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La lettre de Malango N°94

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Au sommaire de La Lettre de Malango N° 94 :
Mayotte : près de 400 manifestants contre la politique du gouvernement
Départementalisation de Mayotte : le préfet réussit son examen de passage à Chirongui
Le parti Ridja contre la révision constitutionnelle
La consultation des Mahorais sera 'nulle et non avenue' pour le chef de la diplomatie comorienne
Après les émeutes à Madagascar, les appels au dialogue se multiplient
UA : Madagascar hérite de l’examen du projet du plan stratégique
L’UA condamne les violences à Madagascar
Crise à Madagascar : l'embarras bleu-blanc-rouge
Guadeloupe : Yves Jégo ouvre la porte des négociations

La lettre de Malango
94

Vendredi 30 Janvier 2009

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" La Lettre de Malango"

 

MAYOTTE

Mouvements sociaux, Syndicalisme

 

Mayotte : près de 400 manifestants contre la politique du gouvernement

 
Jeudi 29 Janvier 2009
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Près de 400 personnes ont manifesté jeudi 29 janvier à Mamoudzou dans le cadre de la journée de grève générale public-privé organisée dans l’ensemble de la France. Aucun incident n’a été enregistré.

Les manifestants ont marché dans les rues de Mamoudzou avant d’être reçus par le secrétaire général de la préfecture.

Environ 400 manifestants se sont réunis en début de matinée jeudi 29 janvier près de la barge, à Mamoudzou, avant de marcher en direction de la préfecture, où une délégation a été reçue par le secrétaire général, M. de Peyrat. « Il a écouté nos revendications. Nous avons quelque peu débattu. Puis il nous a assuré qu'il transmettrait nos revendications à Paris », a indiqué Salim Nahouda, secrétaire général de la CGT-Ma, en fin de matinée.

« L'objectif de cette manifestation n'était pas de faire changer tout de suite la politique gouvernementale, mais d'enclencher un début de coordination de la lutte », a déclaré un responsable de l'UTFO.

Les revendications étaient d'ordres national : contre « la casse du service public, la position de Sarkozy sur le pouvoir d'achat des salariés, le comportement envers les plus riches au détriment des plus pauvres, le respect du droit syndical », etc… ; mais aussi local : pour « l'intégration de tous les agents de la collectivité dans la Fonction publique, la transposition des grilles salariales métropolitaines, une retraite décente, l'indexation des salaires » ou encore « la généralisation sans délai des minima sociaux ».

Parmi les manifestants d'origines diverses (métropolitains, Mahorais, …) figuraient un grand nombre de fonctionnaires - essentiellement des enseignants - qui mettaient en avant l'indexation des salaires. Quelques travailleurs du secteur privé étaient également présents, parmi lesquels une forte colonie d'agents de la société de téléphonie mobile SFR. « On n'est pas là contre SFR, mais pour réclamer les mêmes droits que nos collègues de la France métropolitaine et de la Réunion », a indiqué un de ces agents. « Nous sommes moins bien payés alors que nous faisons le même travail et que nous travaillons 39 heures et pas 35, tout ça parce que la convention collective de la branche n'est pas applicable à Mayotte », a-t-il ajouté. « On demande à ce qu'elle soit appliquée. »

La manifestation, perturbée par la pluie, s'est disloquée aux alentours de midi. Aucun heurt n'a été enregistré.

RC





MAYOTTE

Statut de Mayotte

 

Départementalisation de Mayotte : le préfet réussit son examen de passage à Chirongui

 
Jeudi 29 Janvier 2009
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Le préfet de Mayotte, Denis Robin, a entamé mercredi 28 janvier sa tournée d’information sur le Pacte pour la départementalisation dans la commune de Chirongui. Il y a reçu un accueil favorable.

