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La lettre de Malango N°89

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Au sommaire de La Lettre de Malango N° 89 :
Départementalisation de Mayotte : Yves Jégo dévoile la question de la consultation
Mayotte : les syndicats de taxis appellent à la grève
Mayotte : deux collectifs dénoncent « l’exclusion » en matière de santé pratiquée par le Conseil général
A Mtsamboro, Yves Jégo « explique » la départementalisation aux Mahorais 
Sambi : « Je veux mettre le train sur les rails avant de quitter le pouvoir »
Pour ses 25 années d’existence, la COI veut renforcer la coopération régionale
Les Comoriens ont organisé une marche de soutien aux Palestiniens à Moroni
Gestion du port de Mutsamudu : l'Opaco s'insurge
Le président de Ngazidja plaide pour les albinos
Comores : Sept ans de prison ferme pour le maître coranique violeur
Ravalomanana s'offre un Boeing : le F.M.I. s'interroge
Maurice, les Seychelles et les Maldives accusées de trafic de poisson avec les pirates somaliens
Spéculations hasardeuses chez Air Mauritius
Maurice : inflation à 9,7% en 2008
Les attaques israéliennes sur Gaza provoquent l'indignation
Le Parlement malgache examine les droits électoraux
Air France et Corsair vont proposer plus de 100.000 sièges à prix réduit pour les DOM

La lettre de Malango
89

Mardi 13 Janvier 2009

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Brèves

Retrait des troupes éthiopiennes de Mogadiscio

Des milliers de soldats éthiopiens se sont retirés dans la nuit de lundi à mardi de leurs positions stratégiques dans la capitale somalienne, Mogadiscio, après deux ans de présence sur le sol somalien, un retrait très accueilli par des centaines de milliers des populations.

Des ministres kenyans à l’investiture de Barack Obama

Le ministre kényan des Affaires étrangères, Moses Wetangula a annoncé lundi qu’il va conduire une délégation de ministres kényans à Washington pour l’investiture du Président américain, Barack Obama prévue le 20 janvier prochain.

Le CERF débloque 5 millions de dollars pour les réfugiés somaliens au Kenya

Le Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires des Nations Unies a accordé cinq millions de dollars à trois agences des Nations Unies pour leur permettre de poursuivre leur assistance aux réfugiés somaliens au Kenya, dont le nombre ne cesse d'augmenter, a annoncé lundi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Des experts en conclave au Rwanda pour réfléchir sur la production de semences

Des experts agricoles en provenance de dix pays africains ont entamé lundi dans la capitale rwandaise, Kigali, une rencontre de coordination en vue de trouver une solution à la baisse de la production de semences dans le continent.

Brèves

La justice sud africaine relance les poursuites contre Zuma pour corruption

La Cour Suprême d’Afrique du Sud, siégeant à Bloemfontein, a exhumé le dossier des poursuites judiciaires pour corruption contre Jacob Zuma en prenant une décision d’annulation de la décision précédente invalidant les mêmes poursuites.

Les faits marquants de l’économie rwandaise en 2008

En dehors des pénuries de denrées qui constituent pus de 50% des importations rwandaises, Le Rwanda a connu son taux d’inflation le plus élevé depuis 14 ans, atteignant 20%.

Le déminage ne sera effectif qu’en 2014 au Mozambique

Le Mozambique ne pourrait se débarrasser complètement des mines posées sur le territoire national qu’en 2014 suite à la découverte de nouvelles zones de 12 millions de kilomètres carrés à déminer, a appris APA lundi à Maputo.

L’ANC renouvelle son soutien à Zuma

Le Congrès national africain (ANC, au pouvoir) a renouvelé lundi son soutien à son leader, Jacob Zuma accusé de corruption, suite à la décision de la Cour d’Appel de rouvrir le dossier judiciaire le concernant.

Le chef rebelle ougandais demande l’aide de Chissano pour un cessez-le-feu

Le chef de l’Armée de résistance du seigneur (LRA), un mouvement rebelle ougandais, le général de division Joseph Kony, a envoyé une délégation au Mozambique, dans le cadre d’une dernière tentative visant à intensifier des appels pour un cessez-le-feu, a appris APA lundi, à Maputo.


MAYOTTE

Statut de Mayotte

Départementalisation de Mayotte : Yves Jégo dévoile la question de la consultation  
Vendredi 9 Janvier 2009
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Le secrétaire d'Etat à l'Outremer a dévoilé vendredi 9 janvier la question qui sera posée aux Mahorais le 29 mars prochain, lors de la consultation sur le statut de Mayotte.

La campagne financée par l'Etat
Yves Jégo a indiqué vendredi 9 janvier que la campagne des partis politiques en vue de la consultation des Mahorais serait financée par l'Etat. Celui-ci « restera neutre », a-t-il rappelé. « Après, les partis seront libres ». Dans quelques jours, les services de l'Etat enverront dans les boîtes postales de tous les électeurs deux brochures d'explication : une de 4 pages résumant le Pacte sur la départementalisation, et traduite en shimaore ; une autre de 28 pages reprenant le Pacte dans son intégralité, en français. M. jégo a en outre assuré qu’un débat sur la départementalisation aurait lieu au Parlement français en février prochain.

Au cours d'une conférence de presse tenue quelques minutes avant son départ de l'île, vendredi 9 janvier, Yves Jégo a indiqué que la question qui sera posée aux Mahorais le 29 mars, validée jeudi soir par le Conseil d'Etat, sera : « Approuvez-vous la transformation de Mayotte en une collectivité unique appelée département régi par l’article 73 de la Constitution et exerçant les compétences dévolues aux départements et aux régions d’outre-mer ? »

« C'est une question simple, comme le souhaitait le président (du Conseil général Ahmed Attoumani Douchina, ndlr), qui a l'avantage d'en comporter deux », a estimé M. Jégo. Les Mahorais auront en effet à se prononcer sur le statut de l'île en même temps que sur le fait que le territoire ne comptera qu'une assemblée unique, et non deux comme dans les quatre autres Départements et région d'outremer (DROM).

Cette question correspond au souhait des élus mahorais, notamment du Comité de suivi sur la départementalisation, qui réclamaient depuis plusieurs mois que la question soit « simple et claire » et que les électeurs puissent y répondre par « oui » ou par « non ». Ils demandaient également à ce qu'elle ne soit pas accolée à un texte.

L'intitulé de la question confirme ce que l'on savait déjà depuis la publication du Pacte sur la départementalisation le 16 décembre dernier : si les Mahorais votent pour en mars, l'île qui deviendra un département en 2011, sera régie par une assemblée unique.

