ont financé les violences survenus après les élections de décembre 2007, violoences qui ont fait plus de 1.000 morts et des centaines de milliers de personnes déplacées.

Le président du Kenya, Mwai Kibaki.
Le président kenyan Mwai Kibaki et le Premier ministre Raila Odinga, qui ont accepté de partager le pouvoir au début de l'année, ont indiqué que ce tribunal devrait poursuivre ceux qui portaient le plus grande responsabilité des crimes contre l'humanité liées aux élections de 2007. Selon une déclaration du bureau de Kibaki, un projet de loi intitulé "le statut du tribunal spécial" sera élaboré et présenté à l'Assemblée nationale.

MADAGASCAR

Santé

Un virus décelé chez des lémuriens de Madagascar donne de nouveaux indices sur l'évolution du VIH  
Vendredi 19 Décembre 2008
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Un lémurien de Madagascar, de la taille d'un écureuil, a donné aux scientifiques de nouvelles preuves sur les origines du VIH et ouvert de nouvelles pistes de recherche prometteuses.

La découverte d'un virus semblable au VIH chez le petit microcèbe de Madagascar porte à croire que ces virus sont apparus plusieurs millions d'années plus tôt qu'on ne le pensait.
Un lémurien de Madagascar, de la taille d'un écureuil, a donné aux scientifiques de nouvelles preuves sur les origines du VIH et ouvert de nouvelles pistes de recherche prometteuses. Robert Shafer, auteur principal des recherches, a expliqué à IRIN/PlusNews que cette découverte était « un des principaux maillons manquants » nécessaires pour comprendre les antécédents évolutionnaires des virus liés au VIH. L'on s'accorde généralement à dire que les deux souches de VIH susceptibles d'être contractées par l'homme (VIH-1 et VIH-2) lui ont été transmises par des primates d'Afrique, et que ces primates étaient porteurs de la maladie depuis un million d'années, tout au plus
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