« Un « oui » à 51% aura la même force juridique qu’un « oui » à 90% » » a affirmé Denis Robin, mercredi à Chirongui.
« La majorité, c’est 50% plus une voie »
En réponse aux rumeurs selon lesquelles un score inférieur à 60% pour le « oui » équivaudrait pour le gouvernement à un « non », Denis Robin a assuré que « le gouvernement respectera votre vote quel qu’il soit, et la majorité, c’est 50% plus une voie. Un « oui » à 51% aura la même force juridique qu’un « oui » à 90% ». Le préfet a également appelé à « une réflexion pour l’avenir » plutôt qu’à la « désunion » manifestée par les leaders politiques ces derniers temps.

Certains s’interrogeaient quant à l’accueil que la population réserverait au préfet de Mayotte, lors de sa tournée d’explication du Pacte pour la départementalisation sur lequel devront se prononcer les Mahorais le 29 mars prochain. Des voix s’étaient élevées, ces dernières semaines, pour dénoncer a priori le parti pris de l’Etat en faveur du « non » à la départementalisation. Denis Robin a, mercredi 28 janvier, fait taire ces rumeurs. « Je suis ravie car il a clairement soutenu le vote en faveur du « oui » », a déclaré à l’issue de cette journée Roukia Lahadji, mairesse de Chirongui, même si le préfet a tenu à rappeler « la neutralité de l’Etat » dans cette campagne.

En choisissant pour sa première étape la commune de Chirongui, « je ne me suis pas trompé, je savais que j‘y trouverais un accueil chaleureux », a lâché Denis Robin dès sa réception à la mairie. Accueilli par les élus locaux, les notables et des femmes, le préfet a affirmé sa volonté de « discuter avec la population des propositions du gouvernement » et de ne défendre « ni le oui ni le non ». « Je viens expliquer les choses, ensuite, les élus feront leur travail de terrain, et les électeurs feront leur choix », a-t-il ajouté.

Devant près de 150 personnes - essentiellement des femmes et des anciens -, le préfet a détaillé les principaux enjeux du Pacte pour la départementalisation. « La départementalisation est une affaire grave qui doit être réfléchie, discutée, préparée car nous avons tous conscience que la chance historique de décider de votre avenir qui vous est proposée ne se présentera peut-être plus », a-t-il débuté.

Après une explication de texte de la question qui sera posée le 29 mars - il a notamment affirmé que « la question : ‘voulez-vous rester Français ?’ ne se pose pas ; Mayotte appartient à la République française; vous êtes Français et vous le resterez » -, Denis Robin a évoqué les différentes réformes qu’impliquera la départementalisation : égalité hommes/femmes, polygamie, justice cadiale, état civil, fiscalité, prestations sociales… (Lire à ce sujet le compte-rendu de l’intervention d’Yves Jégo à Mtsamboro le 9 janvier)

Il a toutefois indiqué qu’au sujet de l’immigration clandestine, « les règles sont spécifiques et le resteront ». « L’Etat multiplie les moyens financiers pour lutter contre l’immigration clandestine, mais les Mahorais doivent également y participer », a-t-il ajouté.

Son discours a été intégralement traduit en shimaore.

Dans une séance de questions du public / réponses du préfet, Denis Robin a tenu à rassurer l’audience au sujet des revendications de l’Union des Comores et de la place de la religion - « ceux qui disent que le département est contre la religion sont des menteurs ». Un vieil homme a profité de l’occasion pour appeler à voter « oui ». « Ce sont les riches et les djaoula qui sont pour le « non ». Il ne faut pas les écouter. Il faut voter oui ! Moi je ne comprend pas le français mais j’ai tout compris aux explications du préfet. » Les partisans du « non » n’ont pas pris la parole.

RC

COMORES

Politique

 

Le parti Ridja contre la révision constitutionnelle

 
Jeudi 29 Janvier 2009
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Après la publication de l’avant projet de loi de révision constitutionnelle, la classe politique comorienne s’agite.