Yves Jégo en a profité pour se prononcer en faveur de ce système dans les DOM. « Personnellement, je suis favorable à : une île, une collectivité, une assemblée. Une région plus un département, ce n'est pas dans l'air du temps », a-t-il affirmé, faisant référence aux propositions de la commission Balladur.

« Je crois qu'il faut éviter l'effet mille feuille sur des territoires restreints comme les territoires ultramarins », a-t-il renchéri. Il a cependant reconnu « qu'il faut faire preuve de souplesse » et que « cela ne pourra se faire qu'après une consultation des populations ». Si les Martiniquais semblent favorables à cette évolution, le secrétaire d'Etat a indiqué que les Guyanais et les Guadeloupéens y réfléchissaient. « Les Réunionnais, eux, sont contre ».

Sur ce point, a-t-il conclu, « Mayotte peut faire école. Si les Mahorais choisissent le département, elle pourrait devenir le modèle des DOM du XXIème siècle », notamment en matière de mode d'élection, « avec pourquoi pas un peu de cantonale actuelle et un peu de proportionnelle ».

RC



MAYOTTE

Mouvements sociaux, Syndicalisme

Mayotte : les syndicats de taxis appellent à la grève  
Mardi 13 Janvier 2009
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Les deux principaux syndicats de taxis de Mayotte appellent à la grève mercredi 14 janvier, afin de protester contre les conditions imposées par le Conseil général pour répondre à l’appel d’offre relatif aux transports scolaires et interurbains.

Les choses ne seront pas simple, demain, dans les rues de Mamoudzou. (archive)

En appelant leurs adhérents à la grève générale ce mercredi 14 janvier, le Syndicat des taxis de Mayotte et le Syndicat des transports interurbains de Mayotte entendent s’opposer au choix des conseillers généraux concernant le transport scolaire et interurbain. Le 22 décembre 2008, ces derniers ont décidé en assemblée la mise en place d’une délégation de service public relative au transport scolaire répartie en dix lots.

Jusqu’à présent monopolisé par la CMTS (Compagnie mahoraise de transports et de services), qui fonctionne notamment en sous-traitant avec des taxis, le transport scolaire s’ouvre ainsi à la concurrence. Les taximen craignent cependant d’en être exclus. Parmi les conditions fixées par les élus pour pouvoir postuler à l’appel d’offre figurent en effet un certain nombre de contraintes - parmi lesquelles un diplôme Bac +2 et des assurances financières - auxquelles ne pourront pas répondre la majorité des taximen. Selon les deux syndicats, seules deux sociétés pourront postuler : la CMTS et Carla Mayotte Transports (CMT), dirigée par l’épouse de l’actuel premier vice-président du Conseil général, M’hamadi Abdou.

« Nous sommes favorables à cette répartition et à l’ouverture, mais nous ne pouvons pas répondre à cet appel d’offre actuellement. On ne nous laisse pas assez de temps pour nous organiser », indique le président du Syndicat des taxis de Mayotte, Madi Baco. « Six mois, c’est trop court » ajoute-t-il.

Dans leur préavis de grève publié la semaine dernière, les deux syndicats demandent à ce que les petites entreprises puissent bénéficier d’un accompagnement afin d’organiser la filière.

De nombreuses perturbations sont attendues ce mercredi.

RC

MAYOTTE

Droits de l'homme

Mayotte : deux collectifs dénoncent « l’exclusion » en matière de santé pratiquée par le Conseil général  
Lundi 12 Janvier 2009
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Dans une saisine envoyée vendredi 9 janvier à la Défenseure des enfantset à la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité), les collectifs Migrants Mayotte et Migrants Outremer dénoncent « l’exclusion » d’une frange de la population en matière de santé.

Quatre saisines
Les collectifs Migrants Mayotte et Migrants Outremer rappellent que leur saisine n’est pas la première. Elle « s’ajoute à trois saisines précédentes visant à dénoncer des situations discriminatoires et illégales » à Mayotte. Ils annoncent en outre que « des saisines complémentaires sont prévues, en particulier sur d’autres questions d’accès discriminatoires aux dispositifs de protection sociale pour des étrangers, mais aussi pour des Français d’origine mahoraise privés d’état civil. »

Dans leur saisine rendue publique vendredi 9 janvier, les deux collectifs d’associations mettent l’accent sur l’aide sociale à l’enfance (ASE), « l’accès à une protection maladie et aux soins pour les enfants confiés à l’ASE, et plus généralement l’accès à une protection maladie des enfants étrangers gravement malades ». Ils dénoncent « un mélange de carences, d’incompétences et de discriminations » qui conduit « à écarter de nombreux enfants de l’accès à une protection maladie, avec de graves conséquences sanitaires pour ces enfants ».

La saisine rappelle que l’aide sociale à l’enfance « est une obligation légale » de la compétence du Conseil général de Mayotte. Mais « un double obstacle rédhibitoire et discriminatoire explique l’absence d’affiliation à l’assurance maladie de Mayotte et entraîne de graves difficultés pour la prise en charge des soins : d’une part, le Conseil général ne remplit pas ses obligations légales en matière de prise en charge d’enfants dans le cadre de l’ASE, d’autre part, le Conseil général de Mayotte, en raison de carences, d’incompétence ou de comportements discriminatoires, n’affilie pas à l’assurance maladie les trop rares enfants qui lui sont confiés par un juge dans le cadre de l’ASE, dès lors qu’ils sont étrangers ».

Le document cite notamment la Défenseure des enfants, qui dans son rapport annuel 2008 affirme : « En matière d'enfant en danger (…), si le Conseil général de Mayotte a effectivement mis en place un service d’aide sociale à l’enfance, force est de constater que les moyens mis en oeuvre (personnel, structures...) n’apparaissent pas adaptés à la situation ». Une critique réitérée le 18 décembre dans les colonnes du journal français Libération : « La protection de l’enfance est une mission du conseil général qu’il ne remplit pas », a-elle déclaré.

« Face à ces carences, le Conseil général en vient à taire les informations relatives à ses actions, informations pourtant normalement publiques dans un Etat de droit », accuse la saisine, selon laquelle « seule une centaine d’enfants seraient confiés à l’ASE à la suite le plus souvent d’une décision d’un juge. Ce chiffre correspond à un ratio d’un enfant confié à l’ASE pour 1.000 enfants vivant à Mayotte. Alors même que la situation des mineurs est moins difficile en métropole, ce même ratio y est de 17 pour 1.000 jeunes de 0 à 21 ans en 2007. »

La saisine souligne « la grande importance qu’il y aurait à dépêcher de nouvelles missions sur place (…) afin d’inciter l’Etat français à appliquer le principe d’égalité de traitement. »

RC

MAYOTTE

Statut de Mayotte

A Mtsamboro, Yves Jégo « explique » la départementalisation aux Mahorais   
Vendredi 9 Janvier 2009
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Yves Jégo a ouvert la campagne d'explication sur le Pacte sur la départementalisation vendredi 9 janvier, à Mtsamboro, au nord de Mayotte. Il a rappelé que la départementalisation, « ce ne sont pas que des avantages ».

Yves Jégo et le président du Conseil Général.

Après les interventions du maire et du conseiller général de Mtsamboro, qui ont tous deux mis l'accent sur l'importance de la jeunesse - ils ont réclamé un nouveau collège et des infrastructures sportives -, Yves Jégo a expliqué à près de 300 personnes venues l'écouter au centre du village les tenants et les aboutissants du Pacte sur la départementalisation. « Je vous le dis ici : le président de la République et le gouvernement veulent que si les Mahorais veulent le département, ils le deviennent à 100%. Mais cette départementalisation, pour ne pas bouleverser l'économie et les habitudes, doit se faire de façon progressive et adaptée. »

Le secrétaire d'Etat a ainsi rappelé que les prestations sociales rattraperaient progressivement celles de la France métropolitaine –« nous ne voulons pas mettre à genou les entreprises » a-t-il dit -, que la justice cadiale devrait disparaître – « il n'y aura qu'une justice, celle de la République » -, que l'égalité hommes/femmes serait instituée – « pour se marier, les femmes devront avoir 18 ans ». « Nous voulons respecter la tradition mais nous devons nous ouvrir au monde », a-t-il déclaré. Il a également réaffirmé que la départementalisation impliquerait l'arrivée d'un certain nombre d'impôts.

« Je sais que certains disent : 'cela ne va pas assez vite'. Mais ceux qui disent ça n'ont rien fait quand ils étaient au pouvoir ! » a-t-il lancé à l'adresse de Saïd Omar Oili, dont le parti a critiqué récemment le Pacte - même s'il n'est pas le seul : certains syndicats dénoncent « l'inégalité sociale » du Pacte.

M. Jégo a enfin affirmé la « fermeté » du gouvernement au sujet de l'immigration. Il a cependant annoncé à l'audience que rien ne serait possible sans la coopération. « Je sais que c'est difficile de passer d'une période d'affrontement à une période de coopération. Mais nous y sommes arrivés en France, après dix siècles de luttes sanglantes contre l'Allemagne. Nous devons avoir l'espoir que les quatre soeurs pourront se retrouver à la table de la famille un jour », a-t-il affirmé, évoquant « une forme d'union » à inventer.

Quelques heures plus tard au cours d'une conférence de presse, il a indiqué espérer trouver un accord avec l'Union des Comores « dans le premier semestre 2009 ». « Il faut inventer une structure pour tourner la page de ces trente dernières année mais il faut que l'Union des Comores arrête de revendiquer Mayotte. Il faut faire cet effort. »

Quel que soit le choix des Mahorais le 29 mars, il a toutefois rappelé à Mtsamboro que « Mayotte est une terre française et restera une terre française ».

RC

COMORES

Politique

Sambi : « Je veux mettre le train sur les rails avant de quitter le pouvoir »  
Vendredi 9 Janvier 2009
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Le président comorien, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, a reçu les journalistes hier en fin d’après midi, pour une conférence de presse, la deuxième depuis son accession au pouvoir, pour partager son point de vue sur les sujets de l’actualité nationale.

Le président A.A. Sambi.

C’est un président apparemment calme et posé qui s’est prêté au jeu des questions réponses des membres de la presse. Du référendum sur la départementalisation de Mayotte, en passant par la réforme constitutionnelle et les projets économiques du pays tout a été passé en revue au cours de cette conférence qui a duré une heure.

Au sujet de Mayotte «Mayotte est comorienne et rien au monde ne peut changer cette réalité. Nous ne pouvons pas réintégrer Mayotte comme nous l’avons fait avec Anjouan, mais nous ne cesseront jamais de revendiquer cette île », a-t-il déclaré devant les journalistes.

« Nous n’avons pas les moyens d’empêcher l’organisation de ce référendum, mais nous ferons tout ce qui est nécessaire pour le dénoncer », a-t-il poursuivi.

Avant d’ajouter qu’il « ne signerait aucun accord de coopération avec la France tant que la libre circulation des personnes ne sera assurée et que des gens continueront à périr en mer ».

Le président Sambi s’est ensuite longuement étalé sur son projet de réforme constitutionnelle pour rejeter « les accusations » de ses détracteurs qui lui prête l’intention de vouloir s’éterniser au pouvoir. « Ce n’est pas du tout mon intention, si tel était le cas, c’est plutôt le renouvellement du mandat présidentiel que je défendrai et je sais qu’il y aurait bien des gens pour me soutenir », a-t-il soutenu. « Cette architecture institutionnelle était largement dû au séparatisme anjouanais, et après le retour d’Anjouan dans l’ensemble comorien, j’ai jugé que le moment est venu pour reformer notre constitution », a ajouté le chef de l’Etat. Sambi a ensuite indiqué que « l’avant projet de reforme constitutionnelle sera bientôt publié. Il est probable que le référendum se tienne au mois de mars prochain». Interrogé sur le mouvement anti référendum qui est en train de se former dans l’île de Mohéli, le président Sambi a rappelé que « l’île de Mohéli est une partie intégrante de l’Union des Comores et ce référendum sera organisé sur toute l’étendue du territoire national. Qu’il y ait des gens qui s’opposent à l’adoption de cette loi c’est normal mais nul n’a le droit de l’empêcher de se tenir ». A bon entendeur…

Au cours de cette conférence, le chef de l’Etat est encore revenu sur le projet Habitat dont il a annoncé la tenue d’un forum qui se penchera sur la question et réunira des architectes et ingénieurs internationaux au mois de février prochain à Moroni. « L’Iran a accepté de nous construire 500 logements. Une délégation de techniciens viendra ici au milieu de ce mois de janvier pour étudier la question », a-t-il confié. Dans le souci de mener à bien les grands chantiers qu’il a annoncé au cours de son message de vœux à la nation, Sambi a son idée : « Nous sommes en train de rechercher une grande société internationale qui pourra assurer la réalisation de tous nos travaux d’infrastructures. Cela réduira les coût ».

« Je veux mettre le train sur les rails avant de quitter le pouvoir », a affirmé le président Sambi.