Said Larifou, chef de file du parti Ridja. (archive)

Le parti Ridja de l'avocat Said Larifou sort du bois et annonce son opposition à la tenue du référendum sur la révision constitutionnelle prévu au mois de mars prochain. « Ce projet est anticonstitutionnel. L'initiative du président Sambi remet en cause l'autonomie des îles et l'unité du pays », a déclaré Me Larifou devant les journalistes. « Le président ferait mieux de mettre à profit les 14 mois qui lui reste avant la fin de son mandat pour mettre en place ses projets socio-économiques au lieu d'entrainer le pays dans une aventure dont personne ne sait l'issue », a encore ajouté l'avocat.

En effet, pour le leader du parti Ridja, le moment de la révision de cette constitution adoptée en 2001, n'est pas encore venu. Et là, sa position ne se différencie guère de tous ceux qui se sont déclarés contre cette révision constitutionnelle. L'argument avancé par tous étant qu'il faut aller jusqu'au bout du processus. « C'est une constitution de transition de 12 ans au moins », a soutenu Me Larifou, faisant allusion au mandat de quatre ans de la présidence tournante entre les îles de l'archipel.

Il a signalé au passage que nous sommes dans une « période très sensible » durant laquelle on doit s'abstenir de tout « acte ou parole susceptible de créer une crise ».

Pour le leader du parti Ridja, « l'expérience de la tournante mohélienne va enrichir le bilan de cette période transitoire » et c'est là que, selon lui, on va « tirer les conclusions qui s'imposent ».

Sur un ton ferme et engagé l'avocat a déclaré que son parti « s'opposera fermement et avec détermination à la tenue de ce référendum » qui à ses yeux constitue « une humiliation envers nos frères de Mohéli ». « Nous allons saisir la cour constitutionnelle pour qu'elle se prononce sur la question », a-t-il confié aux journalistes.

S'exprimant au sujet de la consultation sur la départementalisation de Mayotte qui doit se tenir elle aussi au mois de Mars prochain, Larifou a relevé « une coïncidence troublante » entre les deux référendums. « Cela traduit une agression caractérisée contre notre pays », a-t-il estimé. Visiblement, les mois à venir augure un climat politique de chaudes empoignades à grande échelle aux Comores.

FAISSOILI Abdou

COMORES

Statut de Mayotte

 

La consultation des Mahorais sera 'nulle et non avenue' pour le chef de la diplomatie comorienne

 
Jeudi 29 Janvier 2009
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Dans un entretien accordé au journal Al-Watwan jeudi 29 janvier, le ministre des Relations extérieures de l’Union des Comores confirme que son gouvernement ne reconnaîtra pas la consultation des Mahorais du 29 mars.

Ahmed Ben Saïd Jaffar, ministre des Relations extérieures de l’Union des Comores. (archive)

« Il n’est un secret pour personne, les autorités comoriennes sont déterminées à contrer et à dénoncer cette consultation qui aura lieu au mois de mars prochain, à Mayotte. Nous l’avons dit haut et fort et nous continuerons à le dire que cette consultation dans l’île comorienne de Mayotte est pour nous nulle et non avenue. Et les résultats qui seront obtenus de cette consultation le seront également », déclare le ministre des Relations extérieures de l’Union des Comores, Ahmed Ben Saïd Jaffar, dans un entretien accordé au quotidien d’Etat Al-Watwan.

Selon lui toutefois, cette consultation ne doit pas faire oublier le reste. « C’est un processus engagé depuis 2003, lorsque la question de Mayotte a été introduite dans la constitution française », dit-il. « Lorsque les autorités françaises ont décidé d’intégrer Mayotte dans la Constitution comme étant un territoire français, les autorités comoriennes d’alors n’ont pas réagi. Cette consultation annoncée est la conséquence de cette inscription de Mayotte dans la Constitution française. Certains ont la mémoire courte en voulant faire porter le chapeau aux autorités actuelles » se défend-il.

Le ministre assure que son gouvernement a « mobilisé nos partenaires aux Nations unies, à l’Union africaine, à Ligue des Etats arabes, à l’Organisation de la Conférence Islamique, etc. pour dénoncer cette démarche des autorités françaises » et qu’il ne compte pas « (s’) arrêter là. » « Nous accordons à la question de Mayotte toute l’importance qu’elle revêt » ajoute-t-il.

Au sujet du Groupe de travail de haut niveau (GTHN) franco-comorien, mis en place en juin 2008, M. Jaffar confirme qu’il n’est qu’en stand by depuis sa dernière rencontre en décembre à Moroni. « Aujourd’hui, nous avons décidé de reporter les réunions prévues en attendant que l’on puisse voir clair par rapport à la consultation prévue à Mayotte », révèle-t-il.

Selon lui, le premier objectif du GTHN est de « rapprocher » les trois îles de l’Union et Mayotte. « Le président Sambi reste convaincu que la meilleure façon de faire pour que Mayotte revienne dans son giron naturel c’est d’abord de faciliter le rapprochement entre les îles. Tout le monde le sait que nous n’avons pas aujourd’hui les moyens de libérer Mayotte par la force. Il nous faut avancer par étape, en commençant par ce rapprochement ».

« Nous cherchons aujourd’hui d’abord à faire en sorte que les autorités françaises reconnaissent la souveraineté comorienne sur l’île de Mayotte. A partir de cette reconnaissance, le reste se fera. Nous ne comptons pas remettre en cause les éventuels acquis obtenus par les Maorais pendant toute cette présence française sur l’île comorienne. S’il y a des facilités que les Maorais bénéficient ou peuvent bénéficier nous sommes d’accord de discuter avec les autorités françaises pour voir de quelle manière ces acquis peuvent être maintenus. Mais ce n’est pas pour autant que l’on remettrait en cause la souveraineté comorienne sur l’île de Mayotte », indique-t-il.

RC


Lire l’intégralité de l’interview d’Ahmed Ben Saïd Jaffar sur : www.alwatwan.net


MADAGASCAR

Mouvements sociaux, Syndicalisme

 

Après les émeutes à Madagascar, les appels au dialogue se multiplient

 
Jeudi 29 Janvier 2009
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Le bilan des émeutes et des pillages qui ont secoué Antananarivo depuis lundi 26 janvier, en marge des manifestations contre le président Marc Ravalomanana, un homme d'affaires prospère accusé de tendances autocratiques, s'établit à au moins 34 morts.

Au lendemain d'un premier bilan faisant état de deux morts, celui-ci a été réévalué à la hausse après la découverte, mardi, de quelque trente corps calcinés dans les décombres d'une galerie marchande.

Dans ce contexte, le chef de l'Etat a lancé un appel "à l'unité nationale et au dialogue" en direction de l'opposition et de son chef de file - le jeune maire de la capitale, Andry Rajoelina. "J'appelle la communauté internationale, ainsi que les églises à tout faire pour que les deux parties se rapprochent", a-t-il déclaré. "Si on y arrive, je promets que les troubles s'arrêteront rapidement", a ajouté le chef de l'Etat. "Il n'y aura pas de réunion ou de dialogue tant que les militaires qui ont tué (...) n'auront pas rendu des comptes", a répliqué M. Rajoelina, qui n'en a pas moins annulé toute nouvelle manifestation.

L'appel au dialogue du chef de l'Etat a conduit les Occidentaux à tenter une mission de médiation. A l'issue d'une réunion de diplomates, mardi matin à l'ambassade d'Allemagne à Antananarivo, ils ont proposé d'organiser "une rencontre en terrain neutre, c'est-à-dire dans une ambassade", entre le chef de l'Etat et son principal adversaire, selon une source diplomatique anonyme.

Il faut trouver "une sortie pacifique et durable à la crise actuelle", a indiqué dans un communiqué publié mardi le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, à l'issue d'un entretien téléphonique avec le président Ravalomanana.

Si les Américains apparaissent en pointe dans la tentative de résolution de la crise, la France ne veut pas être en reste pour des raisons héritées de l'histoire. Madagascar - la quatrième île au monde par sa superficie - est une ancienne colonie française. Elle doit d'ailleurs accueillir en 2010 le sommet de la francophonie. Plus de 20 000 personnes y résident qui détiennent un passeport français (dont la moitié environ de binationaux). Une partie de l'industrie du tourisme de la Grande Ile est contrôlée par des intérêts français. Et c'est aussi à Madagascar que la coopération française est la plus active en Afrique subsaharienne.