« Je veux que mon successeur ne rencontre pas les même difficultés que moi », a-t-il assuré.

FAISSOILI Abdou


COMORES

Coopération régionale

Pour ses 25 années d’existence, la COI veut renforcer la coopération régionale  
Vendredi 9 Janvier 2009
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« Resserrement des liens d’amitiés et de coopération entre les peuples de l’Océan indien ». C’est sous ce slogan que plusieurs personnalités venant des pays membres de la commission de l’océan indien(COI) vont se réunir dans l’île d’Anjouan demain, samedi 10 janvier 2008, pour célébrer le 25 éme anniversaire de cette organisation sous régionale.

Une conférence de presse commune entre Ahmed Saïd Djaffar, le ministre comorien des relations extérieures et Galixte Offay, le secrétaire général de la COI a été tenue hier à Moroni pour éclairer l’opinion sur le sujet.

« Une occasion de mieux faire connaitre notre organisation auprès de l’opinion comorienne », explique Ahmed Ben Saïd Djaffar, ministre comorien des relations extérieures chargé de la coopération dont le pays assure la présidence tournante de l’institution jusqu’au mois de mars prochain.

Selon le ministre, « aux yeux de la population comorienne la COI reste encore « ce machin » malgré les nombreux projets qu’elle a réalisé dans notre pays".

L’organisation de cette manifestation à Anjouan est « tout un symbole » a souligné pour sa part, Galixte Offray, le secrétaire général de la COI.

« Après le résolution de la crise séparatiste anjouanaise, les Comores écrivent une nouvelle page de son Histoire », a-t-il encore estimé.

A en croire les conférenciers, la démarche adoptée vise à « assurer une meilleure lisibilité et une visibilité des actions de la COI aux Comores ». Cela passe surtout par le rapprochement de l’organisation auprès des différentes populations.

Crée en janvier 1984 entre Maurice, Madagascar et les Seychelles, la COI s’élargira deux années plus tard en 1986 avec l’adhésion de la France à travers l’île de la Réunion et les Comores. Comme le souligne certains observateurs, au départ cette organisation s’était constituée sur le modèle d’une organisation anti-impérialiste. Et les dirigeants des trois pays qu’elle regroupait, Madagascar, Maurice et les Seychelles, avaient une convergence de vue sur ce point. Cependant, l’adhésion des deux derniers membres se traduira par un comportement plus souple de cette organisation. Et dès lors, elle deviendra un instrument de coopération entre les îles de la région sud-ouest de l’océan indien.

Une coopération axée surtout dans le domaine de la pêche, l’environnement et la santé etc…

« La COI a permis aux pays membres d’avoir plus de vitalité dans les relations bilatérales », note le secrétaire général de la COI. Toutefois, aux yeux de l’opinion, face au défi de la mondialisation il est plus que jamais souhaitable que cette organisation opère une redéfinition de ces objectifs afin de permettre une intégration régionale des îles.  Car, comme le rappel son secrétaire général, la COI « n’est pas une organisation d’intégration régionale, elle est une organisation de coopération régionale ». Il fallait faire la nuance.

Faissoili Abdou

COMORES

Mouvements sociaux, Syndicalisme

Les Comoriens ont organisé une marche de soutien aux Palestiniens à Moroni  
Lundi 12 Janvier 2009
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Frappes israéliennes à Gaza - Environ 300 manifestants sont descendus dans la rue vendredi après la grande prière hebdomadaire, à Moroni, pour exprimer leur soutien aux Palestiniens envahis par l'armée israélienne depuis plus de deux semaines, a constaté la PANA dans la capitale comorienne.

"Le gouvernement comorien, a précisé un communiqué, condamne fermement l'invasion de l'armée israélienne à Gaza et déclare sa solidarité au peuple palestinien".

Cette manifestation est intervenue au lendemain de la déclaration du gouvernement du président Ahmed Sambi Sambi, exprimant son soutien et sa solidarité avec le peuple palestinien.

"Nous avons toujours été proches des Palestiniens", a dit un manifestant, qui a déclaré n'avoir rien oublié de la visite effectuée à Moroni en 1986 par l'ancien président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat.

Pana

COMORES

Economie

Gestion du port de Mutsamudu : l'Opaco s'insurge  
Samedi 10 Janvier 2009
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Dans une lettre en date du 8 janvier 2008 adressée à Idi Nadhoim, vice-président de l’Union des Comores en charge des transports et du tourisme, l’organisation patronale des Comores (Opaco), pointe du doigt « des défaillances constatées dans la gestion des ports comoriens, et en particulier dans celui de Mutsamudu ».

Le port de Mutsamudu (archive).

« Nous tenons à vous alerter sur le danger que fait courir la société Spanfreight Shipping aux entreprises comoriennes par son comportement et sa politique de gestion du port de Mutsamudu », signale le document.

L’Opaco, déplore surtout «les retards de livraison et les pertes de marchandises occasionnées par la gestion hasardeuse de l’infrastructure portuaire ». Une pratique qui, toujours selon l’organisation, « provoque régulièrement des ruptures de stock à Moroni ».

Elle s’insurge surtout du fait qu’ « au moment où des centaines de containers à destination de Moroni sont bloqués à Mutsamudu, ordre a été donné d’arrêter les opérations de transbordements entre Anjouan et Moroni. Le bateau ayant été affecté à d’autres tâches hors des Comores par la direction ».

 Cette initiative, souligne l’Opaco, met en grande de nombreuses entreprises comoriennes déjà gravement éprouvées par le contexte international difficile et la crise que connait le pays.

L’organisation patronale dénonce « une concurrence déloyale » dont la société Spanfreight se rend coupable. « En tant qu’opérateur dans le domaine du riz et du ciment, la société privilégie systématiquement ses propres marchandises dans la livraison des containers. Ce cumul des fonctions de représentant maritime, d’exploitant du port et d’opérateurs sont totalement incompatibles », souligne le document.

Selon l’Opaco « cette situation intolérable ne peut plus durer ». Aussi, elle appelle les autorités à prendre « le problème à bras le corps et que des solutions constructives et concertées avec l’ensemble des acteurs » soient trouvées.

Faissoili Abdou

COMORES

Société

Le président de Ngazidja plaide pour les albinos  
Lundi 12 Janvier 2009
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Sa qualité d’homme fait forcément de tout humain un « albinos », a soutenu samedi à Bamako, dans un vibrant plaidoyer, le président de l’île autonome comorienne de Ngazidja, M. Mohamed Abdouloihaby, lors d’un téléthon organisé en faveur des albinos du Mali.

Mohamed Abdouloihaby, président de l'île de Grande Comore. (archive)

« Nous sommes tous des albinos », a-t-il notamment clamé sous les applaudissements de près d’un millier de personnes, dont le président malien Amadou Toumani Touré et des artistes maliens de renom, venus répondre à l’appel de la Fondation Salif Keita pour les albinos.

Le président Abdouloihaby, lui-même albinos, a expliqué que tout humain demeure « fragile » en ce sens qu’il en arrive toujours à douter et à perdre son orgueil devant « l’immensité du temps et la grandeur de l’infini, les dédales de la vie et les tourbillons de l’instant ».

Parce qu’individuellement affublés d’handicap, « les hommes devraient plutôt rester solidaires et complémentaires pour le bien de chacun, pour la cohésion et la sérénité de la famille humaine », a estimé le président Abdouloihaby.

Il a plaint les personnes qui stigmatisent l’albinos, ou lui dénient le droit à la vie, estimant que de telles attitudes équivalent à vouloir « sélectionner l’espèce » en s’attribuant un rôle qui n’appartient qu’au Créateur.

Flétrir l’albinos revient à se « mutiler la conscience », a-t-il ajouté avant de se demander « pourquoi, pour quelles raisons et pour quel but » les hommes devraient-ils avoir la « même morphologie, le même faciès, la même couleur, le même poids, la même taille et le même sexe ».

Pour le président Abdouloihaby, l’albinisme n’est pas une « malédiction », ni un « état miraculeux », mais juste un « état physiologique comme tant d’autres avec les forces et faiblesses, les méfaits et les bienfaits tenant à cet état ».

Le président Abdouloihaby a par ailleurs invité les albinos à positiver et à réussir leur promotion sociale en tirant, au besoin, profit de leur situation de handicap comme lui-même l’a fait pour se faire élire au suffrage universel à la tête de l’île de Ghazidja, au détriment de 17 autres candidats « qui n’étaient pas atteints d’albinisme ».

A cet égard, Abdouloihaby a rendu hommage à la tolérance de ses compatriotes qui l’ont porté à la magistrature suprême de son pays en faisant fi de son albinisme et de celui d’une de ses trois filles.

Soulignant que chaque pays a besoin de tous ses enfants, le président de l’île autonome de Ghazidja a conclu son intervention par une exhortation à un peu plus « d’amour » et « de compréhension » pour les albinos.

Le téléthon de samedi, premier du genre à Bamako, visait à collecter des fonds pour l’achat de lunettes et de crème solaire pour les albinos du Mali qui souffrent, pour certains, de cancer, selon le musicien Salif Keita dont la Fondation est à la base de la manifestation.

La nuit de solidarité a permis de collecter quelque 50 millions de francs CFA (76.000 euros), ont indiqué des sources proches des organisateurs.

Maladie fragilisant la peau et la vue, l’albinisme est dû au défaut d’un pigment et à un manque de mélanine se traduisant chez les Africains par, notamment, une peau blanche.

APA

COMORES

Faits divers

Comores : Sept ans de prison ferme pour le maître coranique violeur  
Lundi 12 Janvier 2009
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Un jeune homme de 23 ans a été condamné le 8 janvier à sept ans de prison ferme pour avoir violé une fillette de 8 ans, a-t-on appris, vendredi, auprès du Parquet de Moroni, la capitale des Comores.

Devant le tribunal correctionnel, ce jeune maître coranique a reconnu les faits, déclarant avoir abusé de la fillette, son élève, au moins quatre fois. Qualifié de délinquant sexuel par le procureur de la République, le coupable avait été dénoncé par une voisine de la famille de son élève qui a surpris une conversation de la victime qui racontait à ses camarades comment son maître abusait d’elle.

« Les cas de viol sur mineur sont de plus en plus nombreux et très fréquents », a dit Mzé Azad Mohamed, le procureur de la République qui a précisé : « entretenir des relations sexuelles avec une fille de moins de 18 ans est un viol, même si celle-ci était consentante ».

PANA

MADAGASCAR

Economie

Ravalomanana s'offre un Boeing : le F.M.I. s'interroge  
Lundi 12 Janvier 2009
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Le président malgache Marc Ravolomanana vient de s'offrir un Boeing 737-700 d'une valeur de 112 milliards d'Ariary (près de 43 millions d'euros). Le FMI s'interroge sur l'origine des fonds.

Le Boeing A737-700. (archive)

Le président malgache, devançant les critiques qui ne manqueront pas, tente de rassurer son opinion publique en affirmant que « l'appareil devrait nous permettre d'améliorer nos relations avec l'extérieur». Il justifie cet investissement pharaonique en ajoutant que « les pays, associations ou sociétés qui ne maîtrisent pas les technologies modernes ne réussiront pas dans le concert de la mondialisation».

Aménagé pour le transport de VIP (Very important person), l'avion présidentiel a été racheté à Roy Disney, neveu du célèbre Walt Disney. Il peut transporter entre 120 à 140 personnes, mais ne compte que 25 sièges. Le reste de l'espace accueille un bureau et un salon privé. L’appareil a une autonomie de vol de 11, voire 12 heures.

« N'est-ce pas que c'est beau ? » s'est extasié le chef de l'état auprès de tous les chefs d'institution et membres du gouvernement, venus l'accompagner à l'aéroport international d'Ivato où le Boeing a atterri pour la première fois ce samedi.

Le chef de l'état malgache n'a pourtant pas divulgué l'origine de l'enveloppe budgétaire consacrée à l'achat de l'aéronef. L'achat du nouveau Force One représente une somme colossale. Les112 milliards d'Ariary représentent plus du 80 % du budget de la Présidence. La somme déboursée constitue plus de 70% du budget du département chargé de la sécurité intérieure et équivaut au budget alloué à l'éducation post-fondamentale et à la recherche.

A Madagascar, « le revenu moyen par tête d’habitant [...] est de 260 dollars US ; 70% de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté [et] 49% des enfants de moins de cinq ans sont atteints de malnutrition », selon l'ONU.

Le FMI demande des comptes

Pour Pierre Van Den Bogaerde, représentant du FMI à Madagascar, « l’achat de Force One doit respecter la procédure ».

Le Fonds monétaire international n’a aucune opinion sur l’opportunité ou non de l’achat de l’avion. Son seul souci est de savoir si l’achat a suivi la procédure prévue par la loi.