Les besoins sont importants pour ce pays essentiellement agricole, dévasté en 2000 et 2004 par des tornades. Selon les estimations de la Banque mondiale, sept habitants sur dix vivent avec moins d'un dollar par jour.

La solidité de ces liens contraste avec des relations diplomatiques délicates. La France n'a plus d'ambassadeur à Madagascar depuis l'été 2008 et la demande du rappel de celui qui était en poste, Gildas Le Lidec, soupçonné d'avoir "le mauvais oeil" par le chef de l'Etat, réputé très superstitieux. Le nom d'un successeur a été proposé à M. Ravalomanana mais sans réponse à ce jour. Dans ce contexte, les autorités françaises ont demandé à leurs ressortissants de limiter leurs déplacements et de constituer des provisions alimentaires. Les lycées français sont fermés. Paris a également placé Madagascar parmi les destinations à éviter.

Les Occidentaux redoutent que la situation se détériore. Selon des informations parcellaires, les troubles du début de semaine ne sont pas limités à la capitale. Des scènes de pillage et d'émeute ont eu lieu en province, qui ne visaient pas seulement des entreprises contrôlées par le chef de l'Etat ou des magasins distribuant des produits de marque lui appartenant.

(Le Monde)

MADAGASCAR

Diplomatie - Relations internationales

 

UA : Madagascar hérite de l’examen du projet du plan stratégique

 
Vendredi 30 Janvier 2009
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L’examen du projet du plan stratégique 2009-2012, inscrit à l’ordre du jour de la douzième session ordinaire de l’Union africaine (UA), prévue du 1er au 3 février prochain à Addis Abeba, a été finalement renvoyé à la prochaine conférence de l’UA qui aura lieu en juillet prochain à Madagascar, a appris APA mercredi, de source proche de la Commission de l’UA.

Le projet de rapport du Comité des représentants permanents (COREP), dont copie est parvenue à APA, a donné mandat à la Commission de procéder à la révision du document, en prenant en compte les préoccupations soulevées par nombre de délégations et de le soumettre à nouveau à l’étude du prochain sommet de l’UA.

Selon le COREP, le document peut être considéré comme un bon outil de travail, un bon début d’élaboration du plan stratégique de la Commission de l’UA, mais il ne peut être soumis, pour l’instant, ni au Conseil exécutif (ministres des Affaires étrangères), ni à la Conférence des chefs d’Etat.

« Le document, bien qu’ambitieux, ne contient pas des objectifs spécifiques réalisables, ni de délais d’exécution », note le projet de rapport du COREP.

Le COREP souligne aussi que le projet du plan stratégique qui leur a été soumis pour examen lors de leurs travaux, révèle le manque de coordination et de cohérence au sein de la Commission de l’UA dans l’élaboration du document, des consultations inadéquates avec les Etats membres et les parties prenantes de même qu’un manque d’appropriation du document par l’Afrique.

« La vision du projet du plan stratégique 2009 2012 est trop chargée », note le COREP, qui souligne par ailleurs que le document n’a pas mentionné le rôle des jeunes, ni l’inclusion de l’égalité entre les hommes et les femmes dans les activités de la Commission.

APA



MADAGASCAR

Diplomatie - Relations internationales

 

L’UA condamne les violences à Madagascar

 
Vendredi 30 Janvier 2009
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La Commission de l’Union Africaine (UA) a condamné les violences politiques à Madagascar qui, selon elle, menacent la stabilité dans la région.

Dans un communiqué publié mardi, le Président de la Commission de l’UA, Jean Ping, a déclaré qu’il suivait de près la situation dans le pays où des dizaines de personnes seraient tuées lors des manifestations déclenchées lundi contre le pouvoir du président malgache Marc Ravalomanana dans la capitale, Antananarivo.

Déplorant la perte des vies humaines suite à ces violences, Ping a invité tous les acteurs de faire preuve de retenue et d’oeuvrer pour le règlement de la crise à travers le dialogue et le respect de l’ordre constitutionnel et de la légalité.

Des manifestations initiées par Andry Rajoelina, le jeune maire d’Antananarivo, ont fait depuis lundi, plus de 30 morts dans la capitale malgache et de nombreux dégâts matériels liés notamment à des scènes de pillages et de vandalisme.

APA

MADAGASCAR

Mouvements sociaux, Syndicalisme

 

Crise à Madagascar : l'embarras bleu-blanc-rouge

 
Jeudi 29 Janvier 2009
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Profil bas de rigueur. Accusé dans un passé récent de s’ingérer à mauvais escient dans les affaires intérieures de Madagascar, la France se montre très prudente dans la gestion de la crise politique qui secoue actuellement son ancienne colonie, indépendante depuis 1960. Prudente, mais pas inactive.

Ce mercredi, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, s’est ainsi entretenu avec le président malgache, Marc Ravalomanana, et son rival, le maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, pour «trouver une issue pacifique et durable à la crise». L’ancienne puissance coloniale se dit attachée au respect de «l’ordre constitutionnel» et affirme vouloir rester «strictement impartiale».

Pas si simple, note-t-on à Paris. Car quand le Quai d’Orsay se tait, l’opposition malgache se croit soutenue par la France. Et quand l’ancienne puissance coloniale affirme son attachement à l’ordre constitutionnel, le président Ravalomanana assure qu’elle va l’aider à arrêter les fauteurs de troubles…

Le souvenir de la crise des années 2001 et 2002 est dans tous les esprits. Durant plus de six mois, Paris avait renâclé avant de prendre acte de la victoire de Marc Ravalomanana sur le président sortant Didier Ratsiraka, un proche de Jacques Chirac, alors au pouvoir à l’Elysée. Il avait fallu l’arrivée de Dominique de Villepin au Quai d’Orsay pour que la diplomatie française change - tardivement - de cap.

Dans la crise actuelle, Paris doit compter avec un hôte encombrant. Didier Ratsiraka, en exil dans la capitale française et qui refait parler de lui ces temps-ci. En décembre dernier, le conflit larvé entre le chef de l’Etat malgache et son principal adversaire, le jeune maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, a éclaté au grand jour à la suite de la diffusion sur sa chaîne de télévision «Viva» d’un entretien avec Ratsiraka, très critique contre son successeur. Peu après, le pouvoir ordonnait la fermeture de la chaîne.

Autre source de contentieux: la présence dans l’entourage du maire de la capitale malgache du neveu de l’ancien président, Roland Ratsiraka. Mercredi, le président Ravalomanana a affirmé qu’un mandat d’arrêt avait été lancé contre lui, sans donner plus de précision.

La crise de 2002 a laissé des cicatrices entre Paris et Madagascar. Maîtrisant mal le français, pro-américain par inclination personnelle, le tombeur de Ratsiraka a écarté les entreprises hexagonales de nombreux marchés sur la Grande Ile depuis son accession au pouvoir.

Plus anecdotique, mais pas moins révélateur: l’été dernier, le président malgache avait brutalement congédié l’ambassadeur de France, Gildas Le Lidec. Apparemment, «Ravalo» aurait eu peur qu’il lui jette le mauvais œil: Le Lidec était en poste à Kinshasa quand Laurent-Désiré Kabila a été assassiné, et à Abidjan lors des dramatiques événements de novembre 2004, qui ont précipité le départ de plusieurs milliers de Français de Côte d’Ivoire… Le Lidec n’a pas été remplacé depuis et Paris est actuellement représenté par une chargée d’affaires à «Tana».

Quelque 25.000 Français vivent à Madagascar, dont la moitié a la double nationalité. L’île compte aussi 2.500 ressortissants de l’Union européenne. Le porte-parole du Quai d’Orsay a affirmé mercredi qu’aucun navire militaire français n’avait été envoyé au large de la Grande Ile, démentant une rumeur colportée à Madagascar.