« Pour nous, c'est un investissement comme un autre, effectué par l'État malgache, au même titre que l'extension du port de Toamasina, par exemple. Notre souci est de savoir si un tel achat, vu son importance, a suivi la procédure prévue par la loi malgache qui est bien faite. Nous avons donc demandé des explications au gouvernement, pour savoir si le texte budgétaire a été respecté à la lettre, ainsi que les dispositifs prévus par le code des marchés publics. La demande du FMI entre dans le cadre d'un grand chantier que cette institution, avec l'ensemble des autres partenaires, entame. Il s'agit de l'amélioration de toute la chaîne d'engagement de dépenses ».

Si le code des marchés publics n'a pas été respecté, « il faudra donc que le gouvernement justifie le fait que l'achat de l'avion entre effectivement dans la catégorie des exceptions », rappelle M. Bogaerde.

L'origine du fonds reste floue. Pour le représentant du FMI, « le gouvernement a probablement fait des réaffectations de crédit pour acheter cet appareil. C'est l'un des points sur lesquels nous attendons des explications, car il y a également une procédure à suivre pour un tel recours ».

« Ceci dit, si des irrégularités sont constatées, ce sera un précédent dont l'impact devra être étudié » précise M. Bogaerde dans les colonnes de l'Express de Madagascar.

Le FMI reste attentif, malgré tout, au bien-fondé d'un tel investissement, même s'il insiste sur le fait que « c'est un choix qui revient au gouvernement et dans lequel le FMI comme le reste des bailleurs de fonds, n'a aucun droit de regard ».

Il n'en rappelle pas moins que « ce que nous regardons, ce sont les incidences sur les réalisations du pays, par rapport aux objectifs du Madagascar action plan qui ont été inspirés des objectifs du millénaire. Cela concerne plusieurs domaines comme le taux de vaccination, le taux de mortalité, la santé ou l'éducation. Le gouvernement dans ses priorités a-t-il mis suffisamment de moyens financiers à la disposition de ces secteurs par rapport aux objectifs ? Ce sera par rapport à ces critères que nous allons mesurer la performance du pays ».

En décembre dernier, la Banque Mondiale a accordé 30 millions de dollars à Madagascar pour le développement rural.

E.T.

OCEAN INDIEN

Terrorisme - Piraterie - Sécurité

Maurice, les Seychelles et les Maldives accusées de trafic de poisson avec les pirates somaliens  
Samedi 10 Janvier 2009
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Trois pays de l’Océan indien -l’Ile Maurice, les Seychelles et les Maldives- ont été accusés d’acheter du poisson illégalement capturé par les pirates dans les eaux territoriales de la Somalie, indique un rapport remis à la presse jeudi par le Bureau de la High Seas Task Force (Groupe de travail sur les affaires en haute mer).

Selon cet organisme basé dans la capitale somalienne, Mogadiscio, le blanchiment de l’argent du poisson rapporte des centaines de millions de dollars aux pirates somaliens et cela ne semble pas être considéré comme un crime, au même titre que le blanchiment d’argent.

Selon un officiel de l’industrie de la pêche à l'Ile Maurice, le problème de la pêche illégale existe depuis plusieurs années dans cette partie de l’Océan indien.

Il a expliqué que malgré les mesures déjà prises, notamment la mise sur pied d’une unité spéciale de la police au port pour contrôler les bateaux de pêche, il n’a toujours pas été possible de mettre fin à cette pratique.

Il a précisé que "quelque 1.000 bateaux de pêche ont accosté au port de Port Louis en 2008 pour du transbordement, de l’entretien et des réparations et il est extrêmement difficile de vérifier l’origine de leur cargaison de poissons".

"Les trafiquants prennent possession de la cargaison en provenance des eaux somaliennes en haute mer, puisque que ce pays n’a pas les moyens techniques de contrôler l’origine des captures", a-t-il ajouté.

(APA)

MAURICE

Economie

Spéculations hasardeuses chez Air Mauritius  
Lundi 12 Janvier 2009
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La compagnie aérienne nationale mauricienne s'enfonce dans la crise après des spéculations hasardeuses sur le prix du kérozène.

La compagnie mauricienne en plein cyclone financier. (archive)
Bérenger: «Ramgoolam, Duval et Sithanen sont responsables du crash d’Air Mauritius»
Le «crash d’Air Mauritius» a été le sujet phare de Paul Bérenger à la première conférence de presse de 2009 du Mouvement Militant Mauricien (MMM).


Paul Bérenger, chef de file de l'opposition. (Photo L'Express Maurice)

Air Mauritius, c’est un scandale qui en cache plusieurs autres selon le leader des mauves. Paul Bérenger fustige, d’emblée, Navin Ramgoolam, Xavier-Luc Duval et Rama Sithanen. Ils sont présentés comme étant les principaux fautifs du «crash d’Air Mauritius». Une catastrophe qui aurait pu être évité, selon Paul Bérenger.
Le scandale du «Hedging» ne serait, en fait, qu’une «grosse goutte d’eau dans un vase qui déborde maintenant», s’insurge Paul Bérenger. «Ramgoolam est dépassé par les événements. Il est dans un cafouillage total. Il est incapable de faire une réflexion sur cette affaire», estime le leader des mauves.

La deuxième salve est destinée à Rama Sithanen, la cible préférée de Bérenger: «Il a complètement été écarté dans les rencontres entre Navin Ramgoolam et Air Mauritius. C’est choquant, car il est le ministre des Finances.» Puis c’est au tour de Xavier-Luc Duval d’en prendre pour son grade. «On ne l’entend plus celui-là. Normalement, c’est lui qui aurait dû répondre aux questions ayant trait à Air Mauritius», lâche Paul Bérenger.

Après s’en être pris au trio Ramgoolam, Duval et Sithanen, Paul Bérenger explique que «le crash d’Air Mauritius» n’est pas seulement le résultat du Hedging. Il soutient que cette crise est due à la politique de petits copains au sein de cette compagnie. Une politique qui engendre un gaspillage de millions de roupies en privilèges réservés au Top management. Paul Bérenger s’indigne aussi du fait que certains membres du gouvernement préféreraient voir Air Mauritius couler pour que d’autres compagnies aériennes, qui se sont déjà positionnées, la rachètent.
Par ailleurs, le leader des mauves a aussi déclaré que «le crash d’Air Mauritius n’est que le début d’une série. La State Trading Corporation (STC) fera bientôt face au même type de problèmes de Hedging. Puis, d’autres compagnies telles que les Casinos, la Central Electricity Board (CEB) et la Cargo Handling Corporation (CHC) seront aussi affectés par des problèmes», prédit Paul Bérenger. Selon le leader du MMM la STC serait au centre d’un autre scandale qui ferait bientôt grand bruit. Une affaire d’achat de pétrole à une compagnie indienne en serait l’origine.
L'Express Maurice

Air Mauritius n’en finit plus de payer les conséquences de sa couverture hasardeuse face aux fluctuations du prix du kérosène. En août 2008, le comité directeur de la gestion des risques de la compagnie nationale mauricienne négocie la couverture carburant jusqu’en juillet 2010, alors que la durée normale de couverture est de six mois.

Le comité directeur s’appuyait alors sur les prévisions de spécialistes qui « pariaient » sur une moyenne de 125 dollars le baril pour 2009. Air Mauritius pense faire une bonne affaire en négociant à 104 dollars jusqu’en juillet 2010. Après avoir atteint le prix record de 147 dollars le baril le 11 juillet 2008, le prix du baril s’effondre. Il flirte aujourd’hui avec les 30 dollars.

L’État mauricien avait déjà dû mobiliser une garantie d’environ 100 millions de dollars pour sauver Air Mauritius d’une saisie probable en attendant que la compagnie paie elle-même sur une base mensuelle ses dettes. Cela s’est révélé insuffisant.

« Le gouvernement est actuellement en présence d’une demande d’aide immédiate de 75 millions de dollars ( 2,5 milliards de roupies) de la part de la compagnie aérienne nationale afin de compléter l’année financière qui prend fin en avril », a déclaré hier au journal Le Mauricien, le ministre des Finances, Rama Sithanen.

Ce montant pourra atteindre 200 millions de dollars (6,5 milliards de roupies). Le grand argentier a posé cinq préalables avant l’ouverture des négociations avec la compagnie aérienne dont la plus importante est l’arrêt immédiat des « privilèges scandaleux et largesses inacceptables »dont bénéficient les directeurs à vie. Rama Sithanen a indiqué que sur la base de 47 dollars le baril de pétrole, Air Mauritius enregistrera une perte de 191 millions de dollars pour la période se terminant en août 2010 (6,3 milliards de roupies). À 30 dollars le baril, la perte sera de l’ordre de 270 millions de dollars (9 milliards de roupies). Membre du conseil d’administration d’Air Mauritius, Sanjay Buckhory, a présenté sa démission.

« Connu comme étant un proche du Premier ministre il avait été nommé au conseil d’administration puis président d’Air Mauritius en 2005. Sanjay Buckhory s’est retrouvé au centre d’une polémique en tant que président du comité des risques dès que le problème de la couverture de 80 % des besoins en carburant de la compagnie a éclaté sur la place publique », rappelle le Mauricien.

Pour 2009-2010, la compagnie fera une perte massive de 141 millions de dollars, dont plus de 122 millions de dollars est associée au "hedging".

Le Premier ministre Navin Ramgoolam n'a pas caché pas son irritation devant la façon dont la situation a évolué au niveau d' Air Mauritius et les circonstances entourant la décision concernant le hedging de 80% des besoins de la compagnie en carburant pour une période de deux ans.

Air Mauritius a présenté au gouvernement un plan de restructuration mercredi, qui prévoit des bénéfices, en terme de réduction de coûts et d'augmentation des recettes, de 61 millions de dollars en 2009-2010. Selon le ministre des Finances, le plan comprend des points positifs.

Air Mauritius est une compagnie privée dont le gouvernement est le principal actionnaire.

Le PDG de la compagnie, Sanjay Buckhory, se retrouvant au centre de la polémique lancée par la spéculation du pétrole, a démissionné vendredi.

Sanjay Buckhory, connu comme étant un proche du Premier ministre Navin Ramgoolam pour avoir été son directeur de campagne aux élections générales, a été nommé au conseil d'administration et par la suite à la présidence d'Air Mauritius en 2005.

Deux syndicats remettent en question la fiabilité du plan de redressement de la compagnie nationale d’aviation.

L’Air Mauritius Staff Association et l’Air Mauritius Cabin Crew Association, par la voix de leur porte-parole, Awadh Balluck, s’interrogent sur la pertinence du plan redressement soumis au gouvernement par la direction de la compagnie.

«Le plan ne fait pas l’unanimité. Il a été travaillé sans aucun exercice de concertation. Et ce n’est pas en quatre jours qu’on établit un plan de restructuration», affirme Awadh Balluck. Il rappelle que pour être fonctionnel et efficace, tout plan doit pouvoir profiter de l’adhésion des principaux partenaires du secteur concerné. «Or, dans le cas d’Air Mauritius, le plan ne tient pas en compte les préoccupations des principaux partenaires de la compagnie. Soit ses quelque 2 800 employés», ajoute-t-il.

Il insiste aussi à dire que le plan a été réalisé «par ceux qui mènent la compagnie à sa perte. Tous ceux qui pratiquent le petit copinage et les gaspillages.» Quant à l’argument à l’effet que la compagnie nationale d’aviation s’appuie sur le rapport de l’expert étranger MCKinsey, Awadh Balluck souligne que le travail de l’expert date de trois ans déjà. «Ce sont des recommandations qui sont graduellement mises en place», dira-t-il, à cet effet.

Il appelle donc à un rejet de ce plan. «Le conseil d’administration est divisé. Comment peut-on œuvrer dans la sérénité dans un tel cas de figure? J’apprécie, par contre, la position du Premier ministre qui a fait ressortir que les employés ne doivent pas être perdants de l’exercice à entreprendre», conclut Awadh Balluck.

E.T. avec l'Express Madagascar, l'Express Maurice et Xinhua

MAURICE

Economie

Maurice : inflation à 9,7% en 2008  
Mercredi 14 Janvier 2009
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L'inflation a été en hausse en 2008 à Maurice, révèle le Bureau central des statistiques (BCS) dans son dernier bulletin sur l'évolution mensuelle de l'indice des prix à la consommation (CPI).

Chiffré à 8,8% en 2007, le taux est passé à 9,7% pour l'année 2008.

L'inflation, qui avait été en hausse durant les trois premiers trimestres 2008, a connu une baisse vers la fin de l'année.

Un repli dû aux effets combinés de la réduction des prix des carburants, des taux d'intérêt bancaires sur le prêt logement et d'un certain nombre de produits alimentaires dont le riz importé par les commerçants individuels.

Les craintes d'une inflation à deux chiffres en 2008 ne se sont pas avérées, mais à 9,7% le taux demeure élevé alors que le taux d'intérêt réel à l'épargne reste négatif.

Le pouvoir d'achat de la roupie ne cesse de diminuer. Les baisses successives du taux directeur (Key Repo Rate) décidées par la Banque de Maurice dans le courant du dernier trimestre 2008 ont eu pour effet que le taux d'intérêt à l'épargne pratiqué par les banques commerciales tourne aujourd'hui autour de 5,5%.