(Libération)

Outremer DOM TOM

Mouvements sociaux, Syndicalisme

 

Guadeloupe : Yves Jégo ouvre la porte des négociations

 
Jeudi 29 Janvier 2009
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Dans un message adressé aux guadeloupéens, le secrétaire d'état à l'outre-mer ouvre la porte à des négociations entre les différentes parties prenantes.

Inutile de faire la queue devant les stations services de l'île : elles resteront fermées.

C'est le LKP ("Liyannaj kont pwofitasyon", le Collectif contre l’exploitation outrancière) qui réunit la plupart des syndicats, partis et associations culturelles identitaires de Guadeloupe et mène le mouvement de contestation qui paralysie la Guadeloupe depuis maintenant dix jours..

Un message qui contient des propositions concrètes pour atténuer le mécontentement, comme, par exemple, « le versement d’une prime de 200 euros dès le mois d’avril aux 60 000 foyers guadeloupéens qui touchent les plus bas revenus ».

Il rappelle également une mesure annoncée il y a quelques jours concernant les emplois aidés outre-mer. L'état va « accorder 8 284 contrats aidés en 2009, soit 1 500 contrats aidés de plus (+21 % par rapport à 2008 ».

L'aide au logement va être augmentée de 3%.

L'état va également aider les entreprises puisque « l’assurance [sera] donnée à toutes les entreprises de Guadeloupe qu’elles ne paieront aucune charge sociale sur tous les salaires jusqu’à 1,4 SMIC (et même 1,6 SMIC pour certains secteurs comme le tourisme) ».

Yves Jégo espère que cette garantie va permettre d’engager immédiatement une négociation entre employeurs et salariés pour une augmentation rapide des bas salaires.

Le secrétaire d'état promet «une baisse conjointe de l’octroi de mer et de la TVA sur certains produits de la vie courante ».

Enfin, une action sera engagée pour lutter contre « les spéculateurs qui font monter les prix ». Une brigade de contrôle sera dépêchée en Guadeloupe pendant le mois de février pour vérifier la totalité des circuits de distribution et l’Observatoire des prix sera réactivé pour « mettre en œuvre dès le mois de février des mesures de transparence au profit des consommateurs ».

Yves Jégo demande que les partenaires sociaux ouvrent « un cycle de négociations thème par thème, dans un délai contraint de 4 semaines ». Il espère ainsi voir naître le « programme de développement économique et social pour la Guadeloupe » qu'il s’engage « à faire approuver tant dans sa dimension financière que réglementaire, début mars par un comité interministériel qui sera consacré à l’avenir de la Guadeloupe ».

Mais, si le secrétaire d'état sait manier la carotte, il sait aussi brandir le bâton en rappelant que « l’Etat a le devoir d’assurer à la fois l’ordre public et le respect de la loi ».

Il pose également en préalable que le calme revienne en affirmant que « tout cela n’est possible que dans un climat apaisé ou chacun respecte l’autre et où l’activité reprend son cours normal ». Il est moins sûr qu'il soit entendu sur ce dernier point.

Deux conflits se télescopent

Aujourd'hui, jeudi, les stations services seront fermées. Mercredi matin, le préfet avait annoncé la réquisition de 13 stations-services pour assurer l'approvisionnement en carburant des clients prioritaires. Hier soir, il annonçait qu'elles resteraient fermées.

Les procureurs de la République de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre, Eric Quincy et Jean-Michel Prêtre, avaient déclaré mardi dans un communiqué conjoint qu'ils poursuivraient les auteurs d'actes délictueux, notamment les menaces à l'encontre des gérants de stations-service.

L'annonce de la fermeture de "toutes les stations-services du département" jeudi constitue la première marque de recul des autorités depuis le début du mouvement des gérants le 19 janvier et celui de la grève générale le 20 janvier.

Le mouvement de grève des gérants de stations-services a pour origine le refus de nouvelles implantations. Il se télescope avec la grève de certains pompistes membres du LKP.

E.T.

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