Selon les données historiques compilées par le BCS, il faut remonter à 1993 pour voir un taux d'inflation annuel supérieur à celui de 2008, soit 10,5%.

Les prévisions de la Banque centrale contenues dans son premier report sur l'inflation publié en novembre 2008 sont que les pressions inflationnistes dans le court terme seront soutenues et que le taux demeurera à un niveau élevé pendant quelques mois encore avant de chuter graduellement.

La Banque centrale mauricienne estime que la chute attendue des prix des matières premières au niveau international aura un impact favorable sur l'inflation mais que le résultat final dépend aussi dans une bonne mesure de l'évolution du taux de change de la roupie.

MAURICE

Diplomatie - Relations internationales

Les attaques israéliennes sur Gaza provoquent l'indignation  
Lundi 12 Janvier 2009
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Lors de sa première session 2009 ce 9 janvier, le Conseil des ministres mauricien a condamné les activités militaires israéliennes à Gaza.

Le Conseil des ministres mauricien.

Le gouvernement de l'Ile Maurice a dénoncé la mort de quelque 750 personnes, dont «la majorité sont des innocents comprenant des femmes et des enfants». Le Cabinet «condamne l’utilisation outrancière de la force par Israël. Ce qui est en complète contradiction avec les lois humanitaires et les droits humains». Il encourage à un cessez-le-feu immédiat.

Face à ce conflit, le Conseil des ministres s’est mis d’accord pour revoir la présence du Consulat honoraire israélien sur le sol mauricien.

Au niveau régional, les Comores ont elles aussi condamné Israël.

L'Afrique réagit

En Afrique, cette attaque a soulevé l'indignation de nombreux pays musulmans. Selon l'agence de presse APA, les dirigeants de ces pays ont été invités par une trentaine d’associations islamiques à rompre leurs relations diplomatiques avec Israël, en réaction aux raids aériens que subit la bande palestinienne de Gaza, depuis plus de deux semaines.

Regroupés au sein de « I’Hiya Sunnak » et « Al Kitab Was sunna », ces associations ont organisé une semaine de prêches et de prières en faveur de la paix en Palestine, invitant également à la création d’un comité nigérien d’aide aux populations de Gaza.

« Ce comité a été déjà mis sur pied. Nous allons collecter toutes forme d’aide que nous acheminerons à nos frères palestinien », a dit un des responsables des association, Malam Haladou Yayaha. Il a indiqué que l’ancien secrétaire général de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), le Nigérien Hamid Algabid, coordonnera les travaux dudit comité.

Dimanche, au cours d’un grand prêche, plusieurs oulémas ont condamné le « génocide » perpétré par Israël sur le peuple « innocent » de Palestine depuis 60 ans, tout en dénonçant le « silence complice et coupable » de la communauté internationale.

E.T.

AFRIQUE

Transports

Le Parlement malgache examine les droits électoraux  
Mercredi 14 Janvier 2009
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Les deux chambres du Parlement malgache a commencé lundi une session extraordinaire de quatre jours afin de modifier la loi sur les droits électoraux et l'adoption d'une loi sur les partis politiques.

La session extraordinaire a été convoquée par une ordonnance délivrée par le président Marc Ravalomanana, mercredi dernier.

En ouvrant la session, Jacques Sylla, président de l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement, a déclaré que la réunion est pour discuter et adopter la modification de l'article 15 sur l'admissibilité et les droits électoraux de la Constitution.

La réunion permettra aussi d'adopter une loi sur les partis politiques, comme il a été convenu à ce qu'il est appelé "Dialogue présidentiel" entre le pouvoir Tiako i Madagasikara (TIM), ou le parti J'aime Madagascar, et l'opposition en novembre dernier, puis, lors d'une réunion des dirigeants politiques de la grande île décembre dernier.

Des medias malgaches affirment que le TIM, arrivé au pouvoir en 2002, a voulu modifier la Constitution afin d'éviter qu'un leader de l'opposition soit élu chef du pays en tant que candidat indépendant mais en tant que membre d'un parti politique.

L'article 15 de la Constitution dit que chaque citoyen a le droit d'être candidat aux élections.

Le TIM contrôle 106 sur 127 sièges à l'Assemblée nationale Au Sénat, 22 sur 33 sièges sont occupés par des membres de TIM et les 11 autres ont été nommés par Ravalomanana la suite de l'élection nationale en septembre 2007.

(Xinhua)

Outremer DOM TOM

Transports

Air France et Corsair vont proposer plus de 100.000 sièges à prix réduit pour les DOM  
Mercredi 14 Janvier 2009
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Air France et Corsair vont s’engager, dans le cadre de chartes sur trois ans, à vendre 15% de leurs sièges vers les départements d’Outre-mer du 15 juin au 15 septembre au prix le plus bas de la grille saisonnière, a annoncé dimanche le délégué interministériel Patrick Karam.

Air Austral, qui bénéficie d'une position dominante dans l'Océan Indien, refuse toujours la négociation autour d'une réduction de prix des billets. (archive)

Selon Patrick Karam, qui a négocié pendant plusieurs mois en lien avec le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer Yves Jégo, ces places seraient proposées entre 750 et 900 euros TTC aller-retour. "Ce sera un effort sans précédent", a-t-il déclaré. Air France offrira 20.000 sièges vers la Guadeloupe, 20.000 vers la Martinique, 7.000 vers la Guyane et 14.000 vers La Réunion, dès 2009. Corsair offrira 16.000 sièges pour les trois DOM qu’elle dessert (Guadeloupe, Martinique, Réunion).

Pour les publics défavorisés (pas retournés dans leurs pays d’origine depuis plus de 10 ans ou en dessous du seuil de pauvreté), les deux compagnies offriront par ailleurs des réductions de 33% pendant les périodes de basse saison (huit à neuf mois sur l’année) "avec des quotas de places". D’autres négociations auront lieu avec les deux compagnies pour qu’il y ait 5% de sièges moins chers, sur chaque vol, entre le 15 juin et le 15 septembre.

Des tarifs bas sont également prévus toute l’année pour les deuils ainsi que des efforts tarifaires pour les surcharges de bagages et les bagages non accompagnés. Les négociations continuent avec Air Caraïbes et sont interrompues pour le moment avec Air Austral, compagnies avec lesquelles Corsair souhaite une égalité de traitement pour les exonérations de charges sociales patronales. Air France et Corsair représentent 75% du trafic aérien DOM-métropole.

(AFP/RFO)

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